Analayses, témoignages,...

Lundi 26 octobre 2009

Grâce à un message de G.Q. (merci à lui !), nous avons eu accès à une première traduction de cette interview. Nous l'avons corrigée et la publions donc ici-même. C'est un document important après l'insurection de Lalgarh et avant l'opération "Green Hunt", offensive militaire du gouvernement indien contre le PCI-maoïste. Nous publierons d'autres informations sur le mouvement maoïste indien (ou naxalite).


Première interview du secrétaire général du Parti communiste indien (maoïste) sur la lutte armée dans son pays et des questions connexes

 


Lien à la source


Entretien avec Ganapathi, dirigeant de la révolution maoïste qui monte en Inde

 

Cet entretien est extrait du numéro du 17 octobre du magazine Open. Ganapathi, secrétaire général du Parti communiste indien PCI (maoïste), répond aux questions sur le travail du parti dans la région du Lalgarh [au Bengale Occidental, où vient de se produire un soulèvement rural de masse], sur sa réplique à l’offensive militaire gouvernementale qui s’annonce, sur la situation politique au Népal, sur la défaite du LTTE [tigres Tamouls], sur la nature contradictoire des mouvements islamistes dans le monde actuel, et le rôle du nouveau chef de l’impérialisme US.

 

“Nous vaincrons certainement le gouvernement”

 

Le commandant en chef du PCI maoïste, interviewé pour la première fois, répond aux questions d’« Open ».

 

A première vue, Mupalla Laxman Rao, qui aura bientôt 60 ans, ressemble à un instituteur. Et il l’était effectivement, au début des années 1970 dans le district de Karimnagar en Andrah Pradesh. Mais en 2009 cet homme à la voix douce, porteur de lunettes, est devenu l’homme le plus recherché par toutes les polices en Inde. Il dirige une des plus importantes insurrections armées de gauche du monde. Un homme connu dans les dossiers du ministère de l’intérieur sous le nom de Ganapathi, un homme dont les ordres sont relayées dans 15 États de l’Union.


Le commandant en chef du PCI (maoïste) est diplômé en sciences et en éducation. Il enseigne maintenant la guerre de guérilla aux cadres maoïstes. Il a remplacé le fondateur du GGP (Groupe Guerre populaire), Kondapalli Seetharaamiah, comme secrétaire général du parti en 1991. Ganapathi change fréquemment de résidence et les rapports des services secrets mentionnent sa présence dans diverses grandes villes comme Hyderabad, Kolkotta, ou Kochi.


Après de longs mois d’attente, Ganapathi a donné pour la première fois son accord pour une  interview. Quelque part au cœur de la jungle impénétrable de Dandakaranya, il a répondu aux questions de Rahul Pandita sur des sujets variés qui vont de la prochaine offensive anti naxalite que le gouvernement prépare, à ses opinions sur les mouvements jihadistes.

 

Lalgarh a été décrit comme un nouveau Naxalbari par le PCI(m). Pourquoi ce soulèvement a-t-il acquis une telle importance pour vous?

 

Le soulèvement de masse à Lalgarh a, sans aucun doute, rendu l’espoir au peuple opprimé et au camp révolutionnaire en son entier au Bengale occidental. Il a eu un impact grandement positif non seulement sur le peuple du Bengale occidental mais aussi sur le peuple du pays tout entier. Il apparaît comme un nouveau modèle pour le mouvement de masses dans le pays.  Nous avions déjà vu des soulèvements similaires au Manipur, contre les atrocités commises par l’armée et contre le décret des pouvoirs militaires spéciaux au Kashmir, au Dandakaranya et jusqu’à un certain point en Orissa, après le massacre de Kalinganagar perpétré par le gouvernement de Naveen Patnaik.


Puis il y a eu les mouvements de masse à Singur et à Nandigram, mais où des fractions des classes dirigeantes ont également joué un rôle important. Ces mouvements ont été instrumentalisés par les partis des classes dirigeantes pour leurs fins électorales. Mais à Lalgarh c’est un mouvement de masse plus étendu et plus durable qui s’est produit et qui a refusé de se ranger sous la direction des partis parlementaires, les disqualifiant totalement. Le peuple du Lalgarh a même boycotté le récent scrutin législatif national, montrant ainsi sans équivoque sa colère et sa déception envers tous les partis réactionnaires émanant des classes dirigeantes. Lalgarh a d’autres traits intéressants : une forte participation des femmes au mouvement, un caractère authentiquement démocratique et une plus grande mobilisation des Adivasis [membres des tribus, parias de la société indienne]. Ce n’est donc pas étonnant qu’il soit devenu le point de ralliement des forces démocratiques révolutionnaires du Bengale occidental.


S’il s’agit à Lalgarh d’un mouvement populaire, comment les maoïstes s’y sont-ils trouvés mêlés?


En ce qui concerne le rôle de notre parti, nous avons travaillé dans les districts de Paschim, Midnapur, Bankula, et Purulia, dans cette zone habituellement appelée maintenant le Jangalmahal depuis les années 1980. Nous avons combattu les forces féodales locales, l’oppression et l’exploitation par les fonctionnaires forestiers, les usuriers sans scrupules, les capitalistes, et les bandits du PCM [Parti Communiste Marxiste, au pouvoir dans l’État du Bengale Occidental] et du Congrès Trinamool. Le PCM, en particulier, est devenu le principal oppresseur et exploiteur des Adivasis de la région, et il a déchainé ses nervis de sinistre réputation, les Harmad Vahini, sur tous ceux qui remettaient en cause son autorité. Avec le pouvoir d’État en main, avec l’aide de la police, il joue un rôle encore plus néfaste que les féodaux les plus cruels des autres régions du pays.


Dans ces conditions, quiconque ose défier l’oppression et l’exploitation du PCM obtiendra le respect et la confiance du peuple. Comme notre parti a toujours combattu sans aucun compromis les exactions des nervis du PCM, il a naturellement gagné le respect et la confiance du peuple dans la région.


Les violences policières qui suivirent l’explosion de mine du 2 novembre [en 2008, le premier ministre du Bengale occidental, Buddhadeb Bhattacharjee, échappa de peu à l’explosion] servirent de détonateur à la colère accumulée par les masses. Elle prit la forme d’un mouvement populaire de longue durée où notre parti a joué un rôle catalyseur.


Mais il n’y pas si longtemps, le PCM était votre ami. Vous lui avez même emprunté des armes et des munitions pour combattre le Congrès Trinamool. Ce qui a été confirmé par un membre du politburo du PCI (maoïste) dans certaines interviews. Et maintenant vous combattez le PCM avec l’aide du Trinamool.  Comment l’ami est-il devenu un ennemi et vice versa ?


 Ce que vous dite n’est que partiellement vrai. Nous avons appris en effet que des munitions avaient été obtenues par un responsable local auprès d’une unité du PCM dans cette zone. Mais ce n’était pas dans le cadre d’un accord avec la direction du PCM. Notre démarche était d’unir tous les secteurs des masses opprimées contre le gangstérisme et l’oppression du Trinamool à ce moment là dans la région. Et comme une partie des masses était encore sous l’influence du PCM, nous avons combattu à leur coté contre le Trinamool. Cela dit, considérant la situation générale dans le Bengale occidental, ce n’était pas avisé de demander des armes et des munitions aux PCM même au niveau local vu que la contradiction concernait à la base deux factions des classes dirigeantes.


Notre comité central en a discuté, a critiqué le camarade responsable de cette décision, et a ordonné aux camarades impliqués de cesser immédiatement. En ce qui concerne l’obtention de munitions auprès du Congrès Trinamool, je me souviens que nous ne leur avons pas acheté directement mais à quelqu’un qui était en relation avec eux. Il n’y aura jamais d’accords politiques ou d’accords sous condition avec les marchands d’armes. C’est notre politique depuis le début. En ce qui concerne les déclarations du membre de notre politburo, nous allons vérifier ce qu’il a effectivement dit.


Quelle est votre stratégie maintenant à Lalgarh après l’offensive massive des forces de l’État et du gouvernement central?


D’abord je voudrais qu’il soit parfaitement clair que notre parti va contre-attaquer et qu’il se tiendra fermement aux coté du peuple du Lalgarh et de tout le Jangalmahal, et qu’il aura une stratégie conforme au mandat et aux intérêts du peuple. Nous allons étendre partout la lutte contre l’État et nous efforcer de gagner les larges masses à la cause du peuple. Nous combattrons l’offensive de l’État en mobilisant davantage les masses contre la police, les milices et les bandits du PCM. Le développement du mouvement dépendra bien sûr du niveau de conscience et de préparation du peuple dans la région. Le parti en tiendra compte dans la détermination de sa stratégie, dans le but de libérer pleinement l’initiative des masses.


Le gouvernement s’est référé à Lalgarh comme à un ‘laboratoire’ des opérations anti-naxalites. De son coté, votre parti a-t-il tiré des leçons de Lalgarh ?


Oui, notre parti aussi a beaucoup de choses à apprendre des masses de Lalgarh. Leur soulèvement est allé bien au-delà de nos espérances. En fait, c’est la base du peuple avec l’aide d’éléments avancés influencés par les idées politiques révolutionnaires qui a joué le rôle déterminant pour choisir les formes de la lutte. Elle a constitué sa propre organisation, rédigé sa plate forme de revendication, inventé de nouvelles formes de luttes, et a fait front malgré la brutalité des agressions de la police et des bandits sociaux-fascistes des bandes de l’Harmad. Le mouvement de Lalgarh a le soutien des forces révolutionnaires et démocratiques non seulement au Bengale occidental mais dans tout le pays. Nous faisons appel à ces forces pour qu’elles s’unissent pour repousser l’offensive fasciste du gouvernement Buddhadeb au Bengale occidental et du gouvernement central du Congrès. En bâtissant le front de combat le plus large et en adoptant des tactiques adéquates combinant le mouvement militant politique de masse avec à la résistance populaire armée et l’action de notre AGPL [Armée de Guérilla Populaire de Libération], nous infligerons la défaite à l’offensive massive des forces du Centre. Je ne peux pas en dire davantage en ce moment.


Le Centre a déclaré une guerre totale aux maoïstes en qualifiant le PCI maoïste d’organisation terroriste et en imposant son interdiction dans l’ensemble de l’Inde. Quelles en sont les conséquences pour votre parti ?


Notre parti était déjà interdit dans plusieurs états de l’Inde. En imposant l’interdiction aux autres états, le gouvernement veut rendre impossible nos activités légales au Bengale occidental et dans quelques autres états où des possibilités légales subsistaient. Le gouvernement veut utiliser cette loi scélérate de Prévention des Activité Illégale pour persécuter quiconque ose lever la voix contre les exécutions illégales au cours de fausses opérations militaires, les viols, et les autres exactions policières contre les habitants des régions contrôlées par les forces maoïstes. Quiconque demandera des comptes sur la brutalité des forces de l’État sera automatiquement classé comme terroriste.


Les vrais terroristes et les pires menaces pour la sécurité nationale ne sont autres que Manmohan Singh, Chidambaram, Buddhadeb, et d’autres chefs de la classe dirigeante et des forces féodales qui terrorisent le peuple quotidiennement.


Le gouvernement de l'UPA a commencé son deuxième mandat en annonçant qu’il écraserait la ‘menace’ maoïste et s’est mis à verser des fonds énormes aux états dans cette intention. La cause immédiate en est la pression exercée par la bourgeoisie compradore et bureaucratique et les impérialistes, et en particulier l’impérialisme des États-Unis qui veut piller les ressources de notre pays sans entraves. Ces requins aspirent aux richesses naturelles minérales et forestières abondantes d’une vaste région qui s’étend du Jangalmahal jusqu’au au nord de l’Andrah Pradesh. Cette région est la plus riche et pourtant la moins développée de notre pays. Ces requins veulent y piller la richesse et chasser les Adivasis de la région pour les appauvrir davantage.


Une autre raison importante de l’offensive actuelle des classes dirigeantes est  la peur de la croissance rapide du mouvement maoïste et de son influence croissante sur une part significative de la population de l’Inde. Les Gouvernements Populaires à Dandakaranya et les comités populaires révolutionnaires au Jharkand, en Orissa, et dans des secteurs d’autres États sont devenus des modèles de développement et de démocratie authentiques. Les dirigeants veulent écraser ses nouveaux modèles de développement et de démocratie authentiques car ils commencent à apparaître au peuple dans l’ensemble du pays comme la véritable alternative.


Le ministère de l’intérieur prépare le lancement d’une offensive de longue haleine contre les maoïstes. Une force militaire énorme s’apprête à de vous chasser des territoires que vous contrôlez. Quel-est votre plan pour résister à cette offensive ?


Les gouvernements successifs du Centre et dedifférents états ont nourri des plans dans ce sens depuis bien des années. Mais ils n’ont pu obtenir aucun succès important malgré leurs actes de cruauté et les meurtres de centaines de nos cadres et de nos dirigeants. Notre parti et notre mouvement a continué à se consolider et à s’étendre géographiquement. De deux ou trois états à l’origine, il est maintenant actif dans plus de 15, ce qui provoque la panique des classes dirigeantes. Surtout depuis la fusion de l’ancien MCCI et de People’s War en septembre 2004 [la fusion qui a donné naissance au PCI maoïste], le gouvernement de l’UPA a déchainé une offensive générale et sans merci contre le mouvement maoïste. Mais notre parti a continué sa croissance malgré quelques pertes sévères. Ces trois dernières années, en particulier, notre armée a remporté plusieurs victoires importantes.

Nous nous sommes confrontés aux offensives continues de l’ennemi avec le soutien et l’implication active des masses. Nous continuerons à affronter la nouvelle offensive de l’ennemi en rehaussant le niveau de cette résistance héroïque et en y préparant le parti entier, l’armée de libération, les divers partis et organisations révolutionnaires et le peuple tout entier. Bien que l’ennemi puisse obtenir quelques succès dans la phase initiale de son offensive, nous prévaudrons certainement et nous vaincrons l’offensive gouvernementale grâce à la mobilisation active des masses et au soutien de toutes les forces révolutionnaires et démocratiques de tout le pays. Aucun régime fasciste ou aucun dictateur militaire dans l’histoire n’a jamais pu supprimer par l’usage de la force brutale les luttes démocratiques et justes du peuple, au contraire, ils ont été balayés à leur tour par la marée montante de la résistance populaire. Le peuple, qui fait l’histoire, se lèvera comme un ouragan sous la direction de notre parti pour éliminer les vampires réactionnaires suceurs de sang qui dirigent notre pays.

Comment analysez-vous les graves échecs du PCI maoïste en Andrah Pradesh?

En 2006, nous avons essuyé une défaite sévère dans la plus grande partie de l’Andrah Pradesh. Elle était due à plusieurs erreurs de notre part. Cela dit,  il faut aussi examiner l’affaire d’un autre point de vue. Dans toute guerre populaire prolongée, il y a des avancées et des reculs. Si l’on met en perspective la situation générale en Andrah Pradesh, vous la comprendrez comme une sorte de retraite. Confrontés à une force supérieure, nous avons choisi de retirer nos forces temporairement de certaines régions d’Andhra Pradesh , d’étendre et de développer nos bases dans les régions voisines, pour contrattaquer par la suite.

Même si nous avons subi un échec, il faut garder à l’esprit qu’il n’est que provisoire. Aucune des conditions objectives qui ont déterminé le début de notre révolution en Andrah Pradesh n’a subi de changement basique. Ce fait objectif continue à servir de base pour la croissance et l’intensification de notre mouvement. De plus, nous avons maintenant une base de masse consolidée, une armée populaire de guérilla mieux entrainée et un parti basé dans toutes les régions de l’Inde aux racines profondes parmi les classes qui constituent l’épine dorsale de notre révolution. C’est pourquoi les dirigeants réactionnaires ne peuvent pas écraser notre guerre révolutionnaire qui fait rage dans plusieurs États du pays.

Nous avons tiré les bonnes leçons de l’échec subi par notre parti en Andrah Pradesh et, basé sur ces leçons, nous avons développé des tactiques dans les autres états. Ainsi nous sommes en capacité de répliquer avec efficacité aux attaques cruelles et généralisées de l’ennemi, de lui infliger des pertes sévères, de préserver nos forces subjectives, de consolider notre parti, de développer l’Armée de Guérilla Populaire de Libération, d’établir les formes embryonnaires de nouveaux gouvernements démocratiques populaires dans certaines poches libérées, et de porter la guerre populaire à un niveau supérieur. De ce point de vue nous sommes en position de force pour revitaliser le mouvement en Andrah Pradesh. Notre révolution avance par vagues et au reflux succèdera la marée haute.

Quelles-sont les causes du revers qu’ont subi les LTTE au Sri Lanka?

Sans aucun doute le mouvement pour un Tamil Eelam distinct et souverain a subi un sérieux revers avec la défaite et l’hécatombe considérable des troupes des LTTE. Le peuple Tamoul et les forces de libération nationales sont maintenant sans direction. Mais le peuple Tamoul continue à aspirer à l’indépendance. Les conditions qui ont donné naissance au  mouvement nationaliste pour Tamil Eelam n’ont pas changées. Les chauvins singhalais des classes dirigeantes du Sri Lanka ne pourront en rien modifier leurs politiques discriminatoires aux dépens de la langue, de la culture et de la nation tamoule. Les manifestations et les célébrations grotesques organisées par le gouvernement et les partis chauvins singhalais au Sri Lanka à l’annonce de la mort de Prabhakaran et de la défaite des LTTE montrent la haine nationale envers les Tamouls qui a été cultivée par les organisations singhalaises, et le degré d’empoisonnement des esprits des Singhalais ordinaires par l’hystérie chauvine.

La conspiration des classes dirigeantes singhalaises pour s’emparer des territoires Tamouls est comparable à celle des dirigeants sionistes en Israël. Le peuple Singhalais privé de terres va maintenant être placé dans les zones tamoules. La démographie de la région va être entièrement modifiée. Le terrain reste favorable à une réémergence de la lutte de libération tamoule.

Même si ça doit prendre temps, la guerre pour la création d’un état séparé Tamoul au Sri Lanka reprendra certainement, lorsque les leçons auront été tirées de la défaite des LTTE. En choisissant un point de vue et une idéologie prolétarienne, en adoptant de nouvelles tactiques et en construisant un front uni le plus large possible de toutes les forces nationalistes et démocratiques, il est possible de parvenir à la libération de la nation tamoule opprimée [au Sri Lanka]. Les forces maoïstes doivent se renforcer pour fournir une direction correcte et une orientation anti-impérialiste à la lutte pour un une république démocratique populaire souveraine du Tamil Eelam. C’est seulement à ces conditions que la nation tamoule peut réellement obtenir sa libération au Sri Lanka.

Est-il vrai que votre entrainement militaire initial provenait du LTTE?

Non, c’est inexact, et nous avons déjà démenti cette assertion plusieurs fois.

Mais l’un de vos principaux commandants m’a dit que des cadres importants de l’ancien GGP avaient bien reçu des armes et de l’entraînement, et d’autres formes de soutien de la part des LTTE.

Laissez moi donc réaffirmer qu’il n’y aucun lien de quelque nature que ce soit entre le LTTE et notre parti. Nous avons essayé à plusieurs reprises d’en établir mais sa direction était réticente à l’idée d’entretenir des liens avec les maoïstes en Inde. Ainsi, il n’était évidemment pas question pour eux de nous fournir un entrainement militaire. Malgré ces faits, nous avons persisté dans notre soutien à la lutte pour le Tamil Eelam. Cela dit, quelques éléments qui s’étaient séparés du LTTE nous ont contacté et nous avons utilisé leur aide à la fin des années 1980 dans nos premiers entrainements.

Votre parti entretient-t-il des liens avec Lashkar el Toiba ou d’autres groupes militants islamistes en lien avec le Pakistan?

Non, pas du tout. Il ne s’agit que de mensonges ourdis par la propagande policière, les bureaucrates et les chefs des partis réactionnaires pour nous discréditer et justifier leurs actes de cruauté contre le mouvement maoïste. En propageant ces mensonges, selon lesquels notre parti aurait des liens avec des groupes liés au ISI pakistanais, les dirigeants réactionnaires veulent prouver que nous sommes des terroristes et légitimer leur propre campagne terroriste contre le peuple et les maoïstes dans les régions où a lieu la lutte armée paysanne. Tenter de prouver le rôle de l’étranger dans chaque lutte juste et démocratique, cataloguer ceux qui combattent pour la libération ds opprimés comme des traitres à leur patrie, cela fait partie de la panoplie habituelle des moyens de leur guerre psychologique.

Quelle est la position de votre parti par rapport aux mouvements islamistes jihadistes?

Les mouvements islamistes jihadistes actuels sont un produit de l’impérialisme, et en particulier de l’impérialisme US et de ses agressions, interventions, pressions, exploitation et destruction des pays arabes ou musulmans riches en pétrole en Asie occidentale, Afghanistan, Somalie, Pakistan, etc. et de leur persécution de l’ensemble des musulmans. Dans leur plan pour l’hégémonie globale, les impérialistes, en particulier l’impérialisme US, ont encouragé et soutenu toutes les guerres d’agression et les coups de forces de leur État satellite Israël.

Notre parti prend position sans équivoque contre toutes les attaques de pays musulmans ou arabes et de la communauté musulmane dans le sens large dans le cadre de la soi-disant ‘guerre globale au terrorisme’. En réalité le fondamentalisme religieux musulman est encouragé et protégé par les impérialistes, du moment qu’il est au service de leurs intérêts - en Arabie Saoudite, dans les pays du Golfe, au Koweït, en Afghanistan, en Irak, au Pakistan.

Mais que pensez-vous des attaques perpétrées par les soi-disant‘ jihadistes’ contre des innocents comme le 26/11/2008?

Voyez-vous, les mouvements jihadistes ont un double aspect : anti-impérialiste d’un coté, réactionnaire sur le plan social et culturel de l’autre. Notre parti soutient la lutte anti-impérialiste des pays et des peuples musulmans, tout en critiquant et luttant contre l’aspect réactionnaire de l’idéologie et de la conception sociale des fondamentalistes musulmans. Seule la direction maoïste peut apporter une orientation correcte à la lutte anti-impérialiste et réaliser l’unité de classe entre musulmans et peuples d’autres confessions. L’influence du fondamentalisme diminuera à mesure que croitra sur les masses musulmanes celle des communistes révolutionnaires, et d’autres forces démocratiques laïques. En tant que communistes révolutionnaires nous luttons de façon permanente pour diminuer l’influence de l’idéologie et de la conception obscurantistes des mollahs sur les masses musulmanes, tout en nous unissant avec tous ceux qui combattent l’ennemi commun de tous les peuples du monde, l’impérialisme et particulièrement l’impérialisme US.

Comment voyez-vous les changements de la politique US après la victoire de Barack Obama sur Georges Bush?

Premièrement, serait fou celui qui s’imaginerait qu’il va se produire un changement qualitatif de la politique américaine (interne ou extérieure) après l’élection de Barack Obama. La politique de sécurité nationale et la politique étrangère qu’il a menées depuis 8 mois montrent pour l’essentiel la continuité avec celle de son prédécesseur. Les justifications idéologiques et politiques de ces politiques intérieures régressives et des politiques extérieures agressives sont tirées des mêmes poubelles que celles qu’avançaient l’administration Bush - la soi-disant « guerre au terrorisme » qui se base sur des mensonges et des calomnies éhontées. Pire encore, ces politiques sont encore plus agressives qu’avant sous Obama avec son plan d’expansion de la guerre sous direction américaine d’Afghanistan vers le Pakistan. Les mains du nouvel assassin-en-chef à la tête de la meute des loups impérialistes sont déjà tâchées du sang de centaines de femmes et d’enfant brutalement exécutés par les missiles impitoyables lâchés par les drones Prédator en Afghanistan et au Pakistan. Et aux États-Unis, le rachat des dettes d’une minuscule élite capitaliste et les attaques contre les droits démocratiques et humains des citoyens américains continuent sans aucun changement.

Les peuples et les nations opprimés font maintenant face à un ennemi encore plus formidable et dangereux, sous la forme d’un président afro –américain de la plus grande machine de guerre et gendarme du monde. Les peuples du monde doivent s’unir pour mener une lutte plus déterminée, plus militante, plus cohérente contre les brigands américains conduits par Barack Obama et se consacrer à la tâche de les vaincre pour faire naitre un monde de paix, de stabilité et de vraie démocratie.

Quel est votre point de vue sur le développement de la situation au Népal?

Dès que le Parti Communiste du Népal - maoïste [PCN-M, devenu ensuite PCUN-M] est parvenu au pouvoir au sein d’une alliance avec des partis compradores-féodaux par la voie parlementaire, nous avons attiré l’attention sur les graves dangers d’intervention impérialiste et expansionniste indienne, et sur le fait qu’ils remueraient ciel et terre pour renverser le gouvernement dirigé par la PCN-M. Tant que Prachanda n’a pas défié les directives du gouvernement indien, il lui a été permis de continuer à gouverner, mais quand son gouvernement s’est mis à s’opposer à l’hégémonie indienne, il a été immédiatement renversé. Le PCN-UML a retiré son soutien au gouvernement de Prachanda sur l’injonction des impérialistes américains et des expansionnistes indiens. Nous sommes en désaccord avec la ligne de transition pacifique mise en pratique par le PCUN-M sous couvert de tactique. Nous avons décidé d’envoyer une lettre ouverte au PCUN-M en juillet 2009.

Nous avons clairement énoncé la position de notre parti dans cette lettre. Nous avons montré que le PCUN-M a choisi de réformer l’État existant par la voie d’une assemblée constituante élue et d’une république démocratique bourgeoise au lieu d’adhérer fermement à la thèse marxiste-léniniste de la nécessité de briser l’ancien État pour instaurer le nouvel État prolétarien. Une telle mesure aurait été le premier pas vers la réalisation du socialisme par la transformation radicale de la société et de tous les rapports de classe d’oppression. C’est certainement une grande tragédie que le PCUN-M ait choisi d’abandonner la voie de la guerre populaire prolongée pour choisir celle de l’action parlementaire à la place, alors qu’il détenait le pouvoir de facto dans la plus grande partie des campagnes.

Et il est réconfortant d’apprendre qu’une partie de la direction du PCUN-M  a entrepris de lutter contre les positions révisionnistes du camarde Prachanda et d’autres. Au vu de la grande tradition révolutionnaire du PCUN-M, nous espérons qu’à l’issue de la lutte interne du parti la ligne opportuniste de la direction actuelle sera répudiée, et que les pratiques révisionnistes et opportunistes seront abandonnées, et que les esprits s’appliqueront à nouveau à l’intelligence créative de la situation concrète au Népal.

Récemment le parti a souffert de sérieuses pertes parmi sa direction aussi bien au niveau des états qu’au niveau central. De plus, l’opinion générale est que la plupart des dirigeants maoïstes, vous compris, sont devenus vieux, sont gravement malades, ce qui est aussi avancé comme l’explication de certaines redditions. Quel est l’effet des pertes et des redditions sur votre mouvement ? Comment affrontez-vous les problèmes qui sont liés au vieillissement et aux maladies des cadres ?

 (Sourire …) Ce type de propagande a été mis en œuvre de manière continue, surtout par les services secrets d’Andrah Pradesh. C’est un des aspects de la guerre psychologique menée par les officiers de renseignement et d’état major ennemis pour troubler et démoraliser les sympathisants du mouvement maoïste. C’est exact que certains dirigeants du parti au niveau central et d’état peuvent être classés comme des « seniors » d’après les critères du gouvernement, c'est-à-dire ceux qui ont franchi le seuil des 60 ans. Vous pourrez bientôt me considérer comme un « senior », dans quelques mois (sourire). Mais la vieillesse et la maladie n’ont jamais été un problème important dans la vie du parti jusqu’à maintenant. Vous pouvez voir les « seniors » du parti travailler 16 à 18 heures par jour et parcourir de longues distances à pied. En ce qui concerne les redditions, c’est un gros mensonge de les attribuer à la vieillesse et à la maladie.

Quand Lanka Papi Reddy, ancien membre de notre comité central s’est rendu au début de l’année dernière, les médias ont fait courir le bruit que d’autres redditions de dirigeants de notre parti auraient lieu bientôt à cause de leur âge ou de leur mauvais état de santé. Le fait est que Papi Reddy s’est rendu à cause de la perte de ses convictions politiques, et de son ego, de son goût pour un faux prestige petit bourgeois. C’est ainsi qu’il n’était pas prêt à rendre des comptes au parti après qu’il ait été démis de ses fonctions par le comité central à cause de son comportement anarchique à l’égard d’une camarade.

Certains dirigeants âgés de notre parti, comme les camarades Sushil Roy et Narayan Sanyal, sont devenus  le cauchemar des classes dirigeantes, même à 65 ans passés. C’est ainsi qu’ils ont été arrêtés, torturés et emprisonnés malgré leur mauvaise santé et leur âge avancé. Le gouvernement fait l’impossible pour empêcher leur remise en liberté. Même si un membre de notre parti est vieux, il/elle continue à servir la révolution en accomplissant toute tâche dans ses possibilités. Ainsi le camarade Niranjan Bose, qui est mort récemment à 92 ans, a accompli des tâches de propagande révolutionnaire jusqu’à l’heure du martyre. Les dirigeants social-fascistes avaient si peur de ce révolutionnaire maoïste nonagénaire qu’ils l’avaient même encore arrêté il y a quatre ans. Tel est l’esprit des révolutionnaires maoïstes - et le pouvoir de l’idéologie marxiste-léniniste-maoïste dont ils lèvent le flambeau. Et quand il y a des maladies graves, ou des handicaps physiques ou mentaux qui empêchent d’accomplir des tâches normales, les camarades affectés se voient attribué un travail adapté.

Mais comment réagissez-vous à l’arrestation et à l’élimination d’une partie de votre direction? Comment comptez-vous remplacer ces pertes?

Il est exact que nous avons perdu des dirigeants importants au niveau des états et au niveau central depuis quatre ou cinq ans. Certain ont été arrêtés en secret et assassinés de la manière la plus lâche. Beaucoup d’autres et des dirigeants d’état ont été arrêtés et placés derrière les barreaux, dernièrement, dans le Jharkand, Bihar, Chhatisgarh, Orissa, Bengale occidental, Maharashtra, Haryana et d’autres états. Ces pertes auront un impact grave sur le parti et sur la révolution indienne dans son ensemble. Nous examinons régulièrement les raisons de ces pertes et nous développons de nouvelles méthodes pour les faire cesser. En adoptant des méthodes secrètes d’organisation plus strictes, et des règles de clandestinité qui protègent contre les erreurs, en renforçant notre implantation dans les masses, notre vigilance et nos réseaux d’information locaux, en brisant ceux de l’ennemi et en étudiant leurs plans et leur stratégies, nous espérons éviter d’autres pertes. Et nous sommes aussi en train d’entrainer et d’éduquer de nouveaux dirigeants à tous les niveaux pour combler les pertes.

Comment définissez-vous l’étape présente de la guerre entre vos forces et celles de l’État Indien ?

Nous sommes en situation de défensive stratégique. Dans certaines régions nous avons le dessus, dans d’autre c’est l’ennemi qui a l’initiative. Dans l’ensemble, nos forces ont obtenu des succès en menant une série de contre-offensives tactiques dans nos zones de guérilla, ces dernières années.

Il est exact que notre parti a subi d’importantes pertes au niveau de la direction, mais nous pouvons aussi infliger des pertes sévères à l’ennemi. Durant les trois dernières années, l’ennemi a eu davantage de pertes que nous. Il essayé par tous les moyens à sa disposition d’affaiblir, de rompre, d’écraser notre parti et notre mouvement. Ils ont essayé d’utiliser des agents infiltrés et des délateurs, versé d’énormes sommes d’argent pour corrompre des éléments faibles du camp révolutionnaire, et ont annoncé une série de plans de réhabilitation et d’autres primes pour provoquer des désertions. Des millions de roupies ont été affectés à la modernisation des forces de police, au recrutement et à l’entrainement de forces supplémentaires, pour former des commandos ; pour accroitre les forces du Centre ; pour entrainer ses forces et celles des états à la guerre contre-insurrectionnelle ; et pour construire des routes, des réseaux de communication, et d’autres infrastructures pour permettre le mouvement rapide de leurs troupes en zone de guérilla. Les États indiens ont mis sur pied des milices et  soutenu sans réserve les abominations commises contre le peuple par ces bandes armées. La guerre psychologique contre les maoïstes a atteint un niveau sans précédent.

Malgré tout, nous avons continué de faire de plus grandes avancées, consolidé le parti et les comités populaires révolutionnaires à divers niveaux, renforcé l’AGPL quantitativement et qualitativement, détruit les réseaux d’information ennemis dans divers secteurs, déjoué les tentatives d’écrasement de notre mouvement par l’ennemi, et contrecarré effectivement la dégoutante guerre psychologique menée par l’ennemi. Les succès que nous venons d’obtenir  dans diverses opérations de contre-offensive tactiques ces derniers jours à travers le pays, les mouvements de masse militants dans plusieurs états, en particulier contre les déplacements forcés de population et pour d’autres causes populaires brûlantes, les initiatives de nos gouvernements populaires révolutionnaires à divers niveaux, tout ceci a un grand impact sur le peuple et contribue à démoraliser les forces ennemies. Il y a des informations qui circulent sur des mutineries et des désertions parmi les miliciens des forces de répression recrutés contre les maoïstes dans les zones où ils dominent. Nombreux sont ceux qui refusent l’entrainement à la guerre dans la jungle ou de prendre positions dans les secteurs que nous contrôlons, subissant des sanctions. Cette tendance va s’amplifier avec la croissance de notre guerre populaire. Dans l’ensemble, l’influence de notre parti est devenue plus forte et il commence à être reconnu par le peuple comme la seule véritable alternative qui lui soit proposée.

Combien de temps va durer cette défensive stratégique, avec le Centre qui a décidé de vous prendre à la gorge?

L’étape actuelle de défense stratégique va durer encore quelques temps. Il est difficile de prévoir combien de temps sera nécessaire pour passer à l’étape d’équilibre stratégique. Cela dépend de la transformation de nos zones de guérilla en zones de base, de la création de nouvelles zones de guérilla et de résistance rouge dans tout le pays, du développement de l’Armée de Guérilla Populaire de Libération. Avec la crise qui va sans cesse s’aggravant dans tous les domaines à cause des politiques antipopulaires des gouvernements pro-impérialistes, pro-féodaux, le mécontentement et la colère croissante des masses résultant des politiques avides de pillage des classes dirigeantes, nous sommes sûrs que les larges masses de ce pays vont rejoindre les rangs des révolutionnaires et porter la révolution indienne à sa prochaine étape.

Traduction GQ 25/10 /2009 – Corrigée par le Comité de Solidarité Franco-Népalais le 26/10/09

 

 

 

 

 

 

 

Par Comite de Solidarité Franco-Népalais
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mardi 29 septembre 2009
Posté par un membre du WPRM Britain

Rapport par les membres du WPRM Britain et Ireland en train de visiter le Népal


Un soir, à Katmandou, nous avons eu le plaisir de rencontrer Ganesh Man Pun, Camarade Rashmi, qui se traduit par ‘clair de lune’. Venant à notre hôtel, Rashmi est arrivé au milieu d’une de ces coupures journalières de courant qui arrive chaque soir, rendant, pour l’occasion, encore plus approprié son nom car nous avons discuté à la lumière de la lune venant de notre fenêtre du troisième étage et d’une petite lampe à huile. Rashmi est un membre du Comité Central du Parti Communiste Unifié du Népal – maoïste ainsi que le président de la Young Communist League (YCL).

Il a commencé notre discussion en nous racontant son propre passé dans le parti. Devenant impliqué dans la politique en tant qu’étudiant, Rashmi est rapidement devenu un cadre à plein temps du Syndicat National Indépendant du Népal – Révolutionnaire avant de devenir un membre de district de la YCL. S’élevant parmi les rangs, Rashmi a dirigé une des quatre attaques qui furent à l’initiation de la Guerre Populaire le 13 février 1996. En tant que commandant d’un de ces groupes, Rashmi a mené l’attaque d’un poste de police dans le district de Rukum, capturant plusieurs armes et explosifs. Il a expliqué que : « après avoir capturé plusieurs policiers, nous leur avons expliqué les raisons de notre action. Nous leur avons dit qu’ils étaient nos frères mais que nous combattions pour la Révolution de Nouvelle Démocratie, contre la règle féodale et compradore au Népal. Nous les avons relâchés et leur avons dit de ne pas nous combattre dans le futur. » 29 jours après ceci, le père de Rashmi, un membre local du parti  et de l’Association des Paysans, est devenu un martyr, étant arrêté chez lui par la police, appelée par un féodal local. La police l’a emmené dehors dans la cour et l’a abattu. Rashmi parle de cet incident sans amertume mais avec une fierté intense du martyr de son père qui, a-t-il dit, est mort pour le peuple.

 

Quatre mois plus tard, Rashmi est devenu Secrétaire de District de Rukum. Il a mené un boycott d’une élection locale, s’assurant que la plupart des VDC [Comités de Développement de Village NdT] dans le district ne retourneraient pas de votes et que le reste ne retournerait que des résultats partiels. Cependant, en 1997, Rashmi fut capturé par la police à Nepalgunj sur le chemin d’une convention du Comité Central. Il a été emprisonné sous la Loi de Sécurité et soumis aux normes de la vie en prison où les tabassages sont communs. En 2001, il souffrait d’une appendicite et a été emmené à l’hôpital de Nepalgunj, d’où il a planifié son évasion. Avec l’aide d’infirmières et d’étudiants sympathiques, Rashmi a réussi à communiquer avec le parti de l’extérieur et quelques jours après l’opération, un groupe de guérilla urbain l’a libéré avec succès de l’hôpital. Rashmi parle de son temps à l’intérieur avec son style jovial habituel, affirmant que : « en prison, quatre ans sont ressenti comme seulement quatre jours. Mais quand j’ai été secouru et que j’ai à nouveau rencontré mes camarades et le peuple dans mon district, j’ai réalisé que la Guerre Populaire s’était développée à un tel niveau. Alors, j’ai ressenti que ces quatre années avaient réellement été quarante années. »

Après sa libération, le Camarade Rashmi était un membre du Comité Central et est rapidement devenu un commissaire politique de l’Armée Populaire de Libération (APL). Il était présent à la réunion de Chunwang où le parti a décidé de former un Front Uni avec les partis parlementaires bourgeois contre la monarchie. Rashmi est alors devenu un commandant de division de la 4ème Division de l’APL couvrant la région de Rapti, mais après le Mouvement Populaire II de 2006, il a été transféré de l’APL, qui fut rapidement placée dans des cantonnements, à la YCL. Selon Rashmi, « lorsque l’APL a été placée dans des cantonnements, les réactionnaires pensaient que les maoïstes se rendraient. Mais nous avons réorganisé la YCL en une force militante pour changer la société. Notre organisation est devenue célèbre dans tout le pays. » Lorsque les maoïstes ont fusionné avec un autre parti, le PCN-Unité Centre Masal, la YCL a également fusionnée avec son groupe de jeunesse, l’Association Démocratique de la Jeunesse. Alors que la vie de Rashmi semble être jusqu’à présent une vie de sacrifice et de lutte, il s’est marié avec une camarade qui est également membre du Comité Central et ils ont un fils, appelé Azad, le mot népalais pour ‘libération’.

 

Rashmi nous a ensuite décrit l’histoire de la YCL, qui est vue comme la continuation de la première organisation de jeunesse communiste au Népal créée en 1951. Au début des années 80, cette organisation, qui a eu plusieurs noms, était dirigée par le Camarade Prachanda avant qu’il ne devienne un membre du Comité Central. Après l’initiation de la Guerre Populaire, la YCL a effectué du travail de masse et de service public selon le slogan du Président Mao ‘servir le peuple’ mais ne travaillait uniquement qu’au niveau local en raison de difficultés de sécurité. Rashmi décrit la YCL comme le « jardin d’enfants du parti » car de nombreux membres de la YCL ont rejoint la milice locale et l’APL. En 2006, après les Accords de Paix, la YCL a été réorganisée et est devenue connue au niveau national et international. Lors de la convention nationale, Rashmi a été réélu président et un Comité Central de 45 membres a été formé. Maintenant, la YCL travaille selon le slogan de « la suprématie civile et la souveraineté nationale ». Les trois années dernières, ils ont travaillé dans les zones urbaines pour élargir les routes, les installations sanitaires et également la plantation d’arbres. Ils ont également combattu contre certaines personnes, y compris des personnes et policiers corrompus et des membres d’organisations humanitaires. Récemment, une campagne nationale pour sauvegarder la frontière avec l’Inde est devenue de première importance, spécifiquement dans la partie est du pays où il y a eu des empiètements de territoire par l’Inde. La YCL a discuté avec les forces de sécurité de la frontière indienne, érigé des piliers de frontière et mobilisé le peuple contre ces empiètements. A ce propos, il semble que la YCL mène plusieurs activités que l’état bourgeois ne peut pas ou ne veut pas mener. La YCL a également bénéficié de la « politique du  1 en 3 » maoïste, ce qui signifie qu’un tiers de la représentation des jeunes dans les organisations maoïstes est garantie. La YCL fait campagne pour abroger la limite d’âge minimum « féodale» de 45 ans pour pouvoir accéder à certaines positions et également pour abaisser la limite d’âge pour voter à 16 ans, l’âge auquel les jeunes népalais reçoivent leur certificat de nationalité.

 

Nous avons ensuite discuté de la question de la désignation de la YCL comme une organisation terroriste. Ces jours ci, il semble qu’il n’y ait pas un jour sans qu’il y ait un article dans la presse népalaise bourgeoise en anglais qui condamne la violence de la YCL. Rashmi explique cependant que « puisque les impérialistes et expansionnistes propagent que la YCL est une organisation terroriste, cela est un signe de leur défaite imminente. Ils veulent rendre diffuse et battre notre organisation mais nous ne sommes pas des terroristes. Le peuple du Népal sait cela, pas seulement les paysans et les travailleurs mais aussi les intellectuels et les travailleurs humanitaires. Ils espèrent tous que la YCL fasse du bon travail et lutte contre les gens corrompus, contre les forces impérialistes et compradores. »

 

Nous avons demandé à Rashmi son opinion sur le changement dans la lutte, de la Guerre Populaire dans les zones rurales à une lutte légale ouverte centrée principalement dans les zones urbaines en général et à Katmandou en particulier. Il a souligné que la lutte doit maintenant être combattue d’une manière différente et que la lutte est très compliquée. Il a affirmé : « maintenant nous sommes dans des zones urbaines, comme Katmandou. Comme la révolution n’est toujours pas terminée en ce moment, il y a certains problèmes avec nos liens à la campagne. Mais nous luttons pour ouvrir des organes locaux et notre organisation est là pour continuer la révolution et la lutte de classe dans les villages, mener des travaux de développement dans l’infrastructure et les transports. » Une nouvelle de l’Himalayan Times de ce matin (18/09/2009) nous à particulièrement intéressé, à propos du rétablissement des gouvernements populaires à Jajarkot. Rashmi continue : « les forces réactionnaires voulaient que nous devenions réformistes. Ils voulaient que nous devenions le troisième parti du Népal, comme un autre UML [le parti révisionniste dirigeant actuellement le gouvernement]. Mais avec la force du peuple et la force de la stratégie et des tactiques de notre parti, nous ne sommes pas devenus réformistes. Nous avons pris la direction du gouvernement et les forces réactionnaires nous ont accepté parce qu’ils voulaient nous transformer en un autre UML. Cependant, nous ne sommes pas devenus un autre UML. Nous combattons pour la suprématie civile contre les actions du Général Katawal. Cette question est cruciale, c’est une ligne de démarcation sur la question de savoir si notre parti est révolutionnaire ou réformiste. Mais nous avons prouvé que nous sommes toujours révolutionnaires. Nous avons quitté le gouvernement et en raison de ceci, nous nous sommes depuis unis à beaucoup de forces révolutionnaires et nationalistes, à de nombreux écrivains et personnes dans le domaine public. » En fait, l’affaire du général a été rendue peu importante  par les médias bourgeois ici, un exemple pour eux du mépris des maoïstes pour la politique de coalition. Mais pour les maoïstes c’est devenu un point central montrant la domination continue du Népal par les puissances étrangères, principalement l’Inde, et le rôle de la direction de l’Armée Népalaise dans la prévention du développement du pays et de la consolidation des victoires atteintes au travers de la Guerre Populaire et du Mouvement Populaire II de 2006.

 

Le sujet de conversation s’est rapidement tourné vers l’élévation du niveau de discussion au sein des maoïstes et dans les journaux du Mouvement Populaire III et de l’insurrection populaire. Rashmi a souligné que le rôle de la YCL était essentiel dans ceci, qu’ils mobiliseraient le peuple et ferait de la lutte une lutte militante. La situation est maintenant centrée sur l’écriture de la nouvelle constitution. Comme il est populairement connu, les maoïstes, qui sont en faveur d’une République Populaire aux caractéristiques népalaises, et les autres forces, qui sont en faveur de l’institutionnalisation d’un système parlementaire bourgeois, manquent de force à l’Assemblée Constituante pour écrire la constitution qui requiert les deux tiers des votes pour ratifier chaque composante. Rashmi a cependant expliqué que « le mouvement de masse ainsi que dans les cantonnements de l’APL sera une pression massive sur les forces d’opposition. Le Mouvement Populaire National Uni récemment constitué, une organisation de front uni sous la direction de Baburam Bhattarai, les mettra également sous pression et posera les bases pour un mouvement populaire et une Révolution de Nouvelle Démocratie victorieux. Cela mettra également en garde l’impérialisme US et l’expansionnisme indien contre une intervention dans notre révolution. » Il a également souligné que malgré que l’APL soit dans des cantonnements il y a toujours la possibilité d’une lutte armée dans le futur. Cependant, dans la situation actuelle, la chose la plus importante est de créer un mouvement de masse pacifique pour la Nouvelle Démocratie.

 

Alors que nous marchions dans la rue pour donner un ‘salut rouge’ en guise d’au revoir, Rashmi nous a chaleureusement serré la main. Il a sauté son repas pour cette rencontre mais semblait plein de vigueur alors qu’il s’en allait. Encore une fois, nous avons été impressionnés par la manière dont les dirigeants de la révolution népalaise ont interagi avec nous, clairs et confiants dans leurs objectifs et ayant les pieds sur terre et amicaux dans leur personnalité, nous inspirant un grand niveau de confiance pour le futur de la révolution.

Par Comite de Solidarité Franco-Népalais
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 18 juin 2009

Le Comité de Solidarité Franco-Népalais, même s'il reste centré sur le processus révolutionnaire au Népal, souhaite également informer des évènements importants de la région de l'Asie du Sud. Cette région est un vrai chaudron révolutionnaire. Ainsi, le Népal, l'Inde et le Bhoutan sont témoins de mouvements maoïstes forts et en progression. Comme on ne peut comprendre un processus révolutionnaire uniquement en considérant sa dynamique strictement nationale, nous donnerons de temps en temps des informations plus gobales sur la région.

 

-------------

 

Article premièrement apparu sur la BBC. Trouvé sur Revolution in South Asia

Burning the house of CPI(M) leaderDes centaines de maoïstes, épaulés par des milliers de villageois, ont capturé la place forte du parti dirigeant de l'état troublé du Bengale Occidental.


Des rebelles armés patrouillent les rues autour du village de Dharampur dans la zone de Lalgarh après que la police se soit enfuit. Selon des rapports, trois personnes ont été tuées.

 

Les rebelles se sont retranchés dans Lalgarh depuis novembre dernier et ont maintenant le contrôle quasi total de la région.

 

La violence liée aux maoïstes a fait 6000 morts en Inde en 20 ans.

 

Les rebelles opèrent dans plus de 180 districts entre l'Inde centrale et de l'est et sont perçus comme la plus grande menace à la sécurité nationale. La semaine dernière, plus de 20 policiers ont ététués dans l'état de Jharkand, à l'est.

 

Les maoïstes affirment représenter les droits des paysans sans-terres et des communautés tribales.

 



'Saccagé'


Le reporter de la BBC à Calcutta Amitabha Bhattasali a affirmé que des centaines de militants du parti dirigeant de l'état, le Parti Communiste d'Inde (Marxiste), ou PCI(M), ont fui la zone de Lalgarh. Les maoïstes affirment que c'est leur première zone "libérée" au Bengale Occidental.

 

Un des postes de police a ensuite été incendié et il a été rapporté que les maoïstes ont démoli la maison d'un dirigeant communiste local.

 

"Les maoïstes se sont livrés à des saccages hier dans le village de Dharampur et ont saccagé la maison du secrétaire de la zone et le bureau du parti avant d'y mettre le feu. Trois de nos hommes sont morts et six autres sont toujours manquants," a affirmé un officiel du PCI(M).

 

Le village de Dharampur était le dernier bastion du parti communiste dirigeant à Lalgarh. Les autres villages dans la région sont sous le contrôle des maoïstes depuis novembre.

 

Notre correspondant affirme que la prise de contrôle de Lalgarh fait partie d'un plan à long terme pour les maoïstes.

 

La région comprend de vastes portions des forêts des districts du Midnapur Occidental, Purulia et Bankura du Bengale Occidental et jouxtent des parties des états de Jharkand et Orissa.


Arrestations

Lalgarh a fait l'expérience de considérables troubles depuis un certain nombre de mois.

La violence a commencé en novembre dernier lorque la police a arrêté quelques résidents locaux en suspiscion d'avoir essayer d'assassiner le ministre en chef de l'état du Bengale Occidental, Buddhadeb Bhattacharya, après qu'il n'ait échappé de justesse à l'explosion d'une mine déclanchée par les suspectés rebelles maoïstes.

Un Comité Populaire contre les Atrocités de la Police a été formé à la suite pour protester contre les arrestations. Ils ont lancé des grèves et des manifestations violentes contre la police locale.

La police et l'administration d'état ont virtuellement été non-existentes dans la plupart de Lalgarh depuis. Les bureaux de vote n'ont pas pu être mis en place lors des récentes élections générales et les votants ont donc dû aller voter en dehors de la région.

Notre correspondant affirme que les insurgés et le PCI(M), qui a été la force politique dominante de l'état, ont combattu une guerre de territoire.

Les années passées, affirme t'il, les maoïstes ont étendu leur influence avec des commandants de guérilla campant dans la région et donnant un entrainement militaire basique aux jeunes locaux.

http://southasiarev.wordpress.com/2009/06/16/bbc-maoist-rampage-in-west-bengal/#more-3489

Par Comite de Solidarité Franco-Népalais
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 19 mai 2009

Voici un article traduit de l'anglais sur le fond de la situation politique au Népal.

Bonne lecture !

--------------

Plus sur « La Révolution et le Pouvoir d’Etat au Népal »

Par le Groupe d’Etude Révolutionnaire MLM, 16 mai 2009

 

Conformément à l’importance de soutenir la révolution populaire au Népal, nous avons suivi les développements changeant rapidement après la tentative de renvoi du général Katawal, Chef d’état major de l’Armée Népalaise réactionnaire, par le gouvernement dirigé par les maoïstes. Nous avons également regardé de plus près les déclarations publiques par les dirigeants du parti à la suite de la Conférence Nationale du PCN Unifié – maoïste tenue en novembre 2008. Finalement, nous avons développé nos avis sur les circonstances particulières posées par la révolution au Népal. Nous avons décidé de faire quelques nouveaux commentaires qui clarifient, corrigent et donnent des détails sur notre article du 4 avril 2009. (voir www.mlmrsg.com) 

Premièrement, nous avons réaffirmé les résultats de la Conférence Nationale. Auparavant, les avis du Président Prachanda étaient critiqués publiquement par un nombre de dirigeants du parti, incluant Kiran (Mohan Baidya), Gaurav (CP Gajurel) et Biplab (Netra Bikram Chand). La question principale de stratégie politique qui a été amenée à la conférence était que soit le parti doit se diriger vers une République Populaire, achevant la révolution de nouvelle démocratie par la capture du pouvoir d’Etat, ou soit la position révisionniste que le parti devrait consolider l’actuelle république bourgeoise et se limiter à un processus de restructuration de l’Etat. (Voir l’article de Bastola “Historic National Convention: Milestone of Revolution,” du 1-15 Décembre, 2008, et l’article de CP Gajurel “The Role of Major Tactical Line in Developing a New Constitution” dans le  Red Star du 16-31 Janvier, 2009.)

La Conférence s’est unie autour d’un compromis qui a fusionné les deux positions. Cette résolution a assené un coup partiel qui a restreint la stratégie révisionniste qui était dominante, et a donné plus de liberté d’action aux forces révolutionnaires dans le parti. Puisque le leadership d’aucune ligne n’a été vaincu, la lutte de ligne ne s’est pas terminée mais est devenue publique dans les derniers mois.

La nouvelle formulation de mener la lutte à partir du gouvernement, du parlement et de la rue indique un tel déplacement vers la Gauche. (Les forces révolutionnaires dans le parti ont appuyé la lutte à partir de la rue.) Les efforts du gouvernement dirigé par les maoïstes de limoger le Chef de l’état major, qui a amené la base maoïste de masse dans les rues d’une manière non observée depuis le soulèvement d’avril 2006 contre la monarchie, montrent également cette direction. Le simple fait que Basanta ait pu déclarer publiquement que « la classe népalaise opprimée est maintenant arrivée au moment très glorieux, mais représentant un défi encore plus grand, de s’emparer du pouvoir central par un processus de rébellion populaire népalais spécifiquement sous la direction de notre parti le PCN Unifié – maoïste »  est un autre signe de ce déplacement [vers la gauche]. (The Red Star, 16-31 mars, 2009).

Ainsi, notre déclaration que « la stratégie actuelle du leadership de Prachanda…est guidé par une ligne et une stratégie révisionniste qui est en opposition à une ligne et stratégie révolutionnaire de préparer les masses et le parti à mener une lutte pour capturer le pouvoir politique » est une description qui n’est pas claire de la situation actuelle au sein du PCN Unifié – maoïste. Dans le parti ou publiquement, Prachanda a promu la stratégie révisionniste de consolidation de la république bourgeoise et la restructuration de l’Etat par des moyens constitutionnels. Cependant, l’entièreté de la direction du parti ne suit pas une ligne révisionniste, car il n’a pas clairement résolu la lutte entre les deux lignes.

Cette évaluation est opposée à la position du PCR-USA qui affirme que le PCNU-maoïste est devenu un parti révisionniste, c'est-à-dire que la consolidation révisionniste est achevée et qu’aucune lutte de ligne révolutionnaire n’existe dans le parti, et que la révolution est basiquement vaincue. En net contraste, le Kasama Project aux USA a rendu un grand service en popularisant la révolution au Népal et en développant un soutien pour celle-ci. Cependant, selon nous, les articles du Kasama Project ne portent pas l’attention nécessaire à la lutte entre les deux lignes au sein du PCNU-maoïste. Sans le dire si clairement, ces articles mettent en avant l’avis que la ligne révolutionnaire a été aux commandes du parti et a été mise en pratique depuis les Accords de Paix signés en 2006, face aux preuves substantielles du contraire.

Nous pensons que nous avions raison de souligner la nature décisive de la lutte entre les deux lignes dans le parti pour le futur de la révolution : « La phase de transition actuelle ne peut pas durer longtemps. Il y a deux voies différentes de développement : Soit le gros des forces maoïstes seront de plus en plus submergés dans l’administration d’un état bourgeois/féodal en essayant de le pousser vers la gauche – ce qui représentera un sérieux revers pour le processus révolutionnaire – ou bien une nouvelle vague de lutte révolutionnaire menée par les maoïstes mènera à la capture du pouvoir et à la victoire de la révolution de nouvelle démocratie comme transition vers le socialisme au Népal. »

Un second point dans notre article doit être revu. Nous avons écrit qu’ « il n’y a aucune preuve que la direction du parti prépare sa base de masse et le parti pour une prise réelle du pouvoir. » Il doit être dit que le manque de discussion publique de faire des plans pour l’insurrection de la part du parti ne signifie pas que de tels plans et préparations ne sont pas faits – qui par nécessité doivent rester secrets. Nous nous attendrions à ce que l’Armée Populaire de Libération, la Ligue des Jeunesses Communistes et les autres organisations dirigées par le parti aient des plans d’urgence en cas d’épreuve de force décisive avec les réactionnaires, comme un coup d’état par l’armée. Toutefois, ceux-ci restent des plans pour une lutte armée défensive. Une « insurrection offensive », d’autre part, est une entreprise stratégique, et les plans pour celle-là ne peuvent avancer seulement si une ligne et une stratégie révolutionnaires gagnent la lutte au sein du PCNU-maoïste.

Il est important de comprendre qu’une situation révolutionnaire est un processus objectif, que les conditions doivent mûrir avant que le temps d’agir ne vienne. Passer à l'offensive insurrectionnelle exige un changement qualitatif de l'humeur des masses, où elles sont devenues convaincues qu'une solution pacifique n'est plus possible par les conditions réelles auxquelles elles font face et par le travail des révolutionnaires.  Les masses populaires n’arrivent pas à une telle position en même temps. Les forces avancées doivent convaincre les alliés intermédiaires au sein des masses de base, ainsi que les alliés vacillants, à la conquête révolutionnaire du pouvoir, et dans ce processus désorganiser et démoraliser les forces arriérées. Un facteur important qui peut accélérer ce processus et l’amener dans une situation qui exige une décision et/ou une action est quand la responsabilité de la rupture d’une impasse politique –telle qu’il existe aujourd’hui au Népal – peut être mise sur le dos des réactionnaires. Ceci a été fait avec succès par Lénine et le Parti Bolchévik dans les mois précédents l’insurrection d’Octobre 1917, et par Mao et le Parti Communiste de Chine durant 1945 et 1946 avant le déclenchement de la guerre civile avec le Guomindang.

Dans ses écrits sur le site web de Kasama, Mike Ely a souligné qu’avant qu’une insurrection ne soit lancée au Népal, il doit y avoir des « répétitions générales » dans les rues, où le parti peut évaluer la force du noyau de ses forces révolutionnaires, déterminer à quel point ils sont efficaces à amener de larges sections du peuple, et mesurer la réponse des réactionnaires. La confrontation actuelle autour du Général Katawal qui a amené des dizaines de milliers de cadres et de partisans maoïstes dans les rues, pourrait s’avérer être une répétition générale politique si une ligne révolutionnaire dirige la lutte en avant et amène les masses à rentrer dans la partie d’une manière qui ne soit pas limitée à affirmer le contrôle civil sur l’armée. De futures confrontations politiques pourraient croître lorsque les efforts des maoïstes d’écrire une nouvelle constitution révolutionnaire et d’intégrer les deux armées d’une façon à ce que l’Armée Populaire de Libération demeure politiquement intacte, ne se heurtent au mur de la résistance réactionnaire. De nouvelles initiatives populaires dans la lutte pour la réforme agraire – qui a été mise de côté depuis la signature des Accords de Paix en 2006 – peuvent également redessiner le tableau politique en préparation d’une capture révolutionnaire du pouvoir.

Troisièmement, nous avons défendu le point de vue que la stratégie politique et militaire de la guerre populaire prolongée – qui inclut une utilisation tactique des négociations et, dans certaines conditions, un travail électoral qui expose le système – est la seule stratégie viable dans les pays semi-coloniaux et semi-féodaux tels que le Népal, l’Inde, les Philippines et l’Indonésie. Au Népal, la question est posée s’il est possible, après que la lutte armée de masse à la campagne ne se soit pas soldée par une victoire, de mener la lutte politique, incluant la participation aux élections et aux gouvernements de coalition, avec l’orientation de générer de nouvelles formes de lutte et d’organisation révolutionnaires auprès des masses des villes et des campagnes – et ainsi gagner en indépendance politique et en initiative révolutionnaire qui puissent permettre et mener à un renouveau de la lutte armée et à la conquête du pouvoir politique dans tout le pays. Il reste à voir si une telle voie à la capture révolutionnaire du pouvoir peut être poursuivie avec succès au Népal, et encore plus dans d’autres pays, mais cette possibilité ne peut pas être simplement exclue.

En tant que résultat de la guerre populaire qui a libéré la plupart des campagnes, et la fin de cette guerre pour mener la lutte politique comme principale forme de lutte, il y a à présent une dualité de pouvoir temporaire et instable au Népal. Les maoïstes partagent le pouvoir d’Etat avec les forces bourgeoises/féodales au gouvernement. Leurs forces armées sont toujours des entités séparées – même si l’APL est en position extrêmement vulnérable. Comment la compréhension marxiste-léniniste de la nature de classe de l’Etat comprend cette situation ? Est-ce que l’Etat, toujours et partout, doit être soit bourgeois soit prolétarien ? Ou peut il y avoir des situations historiques particulières où il y a une lutte féroce entre ces deux classes antagoniques au sein même de l’appareil d’Etat pour une période de temps limitée avant que la question soit réglée ?

Afin de répondre à ces questions, il existe un danger d’application dogmatique des précédents historiques, tirés d’autres temps, lieux et circonstances, de même qu’il existe un danger d’exagérer l’  « exceptionnalisme » et le « particularisme ». Cette dernière tendance agit comme si rien n’avait été appris à propos des lois sous-jacentes de la société, de l’économie politique, de l’Etat moderne comme instrument d’autorité de classe, de la lutte de classe et de la nécessité de la prise armée du pouvoir et le remplacement de l’Etat bourgeois par un nouvel Etat révolutionnaire. Les deux erreurs sont un déni de la méthode scientifique et enlèvent les outils d’analyse essentiels  de la boîte à outil du marxisme-léninisme-maoïsme.

Dans la période qui arrive, la situation politique au Népal sera à un haut niveau de flux car les deux lignes s’affrontent dans le parti et car des situations proches de l’explosion se développent entre les masses menées par les maoïstes et les forces de la réaction. Avec le triomphe d’une ligne révolutionnaire dans le parti, la conscience et le pouvoir révolutionnaires des masses peuvent être déchaînés au plus haut degré, et la conquête du pouvoir politique dans tout le pays peut devenir une possibilité réelle quand les conditions objectives sont mûres. Il est essentiel d’inclure ces points – qui diffèrent de l’opinion qui prend ses désirs pour des réalités que le PCNU-maoïste est uni dans l’avancement de la lutte révolutionnaire contre les forces de la réaction, et qui diffèrent également de la prétention dogmatique et sectaire que la révolution a été trahie par le parti – dans les articles ayant pour but de populariser et mobiliser du soutien pour la révolution au Népal.

La révolution populaire au Népal est juste. Chaque pas en avant requiert un soutien des communistes, révolutionnaires et progressistes du monde entier.

Le site web du Groupe d’Etude Révolutionnaire MLM est  www.mlmrsg.com.  Contact: mlm.rsg@gmail.com

 

 

Par Comite de Solidarité Franco-Népalais
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 6 avril 2009
Cette interview est en anglais, nous n'avons pas eu le temps de la traduire. Si vous voulez nous aider dans la traduction, envoyez la à comitenepal@hotmail.fr .

-------------------------------------

http://maobadiwatch .blogspot. com/2009/ 04/interview- with-com- suresh-kumar- ale.html

"We would like to call on the progressive and leftist forsces of the world... to support us so revolution and be accomplished. "

"So not only do we need relations with these Latin American countries,
but to be able to properly handle the international contradictions some
kind of international anti-imperialist organisation is a must."
//////////// ///////// ///////// ///////// ///////// ///////// ////

Friday, April 3, 2009
Interview with Com. Suresh Kumar Ale Magar- Member of the Constituent Assembly for the Unified Communist Party Nepal (Maoist)

"We would like to call on the progressive and leftist forces of the world... to support us so revolution and be accomplished. "

On April 2nd i had the opportunity to interview Mr. Suresh Kumar Ale Magar, who is a member of the Constituent Assembly for the UCPN(Maoist) . It is an interesting interview- with some very interesting comments about Latin America. There was some minor editing for clarity.

Ben Peterson: Mr Suresh thank you very much for meeting with me.
Suresh Kumar Ale: Thank you, and welcome to Nepal
BP: Thank you very much. So you are a member of the Constituent Assembly...
SKA: Correct.
BP:... and the Unified Communist Party of Nepal (Maoist). How long have you been part of the Maoist movement here?
SKA: The Maoist movement? About 30 years, three decades.
BP: Thats a considerable amount of time. So you were with the party throughout the war period?
SKA: When i joined this movement it was not the Communist Party of Nepal (Maoist), it was named at that time the CPN(Masal). But later there were many separations, separate factions and then we became the CPN(Maoist). It is now after a reintegration with the CPN(Mashal) and the CPN(Maoist) that the party is now the Unified CPN(Maoist)
BP:And you were elected to the assembly in the First Past the Post system?(1)
SKA: Yes
BP: From which district?
SKA: From the first past the post not the proportional representation, from constituency number one Tanahun district.
BP: Now there has been allot of talk from the party leadership about leading the revolution from the government, this is very new and a very different tactic that hasn't really been explored by revolutionaries before, and it is a very different tactics to the Peoples War that went for over 10 years. So it is obvious that the tactics of the party has changed, but has the overall goals and overall aims of the party changed as well?
SKA: No the overall goal of the party has not changed at all and shall not ever change at all. Our ultimate goal will remain the same, of course there will be different tactics, tactical change. This is what we have done in the context of Nepal. No revolution ever repeats, what can be done is revolutions can be developed after taking into account the particular context, particular situation in a society. We need a marxist and leninist model for the particular context of Nepal. Thats what we need to develop. We have to chart a new path, a new phase. that's what we have done, and our vision is that in our revolution the reactionaries of Nepal are trapped in a very critical situation. Because of the contradictions between them they had to change sides, and because of our interpretations of the contradictions in the reactionary classes one group of the reactionary class was compelled to make a kind of compromise or coalition (with the revolutionaries) . Certain parliamentary parties were compelled to do so because of the autocratic rule of the then monarchy of King Gyanendra. This is what happened and this is why we had to refine our practices in this way. And s there were elections to the Constituent Assembly in which we, in which our party the UCPN(M) emerged as the largest political force. And later our party had to lead the government. (2)
BP: Now there is the situation where there is both the Peoples Liberation Army, and the (ex Royal) Nepali Army, and this is a big point of different between the Maoist led government and the political opposition(3) , how to integrate these armies and implement security sector reform- so what is the Maoist plans for the Security Sector Reform and the integration of the armies?
SKA: As you know that until now two armies existed, one Peoples Liberation Army, one Nepal Army. What needs to happen is the merger of the two armies, and the creation of a new Army. Of course there will be a sort of "process" as the comprehensive peace accord stipulates- supervision, integration and rehabilitation of the maoist combatants. It is the responsibility of the government. So we must respect it, respect both armies and build a new army. Of course if anybody from the PLA wouldn't like to join the army, they can leave safe, maybe they would prefer to join the police force or other security sector- then ok. But in the end all the soldiers, the whole PLA must be able to join the Army.
BP:This has all been complicated recently by the actions of the Nepali Army with the support of the political opposition in the recruitment issue in the army and the retirement of 8 generals being resisted. At present the army really is renegade, so is this and the actions of the Nepali Congress a threat to democracy and the future of Nepal?
SKA: Well yes, there are serious challenges to the ongoing peace process, but i think in the end this will not be a problem. After all in the interim constitution and the comprehensive peace accords it is clear that integration will happen, so no one can go back from that and those understandings and agreements.
BP: I think it is fair to say that the situation in Nepal is currently one of re founding the nation. As a new beginning for a "New Nepal". "New Nepal" has been talked about allot by the leadership, such as Prachanda and Dr Bhattarai and others, so what will the "New Nepal" look like, and what will the new constitution include?
SKA: Well it will be a republic, this has already been achieved. "New Nepal" for us, for Maoists and revolutionaries "New Nepal" means a Nepal on the way to socialism. On the road to socialism. New Democratic Nepal. Of course for other people "New Nepal" may not mean this. Some want "New Nepal" to be like what the old Nepal already is. Or other people may say "Healthy Nepal" or "Democratised Nepal" but not a Nepal that is on the road to socialism.
BP: That's very interesting. I have a document here "A Brief Introduction to the Policies of the C.P.N (Maoist)" written by Prachanda in 2004 i think, and it talks about the Maoists minimum program. It talks allot about what would be bourgeois democratic norms, such as sovereignty of the people, secular sate, press freedom ect, but there are things here that are very interesting and go beyond a normal western democracy. It talks about special rights for women and dalits (4), a revolutionary land reform and it also talks about "the guarantee of minimum wages and workers participation in industrial management" Is that something that is still a part of the Maoist program, new economic practices?
SKA: This is all part of the Maoist program of course. Until now we have taken government, but state powers are not in our hand and this problem has to be rectified. The revolution has not been completed, it continues, but of course as the revolution is completed a new kind of economy will be here on top of the world(5). A new economy will exist or there can be no victory in Nepal without that.
BP: So workers involvement in the economy and the state?
SKA:Oh yes.
BP: Well that's very interesting for many observers of Nepal. So while Nepal is at the front of what could be a new socialist revival, there are also other countries around the world undergoing similar processes, also rewriting their constitutions with new provisions in them. Namely Venezuela and Bolivia, so have the Maoists in Nepal been looking at the experiences in Latin America?
SKA:One difference. We are interested at looking to Venezuela, Bolivia and the Others, but still, but we think our party is better as we consider Marxism Leninism Maoism as our guiding principle and we use this influence and follow the path of Mao Tse Tung indefinitely, which means New Democratic Revolution. (For) the accomplishment of the revolution it is critical to follow the principles of Marxism-Leninism- Maoism, we follow and therefore our policies will be better suited to opposing our class enemies. But we see the policies and the struggle of the people in Venezuela, Bolivia and the Latin American Countries against imperialism, particularly against US imperialism. They stand against this, which we strongly appreciate, and i strongly believe that in the future that's there could be an international anti-imperialist organisation, of which those countries would be a major part.
BP: So the revolution in Nepal would be looking to make international anti-imperialist allies in Latin America?
SKA: Not only that but we think that that is a must. To accomplish revolution in a particular country against the reactionary forces of that country is not enough. Today's world is such that every ruling class of any country is completely supported by imperialist forces. No ruling class can sustain by itself. So for that matter the fight against a particular ruling class in a particular country much develop into a fight against imperialism. In any struggle it would be typical for foreign intervention to come and support their interests. So not only do we need relations with these Latin American countries, but to be able to properly handle the international contradictions some kind of international anti-imperialist organisation is a must. This is something we hope we can build with the Latin American countries.(6)
BP: So speaking of foreign intervention, there has been allot of opposition leaders, such as G.P Koirala (Nepali Congress), the Ex King Gyanendra and K.P. Oli (CPN(UML)) all congregating in Dehli under different pretexts. Also in the Constituent Assembly there has been increasing pressure on the Maoists. It has widely been speculated that there may be attempts to overthrown the government. If this was to happen what would be the response of the Maoists?
SKA:This is a risk, an we are aware that they may try to do so, but they have a problem, they are not in a position to do so. They want to run the government, they want to run the agenda, they want to form their own government, they want to run the country themselves, but it is not easy for them to do so. People have a consciousness. People have supported communist forces. This government has come to power not by means of insurrection or gun or means they do not like but through a process of elections, which our party was a part. So, constitutionally and legally they are not able to overthrow us. This is why India wants to be involved to endanger the Maoist led government. We know very well what they want, we are thinking only what we must do. We know what they want and we only worry about what we should do. I don't think they will be able to threaten toe government. I don't think so. (7)
BP: This can tie in with the situation where it is clear that while you have government you do not have state power. The army does what it wants to do, the bureaucracy has been either unwilling or unable to implement the budget, so does the party aspire to challenge for state power?
SKA:We hope to do so. We plan to do that as we know very well that the old bureaucracy is seeped in the "status quoist" mindset and we have new and fresh ideas. There can be no link with the past and its conflicting thinking. At the moment we are helpless to move forward, but we are looking for ways that we can tackle this kind of thing. Smash the old bureaucracy and create a new one. We are looking for ways.
BP: So for one final question, are you optimistic for the "New Nepal" and what are you dreams| what do you want to sons and daughters of Nepal to inherit from the current generation?
SKA: Definitely, why not!?! we are optimistic, if we were not, why join the revolution? We may as well not have joined the party! There are many challenges, which for revolutionaries and our movement, we have to face them, we believe that, we are confident that the strong lead of marxism leninism maoist will be successful. We will be successful in climbing all the obstacles and challenges and ultimately we will be victorious, accomplish the revolution. Not by taking old paths but by taking a new one, because this is the 21st century. For this reason we would like to call upon progressive and leftist forces of the world- like you people from Australia- to support us so that the revolution can be accomplished.

1. Nepal's election to the constituent assembly was a mixed electoral system, firstly direct elections in electorates, and then a direct proportional representation system as well.
2. This passage might not be particularly clear unless your familiar with the processes in Nepal. In short the Maoist led peoples war came to an end when the Maoists made a peace agreement with parliamentary parties after they adopted the Maoist calls for a Constituent assembly. They were compelled to do so after the monarchy ousted them from their limited parliamentary powers and created a police state. Now however they are "trapped in a very critical situation", the writing of a new constitution where the Maoists have the final say on the constitution.
3. The political opposition is lead by the Nepali Congress who have remained outside of the government, however it also includes forces within the government, particularly the Communist Party of Nepal (United Marxist Leninist). If talking about the political opposition it refere's to all these parties.
4. Dalits are people from the lowest caste in the Hindu caste system which existed in Nepal. Also known as untouchables.
5. "on top of the world" refers to that fact that Nepal has Sagarmatha (Mt Everist) and 8 of the top 10 highest mountains in the world within its borders. People in Nepal often talk about Nepal being on top of the world, or the roof of the world.
6. These comments on Latin America are obviously very interesting. I just think I should add that there is a bit of difference of opinion between the Maoists as to what to make of Latin America. Some see it as a revolution, others as (such as these comments) as a anti-imperialist uprising in need of "marxist leninist maoist thought", so the party in my opinion hasn't totally defined how it relates to the Latin Americans. What is standard however is a recognition that these are significant events and the need for greater intercontinental links.
7. This passage is a little confusing, the essence of what is being said that because the Maoists have taken government in a process that has the support of the vast majority of people and was supported by the reactionary powers in India and the parties of the political opposition, now these political parties are not left with a leg to stand on and are unable to remove the Maosits from power, and a consciousness of the people means that the political opposition is unable to go use extra constitutional means without rousing the mass of the people.
Par Comite de Solidarité Franco-Népalais
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 26 mars 2009

Voici la traduction d'un article paru récemment. Il éclaire sur la situation politique et les défis auxquels fait face la révolution népalaise. L'original est disponible à cette adresse : http://www.krishnasenonline.org/theredstar/year02/issue06/basanta.htm. Bonne lecture !

-----------------------------------------

–Indra Mohan Sigdel “Basant"

Le prolétariat est une classe internationale. En ce sens, le mouvement communiste d’un certain pays est en essence une partie inséparable du mouvement communiste international. Il va sans dire qu’un parti communiste d’un certain pays, analysant entièrement les expériences positives et négatives que les partis communistes des autres pays ont acquis et les synthétisant, applique de manière créative les aspects positifs selon ses propres spécificités, et dans ce processus, le mouvement communiste international s’enrichit idéologiquement. Apparemment, la synthèse de la Commune de Paris, la première révolution prolétarienne du monde, a été la fondation idéologique pour la Grande Révolution d’Octobre en Russie. De même, la synthèse des expériences de la Grande Révolution d’Octobre  et de celles de la construction socialiste en Russie a été la base idéologique pour la Révolution de Nouvelle Démocratie et la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne en Chine. Au cours du développement de ces grandes révolutions, le prolétariat international a développé le marxisme en marxisme-léninisme et ensuite en marxisme-léninisme-maoïsme.

Le marxisme-léninisme-maoïsme est la science de la révolution sociale et demande à être appliquée. Cependant, au cours de l’application de cette science de la révolution, trois sortes de tendances incorrectes sont apparues dans l’histoire du mouvement communiste international et dans le mouvement communiste népalais également. Elles sont : les tendances de droite, du centre et dogmato-sectaire. Au cours de la lutte contre ces tendances incorrectes, la classe prolétarienne internationale acquit de nouvelles expériences et la synthèse de ces expériences enrichit et affine le marxisme.

Notre parti a développé les stratégies et tactiques de la Révolution de Nouvelle Démocratie Népalaise sur la base de la synthèse des expériences positives et négatives acquises au cours des révolutions avec succès et sans succès du 20ème siècle. La grande Guerre Populaire népalaise, initiée sur la base de ces stratégies et tactiques à partir du 13 février 1996, est maintenant entrée dans sa 14ème année après l’achèvement de 13 glorieuses années. Dans cette situation, quand l’impérialisme mondial attaquait idéologiquement que le marxisme avait failli et que le système parlementaire bourgeois était devenu inévitable et quand les classes opprimées du monde entier étaient sur la défensive, d’élever haut la bannière du marxisme-léninisme-maoïsme et d’initier la grande Guerre Populaire au Népal était en soi un défi idéologique et politique contre l’impérialisme, l’expansionnisme Indien et leurs marionnettes, la réaction domestique. La défense et le développement de la Guerre Populaire qui était initiée -et dans une situation internationale défavorable, juste après la chute de l’impérialisme social soviétique, la contre-révolution en Chine et les sérieux revers dont souffrait la Guerre Populaire Péruvienne- n’étaient pas moins un défi. Néanmoins, faisant face avec succès à tous ces défis idéologiques et politiques, la classe opprimée Népalaise est maintenant arrivée à un très glorieux mais encore plus gros défi, au moment de prendre le pouvoir central par un processus de rébellion populaire de la spécificité népalaise sous la direction de notre parti, le PCN Unifié – maoïste.

Comme mentionné avant, nous avons initié la Guerre Populaire dans une situation internationale défavorable, lorsque le révisionnisme de droite était dominant dans le mouvement communiste international. Si nous n’avions pas été capables d’obtenir une victoire décisive dans la lutte idéologique contre le révisionnisme de droite de l’UML et le dogmatisme-sectaire de Mohan Bikram Singh, même l’initiation de la Guerre Populaire n’aurait pas été possible au Népal, sans même parler de sa défense et son développement. Nous sommes maintenant arrivés dans cette situation, avec beaucoup de possibilités, car nous nous sommes prouvé experts dans la lutte idéologique et dans la construction d’une séquence de tactiques appropriée basée sur l’analyse concrète de la situation concrète en appliquant de manière créative le marxisme-léninisme-maoïsme à la spécificité du Népal.

Cependant, c’est de la métaphysique, pas de la dialectique, s’il est compris qu’un certain parti communiste reste révolutionnaire pour toujours s’il a prouvé une fois qu’il était correct dans la lutte idéologique. Maintenant, nous appliquons une tactique de participation au gouvernement en tant que front de lutte qui n’a jamais ni nulle part été utilisé dans le mouvement communiste international. Dans le contexte actuel, alors que le mouvement communiste est défensif et que le révisionnisme de droite est dominant dans le mouvement communiste international, cette tactique est risquée. Tous ces partis communistes, qui ont participé au gouvernement avant la révolution au nom de la tactique, tous ont sombré dans le marais du révisionnisme. Nulle part ni jamais dans l’histoire du mouvement communiste un parti n’a mené la révolution du gouvernement.

Ce n’est pas que c’était une erreur de la part de notre parti d’adopter cette tactique. Ce qui est cherché à dire ici est que seulement en battant l’opportunisme de droite qui comprend cette tactique comme une stratégie ou essaye de le transformer en stratégie pouvons nous appliquer cette tactique au service de la révolution. Mais si il est également nécessaire de faire attention face au danger de devenir prisonniers du dogmatisme-sectaire en combattant l’opportunisme de droite et d’être brimés d’opportunisme centriste en combattant les deux. Dans cette situation donnée complexe, c’est seulement en battant ces tendances incorrectes- opportunisme de droite, opportunisme centriste et dogmatisme-sectaire- sans appliquer mécaniquement les révolutions ave succès du 20ème siècle mais en développant une tactique scientifique et correcte basée sur l’analyse concrète des conditions concrètes que nous pourrons accomplir la révolution de démocratie nouvelle au Népal. Notre parti a développé la tactique de la ‘République Populaire Fédérale Démocratique Nationale’ et ceci, dans la situation concrète actuelle, est la tactique scientifique et correcte pour accomplir la révolution de nouvelle démocratie en achevant le féodalisme et les interventions impérialistes et expansionnistes indiennes au Népal.

Aussi défavorable qu’était la situation internationale au temps de l’initiation de la Guerre Populaire, elle ne l’est plus autant aujourd’hui. La défaveur se transforme graduellement en avantage. La crise économique qui a commencé des Etats Unis a maintenant englobé le monde entier. Cette crise économique est sûre d’être graduellement exprimée dans la forme d’une crise politique mondiale car elle augmente le chômage dans les pays capitalistes et fait que l’aide économique reçue par les pays opprimés des pays développés est coupée. Dans ce processus, les contradictions entre l’impérialisme et les nations et peuples opprimés, les contradictions entre les pays impérialistes et les contradictions entre le travail et le capital sont sûres d’être intensifiées simultanément. Ce que ça justifie est que la situation objective de la première décennie du 21ème siècle devient favorable pour la révolution prolétarienne mondiale.

Même si l’aspect objectif pour la révolution prolétarienne devient favorable, l’aspect subjectif des révolutionnaires est encore très faible. En résultat d’un regard mécanique du 21ème siècle des yeux du 20ème siècle, le problème de ne pas prêter attention à développer l’idéologie afin de répondre aux changements de la situation objective a été le problème idéologique du mouvement communiste contemporain. Uniquement en élevant à un plus haut niveau la lutte idéologique contre le révisionnisme de droite, le danger principal, et le dogmatisme-sectaire peut on résoudre ce problème du mouvement communiste international, incluant le mouvement communiste népalais.

Notre parti, par une synthèse objective des révolutions et contre-révolutions au 20ème siècle, a appliqué des stratégies et tactique correctes pour la révolution prolétarienne au 21ème siècle et sommes arrivés conséquemment à ce niveau de révolution. Mais il y a des différences sur ces questions dans le mouvement communiste international. Nous savons que quelques révolutionnaires ont également atteint la conclusion que la révolution népalaise a été liquidée comme résultat d’une déviation de droite. Seulement en écrasant la conspiration entière de l’impérialisme, de l’expansionnisme indien et de la réaction domestique et ainsi accomplir la révolution de nouvelle démocratie au Népal peut on et devons prouver incorrecte la conclusion de ces quelques révolutionnaires et ainsi présenter au mouvement communiste international un nouveau modèle pour la révolution au 21ème siècle.

Maintenant, le monde nous regarde. Les réactionnaires sont centrés sur le Népal afin d’en extraire la révolution alors que les opprimés du monde sont impatients de voir le succès de la révolution au Népal sous la direction du prolétariat népalais. Dans la situation mondiale actuelle, une possibilité qui peut ouvrir la porte à la révolution prolétarienne mondiale en accomplissant la révolution prolétarienne existe maintenant uniquement au Népal. La responsabilité de notre parti et l’importance de la révolution népalaise reste de matérialiser cette possibilité en réalité.

 

12 mars 2009

 

The Red Star, Volume II, n°6, 16-31 mars 2009

Par Comite de Solidarité Franco-Népalais
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 25 mars 2009
Click to printVoici la traduction d'un article laissé sur le blog Kasama (http://mikeely.wordpress.com/) :

Kasama publie les documents clé sur la lutte de lignes qui s'est intensifiée entre le Parti Communiste du Népal - maoïste et le Parti communiste Révolutionnaire - USA.

Afin de lire les principaux documents de cette lutte de lignes, imprimez le nouveau tract de Kasama (”Two Lines, Five Letters“).

Nous avons mis en ligne plus bas deux lettres du PCR (Nov. 2008 and Oct. 2005) et la seule réponse du PCN-m (June 2006).

-----

Vous trouverez également une synthèse des principaux documents à lire : http://mikeely.files.wordpress.com/2009/03/two_lines_five_letters_maoist_nepal.pdf

Contactez nous pour une aide à la traduction de ces documents : comitenepal@hormail.fr
Par Comite de Solidarité Franco-Népalais
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 24 décembre 2008
Par Comite de Solidarité Franco-Népalais
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 24 décembre 2008

Mohan Baidya 'Kiran' (File photo) Un leader et idéologue maoïste, Mohan Baidya 'Kiran', a dit que le Népal deviendrait une 'République Populaire' dans un an et demi.

 

Dans une interview avec 'Europeko Nepalipatra' (www.nepalipatra.com), un hebdomadaire publié à Londres, Kiran a dit que la principale question à l'heure actuelle était de comment écrire la nouvelle constitution. " Nous avons un an et demi pour écrire cette constitution. Premièrement, nous devons regarder cette échéance, deuxièmement, cette nouvelle constitution doit être formulée sur les bases des 'tactiques' adoptées par notre parti et troisièmement, toutes les forces de gauche, patriotes et pro-peuple doivent s'unir. Après cela, le Népal deviendra une 'République Populaire' en un an et demi," a dit Kiran.

 

Répondant à une autre question, Kiran -connu pour être 'dur' au sein des maoïstes- a dit que son parti avait auparavant donné le slogan de la 'République Démocratique'. "Le Népal est déjà devenu une république (démocratique), et donc ce 'slogan' est devenu obsolète. Maintenant, nous avons donné le slogan de 'République Populaire'", a t'il dit.

 

Kiran a ajouté que même si son parti dirigeait un gouvernement de coalition, il continuerait à mener les luttes dans la rue, dans le parlement et dans le gouvernement. "De ceux là, l'agitation de rue doit être notre stratégie principale. Il y a beaucoup de questions majeures dans la rue, y compris la protection de la souveraineté nationale. L'empiètement de la frontière continue. Il y a eu de mauvais traités et d'accords concernant Susta et Kalapani [voir article http://nouveaunepal.over-blog.com/article-26108177.html NdT] ,  ceux ci doivent être abolis," a t'il ajouté.

 

Affirmant que l'intervention et l'interférence étrangère s'est intensifiée au Népal, Kiran a dit qu'un 'mouvement nationaliste' est devenu nécessaire pour finir toutes sortes d'interventions. Kiran a dit que les paysans, les travailleurs, les 'sans-terres', les anciens 'kamaiyas' [type d'esclaves au service des propriétaires terriens NdT], les familles des martyrs et ceux blessés dans les précédents mouvements devraient tous descendre dans la rue et mettre la pression sur le gouvernement. "De même, nos camarades qui sont dans l'Assemblée Constituante devraient également s'engager dans un mouvement tout en restant en alerte sur la question d'écrire une nouvelle constitution en faveur du peuple", a t'il dit.


"Si nous ne pouvons lancer un tel mouvement, une autre force descendra dans la rue demain. Si ces forces descendent dans la rue, ils peuvent faire tomber le gouvernement, affecter l'écriture de la nouvelle constitution et amener l'anarchie dans le pays", a t'il averti. "Donc, nous voulons avancer en intervenant dans ces trois domaines (la rue, le parlement et le gouvernement)," a t'il ajouté.

 

Répondant à une autre question, Kiran a dit que son parti essayait en effet d'en finir avec la démocratie parlementaire. "Le système parlementaire n'a pas réussi à répondre aux problèmes auxquels le pays fait face. Il a échoué. Il n'y a pas de futur pour ceux qui veulent aller vers la démocratie parlementaire," a t'il déclaré.


Kiran a ajouté que si des obstacles étaient placés devant l'effort de construire un Nouveau Népal, le peuple lancera une lutte et le PCN-maoïste est le seul parti qui peut assurer la direction de la lutte (populaire). "Au final, nous pourrons construire un Nouveau Népal", a t'il conclu.


 nepalnews.com Dec 20 08 http://www.nepalnews.com/archive/2008/dec/dec20/news09.php

Par Comite de Solidarité Franco-Népalais
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 15 décembre 2008

Note du Traducteur : Ces extraits sont tirés d'un article publié sur eKantipur (http://www.kantipuronline.com/columns.php?&nid=170406) argumentant que les maoïstes du Népal "trahissent" le processus de paix et veulent continuer plus loin la révolution. Il ne s'agit pas d'une tradution officielle et la source nommée est "la réunion de Kharipati" (la Réunion Nationale des Cadres du Parti tenue récemment). Auncune confirmation, donc, qu'il s'agit des réelles résolutions tirées de cette réunion. Néanmoins, voici les extraits cités :



  • Des trois étapes de la Guerre Populaire maoïste, la révolution maoïste au Népal a à présent atteint l'étape d'offensive stratégique avec ses propres caractéristiques indigènes.
  • Le rôle principal de l'Armée Populaire de Libération (APL) est de servir comme une force pour achever la révolution et prévenir la contre-révolution. Elle doit se prouver elle même comme une force de créativité, de fermeté, d'offensive, de dynamisme et d'invincibilité.
  • Préparer l'APL politiquement et idéologiquement pour l'offensive pour achever la révolution.
  • L'APL suivra un entraînement idéologique et politique sur la Voie Prachanda et le MLM (Marxisme, Léninisme et Maoïsme). L'entraînement sera aux niveaux basique, intermédiaire et avancé.
  • Il y aura des réunions interactives régulières avec le comité du parti dans l'armée.
  • L'intégration de l'APL sera utilisée d'une manière à ce que cela fasse avancer la cause prolétarienne et la révolution. La question de l'intégration de l'armée devrait être utilisé dans ce contexte.


Par Comite de Solidarité Franco-Népalais
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Présentation

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés