Vendredi 30 décembre 2011 5 30 /12 /Déc /2011 10:37

La réunion du Comité Central du Parti Communiste Unifié du Népal (maoïste) a finalement commencé le 24 décembre. La lutte est intense entre la faction de Prachanda soutenue par Bhattarai et la faction de Kiran.

 

Alors que la première veut conclure à tout prix le processus de paix, la deuxième argumente que le gouvernement (dirigé par Bhattarai) et l'Assemblée Constituante n'ont plus lieu d'être et que la tâche du Parti est de mobiliser les masses pour la révolte afin de s'emparer du pouvoir d'Etat.

 

Les dirigeants du camp de Kiran affirment à tour de rôle que Prachanda a trahi les décisions révolutionnaires prisent lors des dernières réunions importantes du Parti, que Prachanda est un révisionniste, que le PArti est sur la voie de la soumission totale, etc.

 

L'opinion de la faction de Kiran est que Prachanda aurait dû dans son document passer en revue les erreurs du Parti et commencer ainsi à les corriger. Mais Prachanda n'a fait que trouver des excuses pour justifier les erreurs commises.

 

Quelques extraits de déclarations récentes :

 

CP Gajurel 'Gaurav'

 

"Le document [de Prachanda] a prouvé que notre leadershipse dirige à toute allure vers une ligne politique "opportuniste de droite". Le document a justifié les erreurs commises par les dirigeants politiques. Ainsi, le document a adopté la voie de la capitulation. Nous ne l'acceptons pas. Le vice-président du Parti Kiranji (Mohan Baidya) présentera un autre document de notre part."

 

"Comment le Parti peut-il s'unifier lorsque les inquiétudes légitimes déjà enregistrées par les dirigeants et cadres du Parti ne sont pas traitées ?"

 

"Il a affirmé dans son document que l'accord en quatre points, l'accord en sept points, l'intégration de l'armée, l'accord BIPPA, le retour des biens saisis, ont été les décisions prises par le parti. Mais ces décisions ont été prises par Dahal et le Premier Ministre Bhattarai et non par le parti."

 

Lors d'un meeting organisé pour célébré le 119ème anniversaire de la naissance de Mao Zedong, il a déclaré :

 

"Comment pouvons-nous accepter une personne qui a trahi la révolution dans les couloirs de Singha Durbar [parlement] en tant que notre président ?"

 

"Prachanda est juste le président symbolique du Parti. Les cadres ne l'acceptent déjà plus comme président."

 

"Prachanda a abandonné l'idéologie du Président Mao et est engagé dans des activités religieuses. Il n'est que le directeur d'une ONG concernant Lumbini."

 

"Prachanda fut le commandant-en-chef de l'Armée Populaire de Libération, mais plus tard la même personne dissolva cette même armée qui avait versé son sang pour la libération nationale."

 

Ram Bahadur Thapa 'Badal'

 

"Il ya des règles et des règlements, même pour la régulation d'un front commun, mais notre parti est laissé sans règles. Le parti est déjà divisé, il attend seulement une annonce officielle." 

 

"Si le parti peut être ramené sur la bonne voie, des mesures disciplinaires devront être prises contre le président et le Premier ministre. La direction du parti et   du gouvernement est entre les mains des compradores et des éléments de droite."

 

Lors d'un meeting organisé pour célébré le 119ème anniversaire de la naissance de Mao Zedong, il a déclaré :

 

 "Le gouvernement actuel veut établir un ordre économique favorable à l'Inde et donc il a signé l'accord  anti-national BIPPA avec le voisin du Sud. Les activités du gouvernement telles que la limitation des droits des travailleurs et la décision de saisir les terres des paysans sont très déplorables."

 

Netra Bikram Chanda 'Badal'

 

"Nous avons été amenés à Katamandou à partir des zones de base avec le rêve de révolution. Mais le président dit que le parti doit être là où il se trouve aujourd'hui."

 

Il a affirmé qu'une nouvelle "classe bourgeoise" se développait au sein du Parti et a demandé aux dirigeants de remettre toutes leurs propriétés à l'organisation. "Le président devrait tout d'abord remettre sa propriété au Parti et les autres membres du Comité Central devraient en faire de même."

 

Mohan Baidya 'Kiran'

 

"Il (Prachanda) est au coeur de l'échec du leadership, de la politique égoïste et de la tendance erronée que le parti prend actuellement." 
"Le fait est que le vieux parti se meurt lentement et qu'il donne naissance à un nouveau parti."

 

"Le fait est que notre président n'a jamais pris le chemin de la révolte."

 

"Nos camarades qui avaient reçu comme rôle de gouverner la nation ont pris de nombreuses décisions irréfléchies et   erratiques et se dirigent dans ​​la mauvaise direction. Le gouvernement, au lieu de renforcer la souveraineté nationale, soutient les expansionnistes . Dans la situation qui prévaut le parti devrait démissionner de la structure gouvernementale. La politique du parti devait être d'établir la République Populaire Fédérale Démocratique, pour sauvegarder la souveraineté nationale et assurer la prospérité à la population. Ainsi, le gouvernement actuel devrait être dissous et le chemin de la révolte devrait être ouvert. L'option de la révolte est toujours d'actualité."

 

"Pour le président Dahal, la paix signifie le désarmement de l'Armée Populaire de Libération , l'écriture de la constitution signifie une constitution parlementaire et la participation au gouvernement signifie l'acceptation du mécanisme de l'ancien État."

 "Universellement un accord est un processus de donner et prendre, mais le parti n'a fait que donner sans rien prendre."

 

"Afin d'apporter une véritable unité dans le parti, la direction doit convaincre les militants de base qu'elle s'est transformée en corrigeant les erreurs du passé, et l'autocritique est la meilleure chose pour commencer."  
 

"Le document de Dahal embrasse le système parlementaire, ce qui est contre l'esprit de la réunion de Chunbang."
Le document présenté par Kiran a également réfuté l'argument de Dahal comme quoi le contexte social du Népal n'était pas favorable à une révolution de style chinoise et a affirmé que cela avait pour objectif de satisfaure les pro-compradores en ruinant la possibilité d'une révolution.
Mobilisation des ex-combattants de l'APL
Les ex-combattants de l'APL qui avaient été "disqualifiés" par l'ONU lors de l'entrée dans le processus de paix ont mené une bhanda (grève générale avec fermeture des commerces et des routes) dans l'Ouest et l'Extrême-Ouest du Népal.
Ils veulent que le terme dégradant "disqualifié" ne soit plus employé à leur égard ; que l'Etat leur garantisse des conditions de vie ddécentes ; et que les sommes versées à leur titre soient rendues publiques.
La prochaine mobilisation est pour le 5 janvier.
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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 09:17

CP Gajurel 'Gaurav' a affirmé qu'il ne manquait plus qu'à annoncer la décision officielle de la scission du parti. Il a informé que Mohan Baidya Kiran serait le dirigeant après la scission.

 

C'est lors d'un programme organisé par l'Association des journalistes révolutionnaires à Sindhulimadi mardi matin que  Gajurel a fait cette déclaration, ajoutant que la déclaration de scission n'était pas loin.

 

Selon lui, la seule chance d'éviter une scission est que Puspa Kamal Dahal 'Prachanda' et Baburam Bhattarai expriment a faillite de la voie choisie et s'excusent lors de la réunion du Comité Central.

 

Il a affirmé que sa faction mettait toujours en pratique les décisions du Parti mais que c'étaient Prachanda et Bhattarai qui ne les respectaient pas et a ajouté qu'ils continueraient à critiquer le leadership du Parti tant qu'ils n'arrêteraient pas d'enfreindre les décisions du Parti.

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Lundi 12 décembre 2011 1 12 /12 /Déc /2011 10:44

Des rapports indiquent que la lutte au sein du Parti Communiste Unifié du Népal (maoïste) entre la faction organisée autour de Kiran et celle dirigée par Prachanda-Bhattarai s'intensifie et se polarise.

 

Au niveau du processus de retour des terres saisies durant la Guerre Populaire, l'opposition est très importante et le processus n'a pu avancer. Même des partisans de Prachanda se sont opposés au processus, rejoignant la résistance à la liquidation. Mais les résistants à la liquidation n'en sont pas restés là, ils ont également capturé de nouvelles terres, dont certaines appartenant à un député maoïste ayant profité de sa position. Aux yeux des militants maoïstes népalais, la position de Bhattarai était déjà claire depuis un certain temps mais celle de Prachanda n'était pas complètement révélée. A présent, il est taxé de "néo-féodalisme".

 

Au niveau du processus d'intégration de l'armée, environ 60% des combattants ont choisi l'intégration tandis que 40% ont choisi le départ volontaire. La faction de Kiran avait appelé au boycott pour tenter de réorganiser l'APL. Il y a en outre fort à parier que l'intégration selon les critères de l'Armée Népalaise engendre beaucoup de frustration dans les rangs de l'APL.

 

D'autre part, dans des récentes déclarations, CP Gajurel 'Gaurav' a carrément affirmé :

 

"Dahal a abandonné l'idéologie tracée par la guerre populaire. Il adhère à l'idéologie socialiste. Comment Dahal peut-il continuer de revendiquer qu'il tient une position importante dans le parti ?" "Il n'a aucune place dans le parti." "Les différences dans le parti ont franchi la limite tolérable. Dahal est responsable des aberrations idéologiques." "Tout a commencé par des divergences à propos de petites questions. Ces divergences ont atteint un nouveau niveau après la décision unilatéral du président  [du parti] de rendre les propriétés saisies, l'humiliante réhabilitation et intégration de l'APL et le récent accord BIPPA controversé [voir Bhattarai accueilli par des manifestants] que Bhattarai a signé avec l'Inde."

 

Kiran a de son côté envisagé la possibilité de créer un nouveau parti maoïste :

 

"Les maoïstes se battent pour la liberté depuis longtemps. Ils ont rêvé de liberté et de changement. Cependant, la direction maoïste déçoit le peuple au bénéfice du pouvoir. Si cela continue, il y auta un nouveau parti maoïste." "Le parti qui affirmait donner la terre aux paysans a rejoint le camp des propriétaires terriens en ordonnant le retour des propriétés saisies immédiatement après être arrivé aux rènes du gouvernement." "Durant la guerre populaire, la terre était saisie afin de garantir que ceux qui la travaille en soient les propriétaires et des appels furent fait afin que l'intervention étrangères et les traités inégaux prennent fin mais au lieu de cela il est très malheureux que les fermiers soient évacués des terres saisiesavec l'aide de l'administration et que le 'noir' BIPPA ait été signé avec l'Inde."  "La voie adoptée par la direction du parti conduit à la soumission totale et à la déception. Je ne vois pas de possibilité de corriger notre leadership. "Nous avons pris les armes pour un changement positif dans le pays. Mais je dois admettre que la situation n'a pas beaucoup changée." "La révolution continue." "Dans le passé, les dirigeants du régime Rana et la loi Panchayat affirmaient avoir mis fin à la révolution mais ce sont eux qui ont pris fin. Aujoud'hui aussi les néo-féoduax et les puissances étrangères veulent réprimer la révolution. Mais ils disparaitront eux aussi. " "Les néo-feodaux et les agents des réactionnaires étrangers ont affirmé que la révolution était terminée mais ce n'est pas vrai. La révolution va prendre une nouvelle forme."

 

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Mardi 29 novembre 2011 2 29 /11 /Nov /2011 09:28

 

Après l'annonce formelle de l'intégration des combattants de l'APL dans l'Armée Népalaise aux conditions dictées par cette dernière, le processus de regroupement des combattants s'est poursuivi et est pratiquement terminé.

 

La faction révolutionnaire dirigée par 'Kiran' Mohan Baidhya et 'Badal' Ram Bahadur Thapa avait appelé les combattants à ne pas participer à l'intégration. Suite à cet appel, les partisans de Prachanda et Bhattarai auraient mis la pression sur les combattants afin qu'ils optent pour l'intégration. Au final, environ 60% ont choisi l'intégration et 40% la retraite volontaire. S'ils donnent une idée, ces chiffres ne sont pas vraiment significatifs car comme l'intégration a été négociée aux critères de l'Armée Népalaise, un bon nombre de combattants vont être recalés.

 

Mais le plus important est qu'une partie des combattants a décidé de se mettre en grève, affirmant que "l'accord de sept points et l'écriture de la constitution ne représentent pas leurs intérêts et ne présentent pas de solution à long terme à leurs problèmes" et que "le temps donné pour répondre à leus demandes était passé et qu'il n'y avait d'autre alternative que la révolte", tel que rapporté par MyRepublica.com. Nous essaierons d'avoir des déclarations plus précises. Pour l'instant, les médias népalais ne font été de la grève que dans le cantonnement de Dahaban à Rolpa. N'oublions pas que Rolpa fut l'épicentre de la Guerre Populaire.

 

http://thenextfront.com/wp-content/uploads/2011/11/cantonment-pla1.jpg

 

D'autre part, Prachanda et Bhattarai ont mis en route le processus du retour des terres saisies durant la Guerre Populaire. Mais aucune réforme agraire révolutionnaire n'a eu lieu depuis l'entrée du processus de paix. Cette décision est donc clairement au service des propriétaires terriens et des féodaux.

 

Mais les dirigeants de la faction révolutionnaire ont clairement indiqué qu'ils ne laisseraient pas ce processus se dérouler et que chaque terre rendue sera saisie à nouveau. C'est ce qu'il s'est passé le week end dernier. Quelques hectares de terre ont été rendus formellement à un cadre local du Congrès Népalais dans le district de Bardiya. Le soir même, les militants de la faction révolutionnaire occupaient et saisissaient de nouveau le terrain, mettant un coup d'arrêt au processus de retour de la terre.

 

Le mouvement de résistance à ce processus s'étend et s'élargit même à certains partisans de Prachanda et Bhattarai qui se placent honnêtement du côté des paysans sans-terre et des sans-logis, regroupés dans l'Association Révolutionnaire Nationale des Paysans et l'Association Révolutionnaire Nationale des Squatteurs.

 

La résistance à la liquidation n'a sûrement pas dit son dernier mot.

 

http://redstarnepal.com/wp-content/uploads/2011/11/seized-land1.gif

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Vendredi 4 novembre 2011 5 04 /11 /Nov /2011 12:55

Prachanda et Bhattarai sont allés jusqu'au bout de leur traitrise de la révolution en signant un accord en 7 points avec les autres partis selon lequel (entre autres) :

 

1. Les combattants seront recomptés et seulement 6500 (sur environ 15000 enregistrés dans les cantonnements) seront intégrés dans l'armée sous un directorat de l'Armée Népalaise (ex-Armée Royale) composé de seulement 35% de combattants de l'APL. Le directorat conduira les travaux de développement, la conservation des forêts, la sécurité industrielle et la gestion de crise. Il n'aura donc aucun rôle combatif.

 

2. Les combattants ne seront pas recrutés en masse mais devront répondre aux critères de l'Armée Népalaise pour y entrer. Il s'agit donc d'un recrutement aux règle légèrement assouplies, laissant de côté les femmes qui sont enceintes, qui ont à charge des enfants en bas âge etc. qui ne pourront pas rentrer dans l'armée.  

 

3. Les armes deviendront la propriété du gouvernement une fois le processus entamé.

 

4. Un paquet de réhabilitation est mis en place pour les combattants de l'APL le désirant. Ils pourront donc rentrer chez eux avec entre 600 000 et 900 000 Rps (entre 5500 et 8300 euros). Selon les mots des opposants népalais à cet accord,"l'accord a mis un prix sur les combattants qui se sont battus pour le pays et le peuple comme s'ils étaient du bétail."

 

4. Des commissions de Paix et Réconciliation et d'Enquête sur les Disparitions Forcées seront formées.

 

La signature de cet accord a immédiatement déclenché une opposition de la part de la gauche révolutionnaire au sein du PCUN-maoïste. Voici un compte rendu de la part du site internet RedStarNepal.com :

 

"La faction révolutionnaire du PCUN-maoïste a rendue publique la voix authentique de la protection de la révolution. Après que les factions de Prachanda et Baburam aient accepté d'abandonner totalement les gains de la Guerre Populaire, les camarades Kiran et Badal ont clairement avancé leur point de vue lors d'une conférence de presse tenue à Katmandou aujourd'hui.

 

Dans le Hall de la Conférence nationale rempli de journalistes, intellectuels et de cadres, le vice-président camarade Kiran a clarifié toutes les interrogations posées. Il a affirmé : "L'Armée Populaire de Libération (APL), qui a rendu un rôle significatif dans le changement politique de la nation, a été désarmée, déshonorée et dispersée au travers de l'accord en 7 points signé dans la nuit du 1er novembre." Mettant en lumière la contribution de l'APL et du peuple, le camarade Kiran a affirmé : "Juste avant la réunion du comité central, le président du Parti a signé un accord au beau milieu de la nuit. Il a fait une grave erreur. Nous allons lui conseiller de l'annuler, de le corriger lors de la réunion du comité central devant se tenir demain. De même, nous avons également dit aux autre partis politiques de corriger cette erreur." Le camarade Kiran a publiquement accepté l'amère réalité que le Parti se dégrade de jour en jour. Il a ajouté que le Parti devait être l'idéologie, le rêve et le peuple ainsi que la nation. La nation et le peuple sont plus importants que le Parti.

 

Lors de la conférence de presse, le secrétaire général du Parti, camarade Badal, a exposé toutes les intrigues et s'est fortement opposé aux complots contre le peuple et la nation en affirmant que leurs méfaits seront transformés en poussière. Il a affirmé : "Aujourd'hui est un jour historique pour chacun d'entre nous dans le combat contre l'impérialisme et l'expansionnisme. Le moment auquel nous tenons cette conférence de presse est un moment historique car nous allons exprimer notre dévouement et pas seulement notre opinion. Ce rassemblement est un rassemblement historique qui est centralisé pour combattre l'expansionnisme, l'impérialisme et leurs valets. Nous sommes ici pour résister et se battre contre les valets jusqu'à la mort."

 

Clarifiant les doutes et rumeurs propoagées contre la faction révolutionnaire, il a ajouté : "Certainement, la nuit du 1er novembre est l'historique nuit noire. La nuit noire fut la nuit de célébration pour les féodaux, les impérialistes et les expansionnistes et leurs valets. Cependant, cette même nuit fut la nuit de la souffrance, de l'inquiétude et une malédiction pour les familles des martyrs, des blessés et pour les pauvres de la classe laborieuse. Nous représentons donc ici le volcan des souffrances et la voix de la tempête d'inquiétude."

 

Le Parti Communiste sans armée ne peut exister. Puisqu'il représente le pôle opposé de la réaction, il doit avoir comme solide pilier l'APL. Mais au Népal, l'APL est désarmée et dispersée sans vergogne. Il a encore ajouté : "Cette nuit fut la nuit où l'APL fut désarmée sans vergogne, désarmée cruellement et trainée dans la boue pour capituler devant la réaction. Par conséquent, c'est la nuit noire pour les soldats de l'APL, les travailleurs et le peuple épris de liberté. C'est un malheur ! Mais cela a amené un ouragan. Ce malheur a également amené un futur radieux avec lui. Le futur de la classe ouvrière détruira leur plaisir momentané."

 

Lors de la conférence de presse il s'est engagé à conduire la révolution sans capituler devant l'ennemi. Il a conclu : "Camarades et amis journalistes ! Nous voulons rendre notre promesse publique à cette occasion en prenant à témoin les martyrs, les blessésn les prisonniers et les pauvres que nous ne laisserons pas votre rêve être réduit à néant. Nous réaliserons votre propre rêve. La nuit du 1er novemenbre fut la nuit culminante de la déviation de droite dans l'histoire du mouvement communiste au Népal. La déviation de droite, qui a dissoud l'APL qui s'est sacrifiée pour la paix et la transformation, sera écartée très prochainement. Des centaines de milliers de nouveaux combattants de l'APL naîtront des cendres de l'APL dissoute. Les propriétaires terriens, les valets, les impérialistes et les expansionnistes, qui se congratulent, n'auront plus le temps de se réjoui car nous sommes avec le peuple et sa joie."

 

Ajoutons que selon Badal : "Les valets et leurs maitres sont à un pole et nous nous tenons unaniment à l'autre pole aux côtés du peuple népalais. Notre force, notre unité et notre engagement ne seront détruits ni endommagés par aucune force ou puissance. Nous émergerons comme un fort rouge lorsqu'ils essaieront de nous réprimer et nous nous étendrons partout lorsqu'ils essaieront de nous confiner. Nous protesterons, combattrons et avancerons victorieusement tant que le féodalisme, l'impérialisme ainsi que l'expansionnisme n'auront été détruits."

 

Kiran a également affirmé : "Nous voulons garder l'unité du parti intacte. Ceux qui ont des liens avec les expansionnistes et les impérialistes essaient de diviser le parti." "Si le parti continue à trahir son peuple et son pays alors à quoi sert l"unité du parti." "Nous sommes plus engagés pour le peuple et le pays que pour le parti.""L'unité et la division doivent être comprises d'une manière relative. Pour punir les coupables si nécessaire une révolte pourrait être déclarée." Il a affirmé qu'il n'y aura pas de compromis avec les erreurs de la direction au nom de l'unité.

 

Suite à la conférence de presse, des manifestations ont été organisées en plusieurs endroits du Népal et dans lesquelles Prachanda et Bhattarai étaient traités de traitres et où l'accord de 7 points a été brûlé.

 

http://thenextfront.com/wp-content/uploads/2011/11/mohan_baidhya_group_press_m.jpg

 

Du côté de l'APL, les réactions ont commencé à se multiplier. Clairement, une partie des commandants loyaux à Prachanda s'est déclarée en faveur de l'accord mais une autre partie des commandants et de larges sections des combattants de l'APL rejettent cet accord.

 

http://thenextfront.com/wp-content/uploads/2011/11/logo-pla-new1.jpg

 

Ainsi le vice-commandant Durga Prasad Chaudhary a affirmé : "L'accord de 7 points est la plus grande punition et humiliation pour les anciens combattants car il dissout l'APL. Ce n'est pas l'intégration. C'est juste un processus de recrutement dans lequel l'APL a un quota de 6500." Il a affirmé que la direction du Parti doit réaliser l'impact de l'accord qui mettra de côté une grande partie des combattants de l'APL. "La voix contre l'accord est une voix de révolte en elle-même. La direction n'a d'autres alternative que de corriger l'accord.""Comment les camarades président et Baburam, qui ont été amenés au pouvoir par l'APL, peuvent ils signer un accord qui force l'APL à capituler." Il a également affirmé que la couverture médiatique était unilatérale et ne représentait pas la réalité du point de vue de l'APL.

 

D'autres vice-commandants se sont exprimés ainsi : "Nous combattrons et mourrons mais nous ne capitulerons pas. C'est notre dernier mot que l'APL soit intégrée dans les forces de sécurité armée, en groupe et avec un rôle de combat." "Que signifie cet accord sinon un document de capitulation."

 

Retourner au village avec l'argent est une "défaite humiliante", pas sous la force de "l'ennemi" mais sous la "capitulation" des dirigeants.

 

"Cela n'a aucun sens de commenter cet accord puisque son état d'esprit est contre ce que nous, personnel de l'APL, avons appris depuis des années."

La réunion du Comité Central a été repoussée au 13 novembre prochain. D'ici là, il nous faudra regarder avec attention le déroulement des évènements et les différentes positions en place.

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Mardi 25 octobre 2011 2 25 /10 /Oct /2011 12:06

Au retour de son voyage en Inde, le premier ministre du Népal Baburam Bhattarai a été acueilli par une foule de manifestants arborant des drapeaux noirs, principalement de son propres Parti, le PCUN-maoïste.

 

http://www.ekantipur.com/userfiles/Protest_against_PM_Baburam.jpg

 

Le comité de coordination des organisations soeurs du PCUN-maoïste avaient pris la décision de cette manifestation en s'opposant à l'accord BIPA signé par Bhattarai avec l'Inde lors de son voyage. Le comité a déclaré que cet accord était une traitrise et s'opposait aux intérêts du peuple népalais.

 

Comme l'explique un article de The Red Star : "Selon l'accord BIPA, les institutions du capital national seront détruites et le capital compradore prendra toute la place au Népal. La disparition du capital national et le développement du capital compradore sur ses cendres signifie la mise à mort d'une identité indépendante et du pouvoir souverain au Népal.

 

Les dirigeants et chefs de l'Etat n'ont aucun droit d'entraîner la nation sur le chemin de la destruction et sous le joug hégémonique de l'expansionisme. Le gouvernement a fermé les industries nationales et demande de manière honteuse l'aumône et l'investissement dans le pays."

 

Il faut signaler que le Parti avait ordonné à Bhattarai de ne signer aucun accord lors de son voyage...

 

Gaurav a fermement attaqué Prachanda et Bhattarai en affirmant que puisqu'ils avaient abandonné la voie révolutionnaire, ils n'avaient pas le droit de rester dans le Parti. Il a précisé que les dirigeants qui abandonnaient la voie de la révolution devraient être exclus du Parti.

 

Il a affirmé que la direction maoïste n'était plus sur la voie révolutionnaire même s'ils parlent de révolution pour maintenir leur position dans le Parti.

 

Ceux qui parlent continuement de paix en avandonnant la révolution avant qu'elle ne soit complétée ne peuvent pas être maoïstes.

 

Selon lui, l'Accord de Protection et de Promotion de l'Investissement Bilatéral (BIPA) entre le Népal et l'Inde est anti-national et celui-ci ouvrera les portes aux industries qui échouent en Inde, ce qui amènera le gouvernement vers la banqueroute en devant endurer leurs déficits.

 

"Toutes les entreprises du Bihar et d'Uttar Pradesh en déficit viendront au Népal et demanderont des compensations au gouvernement en montrant leurs déficits."

 

Il a accusé Bhattarai d'être un agent de change de l'Inde.

 

Le Comité Permanent du Parti devant se tenir aujourd'hui mettra en lumière les raisons derrière le changement d'état d'esprit de la direction - la RAW (Research and Analysis Wing), agence d'espionnage de l'Inde ou un autre facteur a t'il indiqué.

 

La réunion décidera si le Parti doit scissioner ou non.

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Jeudi 13 octobre 2011 4 13 /10 /Oct /2011 10:23

L'article de Basanta publié ci-dessous apporte un éclairage sur ce qu'est une lutte de ligne dans un Parti Communiste, sur son importance et sur la situation au sein du PCUN(maoïste) aujourd'hui.

 

Quelques groupes 'gauchistes' rejettent l'ensemble du PCUN(maoïste) car il serait révisionniste d'un bloc. Nous affirmons au contraire qu'il y a des maoïstes au Népal, dans et en dehors du PCUN(maoïste), et que notre devoir internationaliste premier est de les soutenir.

 

Les critiques permettent d'avancer et de se remettre en question, mais elles ne doivent pas conduire à l'isolement de la gauche révolutionnaire au Népal et encore moins à la liquidation de l'expérience énorme que les maoïstes du Népal ont accumulé 1. lors des luttes de lignes pour préparer la Guerre Populaire avant 1996, 2. durant les 10 années de Guerre Populaire (1996-2006), 3. durant les 5 années de processus de paix et les leçons (parfois amères et parfois à partir du négatif) à en tirer, 4. par la lutte de ligne qui se développe et atteint aujourd'hui un point culminant en raison des déviations de droite qui sont apparues après l'entrée au gouvernement, au parlement, bref, dans le procesus de paix.

 

Nous traduirons bientôt un article très intéressant dont on peut extraire une phrase :"Si les forces de la faction de Prachanda sont plus fortes en nombre, la faction Kiran est plus forte dans la qualité de ses cadres."

 

Réapproprions nous ces mots : "Il y a des maoïstes au Népal qui luttent pour la révolution et nous devons les soutenir face aux liquidateurs !"

 


 

La Lutte entre deux lignes dans le Mouvement communiste international

 

Par Indra Mohan Sigdel ‘Basanta’ (sur The Next Front), traduit par Servir le Peuple (quelques corrections apportées par le Comité de Solidarité Franco-Népalais)

 

Le mouvement communiste international a traversé 162 années depuis que le Manifeste Communiste a été publié en 1848. Un bilan détaillé de ces 162 ans d'histoire des Partis communistes à travers le monde suffirait à remplir quelques gros volumes. Il est très difficile de condenser un aussi vaste sujet dans un article de deux ou trois pages. Ainsi, en nous centrant principalement sur des questions comme : que signifie une lutte entre deux lignes dans un Parti communiste ; où et comment s’est manifestée son expression centrale dans l'histoire du mouvement communiste, une brève discussion sera développée dans cet article. D’autre part, un effort sera fait pour dévoiler le contenu de l'actuelle lutte entre deux lignes dans notre Parti et expliquer en quoi elle n'est pas différente dans son contenu de toutes les luttes entre deux lignes menées dans le mouvement communiste international jusqu'à aujourd'hui.

 

 

Une lutte entre deux lignes est une lutte politique et idéologique, qui se déroule entre une ligne marxiste et une ligne non-marxiste, c'est à dire bourgeoise, dans un Parti communiste. En d'autres mots, la lutte entre deux lignes est par essence une lutte entre deux voies, dans laquelle les uns s'efforcent d’appréhender fermement le marxisme afin de se diriger vers l'établissement du communisme, et les autres définissent le marxisme comme l’acceptation du besoin de réforme partielle dans le statu quo. La lutte de classe existe tant que les classes existent dans une société et elle se reflète dans la lutte idéologique au sein du Parti communiste. C'est la vie d'un Parti communiste. La base philosophique d'un Parti communiste est le marxisme. Et, comme le marxisme est une science en développement, le marxisme actuel est le marxisme-léninisme-maoïsme.

 

Il y a un grand nombre de Partis communistes dans chaque pays, et chacun proclame être authentiquement marxiste. Dans notre pays aussi, un très grand nombre de Partis existe à ce jour. Il s'agit d'être bien clair sur le fait qu’untel ou untel est marxiste ou pas, et sur les critères pour être marxiste, nonobstant le fait de proclamer l'être. Le marxisme est une compréhension globale, et il a trois composantes. La première est la philosophie : c'est le matérialisme dialectique et historique. La seconde est le socialisme scientifique et la troisième est l'économie politique. La philosophie marxiste apporte une direction idéologique à la révolution prolétarienne. Le socialisme scientifique est le système politique de transition qui guide le processus entier de transformation du capitalisme en communisme. Enfin, l'économie politique marxiste demande l’établissement d’un mode de production socialisé à la place du capitalisme, afin de faire de chaque travailleur le propriétaire de son travail. Ce sont les questions fondamentales du marxisme. Dévier d'un seul de ces aspects, c'est prendre la voie du réformisme. Pour un réformiste, il est facile d'attaquer sur la méthodologie, mais il n'est pas aussi aisé d'attaquer sur les principes. Cela ne veut pas dire que les représentants bourgeois n'attaquent pas la philosophie marxiste. Actuellement, les révisionnistes attaquent principalement sur la lutte violente, qui joue un rôle essentiel pour établir un système socialiste, et la dictature du prolétariat, qui est nécessaire pour le défendre et le développer.

 

Lénine, dans l'Etat et la Révolution, écrit : "Il est souvent dit et écrit que le point principal dans la théorie de Marx est la lutte des classes. Mais c'est faux. Et cette fausse notion aboutit très souvent à une altération opportuniste du marxisme et à sa falsification dans un esprit acceptable pour la bourgeoisie. Quant à la théorie de la lutte des classes, elle n'a pas été créée par Marx, mais par la bourgeoisie avant Marx et, en général, elle est acceptable pour la bourgeoisie. Ceux qui reconnaissent seulement la lutte des classes ne sont pas encore des marxistes ; ils peuvent toujours se trouver dans les limites de la pensée  et  de la politique bourgeoise. Limiter le marxisme à la théorie  de la lutte des classes signifie tronquer le marxisme, le déformant, le réduisant à quelque chose acceptable pour la bourgeoisie. Seul est marxiste celui-qui prolonge l'identification de la lutte des classes à l'identification de la dictature du prolétariat. C'est ce qui constitue la distinction la plus profonde entre le marxiste et l'ordinaire petit (aussi bien que grand) bourgeois. C'est la pierre de touche sur laquelle la compréhension réelle et l'identification de marxisme doit être évaluée". La lutte entre deux lignes dans le mouvement communiste international s'est manifestée sous différentes formes, mais en dernière analyse, elle est centrée sur la question de soit avancer sur la voie de la révolution ininterrompue sous la dictature du prolétariat, soit suivre le chemin de la réconciliation de classe.

 

En dehors de l'attaque révisionniste contre la dictature du prolétariat, nous avons également des attaques vigoureuses contre deux autres composants du marxisme. Sur l'unité et la lutte des contraires, le marxisme enseigne que la lutte est absolue et l'unité relative. Les révisionnistes ont attaqué sur cette notion. Au temps de la Révolution culturelle, un intellectuel chinois, Yang Hsien Chen, a mis en avant une conception éclectique de "deux se combinent en un" en opposition à la conception dialectique de "un se divise en deux". Ceci s’oppose à la conception matérialiste dialectique que l'unité entre deux contraires est relative et la lutte entre eux est absolue. Le Parti communiste de Chine dirigé par Mao s'opposa fermement à cela. Il affirma que c'était la voie vers la collaboration de classe en lieu et place de la lutte des classes et de la dictature du prolétariat. En réalité, le principe selon lequel la l'unité entre deux contraires est absolue et la lutte est relative était la racine idéologique derrière la contre-révolution en Chine.

Lorsque nous regardons en arrière, nous voyons que cette lutte a également eu lieu dans le mouvement communiste népalais. Au Congrès d'Unité de 1992, Ruplal Viswakarma a défendu la thèse que l'unité est absolue et la lutte relative. Là où cette conception l'a amené aujourd'hui est clair pour tout le monde. Héritage de cela, la conception de notre leadership qui envisage que la libération du Népal et du peuple népalais réside dans la fusion du matérialisme et de l'idéalisme l'a maintenant conduit à désarmer l'Armée populaire en remettant les clés des containers d'armes à la réaction. En plus de cela, le Premier ministre maoïste [Bhattarai NDLR] a maintenant ordonné à la police de restituer les terres aux grands propriétaires en les reprenant aux sans-terres et aux paysans pauvres qui les ont occupées grâce à la force de l'Armée populaire lorsque la Guerre populaire avançait. Ce ne serait pas une surprise si notre leadership, qui déclare aujourd'hui "martyrs" ces gens qui sont tombés des deux côtés pendant la Guerre, déclare demain "criminels" ces camarades révolutionnaires et disciplinés à qui il ordonnait de mener des actions contre l'ennemi de classe hier. L’idée selon laquelle nous devons travailler amicalement avec la classe dominante indienne pour défendre la souveraineté nationale du Népal est en train de devenir dominante dans notre Parti. C'est de la capitulation nationale. Tout cela est une expression de la collaboration de classe et sa base idéologique est l'éclectisme. La lutte entre deux lignes, qui se déroule dans notre Parti, est à son paroxysme aujourd'hui.

L'usage de la force joue un rôle essentiel dans le transfert du pouvoir étatique d'une classe à une autre. C'est le premier point que Marx nous a enseigné sur comment prendre le pouvoir. Le second point est qu'un système de transition, qui existe pour une longue période entre capitalisme et communisme, est le socialisme et qu’il s'exprime sous la forme de la dictature du prolétariat. Mais les révisionnistes à travers le monde ont toujours attaqué l'essence même du marxisme. Leur cible, de Kautsky à Bernstein et de Khrouchtchev à Deng Xiaoping, a été d'attaquer la théorie de la violence révolutionnaire et de la dictature du prolétariat, et les révisionnistes aujourd'hui font la même chose. Khrouchtchev a attaqué l'usage de la force au nom de la transition pacifique et la dictature du prolétariat au nom de l'Etat "du peuple entier". Durant le grand débat des années 70, Mao n'a pas seulement lutté idéologiquement contre le révisionnisme khrouchtchévien, mais a aussi déclaré que la lutte des classes existe tout au long de la période du socialisme. Dans ce contexte, Mao a mis en avant que, afin d’empêcher les agents bourgeois de prendre le pouvoir, le prolétariat devait continuer la révolution sous la dictature du prolétariat durant toute la période du socialisme. Ceci est connu comme la théorie de la révolution ininterrompue.

 

Tout comme les révisionnistes d'autres pays, les révisionnistes du Népal se sont aussi opposés au rôle essentiel de la violence pour faire la révolution ainsi qu’à la dictature du prolétariat. Dans l'histoire du mouvement communiste au Népal, le révisionnisme a formellement son origine dans l'appel de Manmohan au Roi en 1957, dans lequel il dit qu'il propagera le socialisme pacifiquement. La lutte de classe révolutionnaire qui a commencé sous la forme de la Rébellion de Jhapa en 1972 a maintenant amené à une démocratie multipartite après que le PCN (ML) d’alors ait adopté formellement la ligne révisionniste khrouchtchévien de transitions pacifique. Le peuple népalais a pu voir que la grande Guerre populaire, initiée en février 1996, a amené de grands changements dans la société népalaise. Mais le peuple népalais n'a plus aujourd'hui le pouvoir populaire que les 10 années de Guerre populaire avaient établi. Les gouvernements populaires ont été dissous. Les armes qui avaient été acquises par le sacrifice de dizaines de milliers de vaillant-e-s fils et filles du peuple népalais ont été confinées dans des containers et leurs clés ont maintenant été remises entre les mains des réactionnaires. L'Armée Populaire de Libération (APL) construite soi-disant pour prévenir la contre-révolution et amener le peuple népalais au communisme est maintenant au seuil de la liquidation, au nom de l'intégration et de la réhabilitation. Cela a amené le peuple népalais dans la situation où Mao disait : "sans armée le peuple n'a rien". Ce n'est pas qu'une question technique liée aux clés des containers, mais une question théorique. Cela montre comment le rôle de l’APL, mandataire du prolétariat pour prendre le pouvoir et poursuivre la révolution sous sa dictature, est nié. C'est du capitulationnisme de classe pur et dur.

La lutte entre deux lignes au sein du Parti Communiste Unifié du Népal (maoïste) est maintenant centrée sur la question de maintenir l’APL avec ses armes et de l'intégrer pour former une armée nationale, ou de la reconvertir en gardes forestiers en la désarmant ; lutter pour établir la Nouvelle démocratie et le socialisme à travers la République populaire fédérale et lutter pour l'indépendance nationale ou s'agenouiller devant l'expansionnisme indien. Notre direction a capitulé devant l'ennemi en désarmant l’APL, et a violé le document de la réunion du Comité Central à Paris height. Dans ce document il est dit : "L'intégration de l'Armée et l'agenda de réhabilitation doivent être menés simultanément. Nous devons rester d'une totale vigilance contre les menées réactionnaires qui visent à affaiblir et désarmer notre Parti en intégrant et réhabilitant l’APL avant que la Constitution ne soit écrite". Sous cet éclairage, bien que différent dans la forme, le contenu de la lutte entre deux lignes qui se déroule dans notre Parti en ce moment n'est pas différent de celui de la lutte entre marxisme et révisionnisme qui s’est déroulée au sein du mouvement communiste international par le passé.

Le programme économique des révolutionnaires communistes est de mettre fin à la propriété privée des moyens de production et établir à sa place des rapports de productions socialisés. Cela résout la contradiction entre Capital et Travail qui existe dans la société capitaliste. Cependant, les agents bourgeois, qui pénètrent dans un Parti communiste, attaquent le mode de production socialiste et insistent sur le développement des forces productives. Le 8ème Congrès du Parti Communiste de Chine avait mis l'accent sur la nécessité de développer les forces productives, en affirmant que la contradiction entre les nécessités matérielles croissantes des masses populaires et le retard des forces productives était la contradiction principale en Chine. Les mots de Deng Xiaoping, "peu importe qu'un chat soit noir ou blanc pourvu qu'il attrape des souris", dévoilent que l'objectif était le développement du capitalisme. Au temps de la Grande Révolution Culturelle Prolétarienne, les révolutionnaires de Chine ont au contraire adopté pour politique de donner la priorité aux rapports de production socialisés, se basant sur le slogan : "Faire la révolution, promouvoir la production".

Sous la direction du prolétariat, le peuple népalais a participé à de grands mouvements de masse et aux dix années de la grande Guerre populaire de 1996 à 2006 en donnant un exemple éclatant de sacrifice. Dans ce processus, la monarchie féodale centralisée, qui a dirigé le Népal durant 240 ans, a pris fin. Certains leaders de notre Parti, qui considèrent cela comme l'accomplissement de la révolution politique, ont parlé d'aller à partir de là vers la transformation économique. Ceci est totalement erroné. Même si la monarchie a été abolie, le Népal est toujours un pays semi-féodal et semi-colonial. La révolution économique, que l'on dit pouvoir mener sur ce type de base socio-économique, ne saurait être que la croissance du capitalisme compradore et bureaucratique, pas du capitalisme national. Ce genre de développement économique ne peut rien faire d'autre qu'engraisser une poignée de bourgeois compradores et appauvrir le pays et le peuple tout entier. Par conséquent, la lutte entre deux lignes en cours dans notre Parti est centrée sur la lutte pour établir une République populaire fédérale afin de paver la voie au développement du capital national et ainsi bâtir les fondations de l'économie socialiste, ou, au contraire, introduire dans le jeu le capital financier des pays impérialistes, dans le statu quo, et ce faisant engraisser la bourgeoisie compradore.

L'analyse qui précède clarifie que la lutte entre deux lignes se poursuit continuellement dans un Parti communiste, sur les contenus de la philosophie marxiste, du socialisme scientifique et de l'économie politique. Ceci vaut également pour notre Parti. Dans l'objectif de renforcer la base économique socialiste, le pouvoir prolétarien poursuit la révolution sous la dictature du prolétariat, sur la base du marxisme, et ce processus pave la voie vers le communisme. Les révisionnistes attaquent parfois le contenu de la philosophie marxiste, parfois sur la dictature du prolétariat et parfois sur l'essence de l'économie socialiste. La lutte entre deux lignes en cours dans notre Parti n'est pas éloignée de cela. Afin de vaincre le révisionnisme de droite et unir le Parti sur la base idéologique du marxisme-léninisme-maoïsme, un révolutionnaire maoïste doit défendre le matérialisme historique et dialectique, la révolution ininterrompue sous la dictature du prolétariat et l'économie socialiste. C'est la tâche historique de tout révolutionnaire au Népal d'accomplir la révolution de nouvelle démocratie et paver la voie vers le socialisme.

 

25 septembre 2011

 

Par Comite de Solidarité Franco-Népalais - Publié dans : Analayses, témoignages,... - Communauté : Encyclopédie- Marxiste
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Vendredi 7 octobre 2011 5 07 /10 /Oct /2011 09:13

Article de Winston publié sur Revolution in South Asia

Une nouvelle confrontation est imminente dans les usines et dans les rues du Népal
 
Le mouvement maoïste du Népal et ses organisations sœurs sont actuellement dans une lutte acharnée à propos de la marche à suivre, et c’est particulièrement visible au sein de la Fédération Syndicale Nationale (ANTUF) affiliée aux maoïstes. Le syndicat s'est divisé, et il y a eu de violents affrontements entre les factions rivales. La faction de l’« establishment » sous la direction du président de l’ANTUF Jammarkattel (considéré comme proche de Prachanda) a été accusée d'avoir envoyé des voyous pour attaquer les dirigeants de la base de la faction syndicale radicale émergente.

 La faction syndicale radicale a un poids important. Avec l'allégeance des syndicats Madhesis dans la ceinture méridionale du Terai, elle a déjà organisé des vagues de grèves qui ont paralysé l'industrie dans de larges zones du Népal - et ces grèves ont été explicitement appelées au mépris de l'« establishment » de l’ANTUF, qui a conclu un traité avec les employeurs et le gouvernement que les syndicalistes radicaux considèrent avoir donné trop peu pour les travailleurs, et concédé trop.

 Des décennies de lutte révolutionnaire et le renversement d'une dynastie qui se déclarée elle-même divine ont livré à la classe ouvrière népalaise un niveau très élevé de militantisme et de connaissance de sa propre force. Grèves et bandhs [blocages]sont monnaie courante, et les syndicats fonctionnent couramment comme des ailes de divers partis politiques. L’ANTUF est sans doute la plus forte des fédérations syndicales, et au cours des dernières années a certainement été la plus militante... Cependant, beaucoup au sein des syndicats maoïstes soutiennent que ce n'est désormais plus le cas.

La faction de la direction centrale de l'ANTUF vient d'accepter, avec les syndicats de droite du Congrès et de l'UML, de signer une série d'accords qui promettent qu’aucune action revendicative ne sera menée dans les années à venir. En pratique, un tel accord sera presque certainement inapplicable, mais de façon plus controversée, les directions syndicales ont convenu d'une politique «pas de travail, pas de salaire » pour leurs propres membres. C'est une rupture radicale avec les pratiques antérieures, où les lieux de travail syndiqués au Népal exigeaient que leurs membres reçoivent le paiement, même pour les jours où ils protestaient dans les rues, ou restaient à la maison en raison d'une bandh appelée par un autre syndicat ou un parti politique. Les précédentes tentatives de faire appliquer la politique « pas de travail, pas de salaire » ont rencontrées la résistance des syndicats, mais en échange d'augmentations de salaires, la faction de la direction centrale de la fédération syndicale maoïste l’a acceptée.

L'Himalayan Times rapporte que le  Vice-Président du PCUN (M) et Premier ministre du Népal Baburam Bhattarai a personnellement présidé la réunion qui a supervisé cette opération;

Katmandou: Le gouvernement a approuvé aujourd'hui l’accord du 24 Mars entre les employeurs et les syndicats majeurs qui propose la mise en œuvre de la politique «pas de travail pas de salaire» et l'allocation de sécurité sociale aux travailleurs.

Approuvant l'accord, la réunion d'aujourd'hui du Comité consultatif central du travail, tenue sous la présidence du Premier ministre Baburam Bhattarai, qui s'occupe également du ministère du Travail et des Transports, a fait un pacte de quatre points pour maintenir la paix industrielle.

...

La réunion a convenu de former une Commission du salaire minimum et d'appliquer la déclaration « année de la paix industrielle » qui prévoit l'interdiction de grève industrielle pour les quatre prochaines années.

Des rapports de Myrepublica indiquent que l’accord inclut également l'approbation du syndicat des pratiques d’« embauche et de licenciement », faisant sans doute allusion à la précarisation accrue de la main-d'œuvre.

... Les travailleurs obtiendront une meilleure rémunération avec les deux accords et en retour, les syndicats promettent de ne pas faire d’appel à  la grève industrielle pendant quatre ans. Ils ont également convenu d’un régime «conditionnel» d’embauche et de licenciement et de pas de travail pas de salaire.

... «Nous avons convenu de ne pas faire grève pendant quatre ans et avons exprimé une ouverture à ‘pas de travail pas de salaire’, ‘embauche et licenciement’ et de restreindre la participation des travailleurs à des activités politiques », a déclaré Ramesh Badal, secrétaire du GEFONT [syndicat de l’UML].

... le premier ministre Bhattarai a demandé au ministère du Travail de prendre des initiatives sérieuses pour introduire la Loi sur la sécurité sociale. Il a également demandé aux responsables concernés de finaliser un droit du travail flexible.

Cet accord ne semble pas susceptible de passer tranquillement. Une coalition de huit syndicats a émergé, comprenant la faction radicale du mouvement syndical maoïste (qui se fait appeler désormais l'ANTUF - Révolutionnaire) et un certain nombre de syndicats basés dans les districts du Teraï. La coalition a condamné l'accord et a l'intention de lancer une campagne de protestation et d'action industrielle.

« L'accord va à l'encontre des intérêts des travailleurs. Nous allons protester énergiquement contre la décision », a déclaré Badri Bajagain, coordinateur de l’ANTUF-Révolutionnaire.

Selon le Himalayan Times, les syndicats militants ont publié une déclaration affirmant la chose suivante :

« La décision du comité est contre les travailleurs, les syndicats ne le respecteront donc pas. L’adoption de « pas de travail pas de salaire », « embauche et licenciement » et la restriction des grèves montre que le gouvernement du Dr Bhattarai n'est pas en faveur des travailleurs. »

L’Himalayan Times rapporte en outre que les associations d'employeurs sont exhortent le gouvernement à sévir contre les syndicats radicaux et à appliquer les nouvelles dispositions - mais leurs appels ont été accueillis avec défiance par Bajagain et les huit syndicats de l'Alliance, qui promettent de résister avec une action de grève, après la fin de la fête de Dashain népalaise [qui prend fin d’ici quelques jours].


La Fédération Népalaise des Chambres de Commerce et de l’Industrie (FNCCI) a exhorté le gouvernement à prendre des mesures juridiques contre les syndicats d’ultra-gauche et de Madhesi qui protestent contre l'accord historique entre le gouvernement, les syndicats et les employeurs, ce vendredi. Huit syndicats - y compris la faction de Badri Bajagai de l’ANTUF - ont menacé de faire grève immédiatement après Dashain contre la décision du Comité consultatif central du travail.

...

La faction de l’ANTUF dirigée par Bajagai - proche du dirigeant du PCUN-maoïste ‘Kiran’ Baidhya - et sept autres syndicats proches des partis Madhesi ont demandé de ne pas approuver ‘pas de travail pas de salaire’ et la période de quatre années de paix industrielle. « Cela viole les droits individuels de protester », a déclaré Bajagai.

Ce n'est que le dernier mouvement du gouvernement Bhattarai à être dénoncé et combattu par la faction de l'aile gauche au sein du mouvement maoïste. Avec les radicaux maoïstes menaçant d'empêcher son gouvernement de rendre les terres saisies lors de la guerre populaire et les militants syndicaux promettant une vague de grèves dans les semaines à venir, il semblerait que son gouvernement n'ait pas un chemin facile devant lui.

Par Comite de Solidarité Franco-Népalais - Publié dans : Actualités du Népal - Communauté : les anti-capitalistes
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Vendredi 7 octobre 2011 5 07 /10 /Oct /2011 09:09

Publié sur Revolution in South Asia

 

Par Comite de Solidarité Franco-Népalais - Publié dans : Analayses, témoignages,... - Communauté : Encyclopédie- Marxiste
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Mercredi 5 octobre 2011 3 05 /10 /Oct /2011 09:09

Nous publions ici la traduction de la  Déclaration du Comité de Solidarité Franco-Népalais sur la situation au Népal.

 

Merci à la Camarade pour la traduction.

 


 

STATEMENT OF THE FRANCO-NEPALESE SOLIDARITY COMITTEE
 
Our Committee met to debate of the new situation in Nepal .


The Communist Party of Nepal (maoist) waged a ten years long people’s war freeing up to 80% of the country. After an agreement with the seven parliamentary parties, the Party has decided to enter Parliament. Following constituent assembly elections, the CPN(M) won 40% of the vote. Prachanda, the leader of the Party became Prime Minister and the weapons of the People’s Liberation Army have been confined in containers whose keys were handled to the Party.


The CPN(M) claimed to be preparing insurrection but in fact the Party has stalled. The people’s comittees were dismantled. There was no land reform. Worse, the expropriations were stopped, the land returned to the landowners. The Chief of Army Staff of the National Army (formerly Royal Army), whose resignation was demanded by Prachanda, was maintained and supported by the President of the Republic who had yet no executive power. After governing for nine months, Prachanda and all the ministers resigned.


The CPN(M) became the UCPN(M), unified after merging with a small “revisionist” party . An open line struggle was committed within the Party between those who wanted to organize people revolt and those who conceived change as the establishment of a democratic parliamentary regime.


Finally, in late August, after lengthy talks with other parties, a new Maoist Prime Minister was appointed : Bhattarai. Quickly, Bhattarai and Prachanda handed back the keys to the containers confining the arms of the PLA without informing the opponents inside the UCPN(M) among whom Kiran and Badal, chief of the PLA.


This betrayal led to harsh statements from the party’s left and protests throughout the country.


To give back the keys of the containers means disarming the revolution, ignoring the thousands martyrs, demoralizing the masses, breaking off with Maoist revolutionary line. It means completely transforming the Communist Party into a revisionist party.


Under these conditions, achieving the integration of some of the fighters of the PLA into the national army, means to submit to the bourgeoisie, the landowners, Indian hegemony and ultimately to imperialists. The Left of the Party is now cornered, it is not to be blamed for the split of the Party, it is the right wing democratic and reformist who split with Marxism-leninism-maoism and the interests of workers and peasants.


Under these conditions , the Franco-Nepalese Solidarity Committee disengages from the line developed by the leadership of the UCPN(M), opposes the Bhattarai government and supports the struggle within the Party and among the masses for the advance of democratic revolution in Nepal against reaction, counter-revolution, Indian hegemony and imperialism.


Our Committee has supported the revolution in Nepal and has asked many questions on its negative turn. At present, it seems important to us to denounce the prevailing revisionist policy and to carefully support all those who oppose it and want to continue the revolution in Nepal .
 
The situation is getting clearer since the government led by Bhattarai recently ordered the regional governments to make restitution of lands confiscated to landowners during the Maoist People’s War. But among the masses, the voices are already raising against such counter-revolutionary measures in the absence of land reform synonymous of land redistribution.
 
Down with the liquidators!
Long Live the revolution in Nepal !

Franco-Nepalese Solidarity Committee

Par Comite de Solidarité Franco-Népalais - Publié dans : Actualités du Comité - Communauté : Encyclopédie- Marxiste
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