Analayses, témoignages,...

Jeudi 13 octobre 2011 4 13 /10 /Oct /2011 10:23

L'article de Basanta publié ci-dessous apporte un éclairage sur ce qu'est une lutte de ligne dans un Parti Communiste, sur son importance et sur la situation au sein du PCUN(maoïste) aujourd'hui.

 

Quelques groupes 'gauchistes' rejettent l'ensemble du PCUN(maoïste) car il serait révisionniste d'un bloc. Nous affirmons au contraire qu'il y a des maoïstes au Népal, dans et en dehors du PCUN(maoïste), et que notre devoir internationaliste premier est de les soutenir.

 

Les critiques permettent d'avancer et de se remettre en question, mais elles ne doivent pas conduire à l'isolement de la gauche révolutionnaire au Népal et encore moins à la liquidation de l'expérience énorme que les maoïstes du Népal ont accumulé 1. lors des luttes de lignes pour préparer la Guerre Populaire avant 1996, 2. durant les 10 années de Guerre Populaire (1996-2006), 3. durant les 5 années de processus de paix et les leçons (parfois amères et parfois à partir du négatif) à en tirer, 4. par la lutte de ligne qui se développe et atteint aujourd'hui un point culminant en raison des déviations de droite qui sont apparues après l'entrée au gouvernement, au parlement, bref, dans le procesus de paix.

 

Nous traduirons bientôt un article très intéressant dont on peut extraire une phrase :"Si les forces de la faction de Prachanda sont plus fortes en nombre, la faction Kiran est plus forte dans la qualité de ses cadres."

 

Réapproprions nous ces mots : "Il y a des maoïstes au Népal qui luttent pour la révolution et nous devons les soutenir face aux liquidateurs !"

 


 

La Lutte entre deux lignes dans le Mouvement communiste international

 

Par Indra Mohan Sigdel ‘Basanta’ (sur The Next Front), traduit par Servir le Peuple (quelques corrections apportées par le Comité de Solidarité Franco-Népalais)

 

Le mouvement communiste international a traversé 162 années depuis que le Manifeste Communiste a été publié en 1848. Un bilan détaillé de ces 162 ans d'histoire des Partis communistes à travers le monde suffirait à remplir quelques gros volumes. Il est très difficile de condenser un aussi vaste sujet dans un article de deux ou trois pages. Ainsi, en nous centrant principalement sur des questions comme : que signifie une lutte entre deux lignes dans un Parti communiste ; où et comment s’est manifestée son expression centrale dans l'histoire du mouvement communiste, une brève discussion sera développée dans cet article. D’autre part, un effort sera fait pour dévoiler le contenu de l'actuelle lutte entre deux lignes dans notre Parti et expliquer en quoi elle n'est pas différente dans son contenu de toutes les luttes entre deux lignes menées dans le mouvement communiste international jusqu'à aujourd'hui.

 

 

Une lutte entre deux lignes est une lutte politique et idéologique, qui se déroule entre une ligne marxiste et une ligne non-marxiste, c'est à dire bourgeoise, dans un Parti communiste. En d'autres mots, la lutte entre deux lignes est par essence une lutte entre deux voies, dans laquelle les uns s'efforcent d’appréhender fermement le marxisme afin de se diriger vers l'établissement du communisme, et les autres définissent le marxisme comme l’acceptation du besoin de réforme partielle dans le statu quo. La lutte de classe existe tant que les classes existent dans une société et elle se reflète dans la lutte idéologique au sein du Parti communiste. C'est la vie d'un Parti communiste. La base philosophique d'un Parti communiste est le marxisme. Et, comme le marxisme est une science en développement, le marxisme actuel est le marxisme-léninisme-maoïsme.

 

Il y a un grand nombre de Partis communistes dans chaque pays, et chacun proclame être authentiquement marxiste. Dans notre pays aussi, un très grand nombre de Partis existe à ce jour. Il s'agit d'être bien clair sur le fait qu’untel ou untel est marxiste ou pas, et sur les critères pour être marxiste, nonobstant le fait de proclamer l'être. Le marxisme est une compréhension globale, et il a trois composantes. La première est la philosophie : c'est le matérialisme dialectique et historique. La seconde est le socialisme scientifique et la troisième est l'économie politique. La philosophie marxiste apporte une direction idéologique à la révolution prolétarienne. Le socialisme scientifique est le système politique de transition qui guide le processus entier de transformation du capitalisme en communisme. Enfin, l'économie politique marxiste demande l’établissement d’un mode de production socialisé à la place du capitalisme, afin de faire de chaque travailleur le propriétaire de son travail. Ce sont les questions fondamentales du marxisme. Dévier d'un seul de ces aspects, c'est prendre la voie du réformisme. Pour un réformiste, il est facile d'attaquer sur la méthodologie, mais il n'est pas aussi aisé d'attaquer sur les principes. Cela ne veut pas dire que les représentants bourgeois n'attaquent pas la philosophie marxiste. Actuellement, les révisionnistes attaquent principalement sur la lutte violente, qui joue un rôle essentiel pour établir un système socialiste, et la dictature du prolétariat, qui est nécessaire pour le défendre et le développer.

 

Lénine, dans l'Etat et la Révolution, écrit : "Il est souvent dit et écrit que le point principal dans la théorie de Marx est la lutte des classes. Mais c'est faux. Et cette fausse notion aboutit très souvent à une altération opportuniste du marxisme et à sa falsification dans un esprit acceptable pour la bourgeoisie. Quant à la théorie de la lutte des classes, elle n'a pas été créée par Marx, mais par la bourgeoisie avant Marx et, en général, elle est acceptable pour la bourgeoisie. Ceux qui reconnaissent seulement la lutte des classes ne sont pas encore des marxistes ; ils peuvent toujours se trouver dans les limites de la pensée  et  de la politique bourgeoise. Limiter le marxisme à la théorie  de la lutte des classes signifie tronquer le marxisme, le déformant, le réduisant à quelque chose acceptable pour la bourgeoisie. Seul est marxiste celui-qui prolonge l'identification de la lutte des classes à l'identification de la dictature du prolétariat. C'est ce qui constitue la distinction la plus profonde entre le marxiste et l'ordinaire petit (aussi bien que grand) bourgeois. C'est la pierre de touche sur laquelle la compréhension réelle et l'identification de marxisme doit être évaluée". La lutte entre deux lignes dans le mouvement communiste international s'est manifestée sous différentes formes, mais en dernière analyse, elle est centrée sur la question de soit avancer sur la voie de la révolution ininterrompue sous la dictature du prolétariat, soit suivre le chemin de la réconciliation de classe.

 

En dehors de l'attaque révisionniste contre la dictature du prolétariat, nous avons également des attaques vigoureuses contre deux autres composants du marxisme. Sur l'unité et la lutte des contraires, le marxisme enseigne que la lutte est absolue et l'unité relative. Les révisionnistes ont attaqué sur cette notion. Au temps de la Révolution culturelle, un intellectuel chinois, Yang Hsien Chen, a mis en avant une conception éclectique de "deux se combinent en un" en opposition à la conception dialectique de "un se divise en deux". Ceci s’oppose à la conception matérialiste dialectique que l'unité entre deux contraires est relative et la lutte entre eux est absolue. Le Parti communiste de Chine dirigé par Mao s'opposa fermement à cela. Il affirma que c'était la voie vers la collaboration de classe en lieu et place de la lutte des classes et de la dictature du prolétariat. En réalité, le principe selon lequel la l'unité entre deux contraires est absolue et la lutte est relative était la racine idéologique derrière la contre-révolution en Chine.

Lorsque nous regardons en arrière, nous voyons que cette lutte a également eu lieu dans le mouvement communiste népalais. Au Congrès d'Unité de 1992, Ruplal Viswakarma a défendu la thèse que l'unité est absolue et la lutte relative. Là où cette conception l'a amené aujourd'hui est clair pour tout le monde. Héritage de cela, la conception de notre leadership qui envisage que la libération du Népal et du peuple népalais réside dans la fusion du matérialisme et de l'idéalisme l'a maintenant conduit à désarmer l'Armée populaire en remettant les clés des containers d'armes à la réaction. En plus de cela, le Premier ministre maoïste [Bhattarai NDLR] a maintenant ordonné à la police de restituer les terres aux grands propriétaires en les reprenant aux sans-terres et aux paysans pauvres qui les ont occupées grâce à la force de l'Armée populaire lorsque la Guerre populaire avançait. Ce ne serait pas une surprise si notre leadership, qui déclare aujourd'hui "martyrs" ces gens qui sont tombés des deux côtés pendant la Guerre, déclare demain "criminels" ces camarades révolutionnaires et disciplinés à qui il ordonnait de mener des actions contre l'ennemi de classe hier. L’idée selon laquelle nous devons travailler amicalement avec la classe dominante indienne pour défendre la souveraineté nationale du Népal est en train de devenir dominante dans notre Parti. C'est de la capitulation nationale. Tout cela est une expression de la collaboration de classe et sa base idéologique est l'éclectisme. La lutte entre deux lignes, qui se déroule dans notre Parti, est à son paroxysme aujourd'hui.

L'usage de la force joue un rôle essentiel dans le transfert du pouvoir étatique d'une classe à une autre. C'est le premier point que Marx nous a enseigné sur comment prendre le pouvoir. Le second point est qu'un système de transition, qui existe pour une longue période entre capitalisme et communisme, est le socialisme et qu’il s'exprime sous la forme de la dictature du prolétariat. Mais les révisionnistes à travers le monde ont toujours attaqué l'essence même du marxisme. Leur cible, de Kautsky à Bernstein et de Khrouchtchev à Deng Xiaoping, a été d'attaquer la théorie de la violence révolutionnaire et de la dictature du prolétariat, et les révisionnistes aujourd'hui font la même chose. Khrouchtchev a attaqué l'usage de la force au nom de la transition pacifique et la dictature du prolétariat au nom de l'Etat "du peuple entier". Durant le grand débat des années 70, Mao n'a pas seulement lutté idéologiquement contre le révisionnisme khrouchtchévien, mais a aussi déclaré que la lutte des classes existe tout au long de la période du socialisme. Dans ce contexte, Mao a mis en avant que, afin d’empêcher les agents bourgeois de prendre le pouvoir, le prolétariat devait continuer la révolution sous la dictature du prolétariat durant toute la période du socialisme. Ceci est connu comme la théorie de la révolution ininterrompue.

 

Tout comme les révisionnistes d'autres pays, les révisionnistes du Népal se sont aussi opposés au rôle essentiel de la violence pour faire la révolution ainsi qu’à la dictature du prolétariat. Dans l'histoire du mouvement communiste au Népal, le révisionnisme a formellement son origine dans l'appel de Manmohan au Roi en 1957, dans lequel il dit qu'il propagera le socialisme pacifiquement. La lutte de classe révolutionnaire qui a commencé sous la forme de la Rébellion de Jhapa en 1972 a maintenant amené à une démocratie multipartite après que le PCN (ML) d’alors ait adopté formellement la ligne révisionniste khrouchtchévien de transitions pacifique. Le peuple népalais a pu voir que la grande Guerre populaire, initiée en février 1996, a amené de grands changements dans la société népalaise. Mais le peuple népalais n'a plus aujourd'hui le pouvoir populaire que les 10 années de Guerre populaire avaient établi. Les gouvernements populaires ont été dissous. Les armes qui avaient été acquises par le sacrifice de dizaines de milliers de vaillant-e-s fils et filles du peuple népalais ont été confinées dans des containers et leurs clés ont maintenant été remises entre les mains des réactionnaires. L'Armée Populaire de Libération (APL) construite soi-disant pour prévenir la contre-révolution et amener le peuple népalais au communisme est maintenant au seuil de la liquidation, au nom de l'intégration et de la réhabilitation. Cela a amené le peuple népalais dans la situation où Mao disait : "sans armée le peuple n'a rien". Ce n'est pas qu'une question technique liée aux clés des containers, mais une question théorique. Cela montre comment le rôle de l’APL, mandataire du prolétariat pour prendre le pouvoir et poursuivre la révolution sous sa dictature, est nié. C'est du capitulationnisme de classe pur et dur.

La lutte entre deux lignes au sein du Parti Communiste Unifié du Népal (maoïste) est maintenant centrée sur la question de maintenir l’APL avec ses armes et de l'intégrer pour former une armée nationale, ou de la reconvertir en gardes forestiers en la désarmant ; lutter pour établir la Nouvelle démocratie et le socialisme à travers la République populaire fédérale et lutter pour l'indépendance nationale ou s'agenouiller devant l'expansionnisme indien. Notre direction a capitulé devant l'ennemi en désarmant l’APL, et a violé le document de la réunion du Comité Central à Paris height. Dans ce document il est dit : "L'intégration de l'Armée et l'agenda de réhabilitation doivent être menés simultanément. Nous devons rester d'une totale vigilance contre les menées réactionnaires qui visent à affaiblir et désarmer notre Parti en intégrant et réhabilitant l’APL avant que la Constitution ne soit écrite". Sous cet éclairage, bien que différent dans la forme, le contenu de la lutte entre deux lignes qui se déroule dans notre Parti en ce moment n'est pas différent de celui de la lutte entre marxisme et révisionnisme qui s’est déroulée au sein du mouvement communiste international par le passé.

Le programme économique des révolutionnaires communistes est de mettre fin à la propriété privée des moyens de production et établir à sa place des rapports de productions socialisés. Cela résout la contradiction entre Capital et Travail qui existe dans la société capitaliste. Cependant, les agents bourgeois, qui pénètrent dans un Parti communiste, attaquent le mode de production socialiste et insistent sur le développement des forces productives. Le 8ème Congrès du Parti Communiste de Chine avait mis l'accent sur la nécessité de développer les forces productives, en affirmant que la contradiction entre les nécessités matérielles croissantes des masses populaires et le retard des forces productives était la contradiction principale en Chine. Les mots de Deng Xiaoping, "peu importe qu'un chat soit noir ou blanc pourvu qu'il attrape des souris", dévoilent que l'objectif était le développement du capitalisme. Au temps de la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne, les révolutionnaires de Chine ont au contraire adopté pour politique de donner la priorité aux rapports de production socialisés, se basant sur le slogan : "Faire la révolution, promouvoir la production".

Sous la direction du prolétariat, le peuple népalais a participé à de grands mouvements de masse et aux dix années de la grande Guerre populaire de 1996 à 2006 en donnant un exemple éclatant de sacrifice. Dans ce processus, la monarchie féodale centralisée, qui a dirigé le Népal durant 240 ans, a pris fin. Certains leaders de notre Parti, qui considèrent cela comme l'accomplissement de la révolution politique, ont parlé d'aller à partir de là vers la transformation économique. Ceci est totalement erroné. Même si la monarchie a été abolie, le Népal est toujours un pays semi-féodal et semi-colonial. La révolution économique, que l'on dit pouvoir mener sur ce type de base socio-économique, ne saurait être que la croissance du capitalisme compradore et bureaucratique, pas du capitalisme national. Ce genre de développement économique ne peut rien faire d'autre qu'engraisser une poignée de bourgeois compradores et appauvrir le pays et le peuple tout entier. Par conséquent, la lutte entre deux lignes en cours dans notre Parti est centrée sur la lutte pour établir une République populaire fédérale afin de paver la voie au développement du capital national et ainsi bâtir les fondations de l'économie socialiste, ou, au contraire, introduire dans le jeu le capital financier des pays impérialistes, dans le statu quo, et ce faisant engraisser la bourgeoisie compradore.

L'analyse qui précède clarifie que la lutte entre deux lignes se poursuit continuellement dans un Parti communiste, sur les contenus de la philosophie marxiste, du socialisme scientifique et de l'économie politique. Ceci vaut également pour notre Parti. Dans l'objectif de renforcer la base économique socialiste, le pouvoir prolétarien poursuit la révolution sous la dictature du prolétariat, sur la base du marxisme, et ce processus pave la voie vers le communisme. Les révisionnistes attaquent parfois le contenu de la philosophie marxiste, parfois sur la dictature du prolétariat et parfois sur l'essence de l'économie socialiste. La lutte entre deux lignes en cours dans notre Parti n'est pas éloignée de cela. Afin de vaincre le révisionnisme de droite et unir le Parti sur la base idéologique du marxisme-léninisme-maoïsme, un révolutionnaire maoïste doit défendre le matérialisme historique et dialectique, la révolution ininterrompue sous la dictature du prolétariat et l'économie socialiste. C'est la tâche historique de tout révolutionnaire au Népal d'accomplir la révolution de nouvelle démocratie et paver la voie vers le socialisme.

 

25 septembre 2011

 

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Vendredi 7 octobre 2011 5 07 /10 /Oct /2011 09:09

Publié sur Revolution in South Asia

 

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Lundi 3 octobre 2011 1 03 /10 /Oct /2011 10:06

Mercredi dernier le ministre de la défense Népal, Sarat Singh Bhandari, a fait sensation, 15 jours seulement après son entrée au gouvernement, en déclarant : "Si les 22 districts du Téraï décident de faire sécession, aucune loi au Népal ne pourra l'empêcher." Le vice-président maoïste Mohan Baidhya 'Kiran' (dont la faction est en désaccord avec la stratégie actuelle du premier ministre Baburam Bhattarai, issu du même parti que lui) et le secrétaire général Ram Bahadur Thapa 'Badal' du PCUN(maoïste) ont délivré un communiqué de presse condamnant la déclaration et lancé un appel à manifester. Ils dénoncent la volonté de la bourgeoisie indienne de "sikkimiser" le Terai (c'est à dire l'annexer à l'Etat indien frontalier du sikkim).

 

Le Teraï est la plaine au climat tropical qui borde le Népal au sud, le long de la frontière indienne. Sa population colonisée par le royaume du Népal au 18ème siècle, fut alliée des Anglais (de la Compagnie des Indes orientales) au siècle suivant pour combattre le shah népalais. Les partisans de la sécession du Terai estiment que les structures locales ont été démantelées par le gouvernement de Katmandou pour permettre la confiscation de ses ressources : le Terai fournissant la majorité des terres arables, de la petite industrie népalaise et des ressources gazières sans que cela profite à ses habitants. Les habitants du Terai (qui représente la moitié de la population népalaise)  sont historiquement liés à l'Inde (la zone a servi de refuge aux Hindous à l'époque de l'empire musulman des Moghols) et leurs organisations sont souvent liées à la mouvance nationaliste hindoue .En janvier-février 2007 peu de temps après la chute de la monarchie népalaise, des manifestations violentes avaient éclaté dans le Terai à l'instigation d'un petit groupe le Forum des droits du peuple madhesi/Madhesi People's Right Forum (MPR) et avec le soutien de cadres monarchistes, et le couvre feu avait dû être instauré dans de nombreuses villes. La révolte avait été maîtrisée au terme d'un accord avec le MPRF incluant la reconnaissance des droits culturels et une politique de non-discrimination dans le recrutement aux emplois publics. Le ministre Bandhari est responsable d'une alliance (du Terai, le Front démocratique uni madheshi - United Madhesi Democratic Front) qui avait provoqué une grève générale de seize jours en 2008 et dont le MPRF a fait partie jusqu'en septembre 2010.

 

Les maoïstes népalais ont été favorables depuis longtemps à la fédéralisation du Népal, projet auquel se sont aussi ralliés les autres partis politiques. Mais le modèle ne sera viable qu'en l'absence d'ingérence extérieure, notamment de l'Inde (qui s'est engagée à ne pas soutenir les sécessionnistes).

 

Or cette semaine on apprenait que le député américain républicain néo-conservateur (et chantre enthousiaste de la guerre en Irak dès 2001) Steve Chabot en visite à Katmandou avait une conversation avec le premier ministre népalais ainsi qu'avec le chef d'état major de l'armée. Chabot est membre de la commission des affaires étrangères de la chambre des représentants et y préside le sous-comité Proche Orient-Asie du Sud.  Le but de sa visite n'est pas précisé par les médias, mais le profil du personnage peut faire craindre un risque d'ingérence directe. La presse népalaise annonce aussi que USAID (agence qui finance le soft power étatsunien à l'étranger) a fait savoir qu'elle donnera 65 millions de dollars supplémentaires au Népal pour "renforcer les institutions démocratiques du pays", promouvoir l'éducation des jeunes, mener des politiques de santé publique et améliorer la productivité de l'économie népalaise. La liste des organismes bénéficiaires de cette aide n'est pas publique. La sécession madhesi (du Terai) est une des cartes entre les mains des Occidentaux pour faire pression sur les révolutionnaires népalais.

 

FD

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Jeudi 22 septembre 2011 4 22 /09 /Sep /2011 14:17

Article publié sur Drapeau Rouge.

 


 

Nous publions ici un texte des camarades du PCI (ML) Naxalbari.

 

Merci à Servir le Peuple pour la première traduction, avec quelques corrections mineures apportées par nos soins. Original sur The Naxalbari.

 

PC maoïste de France

 

 


 

Sur la situation actuelle au Népal et le défi posé aux maoïstes


 

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La participation au processus d’Assemblée Constituante et au gouvernement au Népal a été utilisée par la direction du PCUN (maoïste) pour liquider la nature révolutionnaire du Parti et l’entraîner dans le marécage du parlementarisme. Depuis un certain temps maintenant, cela est la manifestation politique concrète du révisionnisme, de la sortie du chemin de la Révolution de Nouvelle Démocratie de la part du Parti. Les choses ont maintenant pris une nouvelle dimension avec la récente nomination du Dr. Baburam Bhattarrai au poste de Premier ministre du Népal, à travers un accord avec les partis Madheshis, agents reconnus des expansionnistes indiens. Suivant un scénario déjà écrit par les réactionnaires et approuvé par la direction du PCUN (maoïste), le nouveau gouvernement a promptement remis les clefs des stocks d’armes de l'Armée Populaire de Libération (PLA). Sévèrement vidée de ses qualités de combat par les politiques suivies par la direction du PCUN (maoïste), elle se prépare maintenant à être éliminée formellement, pour en finir avec le dernier, et l'un des plus importants, accomplissement des 10 années de Guerre Populaire. Ainsi le peuple ne pourra plus compter sur rien et sera livré de nouveau sans ressource aux loups réactionnaires.

 

10 années de guerre héroïque des masses et leurs immenses sacrifices ont donné au petit PCN (maoïste) une renommée et une reconnaissance internationales. Hier armure brillante et naissante dans l'histoire glorieuse du mouvement communiste international, ce Parti est maintenant réduit à être `juste un autre petit parti politique', négociant sans scrupule pour un petit espace sur le banc des classes dirigeantes. Aujourd'hui, les chefs mêmes de cette organisation exploitent les sacrifices et les peines des masses révolutionnaires pour quelques postes ministériels et la reconnaissance des expansionnistes indiens, au service des impérialistes. Chaque mesure prise par eux est censée prouver à leurs aakkas (maîtres) qu’ils sont véritablement décidés à abandonner la voie de la révolution.

 

Quand les communistes changent de couleur et se décomposent, la puanteur est de loin la pire. Le slogan de ‘servir les masses' est converti en ‘servir les maîtres impérialistes-expansionnistes'. Tandis que la nature de classe du Parti change, il acquiert le ‘statut de plus favorisé' de la part des classes dirigeantes. Le voile de la moralité bourgeoise minimale est également levé. La dégénération sans scrupule, la soif de biens de consommation et de luxe remplacent la vie communiste simple, l'amour-propre révolutionnaire et la modestie. Les révisionnistes sont les graines des réactionnaires et des serviteurs des impérialistes dans les rangs révolutionnaires. En un rien de temps ils infectent l'organisation entière, décapitent sa force idéologique et la dépouillent de tout son éclat révolutionnaire. La première chose qu'ils font pour liquider une organisation révolutionnaire est d’apporter le libéralisme au lieu de positions idéologiques fermes et claires. Ils détestent les principes léninistes du Parti et convertissent l'organisation en forum de discussion ouvert et inopérant. La conspiration et les manipulations deviennent la marque de fabrique du fonctionnement. Tout cela peut maintenant être observé au sein du PCUN (maoïste).

 

Les maoïstes avaient gagné l'avantage stratégique au cours des dix années de Guerre Populaire, qui avait libéré de vastes régions du pays et établi le Pouvoir populaire. L’avancée de la révolution a intensifié la crise au sein des classes dominantes et poussé leurs mentors impérialistes, expansionnistes, dans l’ornière. Ceci posa le contexte pour les Accords de Paix de 2006 et le soulèvement de masse qui ont par la suite mené à la fin de la monarchie détestée de Gyanendra. Le Parti maoïste a été propulsé dans une position unique de leadership national, gagnant un large soutien pour mettre la révolution à l’ordre du jour. Mais au lieu d'utiliser ces facteurs favorables et d'appliquer la tactique appropriée à l'accomplissement de ces aspirations populaires, la direction a dévié des tâches stratégiques de la révolution. Les racines idéologiques et politiques de cette déviation, y compris les différentes tendances contenues autour de la ‘tactique de paix', sont déjà une question de lutte idéologique dans le mouvement maoïste népalais et international. Les vues de notre partie sur cette question, y compris la correspondance avec la direction du PCUN (maoïste), peuvent être consultées dans le ‘Naxalbari' n°3 (http://www.thenaxalbari.blogspot.com).

 

Cette lutte idéologique doit certainement être approfondie, le plus important étant qu'elle le soit par les maoïstes népalais eux-mêmes. Mais la tâche immédiate des maoïstes et des masses révolutionnaires au Népal est de lever le drapeau de la rébellion ouverte contre le quartier-général révisionniste et de lancer ainsi la reconstruction du Parti sur des bases pleinement marxiste-léniniste-maoïstes, fermement unis aux masses. Ils doivent s’arracher du marais révisionniste de l'Assemblée Constituante politicienne et reprendre le chemin de la révolution. L'héritage révolutionnaire des maoïstes au Népal, profondément enrichi par la Guerre Populaire héroïque qu’ils ont mené et les sacrifices glorieux faits par des milliers de fils et filles vaillants du Népal, avec la solidarité illimitée des peuples partout dans le monde pour la révolution népalaise, fournissent le socle de base pour relever ce défi. Comme appelé dans la résolution politique du CCOMPOSA, « les Peuples du monde entier regardent vers les maoïstes du Népal pour briser toute conspiration locale et externe et pour avancer avec détermination vers l'accomplissement de la Révolution de nouvelle démocratie. »

 

 Krantipriya

Porte-parole,

 

6 septembre 2011

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Mercredi 14 septembre 2011 3 14 /09 /Sep /2011 13:51

English translation will follow in the days to come

 

Notre comité s’est réuni devant la nouvelle situation au Népal.

 

Le Parti Communiste du Népal (maoïste) a mené une guerre populaire de longue durée, pendant 10 ans, ayant permis de libérer 80% du pays. Après un accord avec les 7 partis parlementaires, le Parti a décidé de s’engager sur la voie parlementaire. A l’issue d’élections, le PCN(M) a obtenu 40% des voix. Prachanda, dirigeant du Parti est devenu premier ministre, les armes de l’Armée Populaire de Libération ont été confinées dans des containers dont les clefs étaient entre les mains du Parti.

 

Le PCN(M) a prétendu préparer l’insurrection, en fait le Parti a piétiné. Les comités populaires ont été démantelés. Il n’y a pas eu de réforme agraire. Pire, les expropriations ont été arrêtées, la terre restituée aux propriétaires terriens. Le général en chef de l’Armée Nationale (ex-Armée Royale), dont Prachanda demandait la démission, est resté en place, soutenu par le Président de la République, qui n’avait pourtant aucun pouvoir exécutif. Après neuf mois d’exercice du gouvernement, Prachanda et tous les ministres maoïstes ont démissionné.

 

Le PCN(M) est devenu le PCUN(M), unifié, après la fusion avec un petit parti « révisionniste ». Une lutte de ligne ouverte s’est engagée au sein du parti entre ceux qui voulaient organiser la révolte populaire et ceux qui concevaient le changement comme la mise en place pacifique d’un régime démocratique parlementaire.

 

Finalement, à la fin août, après de longues négociations avec les autres partis, un nouveau premier ministre maoïste est nommé : Bhattarai. Rapidement, Bhattarai et Prachanda ont remis les clefs des containers contenant les armes de l’APL sans en informer les opposants au sein du PCUN(M), dont Kiran et Badal, chef de l’APL.

 

Cette trahison a provoqué des déclarations très dures des dirigeants de la gauche du parti et des manifestations de protestation dans tout le pays.

 

Rendre les clefs des containers, c’est désarmer la révolution, faire fi des milliers de morts de la guerre, démoraliser les masses, rompre avec la ligne révolutionnaire maoïste. C’est transformer complètement le Parti communiste en parti révisionniste.

 

Dans ces circonstances, réaliser l’intégration d’une partie des combattants de l’APL dans l’armée nationale, c’est se soumettre à la bourgeoisie, à la propriété foncière, à l’hégémonisme  indien et en définitive aux impérialistes. La gauche du parti est maintenant au pied du mur. Ce n’est pas elle qui scissionne, c’est l’aile droitière, démocratique et réformiste qui a scissionné avec le marxisme-léninisme-maoïsme et avec les intérêts des ouvriers et des paysans.

 

Dans ces conditions le comité de solidarité franco-népalais se désolidarise de la ligne développée par la direction du PCUN(M), s’oppose au gouvernement Bhattarai et soutient la lutte au sein du Parti et au sein des masses pour l’avancée de la révolution de Nouvelle Démocratie au Népal contre la réaction, la contre-révolution, l’hégémonisme indien et l’impérialisme.

 

Notre comité s’est solidarisé avec la révolution au Népal et s’est posé beaucoup de questions au fur à mesure de l’évolution négative de celle-ci. A l’heure actuelle, il nous semble important de dénoncer la politique révisionniste qui prédomine et soutenir avec attention ceux qui s’y opposent et veulent poursuivre la révolution au Népal.

 

La situation devient de plus en plus claire sur ce point puisque le gouvernement dirigé par Bhattarai a récemment ordonné aux administrations régionales de procéder à la restitution des terres confisquées aux propriétaires terriens par les maoïstes durant la Guerre Populaire. Mais au sein des masses, les voix s’élèvent déjà contre ces mesures contre-révolutionnaires en l’absence de réforme agraire synonyme de redistribution des terres.

 

A bas les liquidateurs !


Vive la révolution népalaise !

 

Comité de Solidarité Franco-Népalais

 

comitenepal[at]hotmail.fr

comitenepal.over-blog.com

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Jeudi 8 septembre 2011 4 08 /09 /Sep /2011 16:57

Trouvé sur Kasama, original sur Winter Has Its End traduit par Servir le Peuple

L'interview suivante avec Biplab (Netra Bikram Chanda), un membre important du Parti maoïste au Népal, a été réalisée la semaine avant l’élection de Baburam Bhattarai. À ce moment-là les ailes gauche et droite des maoïstes fonctionnaient (brièvement) ensemble pour affaiblir le Président en exercice du Parti, Prachanda (évidemment pour des raisons différentes). Cette situation a pris fin quand Bhattarai a commencé à désarmer et dissoudre l'Armée populaire de libération.

Les choses ont changé et les événements se sont enchaînés rapidement en quelques jours depuis que cette interview a été donnée. Cependant, elle donne toujours un sens à la lutte en cours pour le futur de la révolution au Népal, au sein du Parti maoïste.

Elle est parue tout d’abord sur le site Winter Has Its End (WHIE).

 

http://lh4.ggpht.com/-QW_i086GuSI/TmIs0i-3VFI/AAAAAAAAAN0/aNW0Rx63klc/DSC_0018.JPG

 

WHIE : Des divergences très importantes ont émergé dans votre Parti sur l'intégration de l'Armée. Pourriez-vous nous expliquer ceci ?

BIPLAB : Nous avons une lutte entre deux lignes en cours, dans notre Parti, sur la question de l'intégration de l'Armée populaire de libération (PLA). Cette lutte a été principalement ciblée sur Baburam Bhattarai, mais en ce moment elle s’est concentrée sur Prachanda. Prachanda affirme que nous pouvons aller de l’avant en acceptant les propositions d'intégration des forces réactionnaires au Népal.

Ils sont prêts à dissoudre, et non à intégrer l'Armée de libération du Peuple, qui a combattu pendant 12 années, dans l'armée du Népal.

Il est étonnant que l'armée du Népal ait formulé la proposition au sujet de l'intégration. Leur proposition leur offre la direction et désintègre l'Armée populaire de libération sous celle-ci. La PLA n’est pas traité comme des soldats de l’armée du Népal. La proposition suggère que la PLA soit mise de côté dans des bureaux locaux, ou devienne des gardes forestiers sans armes. Prachanda accepte leur proposition.

En ce moment, les armes de la PLA sont confinées dans des containers. Les partis du Congrès népalais et de l'UML [les partis corrompus pro-Indiens et de statu quo] exigent que ces armes soient détruites, et Prachanda sympathise avec eux.

Ils veulent diviser la PLA en deux factions où la plupart des personnes seront renvoyées à la maison, et un petit nombre seront intégrés. Nous n'accepterons pas ce plan.

Nous pensons que la ligne que Prachanda a prise est du révisionnisme de droite. Elle liquidera nos forces et armée. Elle mettra fin à la révolution. Nous ne l'acceptons pas.

Pour intégrer la PLA, deux choses doivent être consolidées :

- La majorité de la PLA doit être intégrée.
- La PLA doit diriger ses propres unités, et la PLA doit prendre des postes de direction dans l'Armée.

Nous voulons des unités libres et l'intégration collective. Ils refusent ces choses, et la lutte porte sur ces points.

WHIE : Précédemment, vous avez parlé de la réunion de Palungtar en octobre 2010. Pouvez-vous expliquer ce qu'était la réunion de Palungtar, et vos vues là-dessus ? Comment les choses se sont-elles développées dans votre Parti depuis Palungtar ?

BIPLAB : Palungtar était une très grande réunion de masse de notre Parti. Dans cette réunion, trois positions ont été présentées, mais en réalité il n'y avait que deux lignes.

Nous avons argué du fait que nous n'avons aucune autre option devant nous que de lancer l'insurrection du Peuple. Le Président Prachanda a argué du fait que l'insurrection est importante, mais nous ne pouvons pas mettre fin au processus de paix. Baburam Bhattarai nous a rétorqués qu'il faut rechercher le compromis avec les autres partis, et que l'insurrection n'est pas possible (pour le moment NDLR). Par conséquent, nous devons réaliser nos buts par de futurs amendements légaux.

Après six jours de discussion, nous avons tiré une conclusion en trois points :

 - Il n'y a aucune alternative à l'insurrection populaire.
 - Il n'y a aucune alternative à unifier le Parti.
 - Il n'y a aucune alternative à transformer ce Parti. Le Parti a été détérioré et nous devons le rectifier. L'esprit révolutionnaire et les révolutionnaires doivent diriger le Parti.

Malheureusement, Prachanda a laissé sa ligne au centre. La ligne de Prachanda n'a pas mis en pratique ces décisions.

Dans son document plus récent, Prachanda n'a même pas inclus l'insurrection en mot. Même Baburam Bhattarai pense que le dernier document de Prachanda est révisionniste de droite [rires]. Prachanda a fait des excuses à Bhattarai et dit qu'il avait peur d'être trop provocateur envers Bhattarai. Mais Bhattarai [rire], la droite de notre Parti, essayait d'obtenir de Prachanda de garder ce point. C'est assez étonnant. [NDLR : la jouer "de gauche" de temps en temps, lorsque l'on vise la direction suprême, c'est aussi cela le trotskysme ! ]

Après 23 ans à nous diriger, pour la première fois, Prachanda a perdu son leadership parmi nous. Les révisionnistes de droite vacillent dans notre Parti. Dans un avenir proche, nous voulons une réforme importante de notre Parti.

Ce conflit peut être utilisé par les partis réactionnaires du Congrès népalais et de l'UML. La plupart des réactionnaires ont félicité Prachanda, et demandé aux gens d'approuver sa ligne. Ils n'accompliront pas leur rêve...

Cette lutte de lignes continuera pendant toute la révolution, mais jour après jour les chances de Prachanda de pouvoir conduire la révolution continuent à diminuer. Si le Parti peut être réformé, nous avancerons ensemble.  Mais même si nous ne pouvons pas continuer ensemble, rien n'arrêtera la prochaine révolution du Peuple népalais.

WHIE : Comment évaluez-vous les tentatives de Baburam Bhattarai de devenir Premier ministre ?

BIPLAB : Nous livrons un type extraordinaire de lutte en ce moment. Bhattarai veut la direction du gouvernement, mais ne veut pas la révolution. Nous voulons la révolution, ainsi nous essayons de développer des manières d'aller au-delà des fissures entre Prachanda et Bhattarai. Nous avons discuté s'il était meilleur que Bhattarai ou Prachanda soit le Premier ministre, et tous les deux luttent pour cette position. En dernière analyse, nous (avons conclu que nous) avons la direction du Parti, et que si nous ne décidions pas, alors ni l'un ni l'autre ne peuvent devenir Premier ministre.

En réalité, les deux lignes sont très semblables. Nous pensons que lutter contre Prachanda est encore plus dur que lutter contre Bhattarai. C'est pourquoi nous avons soutenu Bhattarai pour devenir Premier ministre.


Nous constatons que les réactionnaires disent qu'ils soutiendront Baburam Bhattarai si nous l'envoyons pour l'élection. Mais si nous le proposons, soudainement ils soutiennent Prachanda. C'est intéressant, mais cela ne doit pas interférer (dans nos discussions).

Si Prachanda ou Bhattarai deviennent Premier ministre, cela n'importera réellement pas beaucoup. C'est le Peuple qui doit diriger la société népalaise.

Nous pensons que la vérité est que la Constituante (CA) ne va pas être dissoute pour de bon. Les analystes politiques lancent des avertissements contre l'anarchie et la dissolution de la CA… Ce n'est pas la réalité.

Les puissances étrangères et réactionnaires vont plutôt attendre trois mois une Constitution de compromis [plutôt qu'une nouvelle Constitution démocratique révolutionnaire préconisée par Biplab et Kiran], et utilisent cette période de transition pour casser l'esprit révolutionnaire des masses populaires. En dernière analyse, leur tactique est correcte. Elle ne mènera à rien de bon.

Nous n'accepterons pas une Constitution de compromis. Soit nous avons besoin d'une Constitution du Peuple, soit nous avons besoin d'une révolution.

La teneur principale de la lutte de lignes entre nous, d'une part, et Bhattarai et Prachanda d'autre part, c'est qu'ils pensent que la révolution peut être faite dans la superstructure. Cette lutte de lignes arrivera à sa conclusion. Il est impossible de faire la révolution à partir de la superstructure, dans notre conception (du monde et de la stratégie révolutionnaire NDLR).

Pour faire la révolution, nous devons mobiliser tous les facteurs révolutionnaires, pour ne pas compter sur les facteurs bourgeois.

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Dimanche 24 juillet 2011 7 24 /07 /Juil /2011 18:31

Oui, il est contesté

 

Par The Next Front (original disponible ici http://thenextfront.com/politics/yes-he-is-being-challenged.html)

Oui, il est remis en question et cette fois de manière plus redoutable.

Il perd  lentement mais sûrement pied.

La réunion du comité central du Parti Communiste ‘Unifié’ du Népal (maoïste) a repris ce dimanche. Mais la réunion a été reportée 15 minutes après que Puspa Kamal Dahal «Prachanda» ait déposé son document relatif à «la paix et la constitution».

Aujourd'hui, Prachanda, qui a dirigé le parti bien plus de 20 ans, a été confronté à un formidable défi de la part des dirigeants et des travailleurs révolutionnaires. Nombreux sont les cadres qui veulent couper les ailes de Dahal dans le parti et limiter son rôle, car il a déjà abandonné la politique structurée de parti. Il a violé à plusieurs reprises les décisions du parti et les accords collectifs, ce qui a été reflété à plusieurs reprises et sur diverses questions. Prachanda a traité l'organisation du parti comme sa propriété personnelle. Il n’est donc plus le chef du parti, mais le chef d'une petite faction et clique comprenant certains de ses sbires.

La décentralisation du pouvoir est le principal sujet de débat dans la situation actuelle. Récemment, les factions de Mohan Baidhya et de Baburam Bhattarai au sein du parti ont conclu un accord politique sur les questions relatives à la décentralisation du pouvoir et d'autres questions tactiques. Cela a déclenché des vagues fortes au sein et en dehors du parti. De manière intéressante et spectaculaire, le secrétaire général du parti Ram Bahadur Thapa ‘Badal’, qui dans le passé a toujours soutenu Puspa Kamal Dahal, a maintenant pris parti pour la faction ‘Baidhya-Bhattarai’, ce qui doit être pris en note qu'une nouvelle équation et un changement sont en cours de développement au sein du parti.

Il y a, certainement, beaucoup de curiosités et de questions concernant cette alliance. La nouvelle équation et alliance dans le parti maoïste a intéressé tout le monde dans le pays, y compris les médias et l'intelligentsia. Les médias ont couvert cette question avec la plus haute importance. Les analystes ont leurs propres points de vue – dont la plupart ont qualifié ces développements comme le début du déclin de la puissance de Dahal et comme une prouesse dans le parti et aussi en dehors.

Voici quelques-unes des manchettes de journaux qui racontent une histoire sur la lutte de pouvoir interne au sein du parti maoïste: «Le déclin de Dahal dans le parti a commencé», «La haine contre le président Dahal s'intensifie», «L’alliance contre-nature entre Baidhya et Bhattarai», et «La personnalité invincible d’autrefois est maintenant contestée», et ainsi de suite. Les médias proches de Dahal font un grand remue ménage. L'analyse objective de la situation actuelle et des développements à l'intérieur et à l'extérieur du parti sont indicatifs du fait que Prachanda a, en effet, échoué sur tous les fronts. Pourtant sa faction a commencé à affirmer que l'unité entre Baidhya et Bhattarai était apolitique et contre-nature.

Cette «alliance» a également soulevé beaucoup de questions dans le camp révolutionnaire. Les cadres révolutionnaires ont soulevé certaines questions idéologiques et politiques. Selon les dirigeants appartenant à la faction Baidhya, le style de travail autoritaire de Puspa Kamal Dahal les obligeaient à faire une alliance avec Bhattarai, ce qui peut être vrai dans une certaine mesure. Mais, idéologiquement, Bhattarai plaide encore pour le trotskisme, la «théorie des forces productives» et le «néo-marxisme». La posture pro-indienne de Bhattarai est un autre sujet de préoccupation pour les révolutionnaires, qui se battent pour la libération nationale et contre l'expansionnisme et l'hégémonie indiens. Dans ce contexte, est-il idéologiquement et politiquement correct pour les révolutionnaires d'entrer en alliance avec lui? Telles sont les questions qui sont encore sans réponse. Selon les dirigeants de la faction Baidhya, «ce n'est ni une alliance idéologique et politique ni une alliance à long terme, mais un accord pour contrôler le style autoritaire et l'attitude du chef du parti. Ceci est juste une entente sur certaines questions tactiques, visant principalement à contrôler le rôle autoritaire de Dahal dans le parti. Il est clair pour nous et nous voulons aussi faire comprendre à tous qu'il n'y aura pas de compromis sur l'idéologie et la révolution. »

Nous étions optimistes que, après la réunion Palungtar, des changements auraient lieu dans le parti ainsi que sur le front idéologique. Mais Prachanda a montré son vrai visage et sa couleur réelle. Il a violé la décision prise par le comité central. Il a soudainement et étonnamment pris sa décision arbitraire de désarmer et de soumettre l'APL au nom de l'intégration. La décision soudaine et arbitraire de Prachanda a choqué et inquiété le camp révolutionnaire et les dirigeants du parti, ce qui a contraint le camarade Kiran, chef du camp révolutionnaire, d'enregistrer des notes de désaccords l’une après l'autre. Le camp de l’accusation a alors commencé à créer une opinion publique à propos de leurs opinions et positions ainsi que sur les décisions arbitraires et autoritaires du principal dirigeant du parti. Une note de 18 points a été préparée, indiquant clairement les points de divergences avec Dahal et elle a été distribuée parmi les cadres et également diffusée massivement.

«C’est Dahal qui nous a obligé à faire une ‘alliance’ contre son attitude autoritaire ». Cela peut être justifié à l'heure actuelle, qui vise à contrôler la tendance autoritaire du parti, mais cela ne pourrait en aucun cas résoudre les questions idéologiques qui sont soulevées dans le parti. Ce n'est pas non plus une solution à long terme. Il n'est pas encore sûr que le parti prenne les bonnes décisions et aille dans la bonne direction, même après la décentralisation du pouvoir. Idéologiquement, politiquement et organisationnellement, le parti a déjà été ruiné et corrompu. Ce type d'organisation du parti n'est pas susceptible d'atteindre son objectif. Toutes sortes de changements cosmétiques seraient inutiles et ne serviraient pas le but réel du parti. Ce serait comme prendre un antidouleur lorsqu’un malade a développé une tumeur et a besoin d'une chirurgie. Donc ce type de changement cosmétique et correctif ne pourra pas guérir la maladie que le parti subi. Le parti a maintenant besoin d’une rectification et d'une refonte et d’un remaniement totaux. Si nous voulons construire un parti de type Bolchevik, nous, tout d'abord, devons résoudre des questions idéologiques. En l'absence de ligne révolutionnaire, d’une organisation de parti forte et d’un leadership dynamique, nous ne pouvons rien faire pour atteindre l'objectif révolutionnaire.

«Sauver la révolution» doit être notre slogan. Cela signifie la continuation de la révolution. Cela signifie l’accentuation de la lutte de deux lignes - la lutte idéologique. Ensuite, nous devons prendre certaines décisions audacieuses. Nous devons garder à l'esprit qu’ « on a raison de se révolter » est le droit fondamental du peuple.

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Mardi 12 juillet 2011 2 12 /07 /Juil /2011 17:51

Traduction publiée sur le blog Servir le Peuple. Article original publié sur The Next Front.

 


(Mohan Baidhya, populairement connu sous le nom de camarade Kiran, est vice-président aîné du Parti communiste unifié du Népal (maoïste). Il a contribué implacablement pendant presque quatre décennies, en tant que révolutionnaire professionnel, à développer le mouvement maoïste au Népal. Depuis les débuts de sa vie politique, il a résolument lutté contre le révisionnisme, le néo-révisionnisme, et toutes les sortes de déviations à l’intérieur et en dehors du Parti. Il est connu en tant que chef révolutionnaire, un chef aimé des masses populaires népalaises opprimées, et chef exceptionnel du prolétariat international. La classe dirigeante expansionniste indienne a mis le camarade Kiran dans une prison indienne pendant plus de deux ans.

Voici la récente interview donnée par le camarade Kiran au Next Front. Comme nous le savons tous, de nos jours une féroce lutte entre deux lignes a lieu dans le mouvement maoïste au Népal. Cette entrevue s'est concentrée sur de nombreuses questions brûlantes en cours dans l'UCPN-Maoïste. )http://thenextfront.com/wp-content/uploads/2011/07/kirans-image1.jpg

 

Question : Quand votre Comité central va-t-il se réunir ? Quelle était la raison du retard de la réunion du Comité central ?

Kiran : Il sera probablement réuni bientôt. Le retard était pour le travail interne.

Question : La question liée à l'intégration de l'Armée (populaire maoïste NDLR) a-t-elle été menée à bon terme ? On dit que vous avez également abandonné la position antérieure sur l'intégration de l'Armée. Quelle est la réalité ?

Kiran : La question au sujet de l'intégration de l'Armée n'a pas été menée à bon terme. Sur cette question, nous avons enregistré notre « note de dissidence » contre la décision prise à la majorité lors de la réunion du Comité permanent du Parti. De même, nous avons des divergences sur la décision prise à la majorité dans l’office central du Parti. Nous n'avons pas abandonné notre position et notre position est consistante.

Question : Le point central de la lutte entre deux lignes devrait fondamentalement porter sur le but stratégique. Au lieu de cela, par sa nature, cela semble avoir été embrouillé dans des questions tactiques. Cela n'affaiblit-il pas la lutte à lancer pour atteindre l’objectif principal ?

Kiran : La lutte entre deux lignes a été fondamentalement concentrée sur le but stratégique. Sur cette question, nos avis discordants ont été enregistrés. Ces vues discordantes sont basées sur les questions au sujet de l'utilisation de termes comme «pensée Mao» au lieu de « Maoïsme » ; l'objection à quelques accords-clés de paix signés dans le passé ; et les questions se sont reliées à l'instauration de la République fédérale et à l'insurrection populaire. En outre, nous avons des vues discordantes sur d’autres questions comme celles au sujet de l'intégration et de la constitution de l'Armée. Toutes ces questions sont d'importance stratégique. Le désaccord sur ces questions ne peut pas être qualifié de simples « divergences sur la tactique ». Certaines divergences sur la tactique sont également liées à la stratégie.

Question : Le conflit actuel a été appelé une lutte entre deux lignes mais les divergences et les conflits ne semblent porter que sur la question de qui devrait être ministre ou sur la question de « l’inclusivité » comme représenter les appartenances ethniques, les régions et les sexes différents dans le gouvernement. Ne sommes-nous pas inutilement occupés dans des questions comme « l’inclusivité », qui est contraire aux principes marxistes de base, au lieu de se concentrer sur des questions de classe ? Quelle est la réalité derrière ceci ?

Kiran : Le conflit au sujet des ministres est lié à la ligne politique. Le conflit au sujet de l’inclusivité et de la représentation proportionnelle ne peut pas être contraire au marxisme. Le marxisme a toujours fermement résisté à toute sorte d’oppression patriarcale sur les femmes et prétendue domination des castes élevées sur les nationalités et a souligné la nécessité de donner du pouvoir à toutes les personnes opprimées, incluant les femmes et les nationalités. Cette lutte n'est également pas en dehors des paramètres de la lutte de classe.

Question : La situation externe et interne du Parti exigeait une décision concrète et audacieuse. La ligne révolutionnaire n'a pas avancé de la manière qu'elle aurait dû, ce qui a donné l'impression que le Parti va être enfermé dans la politique du compromis et un nouveau type d'éclectisme au nom de l'unité. Ne le pensez-vous pas nécessaire d’être prudent contre le danger de tomber dans le piège de ce nouveau type d'éclectisme ?

Kiran : Oui, c'est vrai. La situation aurait certainement exigé une décision concrète et audacieuse. Mais comme la lutte de classe, la lutte entre deux lignes n'avance également pas en ligne droite mais avec beaucoup de virages et contorsions. Nous devons correctement comprendre la direction de la lutte de classe et de la lutte entre deux lignes. Pour autant que la question du compromis soit concernée, ce n'est pas un nouveau phénomène mais cela a été dans la pratique depuis longtemps. Le compromis doit être fait à certaines occasions et il ne doit y avoir aucune raison de douter de l'intention. Mais nous ne devrions pas tomber dans le piège de la politique du compromis. Il y a également un danger d'éclectisme mais il faudrait préciser que nous avons toujours fermement résisté et combattu toutes sortes d'éclectisme et de révisionnisme et que nous continuerons à faire ainsi jusqu'à ce que notre objectif soit atteint. Nous sommes totalement conscients et prudents à ce sujet.

Question : Ne pensez-vous pas que la poursuite de la « politique de la note de la dissidence » pendant une longue période est, d'une certaine manière, équivalente à maintenir la politique enfermée dans le compromis et l'inaction ?

Kiran : La réponse a déjà été donnée dans la réponse précédente.

Question : La convention générale du Parti est un bon aspect. Mais cela ne crée-t-il pas la situation de maintenir le problème irrésolu pendant longtemps et de pousser la politique vers la confusion sans direction ? Qu’en dites-vous ?

Kiran : La convention générale du Parti est une nécessité. Mais je ne pense pas que toutes questions qui ont été soulevées maintenant seront résolues dans la convention générale. La clarté sur quelques questions d'importance idéologique et politique est nécessaire avant la convention.

Question : Le monde observe profondément et sérieusement la ligne révolutionnaire du Parti maoïste. Les défenseurs du prolétariat partout dans le monde l'observent également et les réactionnaires, eux aussi, font la même chose. Quelle est votre réaction ?

Kiran : Nous prenons l'optimisme et les espérances du prolétariat dans le monde très positivement tandis que les perspectives réactionnaires sont négatives à nos yeux. Je vous assure que nous ne laisserons jamais tomber le marxisme-léninisme-maoïsme, la révolution et le communisme. Nous les développerons à un niveau supérieur l'un après l'autre.

Question : Des efforts ont été faits pour constituer un nouveau MRI et développer de nouveau le mouvement de maoïste d'une nouvelle manière. Quel peut être et devrait être le rôle des révolutionnaires dans ce contexte ?

Kiran : Nous sommes favorables à la formation d'un nouveau MRI.

Question : L'histoire a montré que nulle part dans le monde la révolution n’a été accomplie sans rompre la relation avec des opportunistes. Une tendance s'est développée dans le Parti pour prendre des décisions comme celles de Kharipati et Palungtar mais pour ne pas les mettre en application dans la pratique, ce qui a été répété plusieurs fois. Dans une telle situation, quelles sont les actions à prendre par les révolutionnaires ? Pouvez-vous préciser sur ce point ?

Kiran : Nous prenons très au sérieux cette question. À cet égard, nous devons prêter une attention particulière à créer le terrain appropriée en faveur de l'idéologie et de la ligne politique révolutionnaire, en dénonçant l'opportunisme, en diffusant correctement l'information au peuple sur des questions d'importance politique cruciale ; et se rebellant contre le Parti s’il dévie des principes de base. Mais, en plus de cela, nous devons sérieusement considérer les questions au sujet de l'unité, de la lutte et de la transformation.

Question : Comment pouvez-vous instiller l'optimisme révolutionnaire dans l'esprit des cadres qui ont moins de questions et de doutes mais plus d'espérances dans le Parti ? Quelles sont leurs bases et quelle est la garantie que la même vieille histoire ne se répétera pas ?

Kiran : Ce dont nous voulons assurer les cadres révolutionnaires et le peuple, est que nous avons dans le passé lancé fermement la lutte idéologique contre tous les types de révisionnisme et que nous faisons la même chose aujourd'hui. Nous avons exprimé notre engagement envers le pays, le peuple et la révolution par nos activités pratiques de lutte de classe et de lutte entre deux lignes. Ainsi, la pratique est la base de la solution au doute et à la confiance, pour laquelle nous devons être clairs.

 

4 juillet 2011

Par Comite de Solidarité Franco-Népalais - Publié dans : Analayses, témoignages,... - Communauté : Encyclopédie- Marxiste
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Mardi 31 mai 2011 2 31 /05 /Mai /2011 14:09

Voici un article de Rishi Raj Baral, qui anime le site internet et collectif népalais The Next Front. La traduction est de Servir le Peuple (au passage, merci pour le boulot).

 

Comité de Solidarité Franco-Népalais

 

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Récemment, lors de la réunion du Comité permanent, le vice-président de l'UCPN, le camarade Mohan Baidhya ‘Kiran’ a rendu une autre note de désaccord concernant la question de l'intégration de l’Armée populaire de libération (PLA). Dahal a dénié la dernière décision du Comité central et passé son document à la majorité avec l'appui de Baburam Bhattarai. Cela a soulevé beaucoup de questions et inquiété tous les révolutionnaires.  C'était, de fait, une reddition de la PLA. La décision au sujet de la PLA n'était pas une question mineure, c'était une question essentielle qui aura des conséquences à long terme.

Je pense qu'il est nécessaire de sortir la PLA des cantonnements.  Nous devons savoir qu'il y a également une division de classe dans la PLA.  Les commandants de haut rang, particulièrement ceux qui soutiennent la ligne de Prachanda, apprécient la vie luxueuse. Ils ont toute sorte de choses à consommer. Il y a eu un vaste changement de leur style de vie et dans leur vie quotidienne.  Leurs rêves sont différents des rangs inférieurs de la PLA. Ils ne pensent pas à la révolution et ils n'ont pas de rêves de la révolution. Au contraire, ils menacent les cadres inférieurs de la PLA, au nom de la discipline et de la chaîne de commandement. Des cadres inférieurs sont privés des conditions minimales et se voient refuser d’étudier les matériaux révolutionnaires. Ils sont empêchés de participer aux réunions et aux discussions idéologiques. Il leur est interdit d'étudier des livres de mémoires de guerre, d’écouter des chansons révolutionnaires et de passer par la littérature liée à 10 ans de Guerre populaire.

Il est vrai que le document récemment passé par Prachanda est une suite idéologique de la réunion de Chungwang : une préparation pour la déviation et la trahison de la révolution. Quand les camarades Kiran et Gaurav ont été emprisonnés dans les prisons indiennes, Prachanda a abandonné la Guerre populaire. En fait, la détention de Kiran et de Gaurav était une partie du grand plan pour rendre l'organisation du Parti et la ligne révolutionnaire faibles et pour rendre des révisionnistes forts et majoritaires. Sans aucun doute, elle a été permise par l'appui des révisionnistes et des pro-Indiens, qui se sont déguisés sous le nom d’une ou d’une autre faction dans le Parti. L'objectif principal de cette conception était de transformer le Parti révolutionnaire en parti révisionniste. C'était un plan et une politique à long terme pour détruire la ligne révolutionnaire et l'esprit du Parti. Les tribunaux populaires et les bases et gouvernements populaires locaux ont tous été dissous au nom du processus de paix. Seule la PLA a échappé alors à la dissolution.  A présent, ils vont accomplir la tâche restante, désarmer et livrer la PLA au nom de l'intégration.

Non à la reddition de la PLA, telle était la conviction et le dévouement du Parti. Il est normal que ce soit l'une des questions principales de la lutte entre deux lignes. Il s’agit d’un crime politique pour humilier la PLA, qui a lutté bravement contre les forces réactionnaires et n'a jamais été défaite.

En réalité, les cadres de rang inférieur de la PLA veulent la révolution. Ils veulent la poursuite de la révolution et de la révolte populaire. Ils veulent avancer.  Trop rester dans les cantonnements signifie la ruine. Par conséquent, ils veulent sortir et participer à la lutte de classe. Ils ne veulent pas se rendre au nom de l'intégration. La question principale est : la PLA ne doit pas être humiliée. C'est la question de la dignité, des valeurs et des perspectives de classe. Si la direction du Parti prend ce type de décision humiliante, ils ne l'accepteront pas. Pas de liquidation, mais la révolution : ils sont libres de choisir le chemin de la révolution et de la révolte.

Par Comite de Solidarité Franco-Népalais - Publié dans : Analayses, témoignages,... - Communauté : les anti-capitalistes
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Mardi 24 mai 2011 2 24 /05 /Mai /2011 17:59

Nous avons reçu ce document que nous avons traduit et que nous publions ci-dessous. Ce document présenté par le Camarade Kiran lors de la dernière réunion du Comité Central permet d'avoir une vision plus précise de la ligne qu'il défend et de sa place dans la lutte entre les deux lignes actuellement en cours au sein du Parti Communiste Unifié du Népal (maoïste).

 

Nous encourageons donc nos lecteurs à le lire attentivement, tout comme les documents Interview de Gaurav sur la lutte de lignes au sein du Parti maoïste et Sur la lutte entre les deux lignes au sein du PCUN (maoïste).

 

D'autres documents d'analyse seront publiés prochainement.

 

Bonne lecture !

 

CSFN

 

Note : les notes entre crochets [ ] sont du traducteur.

 

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http://southasiarev.files.wordpress.com/2009/08/kiran1.jpg

 

Note:
(Cette proposition a été présentée par le vice-président Mohan Vaidya ou camarade Kiran lors de la session du Comité central du parti tenue en avril 2011. Kiran a présenté le document afin de faire enregistrer son point de vue divergent au sein du parti après que le président "Prachanda" ait proposé un nouveau document mettant l'accent sur la paix et la constitution, déviant de la ligne politique de «l'insurrection populaire » adoptée par la sixième réunion élargie du parti qui s'est tenue en Novembre 2010 à Palungtar dans le district de Gorkha. Ce document sortira plus tard avec des modifications basées sur les suggestions des membres du CC)


Proposition politique

 

Honorable président et camarades,
Salutations révolutionnaires !

"La proposition politique immédiate", présentée par le camarade président lors de la réunion du bureau politique qui a eu lieu le 20 avril 2011 ainsi que lors de la réunion actuelle du comité central, est contraire à l'esprit fondamental de la ligne politique adoptée par la réunion du comité central tenue peu de temps après la réunion élargie de Palungtar. Exprimant mon opinion dissidente par rapport à la proposition du Président, je tiens par conséquent à présenter une proposition politique distincte lors de cette réunion.

1.    Deux principaux problèmes à l'heure actuelle :

Le pays est aujourd'hui dans une grave crise politique. Nous avons maintenant deux problèmes principaux ; ils sont : les problèmes liés à la lutte des classes ou la lutte nationale et les problèmes liés à la lutte entre les deux lignes. Le problème en matière de lutte nationale est lié au problème d'identifier correctement l'ennemi de classe et au problème de développer de manière efficace la lutte à son encontre. Maintenant, les réactionnaires, d'une part, conspirent pour transformer notre parti, le Parti Communiste Unifié du Népal (maoïste), en un parti réformiste et de statu quo en le piégeant dans le bourbier parlementaire et au cas où ils n’y arriveraient pas, ils complotent de recourir à la répression contre notre parti. Nous devons comprendre cette réalité correctement. De la même manière, la lutte entre les deux lignes dans le parti se complique, ce qui est aussi l'expression de la lutte des classes. Nous devons également prêter attention à la question de bien comprendre la lutte entre les deux lignes et la faire avancer d'une manière amicale.

Désormais, les familles des martyrs, les familles des combattants disparus, et les combattants blessés et handicapés attendent que notre parti réalise leurs aspirations et leurs rêves de libération. Le peuple népalais tout entier, incluant les travailleurs, les paysans, les femmes, les Dalits [basses castes ou « intouchables »], les Janajatis (nationalités), les musulmans et toutes les personnes et classes opprimées ainsi que le prolétariat international regardent notre parti comme un centre d'espoir pour leur avenir radieux. Nous devons accorder notre attention à tous ces facteurs.

Un vrai parti communiste et ses dirigeants doivent chercher une solution scientifique à ces problèmes. Dans le cas contraire, la validité d'un tel leadership prendra automatiquement fin. Nous devons être très sérieux sur cette question.

2.    Sur la proposition du Camarade Président :

La "proposition politique" présentée par le camarade président est contre la ligne, la politique et le sentiment de la "proposition politique" de la réunion du comité central qui était la continuation de la sixième réunion élargie tenue à Palungtar. Dans ce contexte, il est nécessaire d'accorder l'attention voulue aux questions suivantes :

Tout d'abord, sous prétexte de "clarifier les confusions dans la ligne politique et de modifier les plans d'actions en vue des nouveaux développements et de la pression du temps", la proposition du camarade Président a rejeté la ligne politique adoptée par le Comité central, réuni selon les directives de la réunion élargie de Palungtar. Ici, le camarade président, dans sa proposition, a éludé la question concernant l'examen de la situation après la réunion de Palungtar alors que d’autre part, il y a intégré ses propres vues. Ici, le sophisme a été utilisé contre le matérialisme dialectique.

Deuxièmement, en conformité avec le mandat du plénum de Palungtar, le document qui a été adopté après l'analyse approfondie de la situation nationale et internationale par le Comité central a déclaré : « Le parti a adopté la mise en place de la république fédérale populaire comme tactique immédiate. Il a adopté une politique claire d’organisation de l'insurrection de masse afin d'établir la République fédérale populaire ou la République populaire au travers de la lutte sur trois fronts, comme la constitution, la paix et le gouvernement en donnant la priorité à la lutte de rue et par la construction des quatre préparations [1. Théorique et politique, 2. Organisationnelle, 3. Lutte de masse et lutte de classe, 4. Préparation technique] et quatre bases [1. Construire des conditions internationales favorables, 2. Diviser la bureaucratie, l’armée et la police, 3. Rendre les conditions physiques appropriées, 4. Mobiliser les masses]. Le parti a également précisé qu'il doit aller de l'avant en consolidant le mouvement en se saisissant des questions de l'indépendance nationale, de la suprématie populaire et d'autres questions brûlantes directement liées au peuple, notamment celle des conditions de vie. Maintenant, il est urgent pour le parti de se plonger dans la pratique par la formulation de plans d'action sur la base de cette ligne politique ».

Mais la proposition politique présentée maintenant a déclaré, « il est nécessaire de faire avancer le processus d'intégration de l'armée et de réadaptation dans le cadre des quatre préparations et de la construction des quatre bases, de préparer un projet unifié de la constitution et de l’amener devant le peuple pour le débat, en dépit de différences sur certaines questions clés, y compris celles liées à la restructuration de l'État, à la forme de gouvernance et au système électoral ». Ce qui est clair de ceci est que la proposition de projet ne colle pas à l'esprit du précédent rapport adopté par le comité central comme demandé par le plénum de Palungtar et que la présente proposition a rejeté, en substance, la ligne politique adoptée par le Comité central tenu après le plénum de Palungtar. En abandonnant la ligne de l'insurrection populaire, une politique et un plan d'intégration de l'armée et de rédaction de la constitution d'une manière capitularde ont été développés.

Troisièmement, déclarant que les impérialistes, les expansionnistes et les réactionnaires ont intensifié les «complots pour rompre le processus de paix, dissoudre l'Assemblée constituante, imposer la tyrannie sur le peuple et saisir les réalisations de la guerre populaire et du mouvement de masse», la proposition politique du président a déclaré qu'il est nécessaire d'intégrer immédiatement l'armée et de préparer un projet de constitution unifié pour déjouer les conspirations de ce genre. Cette logique est basée sur une pensée pessimiste et capitularde qui considère les réactionnaires plus forts qu’ils ne le sont réellement et ne voit que les aspects négatifs de la situation. Ceci est basé sur le subjectivisme, par opposition à la dialectique matérialiste qui dit que la ligne politique ou la tactique doit être décidée sur la base d'une analyse concrète de la situation concrète.

Quatrièmement, ce document ne contient aucune réponse correcte et scientifique à la question de savoir pourquoi la ligne révolutionnaire ne pouvait être mise en œuvre. Mettant en position secondaire le rôle de la direction principale, qui n’a pas pu se concentrer sur les quatre bases et quatre préparations pour l’insurrection populaire, ce document a transformé des raisons secondaires, comme « le factionnalisme au sein du parti, l'anarchisme, la confusion, les doutes et les activités hostiles et de division apparues dans certains des comités d'État et organisations de front », en raisons principales.

Cinquièmement, le camarade président, en divers endroits de son rapport, a, comme d'habitude, mentionné trois tendances dans le parti, mais il n'y a que deux tendances au sein du parti à l'heure actuelle. Les tendances du parlementarisme et du vacillationisme mentionnées dans la proposition du président ne sont pas deux tendances distinctes mais ne forment fondamentalement qu’une seule et même tendance à l’heure actuelle.

3.    Certaines questions idéologiques:

Afin de développer le parti communiste en un nouveau type de parti communiste et de promouvoir efficacement les tâches de la révolution, il est nécessaire à l'heure actuelle d’accorder l'attention voulue aux questions idéologiques. Ces questions idéologiques sont ainsi :

Tout d'abord, c'est la question de savoir si un se divise en deux ou si deux se combinent en un. C'est une question de lutte intense entre la dialectique et l'éclectisme dans le domaine de la philosophie et entre la lutte des classes et la collaboration de classe dans le domaine de la politique. Un se divise en deux est liée avec la dialectique matérialiste et la lutte de classe, et deux se combinent en un est en rapport avec l'éclectisme et la collaboration de classe. En ce moment crucial, nous devons fermement nous tenir en faveur de la dialectique matérialiste, par opposition à l'éclectisme, et en faveur de la théorie de la lutte de classe par opposition à la collaboration de classe.

La seconde est la relation entre l'impérialisme et le révisionnisme. Engels avait dit que les partis ouvriers bourgeois ou de l’aristocratie ouvrière ont été construits en Angleterre, le premier pays monopolistique. Plus tard, avec le développement du capitalisme en impérialisme, Lénine avait spécialement mis en lumière le fait que les partis révisionnistes de l’aristocratie ouvrière ont été construits dans divers pays et que ce processus avait commencé à créer des divisions dans le mouvement communiste. Maintenant, l'impérialisme, stade suprême du capitalisme, s’est également projeté lui-même sous de nouvelles formes. Dans cette situation, l'alliance entre l'impérialisme et le révisionnisme s’élabore également sous de nouvelles formes. Le factionnalisme, la division et l'opportunisme dans tout parti communiste révolutionnaire sont les expressions de cette alliance. Les vrais communistes révolutionnaires doivent être vigilants sur cette alliance entre l'impérialisme et le révisionnisme.

Troisièmement, il y a une question qui vise à transformer la tactique de l'Assemblée constituante en une stratégie. Dans le processus de révolution démocratique bourgeoise, le prolétariat peut adopter la tactique de l'Assemblée constituante et cela peut aussi être vu comme une tactique correcte. Mais nous devons être attentifs à ce que cette tactique ne se transforme pas en stratégie. C'est parce que les réactionnaires peuvent aussi utiliser l'Assemblée constituante dans leur intérêt. Si l'assemblée constituante s'éloigne de l'emprise du prolétariat elle n’aura aucun sens ni validité. Dans une telle situation, la constitution populaire ne peut pas être écrite à partir de l'assemblée constituante.

Quatrièmement, il y a une question liée au rejet du marxisme révolutionnaire et à la préférence du révisionnisme au nom de la créativité, de l'originalité et de la nouveauté. Un fait irréfutable, qui a été révélé correct dans l'histoire du mouvement communiste mondial ainsi que dans le mouvement communiste népalais, est que différentes formes de révisionnisme de droite ont attaqué le marxisme révolutionnaire et les marxistes au nom de la créativité, de l'originalité et de la nouveauté. Les révisionnistes décrivent le marxisme révolutionnaire comme vieux marxisme, dogmatisme et marxisme conservateur et de la même manière ils décrivent les marxistes révolutionnaires comme traditionalistes, conservateurs et dogmatiques. De Bernstein jusqu’à aujourd’hui, l’ensemble des révisionnistes de droite, de la soit disant nouvelle-gauche et des post-modernistes ont fait exactement la même chose. De nombreux révolutionnaires ont également peur de cette attaque réactionnaire et il est nécessaire d'être clair sur cette question.

Cinquièmement, il y a la question de comprendre le liquidationisme. La caractéristique du liquidationisme est de renoncer à l'idéologie révolutionnaire et au parti communiste guidé par l'idéologie révolutionnaire et la ligne politique et la lutte révolutionnaires, et d'insister sur le légalisme sur tous les fronts. Il est également nécessaire d'être vigilant pour s'assurer que nous n'allons pas dégénérer dans le liquidationisme.

4.    Bref examen de la situation après la réunion de Palungtar :

La lutte entre les deux lignes avait atteint son point culminant lors de la réunion élargie du Comité central qui s'est tenue à Palungtar, district de Gorkha. Au final, la réunion est parvenue à une conclusion avec le mandat de la transformation, de l'unité et de l'insurrection populaire. Lors de la réunion du comité central tenue après le plénum de Palungtar, un document politique a été adopté en intégrant les aspects positifs des rapports du camarade Prachanda et du camarade Kiran, d'une part, et une décision a été prise afin de discuter le reste des questions dans les forums appropriés et de les régler lors de la prochaine conférence nationale ou congrès, d'autre part. En plus de la conclusion de la république fédérale populaire, de la position sur la défense de l'indépendance nationale et de la décision que la contradiction principale du peuple népalais est avec, conjointement, les réactionnaires internes et l'expansionnisme indien, la réunion avait également pris la décision de faire quatre préparations et de renforcer les quatre bases pour l'insurrection populaire, tandis que, d'autre part, une méthodologie en cinq points avait été adoptée sur les questions liées à la lutte entre les deux lignes. Ce genre de décision avait relancé un nouvel espoir et un nouvel enthousiasme dans l’ensemble du parti et parmi le peuple. Mais des progrès concrets n’ont pu être réalisés dans le processus de traduire la ligne politique en plan puis en pratique.

Malgré de nombreuses complications, les programmes de formation politique tant au niveau central que local ont été organisés dans différentes régions après la réunion, mais la situation n'a pas évolué dans le sens d'aller de l'avant avec des plans concrets. La mise en œuvre de la ligne politique du parti a été entravée non seulement par ceux qui étaient en désaccord avec elle, mais aussi par une grande partie de ceux qui l’avaient acceptée. En plus de cela, la direction principale a montré un double caractère au travers duquel elle a accepté la ligne politique en paroles, mais a refusé de l'appliquer en pratique. Des efforts ont également été faits pour créer des dissensions et de l'hostilité du haut vers le bas entre les camarades qui étaient d’accord sur la ligne politique. Quelques-unes des spécificités du caractère duel ou du dualisme trouvé chez le camarade président sont les suivantes : il parle de l'insurrection populaire avec une section du parti, mais s’y oppose vivement avec les autres, il dit que la constitution ne sera en aucun cas écrite, mais de l'autre, il dit que la constitution sera rédigée à tout prix jusqu’à la dernière minute du 28 mai, il dit que les Volontaires du Peuple [organisation de masse nouvellement formée sous la direction de Netra Bikram Chand ‘Biplab’, fervent partisan de la ligne révolutionnaire] sont indispensables avec une section des camarades, alors qu'il dit que ce n’est pas bien à l'autre, plus encore, il forme un gouvernement basé sur un accord de sept points, mais il tente de le renverser par un retour à l’accord de douze points, etc. On peut trouver d'innombrables caractéristiques telles que celles-ci en lui. A partir de tels faits, ce qui est clair est qu'il n'y a pas encore eu de transformation révolutionnaire de la direction principale du parti. La direction principale est, de cette manière, essentiellement responsable de l'échec de la mise en œuvre de la ligne politique du parti.

Prêtant attention à la situation dans son ensemble à partir du plénum de Palungtar jusqu’à présent, il semble que dans la direction principale (a) il se soit développée une tendance à l'élévation de classe en augmentant la méfiance envers les gens des classes inférieures et les larges masses, mais en augmentant la confiance envers les classes supérieures ou réactionnaires (b) il y ait un changement idéologique de l'éclectisme à l'évolutionnisme vulgaire (c) il y ait un inclinaison grandissante vers le réformisme et le capitulationnisme national à partir de faiblesses centristes en politique. Des efforts particuliers sont nécessaires pour corriger cette situation et amener la lutte idéologique à une nouvelle hauteur.

Enfin, ce qui doit être mentionné ici est que le camarade président a soulevé une question : pourquoi la méthodologie adoptée pour traiter la lutte entre les deux lignes n'a pas été appliquée. C'est une affaire sérieuse. La situation devient grave lorsque la ligne idéologique et politique sont à un pôle et que la méthode et le principe de centralisme démocratique sont à l'autre pôle. Cette question nécessite une discussion massive et intensive.


5.    La situation politique actuelle :

A l’heure actuelle, d'une part, le processus de mondialisation impérialiste s’est approfondit rapidement tandis que d'autre part, la concurrence entre les puissances impérialistes s’est également intensifiée progressivement. La contradiction entre l'impérialisme et les nations et peuples opprimés est la contradiction principale dans le monde d'aujourd'hui. En plus de cela, l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine sont les centres de la tempête de la révolution et la révolution est la tendance principale dans le monde à l'heure actuelle.

À ce stade, la contradiction formée du peuple népalais d'un côté et de la réaction intérieure, sous la direction de la bourgeoisie compradore et de l'expansionnisme indien de l'autre est la contradiction principale. Le processus de bonnes grâces et de néo-colonisation s'est intensifié au Népal. Non seulement y a t-il une conspiration importante contre le processus de rédaction de la constitution par l'Assemblée constituante, mais en même temps notre indépendance nationale est elle aussi menacée. Dans cette situation, il est nécessaire de transformer la crise politique actuelle en crise révolutionnaire, pour laquelle nous devons être sérieux.

À ce moment crucial, il est nécessaire d'analyser la situation politique mentionnée dans le rapport politique présenté par le camarade président et de discuter de la conclusion sur la base de cette analyse. Dans cette proposition, il a été indiqué que la possibilité de mettre en œuvre le plan d’exploiter la crise politique pour la transformer en crise révolutionnaire le 28 mai [date de fin du mandat d’écriture de la constitution par l’assemblée constituante] devient impossible. Dans le rapport, il a été directement ou indirectement souligné qu'il y aura un vide constitutionnel le 28 mai et  il a montré dans cette situation la possibilité qu'un régime présidentiel ou qu’une sorte de coup d'Etat puisse être mis en scène. Compte tenu de cette situation, le rapport du président a tiré une sorte de conclusion dont les besoins sont l'intégration de l'armée et la préparation du projet de constitution. Ici, dans le rapport du président, nous devons être clairs que la situation n’a pas été analysée correctement, et que la conclusion n’a pas été tirée scientifiquement. En fait, il s'agit d'une conclusion capitularde faite sur la base d'une analyse subjective de la situation. En fait, il n'y aura pas de crise constitutionnelle, même si la constitution n’est pas promulguée le 28 mai. Il en est ainsi parce que la Constitution intérimaire a une disposition qui stipule que l'Assemblée constituante continuera d'exister jusqu'à ce que la nouvelle constitution soit promulguée. Si quelqu'un tente un coup d'État en violant les dispositions constitutionnelles, il développe une situation dans laquelle une tempête d’un fort mouvement de masse peut se développer et il crée une forte possibilité qui peut transformer la crise politique en une crise révolutionnaire. Les révolutionnaires doivent accorder une attention particulière à utiliser cette situation en faveur de l'insurrection populaire. Mais l’attention du camarade président ne s’est jamais portée vers cette possibilité.

De la même manière, certaines personnes responsables, d'une part, bloquent délibérément le processus de rédaction de la Constitution et, en même temps, propagent des rumeurs pour semer la confusion et convaincre la population que les maoïstes font obstacle au processus de rédaction de constitution.

En plus de cela, certaines activités criminelles planifiées comme des explosions, des tirs sur des prisonniers au sein de la prison, l'agression mortelle du ministre de l'Énergie et la fusillade du personnel de la mission diplomatique d'un certain pays ont été réalisées. Ces incidents sont sérieusement liés à la question de l'indépendance nationale. Maintenant, la question de l'écriture de la constitution n'est pas seulement liée à la démocratie, mais aussi à la question de l'indépendance nationale.

Dans une telle situation, la fureur du peuple népalais contre les réactionnaires locaux et internationaux s’approfondit. Le peuple veut conclure le processus de paix d'une manière révolutionnaire, écrire la constitution par l'Assemblée constituante et résoudre les problèmes liés aux conditions de vie de la population, c’est pour cela qu’ils ont établi et accepté le PCUN (maoïste) en tant que parti fiable et digne de confiance. Dans la situation où la constitution n'est pas écrite et que le danger à propos de l'indépendance nationale se développe, il est certain que la fureur du peuple va encore s'intensifier.

Au sens général, la situation objective pour la révolution ou l'insurrection populaire est encore favorable. Mais la situation subjective est faible. En dépit de cela, si nous unifions notre parti et que nous accomplissons les tâches reliées aux quatre préparations et aux quatre bases, nous ne pouvons pas exclure la possibilité de transformer la crise politique en crise révolutionnaire et de donner à l'insurrection populaire une forme pratique à temps voulu. Par conséquent, appréciant correctement la situation révolutionnaire objective, nous devons accorder une attention particulière à la préparation de la situation subjective.

6.    La ligne politique, la politique et le plan immédiats :

La ligne politique principale de la révolution à remplir dans un pays comme le Népal, qui est semi-féodal et semi-colonial, est basée sur le grand objectif de la marche vers le socialisme et le communisme après avoir achevé la nouvelle révolution démocratique. La nouvelle révolution démocratique à accomplir au Népal est basée sur la stratégie d'unification des forces patriotiques, démocratiques et de gauche et les larges masses contre le féodalisme et l'impérialisme sous la direction du prolétariat. Afin de réaliser ce type de révolution dans le contexte particulier de la politique internationale et nationale d’aujourd'hui, la question de la création de la République fédérale populaire, de la protection de l'indépendance nationale et de la résolution des problèmes fondamentaux des conditions de vie sont les questions de la tactique politique principale de notre parti. Ce genre de tactique stratégique principale est inséparablement lié à la paix, à la constitution et à l'insurrection populaire.

La résistance à la répression, à la contre-révolution ou au complot d'imposer l'autocratie sur le peuple ne peut être menée à bien en intégrant les armées d'une manière capitularde et en écrivant une constitution de statu quo. Cela peut se faire en intervenant par le gouvernement, en mobilisant le peuple dans les rues et en promouvant efficacement la campagne de dénonciation publique et aussi en donnant une forme pratique aux tâches concernant les quatre préparations et quatre bases.

L'insurrection populaire n'est pas quelque chose qui peut être accomplie dans le temps prédéterminé. Au contraire, elle est basée sur l’addition, c'est-à-dire la synthèse des situations objectives et subjectives. Que l'insurrection populaire ne puisse réussir dans le temps prédéterminé ne signifie pas que l'on doive intégrer l'armée d'une manière capitularde et écrire une constitution de statu quo. L'insurrection populaire peut avoir lieu à tout moment et une importance particulière devrait être accordée à sa préparation.

Dans ce contexte, nous devons aller de l'avant de la manière suivante :

a. Sur la Constitution:

o    Mentionner «République populaire fédérative» dans le préambule de la Constitution.

o    Faire du rapport du comité de restructuration de l’état sa base.
o    Faire du vote majoritaire dans le sous-comité pour la forme de gouvernance sa base.
o    La priorité sera accordée aux travailleurs, paysans, femmes, opprimés, nationalités et aux personnes appartenant à des zones reculées, incluant le Madhesh.
o    Ecrire une constitution qui est anti-féodale et anti-impérialiste dans le contenu.
o    Le parti devrait rédiger une courte constitution basée sur ces points et l’amener devant le peuple.

b. Sur l'intégration de l'Armée :


o    Ne pas accepter le regroupement sans en décider les modalités.
o    Formuler une politique de sécurité avant l'intégration de l'armée.
o    Intégrer l’Armée Populaire de Libération comme une force séparée ou mixte et que sa commande reste entre les mains de l'Armée Populaire de Libération.
o    Donner à l’Armée Populaire de Libération la responsabilité de force de sécurité aux frontières.

c. Sur le rapport entre la constitution et l'intégration de l'armée:

o    Etablir l’Armée Populaire de Libération comme la principale force qui a changé le Népal
o    Achever simultanément la formulation de la constitution populaire et l'intégration de l'armée

d. Sur le gouvernement:

o    Continuer avec le gouvernement actuel
o    Envoyer des représentants au cabinet ministériel sur une base inclusive et proportionnelle

e. Sur la tâche de l'organisation:

o    Lutter pour construire un nouveau type de parti communiste en le libérant de toutes sortes de mauvaises pensées et tendances comme le groupisme et le factionnalisme
o    Organiser efficacement le parti, les jeunes et les comités de front au niveau local
o    Mobiliser ces trois armes dans les tâches de mobilisation de masse, de service populaire et dans les campagnes de dénonciation publiques de manière efficace.
o    Former un front uni des forces patriotiques, démocratiques et de gauche aux niveaux local et central en tenant compte de la nécessité nationale actuelle
o    Gérer la division du travail de haut en bas

f. Sur la mobilisation du peuple, le service au peuple et la campagne de dénonciation publique

Les principaux enjeux de cette campagne sont les suivants :

o    La paix et de la constitution
o    La défense de l'indépendance et de la souveraineté nationales, l'annulation des traités et accords inégaux, incluant le Traité de 1950, la résistance contre les interférences externes, incluant l'empiètement de frontière.
o    Campagne contre les assassinats, le hooliganisme et l'insécurité
o    Fournir un million de roupies à la famille des martyrs, rendre publics les combattants disparus, donner une assistance appropriée aux combattants handicapés et blessés
o    Lancer une campagne pour contrôler la hausse des prix et la corruption
o    Annuler l'ensemble des accusations anciennes et nouvelles imputées aux maoïstes

 

22 avril 2011
Kiran
Vice-président
UCPN (maoïste)

Par Comite de Solidarité Franco-Népalais - Publié dans : Analayses, témoignages,... - Communauté : Encyclopédie- Marxiste
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