Toujours pas de nouveau gouvernement

Publié le par Comite de Solidarité Franco-Népalais

Malgré la démission du premier ministre Madhav Kumar Nepal, le nouveau gouvernement du Népal n'a toujours pas pu être formé.

 

Alors que les maoïstes demandaient la démission du premier ministre afin de former un gouvernement d'unité nationale, il y a vraissemblablement peu de chances que cela se réalise.

 

Le Congrès Népalais et l'UML sont unis pour empêcher le PCNU-maoïste de diriger le prochain gouvernement. D'autre part, ils se disputent également le prochain poste de premier ministre...

 

Les deux partis exigent du PCNU-maoïste qu'il se sépare complètement de ses armes, de son armée et de sa milice avant qu'il ne puisse diriger le prochain gouvernement.

 

Le PCNU-maoïste a alors proposé un plan pour l'intégration de l'armée.

 

Ce plan a été rejeté par le Congrès Népalais et l'UML.

 

Les deux partis veulent que le PCNU-maoïste fixe le nombre de combattants à intégrer avant tout, dissolve la structure paramilitaire de la YCL (organisation de jeunesse liée au Parti) et rende les propriétés saisies jusqu'à aujourd'hui.

 

Dans leur plan, les maoïstes prévoient que le nombre de combattants à intégrer dépendra du choix individuel des combattants eux mêmes.

 

Par rapport à la YCL, le porte-parole du Parti, Narayan Kaji Shrestha, a affirmé "à la base, la YCL n'était pas une formation paramilitaire comme certains l'interprète".

 

Il a également balayé la demande de rendre les propriétés saisies en affirmant "Nous ne possédons presqu'aucune terre ou propriété et la taille exacte et les détails de telles propriétés doivent être examinés correctement."

 

Un autre point important est la question de l'UNMIN (Mission des Nations Unies au Népal), organisme chargé d'accompagner le processus de paix et notamment de la supervision des deux armées.

 

Les maoïstes ont affirmé dans leur document qu'il faudra étendre son mandat s'il fallait poursuivre le processus d'intégration.

 

A peu près en même temps que les maoïstes présentaient leur plan d'intégration, l'UNMIN a également proposé un plan d'intégration, correspondant en gros à celui des maoïstes.

 

Le Congrès Népalais et l'UML ont alors vu rouge. Ils ont accusé l'UNMIN d'être à la queue du Parti maoïste, d'être pro-maoïste.

 

Le Congrès Népalais s'est même officiellement positionné contre toute extension du mandat de l'UNMIN.

 

En conclusion, l'UML et le Congrès Népalais ne sont pas prêts à laisser le PCNU-maoïste diriger le prochain gouvernement.

 

Pourtant, le PCNU-maoïste devrait légitimement diriger le gouvernement puisqu'il a remporté les dernières élections. De plus, il bénéficie d'un large soutien populaire, comme en attestent les dernières mobilisations.

 

Mais, craignant une révolte, le Congrès Népalais et l'UML essaient de séparer le PCNU-maoïste de ses armes et son armée.

 

Le dénouement de la question du prochain gouvernement se réglera bientôt mais il y a fort à parier que cela ne passera pas par la voie consensuelle...

Publié dans Actualités du Népal

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