Bulletin n°3

Vers La Nouvelle Démocratie...

 Nous vivons dans un monde où l’espoir est peu présent. Confrontée à la réalité d’un présent sans avenir, la majorité de la population mondiale essaye de survivre tant bien que mal. Le résultat de l’expansion de l’impérialisme par le biais de la globalisation est le suivant : plus aucun être humain sur terre ne peut éviter la confrontation avec le capitalisme. Même les tribus les plus reculées des profondes forêts d’Amérique Latine, d’Afrique ou d’Asie sont confrontées à l’expulsion de leurs terres par les multinationales au nom de l’exploitation des ressources naturelles. Si le libéralisme a eu pour conséquence d’élever le niveau de vie de la population en moyenne, le résultat est l’accroissement considérable des inégalités entre riches et pauvres et l’expansion de l’exploitation des pays opprimés par les puissances impérialistes mondiales.

Triste constat. Et pourtant dans ce monde a priori sans espoir, un petit pays coincé entre deux géants émergeant nous ouvre la voie : le Népal.

Alors que les puissances impérialistes mondiales continuent leur propagande de ‘mort’ du communisme, qualifiant l’idéologie marxiste de ‘dépassée’, le peuple népalais leur a clairement répondu le contraire. Après 10 années de lutte armée, le Parti Communiste Népalais – maoïste (PCN-m) est en effet sorti vainqueur des élections de l’Assemblée Constituante du 10 avril dernier qu’ils appelaient depuis 2001 et Prachanda, le leader du Parti, a été élu Premier Ministre du nouveau gouvernement.

Ce n’est qu’en comptant sur le peuple et en l’organisant que les révolutionnaires en sont arrivés là. Du coup, l’enthousiasme de la population est impressionnant. La conscience politique des masses est très élevée, surtout parmi les jeunes, la population rurale et les travailleurs. Partout l’on parle des maoïstes, de la nécessité du communisme pour développer le pays et du rejet de l’ancien système féodal. Ainsi, malgré la propagande acharnée des médias privés bourgeois contre les maoïstes, la population a bien compris de qui le PCN–M représente les intérêts. Un slogan populaire très répandu dans les manifestations massives ayant pris place dans tout le pays pour célébrer la victoire maoïste est d’ailleurs « De qui est cette victoire ? Celle du peuple ! ».

Il existe pourtant bien des dangers au succès de la révolution, et ceci à différents niveaux. S’il est clair que le plus évident est l’encerclement de la révolution par l’impérialisme et la réaction, le danger venant de l’intérieur même du parti est plus difficile à identifier. En ce moment même, la lutte idéologique est très intense au sein du parti. Il doit être clair pour toutes et tous que la révolution politique n’est pas achevée au Népal. Elle doit aller de pair avec la révolution économique en gardant toujours à l’esprit que la République Fédérale Démocratique ne doit être qu’une république de transition pour accomplir la révolution de Nouvelle Démocratie. Cette dernière sera accomplie lorsque le féodalisme et l’impérialisme ne seront plus présents au sein du pouvoir d’Etat. C’est cela même le cœur du débat : consolider la République Fédérale Démocratique ou s’en servir comme tremplin pour aller vers la République Populaire ? Et ce n’est pas une lutte à propos du nom que l’on veut bien donner à un système politique mais bien sur sa nature.

La nature de la République Fédérale Démocratique est bourgeoise. Si elle peut permettre de détruire petit à petit le féodalisme et le capitalisme bureaucratique, elle n’est pas suffisante pour donner le pouvoir au peuple. La nature de la République Populaire, elle, doit être prolétarienne, doit servir les intérêts des travailleurs et des paysans. Elle doit permettre l’abolition totale du féodalisme et du capitalisme bureaucratique, elle doit permettre au peuple de prendre le pouvoir entre ses mains, elle doit permettre de construire le socialisme et d’aller vers le communisme. Le chemin est long et n’est pas en ligne droite.

Afin que l’espoir que porte la révolution népalaise pour tous les peuples opprimés ne meure pas, nous devons soutenir la ligne du parti qui entend bien continuer la révolution politique. Isolée, la révolution souffrira des attaques incessantes des puissances impérialistes et de la bourgeoisie bureaucratique nationale. Diffusons l’information que la première révolution du XXIème siècle est en marche !

 

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 La situation actuelle et nos défis

Basanta - Membre du Comité Central du PCN-m

C’est une ère d’impérialisme et de révolution prolétarienne. C’est aussi connu comme l’ère Léniniste. La spécificité de cette ère a été la diffusion de l’impérialisme par l’exploitation et le pillage de la planète, par la base économique du féodalisme et de la superstructure des bureaucrates et des bourgeois compradore1 dans les pays opprimés.  Fondé sur les intérêts impérialistes, le capitalisme bureaucratique, qui se développe comme résultat d’une alliance contre nature entre féodalisme et impérialisme, est contre la nation et le peuple. Le capitalisme bureaucratique et compradore, en préservant les relations féodales dans la production agricole, ne permet pas au capitalisme national de s’épanouir. L’expansion du capital impérialiste amène quelques changements quantitatifs dans les relations de production féodales, mais il ne va pas au-delà des intérêts de la bourgeoisie compradore et de l’impérialisme. Dans ce sens, il est évident  que le féodalisme et l’impérialisme doivent être les cibles de la révolution prolétarienne dans les pays semi-féodaux et semi-coloniaux.

Le Népal est un pays semi-féodal et semi-colonial. Par le Traité de Sugauli en 18162, l’union malsaine de l’impérialisme Britannique et de l’Etat népalais centralisé qui a été unifié par la force par Prithvi Narayan Shah, l’ambitieux roi de Gorkha, a transformé notre pays en un pays semi-féodal et semi-colonial. Comme résultat des conditions socio-économiques, le féodalisme et l’impérialisme et particulièrement l’expansionisme indien sont les barrières pour la démocratie, le progrès et l’indépendance nationale du peuple népalais. Sans abolir le féodalisme et sans mettre fin à l’intervention extérieur, le peuple népalais ne pourra pas ouvrir la voie pour la démocratie réelle et l’indépendance nationale.

L’énorme participation du peuple népalais dans les luttes progressives, d’essences et de formes variées, depuis environ 1949, exprime leur ferme résolution pour la démocratie populaire et le nationalisme contre l’oppression féodale et impérialiste. Cependant, le masque patriotique du roi cache son ultranationalisme féodal, et le bavardage du Congrès Népalais sur la démocratie sert l’impérialisme et, principalement, l’expansionnisme indien ; ceci a réussi depuis assez longtemps à diviser et embrouiller le peuple népalais à propos du patriotisme et de la démocratie. L’histoire est  témoin de comment le Mouvement Communiste Népalais, qui a essayé de faire des efforts pour développer une tendance indépendante en comprenant que la démocratie et le nationalisme étaient inséparable l’un de l’autre, a également échoué à se garder de se ranger du côté de la monarchie, à chaque fois qu’il y avait une menace contre la nation et à chaque fois que la démocratie était défiée, et d’être à la traine derrière le Congrès Népalais. Les évènements politiques jusqu’à 1990 prouvent cette réalité. Mais il ne doit jamais être oublié que le conflit entre la monarchie et le Congrès Népalais n’était pas de nier l’un par l’autre, mais seulement d’assurer que le rôle de chacun reste décisif dans le partage du pouvoir entre les deux.

La participation et le soutien sans précédent du peuple, dans le processus d’initiation et de continuation de la grande Guerre Populaire, a réussi grâce à la capacité de notre parti de développer une tendance indépendante forte en faveur de la démocratie et du nationalisme. C’était une percée dans l’histoire du Mouvement Communiste Népalais. Dans la situation où il y avait à un moment une contradiction tripartite entre la tendance régressive ultranationaliste de la monarchie, la tendance de statu quo de la démocratie bourgeoise des partis parlementaires et notre tendance progressive indépendante anti-féodale et anti-impérialiste, la compréhension de la dialectique de notre parti, de gérer et utiliser le conflit déjà existant entre la monarchie et les partis parlementaires, a été une des raisons principales derrière le développement de la Guerre Populaire. Cependant, sans changer l’état de conflit triparti en une contradiction bipolaire, aucune voie n’aurait été ouverte pour accomplir la révolution de nouvelle démocratie au Népal.

Le développement de la Guerre Populaire, le massacre du palais3 et les actions autocratiques de Gyanendra, ont créé un environnement qui a aidé à rassembler les forces révolutionnaires et de statu quo. C’est seulement après que le plan, surtout par l’impérialisme américain, de construire un accord entre les forces régressives et de statu quo et d’utiliser cette coalition contre le PCN-maoïste ait échouée, que les forces de statu quo et progressives sont parvenues à l’accord en 12 points. Dans ce sens, le mouvement de masse sans précédent d’avril 2006 qui s’est développé sur la base des 10 années de Guerre Populaire, avec le soutien de l’accord de 12 points, a mis un terme à la monarchie au Népal et a transformé le Népal en République Démocratique Fédérale. Il doit être compris que la fin de la monarchie n’est pas la fin du féodalisme mais la fin du rôle central de la monarchie dans le pouvoir réactionnaire. C’est un accomplissement extraordinaire effectué par le peuple népalais.

Toutefois, dans cette situation, une tendance opportuniste de droite qui comprend la république démocratique comme le succès final de la révolution, et une tendance sectaire de gauche qui minimise cet accomplissement peuvent quelques fois être remarquées dans notre parti et dans la société. Dans la situation actuelle du Mouvement Communiste International, où le révisionnisme de droite est le principal danger, il est urgemment nécessaire d’accentuer la lutte contre la tendance de droite, dans et en dehors du parti, et de rester attentif à propos des pertes que le sectarisme de gauche et l’opportunisme centriste peuvent affliger à la révolution. C’est seulement en luttant contre les différentes tendances erronées que la révolution peut être défendue et menée à la victoire.

Même si la monarchie féodale a pris fin, il y a eu peu de changements dans les conditions socio-économiques semi-féodales et semi-coloniales du Népal. Le féodalisme et l’impérialisme, les cibles de la Révolution de Nouvelle Démocratie, existent toujours. La classe compradore et bureaucrate capitaliste qui dominent l’Etat népalais représentent, à l’intérieur, les intérêts du féodalisme et à l’extérieur ceux de  l’impérialisme. Par conséquent, la réunion du Comité Central de notre parti tenue en juin dernier au Garden Hôtel à Katmandou a décidé que la barrière principale à l’heure actuelle pour la révolution de nouvelle démocratie au Népal sont la bourgeoisie compradore et bureaucrate.

Même dans cette situation, où notre parti a émergé comme le plus grand parti par les élections de l’Assemblée Constituante, l’encerclement de l’impérialisme et de l’expansionnisme indien et de  leurs marionnettes népalaises pour ne pas permettre au PCN-maoïste de diriger le gouvernement manifeste l’intensité de cette contradiction. Les conspirations qui sont menées pour ne pas permettre notre parti de diriger le gouvernement ne sont rien d’autre qu’un type de lutte de classe différent entre la bourgeoisie compradore et bureaucratique et le prolétariat népalais. Maintenant, sous la direction du Congrès Népalais, qui représente la bourgeoisie compradore, les réactionnaires ont travaillé vigoureusement à développer une coalition de statu quo contre notre parti. Il n’y a aucun doute que tout ceci est fait sous la supervision de l’impérialisme américain et de l’expansionnisme indien. Il est donc clair que cela ne peut être autre qu’un plan domestique et étranger pour préparer l’offensive finale contre les aspirations du peuple népalais à la démocratie réelle et à l’indépendance.

Avancée par la seconde conférence nationale et concrétisée par la Réunion de Chunwang, la tactique de l’Assemblée Constituante, et par son biais l’établissement de la République Démocratique Fédérale, a été accomplie avec succès. Cependant, ce processus a placé la classe bourgeoise compradore en position dominante du pouvoir d’Etat réactionnaire4. Dans cette situation, construire un front composé de toutes les forces démocratiques, patriotiques et de gauche sous la direction du parti  du prolétariat, et d’avancer vers l’offensive finale, est le besoin urgent. Ceci et seulement ceci peut ouvrir la porte à l’élimination du féodalisme et de l’impérialisme du Népal, et ainsi accomplir la Révolution de Nouvelle Démocratie. C’est comme cela que notre parti, le PCN-maoïste, partie du prolétariat international, peut remplir son devoir internationaliste d’ouvrir la porte à la révolution prolétarienne mondiale dans la première décennie du 21ème siècle. (12 août 2008)

1. Désigne la classe capitaliste des pays opprimés qui dépend directement de l’impérialisme (politiquement, économiquement,…). La dépendance est réciproque car l’impérialisme dépend sur cette classe dans les pays opprimés pour les exploiter et piller plus facilement.

2. Traité qui mit fin à la guerre avec l’Empire Britannique. Le Népal perdit alors une grande partie de son territoire et les Britanniques en profitèrent pour entamer leur mission d’ingérence dans les affaires nationales.

3. Traité qui mit fin à la guerre avec l’Empire Britannique. Le Népal perdit alors une grande partie de son territoire et les Britanniques en profitèrent pour entamer leur mission d’ingérence dans les affaires nationales.

4. Cet article a été écrit avant que le nouveau gouvernement dirigé par les maoïstes ne soit formé.

The Red Star, Vol. I, n°13, 18-31 août 2008

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 Révolution d’Octobre, Chinoise et processus démocratique au Népal  

Par un membre du Comité de Solidarité Franco-Népalais

 

La Révolution d’Octobre


Durant la première guerre mondiale les défaites accumulées devant l’armée impérialiste allemande, poussa la bourgeoisie à renverser le tsar et à s’emparer du pouvoir. Les partis mencheviks et  socialistes-révolutionnaires dominaient la Douma, mais un double pouvoir s’était installé, celui du Soviet de Petrograd regroupant ouvriers, soldats et marins.

Le Parti bolchevik sortait de la clandestinité et gagnait de l’influence. Lénine affirma dans les Thèses d’Avril qu’étant donné la faiblesse de la bourgeoisie et la présence d’un Parti Communiste qui avait dénoncé la guerre impérialiste, il était possible, en s’appuyant sur le prolétariat, la paysannerie et les soviets de soldats, de pousser la Révolution bourgeoise jusqu’au bout et passer au socialisme.

Le processus de la prise du pouvoir par le prolétariat qui a démarré en 1905 aboutissait à l’Insurrection dirigée par le Parti Communiste.

L’URSS s’est alors édifiée à travers une lutte prolongée pacifique et non pacifique (guerre civile provoquant des famines, une destruction partielle du potentiel industriel, dévastation des campagnes, des multiples complots extérieurs et intérieurs), mais aussi la constitution de partis communistes puissants en Europe et en Chine, la lutte anti-fasciste et la victoire de l’URSS contre le nazisme. A l’issue de la guerre s’était constitué un vaste camp socialiste, le renforcement des partis communistes à l’Occident et le développement du mouvement de libération nationale des colonies.

La Révolution Chinoise

Elle est elle aussi l’aboutissement d’un long processus d’une guerre populaire qui s’est caractérisée en Chine par l’encerclement des villes par les campagnes. La Russie était un pays capitaliste arriéré mais puissant par son étendue et son armée, alors que la Chine était un pays semi-féodal.

La guerre populaire a été un long processus qui s’étend de la naissance du PCC en 1921 jusqu’à la prise du pouvoir en 1949. Mao Zedong a compris que la paysannerie était la force principale en Chine, que sans elle, il était impossible de vaincre. Après le massacre des communistes à Shanghai lors de l’expédition du Nord, la longue marche a commencé traversant toute la Chine pour établir une zone libérée à Yenan.

Cette phase de la guerre populaire prolongée a duré dix ans. En 1937, elle s’est transformée en lutte de libération nationale contre l’envahisseur japonais. Un front uni s’est établi entre le Parti Communiste et le Guomindang. En 1945, le japon capitule. Mao propose un gouvernement national avec maintient des zones contrôlées respectivement par les deux partis. Mao acceptera des concessions importantes (remises de certaines zones libérées entre autre). Mais le Guomindang rompra les négociations et passera à l’attaque. Il se démasquera ainsi aux yeux des masses. En 1949, la république Populaire sera proclamée et Tchang Kaïtchek, dirigeant du Guomindang, se réfugiera à Taïwan. La RPC recevra l’appui du camp socialiste, particulièrement de l’URSS.

Le processus démocratique au Népal

             La reprise de la guerre populaire avait commencé en 1980 au Pérou dirigée par le Parti Communiste du Pérou et le maoïsme défini comme troisième phase de la théorie et pratique du marxisme. La guerre populaire au Népal a commencé en 1996 et s’est étendue à 80% du territoire. Le roi a renvoyé le gouvernement et du coup rejeté les partis parlementaires dans l’opposition, ce qui a déclenché un vaste mouvement populaire dans les villes auquel dans lequel le Parti Communiste du Népal (Maoïste) a joué un rôle déterminant. Il a gagné une grande influence dans la capitale et a alors proposé aux autres partis une alliance afin d’en finir avec la monarchie, établir un gouvernement provisoire et rédiger une nouvelle constitution. Le Parti a arrêté momentanément les actions militaires poursuivant la guerre populaire sous d’autres formes. Le roi a été contraint d’abdiquer. Les armes ont été placées dans des conteneurs gardés par les maoïstes sous observation de l’ONU dans sept cantonnements et l’armée consignée dans les casernes. Des élections ont eu lieu qui ont donné 40% des suffrages au maoïstes, 20% à l’UML, autant au Parti du Congrès. L’UML a fini par passer un accord avec le PCN(M).  Un gouvernement comprenant le PCN(M), l’UML et un Parti autonomiste a pu être formé. Le premier ministre, chef de l’exécutif, est Prachanda, le leader du PCN(M). Il s’agit de moderniser le pays sur le plan économique et de faire avancer le processus démocratique sur le plan politique vers la démocratie nouvelle, puis le socialisme et le communisme à l’échelle mondiale.

            Le processus démocratique au Népal, dirigé par le Parti Communiste, n’a été rendu possible que par 10 ans de guerre populaire et l’appui d’un vaste mouvement populaire.

Conclusions

            La Révolution d’Octobre s’est déroulée à l’époque de l’impérialisme, en rupture avec le social-chauvinisme qui avait conduit la plupart des partis sociaux-démocrates à appuyer la guerre impérialiste et la défense de leur propre impérialisme. Elle a permis l’édification du premier Etat socialiste, la construction d’une Internationale regroupant les partis communistes, puis la constitution d’un camp socialiste après la IIème guerre mondiale.

            La Révolution Chinoise a pu s’appuyer sur l’URSS sans copier mécaniquement la Révolution d’Octobre et pratiquer dans le cadre d’un pays semi féodal, le premier front uni  avec le Guomindang contre les seigneurs de la guerre puis la guerre populaire contre les réactionnaires du Guomindang dans une première phase, le Front Uni anti-japonais avec lui dans une seconde et la poursuite de la guerre populaire par la marche sur les villes après la rupture provoquée par le Guomindang en 1945. La création de la Chine Populaire a renforcé le camp socialiste et a aidé le développement du mouvement des nations opprimées par l’impérialisme et les guerres de libération nationale.

            Le Parti Communiste du Népal (Maoïste), comme l’avait fait le Parti Communiste du Pérou a commencé la guerre populaire dans un contexte bien différent.

            Dans les années soixante est apparu le révisionnisme moderne khrouchtchévien qui a initié le processus de restauration du capitalisme en URSS après la mort de Staline. Il en a été de même à la mort de Mao, où malgré dix ans de révolution culturelle prolétarienne1, les tenants de la voie capitaliste ont mis en route le processus d’inversion du socialisme tout en conservant les structures du Parti et de l’Etat pour encadrer ce processus. Il n’y avait plus de base arrière constituée par un pays puis un camp socialiste et des partis communistes dans le monde entier ni de mouvement anti-impérialiste proche.  Le maoïsme a refait surface au Pérou, lorsque le PCP a initié la Guerre Populaire en 1980. Le PCN(M) en fera de même en 1996. Seuls les maoïstes ont soutenu avec des forces très faibles le PCP, puis le PCN(M). De plus, le Népal est un petit pays de moins de 26 millions d’habitants et d’une superficie et 170.000 km², alors que l’URSS avait 22.000.000 de km² et 180 millions d’habitants, la Chine 9.500.000 km² et aujourd’hui 1,3 milliards d’habitants ; sans compter les démocraties populaires.

C’est donc dans un rapport de force extrêmement faible que la guerre populaire s’est déroulée et que le processus démocratique a commencé. La guerre populaire est passé de la phase militaire a celle de la consolidation démocratique sans pour autant que les forces réactionnaires et réformistes pro-impérialiste et l’appui de l’expansionnisme indien aient renoncé à faire capoter ce processus. La lutte entre les deux lignes au sein même du PCN(M) se déroule dans ce contexte entre la ligne économiste qui veut en finir avec la politique au poste de commandement contre la ligne qui veut faire avancer les réformes dans le cadre d’un processus de démocratisation continue de la vie politique au profit du prolétariat et des masses populaires, c'est-à-dire la continuation de la révolution. L’avenir du processus démocratique, de la démocratie nouvelle puis du socialisme au Népal est lié à la ligne qui sera victorieuse.

1. La Grande Révolution Culturelle Prolétarienne en Chine s’est développée dans le cadre de la lutte entre deux lignes. Le mouvement avait pour objectif de mobiliser les masses dans la lutte contre les tenants de la voie capitaliste au sein même du PCC.

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