Bulletin n°1

 

Nouveau Népal
Bulletin du Comité de Solidarité Franco-Népalais n°1



    Le processus progressiste anti-féodal et démocratique opposé à toute ingérence étrangère et visée hégémonique est peu connu ou incompris, bien qu’il redonne courage à tous ceux qui rêvent d’un monde de paix, de justice sociale et de liberté, un monde de fraternité entre les peuples.

Le Népal est connu principalement par les expéditions himalayennes, les émissions de télévision, sa civilisation, son histoire, les ethnies qui forment son peuple, pratiquement ignoré. Les  émissions de télévision ne reflètent que partiellement ces réalités et sont ignorées bien souvent du grand public.

D’autres émissions sur le processus lui-même reflètent le point de vue des classes dominantes qui attaquent ce processus en déformant sciemment la réalité ou attaquant ce processus et ceux qui le mettent en œuvre, ses causes et les objectifs qu’il se fixe. Des « amis » bien intentionnés, partant  d’une vision fixe de l’histoire ne veulent pas examiner ce processus dans son développement, mais au nom des grands principes le condamnent l’avance sans attendre les résultats. Il en toujours ainsi quand quelqu’un explore une nouvelle voie, avec d’autres moyens, cela peut se vérifier dans les sciences, dans la recherche etc. Il a toujours des risques dans ces recherches, dans cette exploration.

Notre comité, nouvellement créé accueillera  tous ceux qui avec nous sont prêt à participer à notre activité.undefined

    Notre comité répondra à toutes les questions sur le processus engagé au Népal et éditera pour cela un bulletin, des conférences avec la participation de conférenciers népalais, de compagnies culturelles pour faire connaître celle du Népal, pour faire connaître les difficultés mais aussi les avancées du processus le degré d’édification de la démocratie populaire dans ce pays, les avancées dans tous les domaines apportés par ce processus.

Le comité a besoin du concours de tous ceux qui regardent ou regarderont d’un œil attentif le déroulement de ce processus, qui a notre avis intéresse les peuples épris de paix, de liberté et de progrès social véritables dans le monde entier.

C’est pourquoi notre comité fait appel dès lors à toutes les bonnes volontés qui veulent participer à ce comité ou apporter une aide même ponctuelle à son édification en lui apportant leurs compétences.

Nous avons besoin de traducteurs de l’anglais vers le français et vers d’autres langues, de compétences dans le domaine informatique, audio-visuelles, de matériels ou d’aide dans le domaine de l’impression etc.

Notre comité veut faire connaître et comprendre cette lutte d’un peuple pour son émancipation afin que cette lutte puisse servir nous servir à nous et aux autres peuples du monde dans leurs luttes spécifiques pour leur propre émancipation.

Prenez contact avec notre comité 

comitenepal@hotmail.fr

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Quelques repères historiques concernant la révolution menée par le Parti communiste Népalais - maoïste

Le 13 février 1996, le Parti Communiste Népalais-maoïste (PCN-m) annonce l’initiation de la Guerre Populaire après avoir soumis 40 exigences politiques au gouvernement. En un mois, 6000 actions avaient pris place dans une large partie du pays. En opposition au gouvernement central corrompu, oppresseur et négligeant de la population, le mouvement ne cessera alors de gagner en sympathie, participation et influence. Cinq ans plus tard, le PCN-m déclare contrôler 80% du territoire (l’énorme majorité des campagnes à l’exception des villes et des axes routiers). L’année 2001 montrera un tournant décisif du conflit. Le 1er juin, la famille royale est massacrée. Gyanendra, le dernier roi, arrive alors au pouvoir quelques jours plus tard. Suite à l’attaque d’une baraque de l’Armée Royale Népalaise (ARN), il impliquera cette dernière dans le conflit. Les évènements du 11 septembre aboutiront à la désignation de tout sympathisant ou toute activité en lien avec le mouvement maoïste comme terroriste. Dans une suite logique, l’État d’Urgence est déclaré en Novembre et met fin aux libertés élémentaires (presse, réunion, déplacement,…). Le conflit prend alors une tournure violente et internationale. Six mois après le début de l’État d’Urgence, le nombre de morts passe de 1800 (Octobre 2001) à 4800 (Avril 2002). À cette même période, le gouvernement reçoit alors des armes et des formations militaires (représentant 22 millions de dollars) des États-Unis, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Le Royaume Uni, l’Inde, la Chine, la Belgique et la Russie suivront. À partir de ce moment, les maoïstes démontreront qu’ils sont une véritable force militaro-politique menant des actions jusque dans la vallée de Katmandou et prenant le dessus dans nombre de batailles.undefined

    Suite à la prise de pouvoir totale de Gyanendra le 1er février 2005, les partis membres du parlement se sont unis contre le roi, formant l’Alliance des Sept Partis (ASP). Réalisant que seule l’unité avec leurs anciens ennemis pourrait renverser la monarchie, l'ASP et le PCN-m signèrent l’accord historique de 12 points du 22 novembre 2005. Cette alliance devait aboutir à Jana Andolan II Mouvement Populaire II) en avril 2006 durant lequel 19 personnes (chiffre officiel…) ont été tuées et des dizaines de milliers blessées. La monarchie abdiquait alors et remettait en place le parlement.

    Depuis, une constitution, ainsi qu’un parlement et un gouvernement intérimaire incluant le PCN-m ont pris forme et des élections pour une Assemblée Constituante ont été annoncées pour le 10 avril 2008. Au fil des négociations, le Népal est alors devenu un état laïc –précédemment royaume Hindou (!). Grâce aux poussées du PCN-m, le Népal deviendra une République Démocratique Fédérale lors de la première réunion de l'Assemblée Constituante. Le Congrès Népalais, véritable courroie de transmission de l'impérialisme américain et de l'expansionnisme indien, essaie pourtant de barrer la route à la refonte du système étatique revendiquée par le PCN-m. Pour les maoïstes, cette transformation de l'Etat est une première étape pour mener plus loin la révolution. Cela permettrait premièrement de garantir l'autodétermination des peuples grâce à sa forme fédérale. En effet, jusqu'à présent une seule ethnie et une seule caste dominait les multiples autres. Cette revendication est portée par une immense majorité du peuple népalais. Le PCN-m conduira également une grande révolution agraire pour assurer au Népal son autosuffisance alimentaire et, par le surplus dégagé, commencer son industrialisation. Ceci permettrait alors au Népal d'être indépendant de l'impérialisme économique de l'Inde et de la Chine. Evidemment, la santé et l'éducation ont pour objectifs d'être gratuits et le logement, la nourriture et le travail assurés pour toutes et tous.

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Nous sommes résolus à défendre notre idéologie de classe, notre idéalisme et notre objectif

Interview de Netrabikram Chand ‘Biplab’, membre du Comité Central du PCN-M

 

Le processus de paix débouchera t-il sur un changement significatif pour le pays ?

A notre avis, ce processus n’est pas un processus de paix  entre deux classes similaires aux intérêts identiques. Ce processus est l’aboutissement de 10 ans de guerre populaire. Les nouveaux processus  de guerre et de paix sont applicables pendant la révolution et peuvent être transformés l’un en l’autre. Le marxisme permet de bien comprendre cela. L’autre aspect est que le principal objectif du processus de paix est de servir et accomplir la révolution prolétarienne.

La naissance de la violence après un certain temps de paix et la naissance de la paix après l'achèvement d'un certain temps de violence révolutionnaire reposent sur les lois marxistes de la quantité et du bond en avant[1] . Dans ce sens, le processus de paix devrait trouver une issue révolutionnaire pour la nation. Mais je dois ajouter que ce serait une grosse erreur de penser que le pouvoir d’Etat féodal, réactionnaire et impérialiste puisse être transformé en pouvoir d’Etat prolétarien par le biais de la négociation, d’un accord ou d’une entente. Ceci est contraire à l’analyse marxiste du pouvoir d’Etat qui soutient qu’il existe toujours en son sein une lutte féroce entre deux classes aux intérêts opposés (les prolétaires et les exploiteurs).

Quels sont les problèmes susceptibles d’apparaître si le processus de paix est prolongé ?

Un problème se pose à l’intérieur du parti pour deux principales raisons, qu’il y ait paix ou guerre : la première est la situation objective qui se développe hors du parti. Elle est la principale. La seconde est la contradiction entre comprendre et rendre effectif le marxisme-léninisme-maoïsme dans le parti. En ce moment, il y a un risque de déviation à droite, d’éclectisme et de déviation à gauche. Une de celles-ci, la déviation gauchiste, est très faible. Il est impossible de revenir à la guerre et d’aller de l’avant. Par conséquent, la déviation à droite est le principal problème dans le parti. La situation objective y est favorable. Grâce à cette dernière, il n'est ni difficile ni impossible de dévier. La situation existante permet à quelques personnes, voir un groupe, de satisfaire certains intérêts et d'aller vers cette tendance. C’est d’autant plus dangereux que les marionnettes de l’impérialisme et de l’expansionnisme, incluant les agents et des personnes du vieux pouvoir féodal et de la classe aristocrate, sont engagées activement pour faire dévier le parti.

Le second danger majeur est l’éclectisme. Dans l’absolu, le danger que représente cette tendance est plus important. Cependant il n’est pas équivalent à celui que représente la déviation de droite. Ce problème peut surgir si nous n’avons pas clarifié  notre position à propos de la lutte entre révolutionnaires et la tendance de droite et à propos du conflit entre le peuple et la classe dirigeante. Ces problèmes ont été soulevés dans et à l’extérieur de notre parti et semblent faire boule de neige. Mais la déviation ne peut exister durablement. Elle dépend de la stabilité de la classe opprimée. Ça peut aussi bien être en faveur des révolutionnaires et du peuple que de la droite et des classes réactionnaires. Mais nous croyons que la tendance révolutionnaire est la principale tendance dans notre parti.

Selon vous, quel rôle ont joué les puissances étrangères dans ce processus ?

C’est une grande chance pour nous que la classe prolétarienne népalaise ait pu avoir l’opportunité d’observer  le caractère de classe de deux classes opposées, la lutte de classe et l’apogée des intérêts de classe. Nous avons commencé la guerre populaire et la révolution au Népal. Nous avons seulement attaqué la classe féodale et la classe des capitalistes compradores du Népal, et pourtant les expansionnistes indiens et les dirigeants de Delhi, incluant l’impérialisme américain et ses dirigeants, sont ébranlés. Ils interviennent directement dans notre lutte. Ils s’empressent de protéger l’ancien pouvoir et la classe dirigeante du Népal. Derrière leurs discours mielleux pour la paix, ils veulent en fait attirer les gens de droite vers eux. Ils veulent la protection du vieux pouvoir. Selon nos propres informations, il n’y a pas seulement les membres du gouvernement, mais aussi leurs agences de renseignements comme la CIA et la RAW[2] qui travaillent activement pour faire échouer notre révolution. Il y a seulement quelques jours, Asoka Mehata, l’ex-général indien, a menacé de mobiliser l’armée indienne  si les maoïstes prenaient le pouvoir. Au même moment, l’Ambassadeur Indien a ordonné de mettre en place les élections par tous les moyens. L’ex-ambassadeur américain Moriarty a prononcé un discours publique contre le Népal et les sentiments népalais. Mais la force décisive est le peuple népalais, lui-même.

 

Pourquoi les partis de l’Internationale Communiste critiquent le PCN (maoïste) ?

C’est vraiment une question brûlante. Notre parti et la révolution au Népal ne sont pas le parti et la révolution du Népal uniquement. C’est l’un des organes essentiels des partis communistes du monde et de la révolution mondiale. Par conséquent, les succès et les échecs de la révolution influencent le monde entier. Un autre fait important est que la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui est construite grâce à l'aide et à la solidarité de la classe prolétarienne mondiale.

Quand nous avons commencé la guerre populaire au Népal, nous observions la révolution au Pérou, aux Philippines et en Turquie. Nous avons discuté et partagé ces expériences avec des partis fraternels – le Parti Communiste Révolutionnaire (USA) et le Parti Communiste Indien (maoïste). Ils nous ont beaucoup aidé. Les révolutionnaires Indiens nous ont aidé sur le plan politique, technologique, académique et dans d’autres domaines. Le Mouvement Révolutionnaire Internationaliste et le PCI(m) ont des inquiétudes et des critiques à l’égard de la révolution népalaise tandis que se déroule le processus de paix. Nous avons accepté leurs remarques et critiques cordialement et devions le faire, parce qu’ils représentent la même classe. Ils ne veulent pas seulement la révolution, mais l’internationalisme révolutionnaire au Népal. D’autres s’en plaignent, mais nous disons que la critique du camarade Ganapati et du camarade Avakian est plus favorable, bénéfique et salutaire que l’admiration et la compassion du premier ministre indien Man Mohan Singh  et du Président américain Bush. Nous leur ferons comprendre que nous sommes résolus à défendre notre classe, notre idéologie, notre idéal et notre objectif.

Sur quoi considérez-vous que les cadres et le peuple portent leur attention aujourd’hui ?

C’est une question importante. Du combat acharné entre la révolution et la contre-révolution il a résulté une inquiétude, une suspicion et une conscience à tous les niveaux. Une féroce attaque contre les dirigeants révolutionnaires, les cadres, le peuple et notre parti se produit partout. Les impérialistes, les réactionnaires et les opportunistes échafaudent des plans pour diviser notre parti, attaquer les cadres honnêtes et le peuple pour les décourager. La déviation de droite dans notre parti fait tout son possible pour y arriver et fait tous les efforts pour condamner le parti dans son ensemble et les révolutionnaires en son sein. Les révolutionnaires ne se laisseront pas dévier par les attaques extérieures. Nous sommes fortement engagés soit pour notre salut, soit pour mourir. Mais se rendre ou trahir est impossible.

 



[1] Le changement quantitatif d’un phénomène amène un changement qualitatif (ex : l’augmentation de l’oppression produit la révolte).

[2] Research and Analysis Wing, l'agence de renseignement extérieur de l'Inde.

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Actualités du Comité de Solidarité Franco-Népalais

 

Depuis sa création, nous avons eu la chance d’accueillir plusieurs leaders du PCN-m. Ainsi les venues de Gaurav (membre du Comité Central et responsable des relations internationales),  Parbati (membre du CC et ministre du gouvernement intérimaire) et Baldev (membre du CC et commandant adjoint de l’Armée Populaire de Libération) ont permis aux participants de ces rencontres d’éclaircir leurs vues sur la situation politique actuelle au Népal. Nous espérons pouvoir de nouveau proposer des rencontres publiques avec des intervenants Népalais prochainement. Ces rencontres ont toutes été très riches. Vous pourrez très bientôt retrouver des comptes rendus de ces rencontres sur notre site Internet    http://nouveaunepal.over-blog.com

Le samedi 23 février 2008 à partir de 14h30, nous organisons la célébration de l’anniversaire de la Guerre Populaire (13 février 1996) au 16 rue de la Petite Ecurie (Paris Xème – M° Strasbourg-St Denis). Au programme diffusion d’un documentaire, interaction sur la situation politique au Népal et nourriture népalaise.

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Liens Internet

www.cpnm.org

www.krishnasenonline.org
http://nepal.singlespark.org/
http://nouveaunepal.over-blog.com


Bibilographie


Dipatches from the People's War, Li Onesto

Traduction de textes de Prachanda, PCF-m (à demander au Comité à comitenepal@hotmail.fr )

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