La traitrise de Prachanda et Bhattarai et la réponse qui s'impose

Publié le par Comite de Solidarité Franco-Népalais

Prachanda et Bhattarai sont allés jusqu'au bout de leur traitrise de la révolution en signant un accord en 7 points avec les autres partis selon lequel (entre autres) :

 

1. Les combattants seront recomptés et seulement 6500 (sur environ 15000 enregistrés dans les cantonnements) seront intégrés dans l'armée sous un directorat de l'Armée Népalaise (ex-Armée Royale) composé de seulement 35% de combattants de l'APL. Le directorat conduira les travaux de développement, la conservation des forêts, la sécurité industrielle et la gestion de crise. Il n'aura donc aucun rôle combatif.

 

2. Les combattants ne seront pas recrutés en masse mais devront répondre aux critères de l'Armée Népalaise pour y entrer. Il s'agit donc d'un recrutement aux règle légèrement assouplies, laissant de côté les femmes qui sont enceintes, qui ont à charge des enfants en bas âge etc. qui ne pourront pas rentrer dans l'armée.  

 

3. Les armes deviendront la propriété du gouvernement une fois le processus entamé.

 

4. Un paquet de réhabilitation est mis en place pour les combattants de l'APL le désirant. Ils pourront donc rentrer chez eux avec entre 600 000 et 900 000 Rps (entre 5500 et 8300 euros). Selon les mots des opposants népalais à cet accord,"l'accord a mis un prix sur les combattants qui se sont battus pour le pays et le peuple comme s'ils étaient du bétail."

 

4. Des commissions de Paix et Réconciliation et d'Enquête sur les Disparitions Forcées seront formées.

 

La signature de cet accord a immédiatement déclenché une opposition de la part de la gauche révolutionnaire au sein du PCUN-maoïste. Voici un compte rendu de la part du site internet RedStarNepal.com :

 

"La faction révolutionnaire du PCUN-maoïste a rendue publique la voix authentique de la protection de la révolution. Après que les factions de Prachanda et Baburam aient accepté d'abandonner totalement les gains de la Guerre Populaire, les camarades Kiran et Badal ont clairement avancé leur point de vue lors d'une conférence de presse tenue à Katmandou aujourd'hui.

 

Dans le Hall de la Conférence nationale rempli de journalistes, intellectuels et de cadres, le vice-président camarade Kiran a clarifié toutes les interrogations posées. Il a affirmé : "L'Armée Populaire de Libération (APL), qui a rendu un rôle significatif dans le changement politique de la nation, a été désarmée, déshonorée et dispersée au travers de l'accord en 7 points signé dans la nuit du 1er novembre." Mettant en lumière la contribution de l'APL et du peuple, le camarade Kiran a affirmé : "Juste avant la réunion du comité central, le président du Parti a signé un accord au beau milieu de la nuit. Il a fait une grave erreur. Nous allons lui conseiller de l'annuler, de le corriger lors de la réunion du comité central devant se tenir demain. De même, nous avons également dit aux autre partis politiques de corriger cette erreur." Le camarade Kiran a publiquement accepté l'amère réalité que le Parti se dégrade de jour en jour. Il a ajouté que le Parti devait être l'idéologie, le rêve et le peuple ainsi que la nation. La nation et le peuple sont plus importants que le Parti.

 

Lors de la conférence de presse, le secrétaire général du Parti, camarade Badal, a exposé toutes les intrigues et s'est fortement opposé aux complots contre le peuple et la nation en affirmant que leurs méfaits seront transformés en poussière. Il a affirmé : "Aujourd'hui est un jour historique pour chacun d'entre nous dans le combat contre l'impérialisme et l'expansionnisme. Le moment auquel nous tenons cette conférence de presse est un moment historique car nous allons exprimer notre dévouement et pas seulement notre opinion. Ce rassemblement est un rassemblement historique qui est centralisé pour combattre l'expansionnisme, l'impérialisme et leurs valets. Nous sommes ici pour résister et se battre contre les valets jusqu'à la mort."

 

Clarifiant les doutes et rumeurs propoagées contre la faction révolutionnaire, il a ajouté : "Certainement, la nuit du 1er novembre est l'historique nuit noire. La nuit noire fut la nuit de célébration pour les féodaux, les impérialistes et les expansionnistes et leurs valets. Cependant, cette même nuit fut la nuit de la souffrance, de l'inquiétude et une malédiction pour les familles des martyrs, des blessés et pour les pauvres de la classe laborieuse. Nous représentons donc ici le volcan des souffrances et la voix de la tempête d'inquiétude."

 

Le Parti Communiste sans armée ne peut exister. Puisqu'il représente le pôle opposé de la réaction, il doit avoir comme solide pilier l'APL. Mais au Népal, l'APL est désarmée et dispersée sans vergogne. Il a encore ajouté : "Cette nuit fut la nuit où l'APL fut désarmée sans vergogne, désarmée cruellement et trainée dans la boue pour capituler devant la réaction. Par conséquent, c'est la nuit noire pour les soldats de l'APL, les travailleurs et le peuple épris de liberté. C'est un malheur ! Mais cela a amené un ouragan. Ce malheur a également amené un futur radieux avec lui. Le futur de la classe ouvrière détruira leur plaisir momentané."

 

Lors de la conférence de presse il s'est engagé à conduire la révolution sans capituler devant l'ennemi. Il a conclu : "Camarades et amis journalistes ! Nous voulons rendre notre promesse publique à cette occasion en prenant à témoin les martyrs, les blessésn les prisonniers et les pauvres que nous ne laisserons pas votre rêve être réduit à néant. Nous réaliserons votre propre rêve. La nuit du 1er novemenbre fut la nuit culminante de la déviation de droite dans l'histoire du mouvement communiste au Népal. La déviation de droite, qui a dissoud l'APL qui s'est sacrifiée pour la paix et la transformation, sera écartée très prochainement. Des centaines de milliers de nouveaux combattants de l'APL naîtront des cendres de l'APL dissoute. Les propriétaires terriens, les valets, les impérialistes et les expansionnistes, qui se congratulent, n'auront plus le temps de se réjoui car nous sommes avec le peuple et sa joie."

 

Ajoutons que selon Badal : "Les valets et leurs maitres sont à un pole et nous nous tenons unaniment à l'autre pole aux côtés du peuple népalais. Notre force, notre unité et notre engagement ne seront détruits ni endommagés par aucune force ou puissance. Nous émergerons comme un fort rouge lorsqu'ils essaieront de nous réprimer et nous nous étendrons partout lorsqu'ils essaieront de nous confiner. Nous protesterons, combattrons et avancerons victorieusement tant que le féodalisme, l'impérialisme ainsi que l'expansionnisme n'auront été détruits."

 

Kiran a également affirmé : "Nous voulons garder l'unité du parti intacte. Ceux qui ont des liens avec les expansionnistes et les impérialistes essaient de diviser le parti." "Si le parti continue à trahir son peuple et son pays alors à quoi sert l"unité du parti." "Nous sommes plus engagés pour le peuple et le pays que pour le parti.""L'unité et la division doivent être comprises d'une manière relative. Pour punir les coupables si nécessaire une révolte pourrait être déclarée." Il a affirmé qu'il n'y aura pas de compromis avec les erreurs de la direction au nom de l'unité.

 

Suite à la conférence de presse, des manifestations ont été organisées en plusieurs endroits du Népal et dans lesquelles Prachanda et Bhattarai étaient traités de traitres et où l'accord de 7 points a été brûlé.

 

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Du côté de l'APL, les réactions ont commencé à se multiplier. Clairement, une partie des commandants loyaux à Prachanda s'est déclarée en faveur de l'accord mais une autre partie des commandants et de larges sections des combattants de l'APL rejettent cet accord.

 

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Ainsi le vice-commandant Durga Prasad Chaudhary a affirmé : "L'accord de 7 points est la plus grande punition et humiliation pour les anciens combattants car il dissout l'APL. Ce n'est pas l'intégration. C'est juste un processus de recrutement dans lequel l'APL a un quota de 6500." Il a affirmé que la direction du Parti doit réaliser l'impact de l'accord qui mettra de côté une grande partie des combattants de l'APL. "La voix contre l'accord est une voix de révolte en elle-même. La direction n'a d'autres alternative que de corriger l'accord.""Comment les camarades président et Baburam, qui ont été amenés au pouvoir par l'APL, peuvent ils signer un accord qui force l'APL à capituler." Il a également affirmé que la couverture médiatique était unilatérale et ne représentait pas la réalité du point de vue de l'APL.

 

D'autres vice-commandants se sont exprimés ainsi : "Nous combattrons et mourrons mais nous ne capitulerons pas. C'est notre dernier mot que l'APL soit intégrée dans les forces de sécurité armée, en groupe et avec un rôle de combat." "Que signifie cet accord sinon un document de capitulation."

 

Retourner au village avec l'argent est une "défaite humiliante", pas sous la force de "l'ennemi" mais sous la "capitulation" des dirigeants.

 

"Cela n'a aucun sens de commenter cet accord puisque son état d'esprit est contre ce que nous, personnel de l'APL, avons appris depuis des années."

La réunion du Comité Central a été repoussée au 13 novembre prochain. D'ici là, il nous faudra regarder avec attention le déroulement des évènements et les différentes positions en place.

Publié dans Actualités du Népal

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