Plus d'information sur l’intense lutte interne au Parti sur la voie à suivre pour la révolution au Népal

Publié le par Comite de Solidarité Franco-Népalais

Cert article vient du site Frontlines of Revolutionary Struggle et est traduit par le Comité de Solidarité Franco-Népalais

 

http://revolutionaryfrontlines.wordpress.com/2010/12/16/nepal-more-background-on-intense-inner-party-struggle-on-the-way-forward-for-nepals-revolution/


 [Cet article fait référence aux dirigeants principaux du PCUN (maoïste) et ses réunions les plus importantes depuis 2005.  Pour nos lecteurs qui ne sont pas de l’Asie du Sud  : Pushpa Kamal Dahal "Prachanda" est le président du PCUN (maoïste), et Mohan Baidya "Kiran" est un vice-président.  Baburam Bhattarai a occupé plusieurs postes différents au cours des dernières années.  La réunion de Palungar de 7000 cadres du parti s’est conclue le 28 Novembre 2010.  La réunion de Chunwang a eu lieu en 2005, et a jeté les bases pour les accords de 12 points entre les 7 partis parlementaires et le PCUN (maoïste) au début de 2006.  Ils ont collaboré pendant les soulèvements de masse au printemps 2006 qui ont renversé la monarchie.  L'Accord de paix qui a mis fin à la Guerre Populaire et a donné un statut juridique au PCUN (M) a été signé en Novembre 2007.  La réunion de Karipati a eu lieu en 2009. – éditeur de Frontlines]


Palungtar n'est que le début


par le Dr Rishi Raj Baral, rédacteur en chef de Samaybadda

 

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La sixième plénière du Parti Communiste Unifié du Népal (maoïste) est officiellement terminée, mais le débat idéologique se poursuit.  En fait, il vient juste de commencer.  Il y avait beaucoup de questions à résoudre durant la plénière et cette rencontre a soulevé de nouvelles questions.


Le débat et la discussion ne sont pas des choses nouvelles.  Il y a déjà eu de vifs débats, même lorsque la Guerre Populaire était en cours, après la deuxième Conférence nationale du Parti de 2002, la question du débat était «la voie Prachanda» et «la démocratie au 21e siècle».


L'article de Baburam Bhattarai, "La question de la construction d'un nouveau type d'Etat" - publié dans The Worker, magazine maoïste, en Février 2004 - a fait l'objet de vives critiques.  Il était nécessaire de critiquer l'article, car il plaidait en faveur d’une ligne révisionniste.


La décision du parti prise au cours de la réunion Chunwang a donné naissance à de nombreuses confusions et illusions.  La réévaluation des positions de Mao et de Lénine sur l'Etat et la révolution et l'impérialisme a été le principal sujet de débat.  En outre, l’Accord de 12-points a également été un sujet de débat car il soulève de nombreuses questions sur la Guerre Populaire et la poursuite de la révolution.


Il n'y a pas de confusion ni d’illusion que les décisions prises à la Réunion de Chunwang et l’Accord de 12-points sont à l'origine du problème actuel, des contradictions, des débats et de l'impasse dans la révolution.  Ainsi, les camarades révolutionnaires avaient de nombreuses questions et curiosités.  Après la libération des Camarades Kiran (Mohan Baidya) et Gaurav (CP Gajurel), cela a pris une dimension théorique et idéologique.


En fait, la décision de la Réunion de Chunwang a soulevé de nombreuses questions tant à l'intérieur que l'extérieur du parti.  Après l'Accord de paix du 21 novembre 2006, le scénario était clair.  Toutes les réalisations que nous avions acquises au cours de la Guerre Populaire se sont effondrées.  La Guerre Populaire a été abandonnée officiellement.


Maintenant, il n’y a plus de Tribunaux Populaires, ni de zones de base et de zones libérées.  L'Armée Populaire de Libération est maintenue dans des cantonnements. Toutes les réalisations acquises au cours des 10 années de la Guerre Populaire se sont effondrées et nous n'avons plus rien en main. Il s'agit d'une grave erreur idéologique et politique.  En fait, c'est une grave déviation politique.


Peu à peu, cela a mené à une lutte de deux lignes au sein du parti et cela était naturel. D'un côté, il y avait Kiran, Gaurav et d'autres révolutionnaires.  De l'autre côté, il y avait Prachanda et Bhattarai et leurs partisans.  Ce n'était pas une question d'insatisfaction, mais il s'agissait plutôt d'une question de vision du monde.


C'est la lutte entre deux lignes et deux perspectives de classe différentes.  C’est la lutte pour la sauvegarde des valeurs et des réalisations acquises au cours de la Guerre Populaire.  Ce n'est pas une simple question.  Ce n'est pas un conflit de personnes.  C'est une lutte entre réformistes et révolutionnaires.


Lors de la Réunion de Chunwang, Bhattarai a déclaré que sans Prachanda il n'avait pas d'existence.  Il déclara sa fusion avec Prachanda.  Depuis les accords de 12-points jusqu’à la réunion de Kharipati, Prachanda et Bhattarai ont été dans le même bateau avec la même mission.  Les deux déclaraient que la révolution politique avait pris fin et que ce qui restait était juste une révolution économique.  Au nom de l'unité du parti et de faire une grande organisation, ils ont mis le maoïsme en veilleuse.


C'était une question grave.  Ils n'ont pas de plan et de politique pour mener la révolution de l'avant, pour préserver les acquis réalisés au cours des 10 années de la Guerre Populaire.  Ils ont abandonné la politique et l'esprit du Parti bolchevik.  Ils voulaient faire une organisation de masse pour gagner plus de sièges au parlement et former un gouvernement majoritaire.  C'était leur idée d'une révolution.  C’était leur voie révolutionnaire – la voie de l'Euro-communisme.  Leur document commun soumis à l'assemblée de Kharipati en est une preuve.


Le mouvement dirigé par Prachanda et Bhattarai, de transformer un parti révolutionnaire en un parti organisation de masse, en parti bourgeois, a été contestée par le document du camarade Kiran et ses disciples.  Cela a été un grand barrage pour leur mission. Sous la direction du camarade Kiran, les cadres révolutionnaires ont empêché le parti maoïste de devenir un parti révisionniste.  Ils ont réussi à les contraindre à respecter la ligne révolutionnaire. Prachanda a été obligé de soutenir la ligne révolutionnaire projetée par le camarade Kiran.


Après cela, Prachanda avait une excellente occasion d'unir le parti et de concevoir les plans et les politiques pour une grande révolte populaire.  Mais l'unité, la lutte et la transformation ont été limités à des mots ; ils ne se traduisent pas en actes.  Il n'y a pas d'honnêteté dans cet aspect.  Nous n'avons pas trouvé ses promesses traduites en actions.


Au lieu de se préparer pour une révolution, il s’est engagé dans différentes activités délicates.  Il a choisi la voie de la vengeance et de la conspiration.  Il a dit une chose, mais fait le contraire.  Il a parlé de révolution, mais a opté pour la politique parlementaire.


Il y a une absence de valeur, d’esprit et d’idéal communistes dans son comportement.  Il a continué à avancer en déviant de l'idéologie d'origine du parti.  Il a oublié le peuple.  Le pouvoir – le pouvoir par tous les moyens - fut sa devise et sa mission.  Cela nous a rendu tous très anxieux.


Les 10 années de Guerre Populaire n'étaient pas une plaisanterie.  Nous avons parcouru le chemin sanglant de la révolution.


Il n'y avait pas de confusion et de l'illusion dans la ligne choisie par Bhattarai.  Il n'y avait pas de confusion quant à sa ligne réformiste et opportuniste.  Cela était clair à travers ses actions et son idéologie.  Depuis longtemps, il plaide pour le pluralisme, la démocratie bourgeoise et le multipartisme au nom d’une étape dans la révolution.  Après tout, il était un disciple de la loktantrik ganatantra [république démocratique NdT].


Sa proximité avec l'Inde était également claire pour les cadres du parti.  Plus tard, il a ouvertement déclaré « c'est l'âge de Trotsky ».  Il se déclare lui-même comme un trotskyste.  Il a plaidé, et plaide jusqu'à présent, en faveur non seulement du trotskysme, mais aussi pour la théorie des «forces productives» de Liu Shaoqi.


Il y avait quelques problèmes et confusions de la part du comportement de Prachanda.  Quand il parle avec les révolutionnaires, il a l'habitude de se projeter comme un leader révolutionnaire, et quand il parle avec les puissances étrangères, il se projette comme un «communiste modéré».


Sans aucun doute, Bhattarai est un adepte du néo-marxisme, mais Prachanda a maintenu un double-discours.  Mais cette technique ne pouvait pas réussir.  Puis il a commencé à parler d'unité du parti et a commencé à contrôler le parti à la majorité.


Maintenant, ceux qui étaient contre la Guerre Populaire et qui nous traitaient de "social-fascistes" ont fini par être nos dirigeants.  L'entrée de mauvaises herbes et d’éléments mauvais a pollué le parti.  C'est un sujet de profonde tristesse.  Le fossé entre les deux lignes s’est encore intensifié au sein du parti.  Les choses sont allées de mal en pis alors qu'il n'y avait aucun signe de transformation dans le comportement de Prachanda.  Ce qui a obligé les révolutionnaires à penser à franchir un nouveau pas.


Les deux blocs associés à Prachanda et Bhattarai étaient insatisfaits de Prachanda, après la réunion de Kharipati.  Le groupe dirigé par Bhattarai voulait Prachanda comme chef de file de la loktantrik ganatantra [c-à-d du gouvernement du Népal NdA], de sorte qu'ils puissent exercer la démocratie bourgeoise et profiter de plus de confort et mener une vie luxueuse.


Avant et après la réunion de Palungtar, ce groupe a essayé et essaie de faire sa propre identité.  Lors de la réunion de Palungtar, ce groupe était en faveur du document de Bhattarai, le document qui plaide pour une ligne réformiste et pro-indienne.


Le document du Camarade Kiran était plein d'esprit révolutionnaire, basé sur 10 années de Guerre Populaire et son héritage.  Le point focal de ce document a été la ligne de la révolte populaire.  Un grand nombre de cadres, les cadres révolutionnaires, était en faveur du document du Camarade Kiran.


Le document de Prachanda n'était pas clair dans sa ligne et son idéologie.  Le discours prononcé par Prachanda a également soulevé de nombreuses questions.  En fait, Prachanda n'a pas été en mesure de répondre aux cadres.  Il est apparu comme un dirigeant confus.


Les partisans de Prachanda ont blâmé le Camarade Kiran pour beaucoup de choses.  Mais le Camarade Kiran a précisé que ce n'était pas un conflit de personnes, mais une question de révolution ; c'était la question de la révolte populaire afin de préserver les réalisations acquises par 10 années de Guerre Populaire.  De plus, il a également déclaré qu'il était juste de se rebeller.


Après la réunion de Palungtar, les révisionnistes - le bloc de droite du parti – a l'air très excité.  Il semble également très optimiste.  Mais ce n'est pas un bon signe pour la révolution népalaise.  Et tout le monde de notre parti connaît les conséquences de la poursuite de l'idéologie de Prachanda.  Il est lui-même responsable.


Mais il y a également le bon côté des choses.  Les dirigeants et les cadres révolutionnaires sont très enthousiastes.  Ils sont remplis d’esprit révolutionnaire.  Ils sont unis de haut en bas dans une mission.  Ils savent qu'il y a de nombreux défis dans l'avenir.  Ils veulent unifier le parti autour de leur ligne révolutionnaire.


La réunion n'a réussi à approuver aucun document et n’a pas résolu les contradictions.  Mais une chose était claire : que le bloc opportuniste de droite était venu avec des idées et des politiques dangereuses.


Bien que la réunion de Palungtar se soit conclue, comme mentionné précédemment, le débat vient juste de commencer.  De quel côté êtes-vous?


Maintenant, le verdict, la décision entre révolution et contre-révolution est à venir.  Il y a maintenant beaucoup de responsabilités sur les épaules des révolutionnaires.  Unité, lutte et transformation sont notre devise et notre mission principales.  Mais nous n'obtenons pas de signes positifs et agréables sur ce front.  Et c'est une vérité universelle que, sans faire une percée vis-à-vis des opportunistes, il n'y a eu aucune révolution et il ne peut y en avoir aucune.


Maintenant, le moment est venu de prendre des décisions correctes et audacieuses.  Cela nécessite une volonté forte.  Cela nécessite des efforts importants et conscients.  Qu’on ait raison de se révolter a été clairement énoncé par Marx, Lénine et Mao.  C'est la seule façon d'aller de l'avant.  Le temps est venu de pousser la roue de l’avant.


Ecrivain, rédacteur en chef de Samaybadda, un magazine bi-mensuel de gauche, est associé au PCUN - (maoïste)
risavbaral@yahoo.com
 

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