Vendredi 13 novembre 2009
La seconde vague de protestation contre le gouvernement actuel est àpeine terminée que les maoïstes annoncent déjà la troisième vague pour le 20 novembre.

Hier et aujourd'hui (12 et 13 novembre), des dizaines de milliers de militants ont bloqué le siège du gouvernement, des ministères et du parlement.

Hier, la police a chargé les manifestants. Plusieurs affrontements ont eu lieu. Une vingtaine de militants ont été blessé ainsi que 5 policiers. Parmi les blessés figurent les dirigeants Krishna Bahadur Mahara, Amik Sherchan (tous deux membres du bureau politique), Sushma Ghimire, Bhagat Baduwal et Rupa Chaudhar (élus au parlement).

A chaque fois, les blocages et manifestations ont été menés par les dirigeants maoïstes, y compris Prachanda et Kiran.

Les blocages et manifestations d'aujourd'hui se sont déroulés sans affrontements.

Lors du meeting de clôture de la seconde vague de protestation,
Prachanda a affirmé : "Nous donnerons l'ultimatum du 20 novembre." "Nous tiendrons des manifestations offensives si ceux qui résident à Singha Durbar [siège du gouvernement, parlement et principaux ministères] ne répondent pas à nos demandes à temps."

Parallèlement, les maoïstes ont déclaré la grève générale
dans le district de Jhapa (sud est du pays) pour deux raisons : contre la répression du 12 novemre et contre la venue du président. Aucun véhicule ne circulait, les écoles, instiutions et usines sont restées fermées. Le président est donc venu et reparti dans un hélicoptère de l'armée...

Dans un autre district, à Chitwan, l'Association Nationale des Sans-Terres, affiliée aux maoïstes, occupe les terrains de deux hôtels de luxe.

Photos et vidéos des deux derniers jours :















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Lundi 9 novembre 2009
Gopal Kiranti, membre du bureau politique du PCNU-maoïste, a déclaré symboliquement l'état fédéral Kirant, comprenant 8 districts montagneux à l'est du pays (Bhojpur, Khotang, Udaypur, Okhaldhunga, Solukhumbu et Sankhuwasabha).

Kiranti a également expliqué que le Parti avait annulé la déclaration des zones autonomes car tous les représentants pour les différents états autonomes n'avaient pas encore été choisis. Selon lui, dès qu'ils seront fixés, le Parti déclarera le gouvernement parallèle.
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Lundi 9 novembre 2009
Les maoïstes ont annoncés qu'ils ne déclareraient pas pour le moment de gouvernement parallèle. C'était pourtant prévu dans leur démarche de mouvement populaire. Ils ont clarifié qu'ils ne voulaient pas que cette déclaration soit juste une publicité. Prachanda a affirmé que la déclaration d'un gouvernement parallèle serait pour la prochaine vague de protestation, si leurs demandes ne sont pas satisfaites.

De l'autre côté, la ministre de la Défense a encore une fois affirmé que le gouvernement pourrait donner un plus grand rôle à l'armée si quiconque tentait de diviser les forces de sécurité.

Un dirigeant du PCN-UML, Ashok Rai, a affirmé que le Congrès Népalais avait demandé à l'UML de dissoudre l'Assemblée Constituante et d'imposer la direction présidentielle. "Durant nos entrevues avec la direction du congrès Népalais, ils ont dit que nous ne devrions pas écrire la constitution mais plutôt dissoudre l'Assemblée Constituante." "Ils se sont focalisés sur la formation d'une Commission pour écrire la nouvelle constitution." "Nous avons rejeté l'offre du Congrès car ils affirmaient que si la constitution était écrite par l'assemblée constituante elle serait choisie par les maoïstes." Plusieurs dirigeants maoïstes avaient déjà affirmé cela. C'est la première fois qu'un dirigeant de l'UML en parle publiquement. Mohan Baidya 'Kiran' a ensuite affirmé que ces remarques étaient vraies, que le PCNU-maoïste était au courant et a précisé que c'étaient les courants d'extrême droite du Congrès Népalais et de l'UML qui mettaient en pratique les plans de leurs maîtres indiens.

Demain, le 10 novembre, aura lieu le blocage de Katmandou.







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Jeudi 5 novembre 2009
Suite à la grande manifestation à la torche dans tous le pays, les maoïstes ont continué le mouvement populaire en bloquant ces derniers jours les institutions de l'Etat (mairies, préfectures, etc.). A Dhankuta, les maoïstes ont formé leur propre gouvernement populaire. Quelques affrontements avec la police et la Youth Force (affiliée à l'UML) ont eu lieu.

Le gouvernement a mis en état d'alerte tous les organes de sécurité. Le premier ministre adjoint, Gacchadar, du MJF(démocratique), a même affirmé que le gouvernement était prêt à envoyer l'armée dans les rues. Il a vivement critiqué les accords passés entre les maoïstes et les partis parlementaires (accords de 12 points de novembre 2005, accords de paix,...). Il a affirmé qu'ils étaient signés à la va vite. Selon lui, les maoïstes doivent abandonner leurs armes et démanteler l'Armée Populaire de Libération avant de prétendre pouvoir former un gouvernement.

A cela, plusieurs dirigeants maoïstes, dont Prachanda, ont affirmé que les maoïstes seraient forcés de répondre à la répression si elle continuait. Prachanda a ajouté que de toutes façons, le gouvernement n'arriverait pas à réprimer le mouvement même si toutes ses forces de sécurité en alerte et qu'il subirait alors le destin de Gyanendra (l'ex-roi).

Après avoir rencontré des délégués représentants certains pays européens et les USA, les maoïstes ont annulé le blocage de l'aéroport de Katmandou.

CP Gajurel 'Gaurav' a réaffirmé le soutien aux maoïstes indiens, également appelés Naxalites (voir l'interview du dirigeant du PCI-maoïste). "Si les maoïstes en Inde se dirige vers le succès, non seulement les maoïstes du Népal mais du monde entier se réjouiront de leur victoire."

Quelques photos et vidéos :






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Dimanche 1 novembre 2009
La vallée de Katmandou a été le témoin de l'initiation du nouveau mouvement populaire. Des milliers de militants et de sympathisants ont participé aux premières manifestations de la vague de 15 jours prévue par le PCNU-maoïste. Tous les cadres, dirigeants, militants, sympathisants ont été invités à y participer. C'est ainsi que Prachanda, Kiran, etc. ont directement participé aux manifestations.



Encore une fois, Prachanda a réitéré le fait que les maoïstes ne resteront pas les bras croisés si leur mouvement est réprimé et qu'ils répondraient à la répression d'égal à égal.

Ci-dessous, la traduction intégrale tirée d'un article publié sur NepalNews.com. C'est la première fois qu'est publiée autant détaillée la position idéologique des maoïstes, à partir d'une interview que Baburam Bhattarai a donnée à des militants du WPRM Britain. Cette interview est longue, en anglais, mais mérité d'être lue, étudiée et débattue. Nous recherchons des coups de main pour la traduction intégrale en français (contactez comitenepal@hotmail.fr). L'interview complète et originale est dispo à ce lien : http://www.wprmbritain.org/?p=926.

Le Dr Bhattarai affirme que l'objectif ultime des maoïstes est de capturer le pouvoir d'Etat

Alors que le PCNU-maoïste se prépare à l'offensive contre le gouvernement actuel en menant une vértiable agitation dans tout le pays, un des dirigeants du parti a affirmé que le plan ultime des maoïstes est de "détruire" l'Etat en pièces afin de le ramplacer par un "nouvel Etat" qui sera dirigé par un parti prolétarien, ou les maoïstes.
Le vice-président du PCNU-maoïste a ajouté que les maoïstes népalais n'ont pas rompu avec le principe basique de la ligne marxiste-léniniste-maoïste (mlm) d'éliminer l'ancien Etat, soutenu par l'armée, par un nouveau au travers de l'"usage de la force".

Dans une longue interview -et très verbeuse, comme on l'attend des dirigeants communistes - avec le Mouvement Populaire de Résistance Mondial (WPRM) de Grande Bretagne quelques jours auparavant, Dr Bhattarai affirme qu'en adhérant à ce principe basique [du mlm], le parti a mené la Guerre Populaire Prolongée (GPP) de 1996 à 2006.

"Mais après 2006 nous avons fait un certain changement de direction dans notre ligne tactique. Quelques personnes sont dans la confusion à propos de ceci et pensent que nous avons abandonné la GPP pour toujours et adopté un chemin pacifique pour le développement social," a t'il affirmé au WPRM, qui affirme travailler comme une plateforem pour le soutien internationaliste au mouvement maoïste à travers le monde.

Il a affirmé que cette confusion devait être clarifiée.

"Ce que nous disons est que la Guerre Populaire est guerre à plusieurs facettes dans laquelle les formes de luttes politique et armée doivent être combinées."

L'idéologue maoïste a affirmé que le parti a effectué "certains compromis" dans les Accords de Paix en tant que partie de la tactique du parti de se liguer avec les "partis démocrates bourgeois" afin d'abolir la monarchie et de tenir les élections pour l'Assemblée Constituante.

Il a affirmé que l'ex-parti rebelle voulait maintenant mener la lutte vers "l'établissement de la Révolution de Nouvelle Démocratie", et a ajouté que gardant ceci en vue, le parti a effectué un changement tactique "par lequel le combat majeur serait avec les partis démocrates bourgeois qui sont soutenus par l'impérialisme et les forces expansionnistes."

"L'APL [Armée Populaire de Libération] est toujours avec nous et les armes collectées durant la guerre sont toujours avec nous au sein du système de clé unique, surveillé par l'équipe des Nations Unies, mais le fait est que la clé est avec nous, que l'armée aussi et que nous ne nous sommes jamais rendus."

Faisant clairement allusion à la décision du parti de diviser le pays en différentes provinces ethniques après avoir établi des fronts ethniques, le Dr Bhattarai a affirmé que les maoïstes "découpent" l'Etat en petits bouts, "en fait nous le dévorons petit à petit. Au final, nous pourrons le détruire et le remplacer par un nouvel Etat."

"Ce que nous devons maintenant pratiquer est l'idée que la révolution ne s'arrêtera jamais avant que toutes les classes ne soient abolies, que l'Etat soit aboli, que le système de propriété soit aboli et que nous entrions dans une société sans classes ni Etat, ou qu'une commune des masses populaires ne soit créée."

"Tant que nous ne serons pas arrivé à cette étape, la révolution ne s'arrêtera jamais. Cette idée de la Révolution Culturelle doit être vraiment bien et fermement comprise et nous sommes très sérieux par rapport à cette question."

NepalNews.com http://www.nepalnews.com/main/index.php/news-archive/2-political/2183-dr-bhattarai-says-maoists-ultimate-aim-is-state-capture.html
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Jeudi 29 octobre 2009
Les maoïstes ont annoncé leurs programmes de protestation, prévus pour commencer le dimanche 1er novembre.
Voici un aperçu du programme :

1er novembre au soir : Déclaration officiel du mouvement et manifestation à la torche dans tout le pays.
2 novembre : Sit in et blocage de tous les Comités de Développement de Village et des municipalités dans tout le pays et toute la journée.
4-5 novembre : Sit in et blocage de tous les Buraux Administratifs de District pour toute la journée.
9 novembre : Déclaration des Républiques Autonomes.
10 novembre : Blocage de la vallée de Katmandou et de l'aéroport (ni d'atterissages ni de décolages ne seront autorisés).
12-13 novembre : Blocage du gouvernement par des millions de personnes.

Le gouvernement a déjà annoncé qu'il réprimerait le mouvement. Les maoïstes ont annoncés que si le mouvement devait faire face à la répression, ils répondraient à hauteur de la répression.
L'UML et le Congrès Népalais discutent déjà de stratégies pour contrer le mouvement des maoïstes.
Déjà, l'est du Népal est complètement paralysé par une grève appelée par les maoïstes suite au meurtre de deux militants maoïstes.
La YCL a également attaqué plusieurs dirigeants du Congrès Népalais ainsi que des ministres alors qu'ils se rendaient à un meeting.
Prachanda a déclaré que "ceux qui ont désigné le parti maoïste comme terroriste et ont mis à prix les têtes des dirigeants maoïstes conspirent à nouveau pour déclarer l'état d'urgence et remettre à prix les têtes des dirigeants maoïstes." "Ils se préparent à nouveau pour une repression massive et dissoudre l'assemblée constituante selon les diktats de leurs maitres étrangers." "Les dirigeants qui ont été rejetés par le peuple poussent le pays vers une autre guerre civile."
Selon le site TelegraphNepal.com, les rumeurs circulent qu'un coup d'état est prévu pour samedi, amenant à la tête du pays le président actuel (uniquement cérémoniel selon la constitution intérimaire et membre du Congrès Népalais) avec le soutien de l'armée. Ce site déclare même que si le président du Sri Lanka n'était pas en ce moment au Népal, l'état d'urgence aurait déjà été déclaré. Cependant, ce ne sont que des rumeurs et il faut se méfier de cette presse mais cela dénote la tension qui règne en ce moment au Népal.

La suite pour très bientôt...
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Lundi 26 octobre 2009

Grâce à un message de G.Q. (merci à lui !), nous avons eu accès à une première traduction de cette interview. Nous l'avons corrigée et la publions donc ici-même. C'est un document important après l'insurection de Lalgarh et avant l'opération "Green Hunt", offensive militaire du gouvernement indien contre le PCI-maoïste. Nous publierons d'autres informations sur le mouvement maoïste indien (ou naxalite).


Première interview du secrétaire général du Parti communiste indien (maoïste) sur la lutte armée dans son pays et des questions connexes

 


Lien à la source


Entretien avec Ganapathi, dirigeant de la révolution maoïste qui monte en Inde

 

Cet entretien est extrait du numéro du 17 octobre du magazine Open. Ganapathi, secrétaire général du Parti communiste indien PCI (maoïste), répond aux questions sur le travail du parti dans la région du Lalgarh [au Bengale Occidental, où vient de se produire un soulèvement rural de masse], sur sa réplique à l’offensive militaire gouvernementale qui s’annonce, sur la situation politique au Népal, sur la défaite du LTTE [tigres Tamouls], sur la nature contradictoire des mouvements islamistes dans le monde actuel, et le rôle du nouveau chef de l’impérialisme US.

 

“Nous vaincrons certainement le gouvernement”

 

Le commandant en chef du PCI maoïste, interviewé pour la première fois, répond aux questions d’« Open ».

 

A première vue, Mupalla Laxman Rao, qui aura bientôt 60 ans, ressemble à un instituteur. Et il l’était effectivement, au début des années 1970 dans le district de Karimnagar en Andrah Pradesh. Mais en 2009 cet homme à la voix douce, porteur de lunettes, est devenu l’homme le plus recherché par toutes les polices en Inde. Il dirige une des plus importantes insurrections armées de gauche du monde. Un homme connu dans les dossiers du ministère de l’intérieur sous le nom de Ganapathi, un homme dont les ordres sont relayées dans 15 États de l’Union.


Le commandant en chef du PCI (maoïste) est diplômé en sciences et en éducation. Il enseigne maintenant la guerre de guérilla aux cadres maoïstes. Il a remplacé le fondateur du GGP (Groupe Guerre populaire), Kondapalli Seetharaamiah, comme secrétaire général du parti en 1991. Ganapathi change fréquemment de résidence et les rapports des services secrets mentionnent sa présence dans diverses grandes villes comme Hyderabad, Kolkotta, ou Kochi.


Après de longs mois d’attente, Ganapathi a donné pour la première fois son accord pour une  interview. Quelque part au cœur de la jungle impénétrable de Dandakaranya, il a répondu aux questions de Rahul Pandita sur des sujets variés qui vont de la prochaine offensive anti naxalite que le gouvernement prépare, à ses opinions sur les mouvements jihadistes.

 

Lalgarh a été décrit comme un nouveau Naxalbari par le PCI(m). Pourquoi ce soulèvement a-t-il acquis une telle importance pour vous?

 

Le soulèvement de masse à Lalgarh a, sans aucun doute, rendu l’espoir au peuple opprimé et au camp révolutionnaire en son entier au Bengale occidental. Il a eu un impact grandement positif non seulement sur le peuple du Bengale occidental mais aussi sur le peuple du pays tout entier. Il apparaît comme un nouveau modèle pour le mouvement de masses dans le pays.  Nous avions déjà vu des soulèvements similaires au Manipur, contre les atrocités commises par l’armée et contre le décret des pouvoirs militaires spéciaux au Kashmir, au Dandakaranya et jusqu’à un certain point en Orissa, après le massacre de Kalinganagar perpétré par le gouvernement de Naveen Patnaik.


Puis il y a eu les mouvements de masse à Singur et à Nandigram, mais où des fractions des classes dirigeantes ont également joué un rôle important. Ces mouvements ont été instrumentalisés par les partis des classes dirigeantes pour leurs fins électorales. Mais à Lalgarh c’est un mouvement de masse plus étendu et plus durable qui s’est produit et qui a refusé de se ranger sous la direction des partis parlementaires, les disqualifiant totalement. Le peuple du Lalgarh a même boycotté le récent scrutin législatif national, montrant ainsi sans équivoque sa colère et sa déception envers tous les partis réactionnaires émanant des classes dirigeantes. Lalgarh a d’autres traits intéressants : une forte participation des femmes au mouvement, un caractère authentiquement démocratique et une plus grande mobilisation des Adivasis [membres des tribus, parias de la société indienne]. Ce n’est donc pas étonnant qu’il soit devenu le point de ralliement des forces démocratiques révolutionnaires du Bengale occidental.


S’il s’agit à Lalgarh d’un mouvement populaire, comment les maoïstes s’y sont-ils trouvés mêlés?


En ce qui concerne le rôle de notre parti, nous avons travaillé dans les districts de Paschim, Midnapur, Bankula, et Purulia, dans cette zone habituellement appelée maintenant le Jangalmahal depuis les années 1980. Nous avons combattu les forces féodales locales, l’oppression et l’exploitation par les fonctionnaires forestiers, les usuriers sans scrupules, les capitalistes, et les bandits du PCM [Parti Communiste Marxiste, au pouvoir dans l’État du Bengale Occidental] et du Congrès Trinamool. Le PCM, en particulier, est devenu le principal oppresseur et exploiteur des Adivasis de la région, et il a déchainé ses nervis de sinistre réputation, les Harmad Vahini, sur tous ceux qui remettaient en cause son autorité. Avec le pouvoir d’État en main, avec l’aide de la police, il joue un rôle encore plus néfaste que les féodaux les plus cruels des autres régions du pays.


Dans ces conditions, quiconque ose défier l’oppression et l’exploitation du PCM obtiendra le respect et la confiance du peuple. Comme notre parti a toujours combattu sans aucun compromis les exactions des nervis du PCM, il a naturellement gagné le respect et la confiance du peuple dans la région.


Les violences policières qui suivirent l’explosion de mine du 2 novembre [en 2008, le premier ministre du Bengale occidental, Buddhadeb Bhattacharjee, échappa de peu à l’explosion] servirent de détonateur à la colère accumulée par les masses. Elle prit la forme d’un mouvement populaire de longue durée où notre parti a joué un rôle catalyseur.


Mais il n’y pas si longtemps, le PCM était votre ami. Vous lui avez même emprunté des armes et des munitions pour combattre le Congrès Trinamool. Ce qui a été confirmé par un membre du politburo du PCI (maoïste) dans certaines interviews. Et maintenant vous combattez le PCM avec l’aide du Trinamool.  Comment l’ami est-il devenu un ennemi et vice versa ?


 Ce que vous dite n’est que partiellement vrai. Nous avons appris en effet que des munitions avaient été obtenues par un responsable local auprès d’une unité du PCM dans cette zone. Mais ce n’était pas dans le cadre d’un accord avec la direction du PCM. Notre démarche était d’unir tous les secteurs des masses opprimées contre le gangstérisme et l’oppression du Trinamool à ce moment là dans la région. Et comme une partie des masses était encore sous l’influence du PCM, nous avons combattu à leur coté contre le Trinamool. Cela dit, considérant la situation générale dans le Bengale occidental, ce n’était pas avisé de demander des armes et des munitions aux PCM même au niveau local vu que la contradiction concernait à la base deux factions des classes dirigeantes.


Notre comité central en a discuté, a critiqué le camarade responsable de cette décision, et a ordonné aux camarades impliqués de cesser immédiatement. En ce qui concerne l’obtention de munitions auprès du Congrès Trinamool, je me souviens que nous ne leur avons pas acheté directement mais à quelqu’un qui était en relation avec eux. Il n’y aura jamais d’accords politiques ou d’accords sous condition avec les marchands d’armes. C’est notre politique depuis le début. En ce qui concerne les déclarations du membre de notre politburo, nous allons vérifier ce qu’il a effectivement dit.


Quelle est votre stratégie maintenant à Lalgarh après l’offensive massive des forces de l’État et du gouvernement central?


D’abord je voudrais qu’il soit parfaitement clair que notre parti va contre-attaquer et qu’il se tiendra fermement aux coté du peuple du Lalgarh et de tout le Jangalmahal, et qu’il aura une stratégie conforme au mandat et aux intérêts du peuple. Nous allons étendre partout la lutte contre l’État et nous efforcer de gagner les larges masses à la cause du peuple. Nous combattrons l’offensive de l’État en mobilisant davantage les masses contre la police, les milices et les bandits du PCM. Le développement du mouvement dépendra bien sûr du niveau de conscience et de préparation du peuple dans la région. Le parti en tiendra compte dans la détermination de sa stratégie, dans le but de libérer pleinement l’initiative des masses.


Le gouvernement s’est référé à Lalgarh comme à un ‘laboratoire’ des opérations anti-naxalites. De son coté, votre parti a-t-il tiré des leçons de Lalgarh ?


Oui, notre parti aussi a beaucoup de choses à apprendre des masses de Lalgarh. Leur soulèvement est allé bien au-delà de nos espérances. En fait, c’est la base du peuple avec l’aide d’éléments avancés influencés par les idées politiques révolutionnaires qui a joué le rôle déterminant pour choisir les formes de la lutte. Elle a constitué sa propre organisation, rédigé sa plate forme de revendication, inventé de nouvelles formes de luttes, et a fait front malgré la brutalité des agressions de la police et des bandits sociaux-fascistes des bandes de l’Harmad. Le mouvement de Lalgarh a le soutien des forces révolutionnaires et démocratiques non seulement au Bengale occidental mais dans tout le pays. Nous faisons appel à ces forces pour qu’elles s’unissent pour repousser l’offensive fasciste du gouvernement Buddhadeb au Bengale occidental et du gouvernement central du Congrès. En bâtissant le front de combat le plus large et en adoptant des tactiques adéquates combinant le mouvement militant politique de masse avec à la résistance populaire armée et l’action de notre AGPL [Armée de Guérilla Populaire de Libération], nous infligerons la défaite à l’offensive massive des forces du Centre. Je ne peux pas en dire davantage en ce moment.


Le Centre a déclaré une guerre totale aux maoïstes en qualifiant le PCI maoïste d’organisation terroriste et en imposant son interdiction dans l’ensemble de l’Inde. Quelles en sont les conséquences pour votre parti ?


Notre parti était déjà interdit dans plusieurs états de l’Inde. En imposant l’interdiction aux autres états, le gouvernement veut rendre impossible nos activités légales au Bengale occidental et dans quelques autres états où des possibilités légales subsistaient. Le gouvernement veut utiliser cette loi scélérate de Prévention des Activité Illégale pour persécuter quiconque ose lever la voix contre les exécutions illégales au cours de fausses opérations militaires, les viols, et les autres exactions policières contre les habitants des régions contrôlées par les forces maoïstes. Quiconque demandera des comptes sur la brutalité des forces de l’État sera automatiquement classé comme terroriste.


Les vrais terroristes et les pires menaces pour la sécurité nationale ne sont autres que Manmohan Singh, Chidambaram, Buddhadeb, et d’autres chefs de la classe dirigeante et des forces féodales qui terrorisent le peuple quotidiennement.


Le gouvernement de l'UPA a commencé son deuxième mandat en annonçant qu’il écraserait la ‘menace’ maoïste et s’est mis à verser des fonds énormes aux états dans cette intention. La cause immédiate en est la pression exercée par la bourgeoisie compradore et bureaucratique et les impérialistes, et en particulier l’impérialisme des États-Unis qui veut piller les ressources de notre pays sans entraves. Ces requins aspirent aux richesses naturelles minérales et forestières abondantes d’une vaste région qui s’étend du Jangalmahal jusqu’au au nord de l’Andrah Pradesh. Cette région est la plus riche et pourtant la moins développée de notre pays. Ces requins veulent y piller la richesse et chasser les Adivasis de la région pour les appauvrir davantage.


Une autre raison importante de l’offensive actuelle des classes dirigeantes est  la peur de la croissance rapide du mouvement maoïste et de son influence croissante sur une part significative de la population de l’Inde. Les Gouvernements Populaires à Dandakaranya et les comités populaires révolutionnaires au Jharkand, en Orissa, et dans des secteurs d’autres États sont devenus des modèles de développement et de démocratie authentiques. Les dirigeants veulent écraser ses nouveaux modèles de développement et de démocratie authentiques car ils commencent à apparaître au peuple dans l’ensemble du pays comme la véritable alternative.


Le ministère de l’intérieur prépare le lancement d’une offensive de longue haleine contre les maoïstes. Une force militaire énorme s’apprête à de vous chasser des territoires que vous contrôlez. Quel-est votre plan pour résister à cette offensive ?


Les gouvernements successifs du Centre et dedifférents états ont nourri des plans dans ce sens depuis bien des années. Mais ils n’ont pu obtenir aucun succès important malgré leurs actes de cruauté et les meurtres de centaines de nos cadres et de nos dirigeants. Notre parti et notre mouvement a continué à se consolider et à s’étendre géographiquement. De deux ou trois états à l’origine, il est maintenant actif dans plus de 15, ce qui provoque la panique des classes dirigeantes. Surtout depuis la fusion de l’ancien MCCI et de People’s War en septembre 2004 [la fusion qui a donné naissance au PCI maoïste], le gouvernement de l’UPA a déchainé une offensive générale et sans merci contre le mouvement maoïste. Mais notre parti a continué sa croissance malgré quelques pertes sévères. Ces trois dernières années, en particulier, notre armée a remporté plusieurs victoires importantes.

Nous nous sommes confrontés aux offensives continues de l’ennemi avec le soutien et l’implication active des masses. Nous continuerons à affronter la nouvelle offensive de l’ennemi en rehaussant le niveau de cette résistance héroïque et en y préparant le parti entier, l’armée de libération, les divers partis et organisations révolutionnaires et le peuple tout entier. Bien que l’ennemi puisse obtenir quelques succès dans la phase initiale de son offensive, nous prévaudrons certainement et nous vaincrons l’offensive gouvernementale grâce à la mobilisation active des masses et au soutien de toutes les forces révolutionnaires et démocratiques de tout le pays. Aucun régime fasciste ou aucun dictateur militaire dans l’histoire n’a jamais pu supprimer par l’usage de la force brutale les luttes démocratiques et justes du peuple, au contraire, ils ont été balayés à leur tour par la marée montante de la résistance populaire. Le peuple, qui fait l’histoire, se lèvera comme un ouragan sous la direction de notre parti pour éliminer les vampires réactionnaires suceurs de sang qui dirigent notre pays.

Comment analysez-vous les graves échecs du PCI maoïste en Andrah Pradesh?

En 2006, nous avons essuyé une défaite sévère dans la plus grande partie de l’Andrah Pradesh. Elle était due à plusieurs erreurs de notre part. Cela dit,  il faut aussi examiner l’affaire d’un autre point de vue. Dans toute guerre populaire prolongée, il y a des avancées et des reculs. Si l’on met en perspective la situation générale en Andrah Pradesh, vous la comprendrez comme une sorte de retraite. Confrontés à une force supérieure, nous avons choisi de retirer nos forces temporairement de certaines régions d’Andhra Pradesh , d’étendre et de développer nos bases dans les régions voisines, pour contrattaquer par la suite.

Même si nous avons subi un échec, il faut garder à l’esprit qu’il n’est que provisoire. Aucune des conditions objectives qui ont déterminé le début de notre révolution en Andrah Pradesh n’a subi de changement basique. Ce fait objectif continue à servir de base pour la croissance et l’intensification de notre mouvement. De plus, nous avons maintenant une base de masse consolidée, une armée populaire de guérilla mieux entrainée et un parti basé dans toutes les régions de l’Inde aux racines profondes parmi les classes qui constituent l’épine dorsale de notre révolution. C’est pourquoi les dirigeants réactionnaires ne peuvent pas écraser notre guerre révolutionnaire qui fait rage dans plusieurs États du pays.

Nous avons tiré les bonnes leçons de l’échec subi par notre parti en Andrah Pradesh et, basé sur ces leçons, nous avons développé des tactiques dans les autres états. Ainsi nous sommes en capacité de répliquer avec efficacité aux attaques cruelles et généralisées de l’ennemi, de lui infliger des pertes sévères, de préserver nos forces subjectives, de consolider notre parti, de développer l’Armée de Guérilla Populaire de Libération, d’établir les formes embryonnaires de nouveaux gouvernements démocratiques populaires dans certaines poches libérées, et de porter la guerre populaire à un niveau supérieur. De ce point de vue nous sommes en position de force pour revitaliser le mouvement en Andrah Pradesh. Notre révolution avance par vagues et au reflux succèdera la marée haute.

Quelles-sont les causes du revers qu’ont subi les LTTE au Sri Lanka?

Sans aucun doute le mouvement pour un Tamil Eelam distinct et souverain a subi un sérieux revers avec la défaite et l’hécatombe considérable des troupes des LTTE. Le peuple Tamoul et les forces de libération nationales sont maintenant sans direction. Mais le peuple Tamoul continue à aspirer à l’indépendance. Les conditions qui ont donné naissance au  mouvement nationaliste pour Tamil Eelam n’ont pas changées. Les chauvins singhalais des classes dirigeantes du Sri Lanka ne pourront en rien modifier leurs politiques discriminatoires aux dépens de la langue, de la culture et de la nation tamoule. Les manifestations et les célébrations grotesques organisées par le gouvernement et les partis chauvins singhalais au Sri Lanka à l’annonce de la mort de Prabhakaran et de la défaite des LTTE montrent la haine nationale envers les Tamouls qui a été cultivée par les organisations singhalaises, et le degré d’empoisonnement des esprits des Singhalais ordinaires par l’hystérie chauvine.

La conspiration des classes dirigeantes singhalaises pour s’emparer des territoires Tamouls est comparable à celle des dirigeants sionistes en Israël. Le peuple Singhalais privé de terres va maintenant être placé dans les zones tamoules. La démographie de la région va être entièrement modifiée. Le terrain reste favorable à une réémergence de la lutte de libération tamoule.

Même si ça doit prendre temps, la guerre pour la création d’un état séparé Tamoul au Sri Lanka reprendra certainement, lorsque les leçons auront été tirées de la défaite des LTTE. En choisissant un point de vue et une idéologie prolétarienne, en adoptant de nouvelles tactiques et en construisant un front uni le plus large possible de toutes les forces nationalistes et démocratiques, il est possible de parvenir à la libération de la nation tamoule opprimée [au Sri Lanka]. Les forces maoïstes doivent se renforcer pour fournir une direction correcte et une orientation anti-impérialiste à la lutte pour un une république démocratique populaire souveraine du Tamil Eelam. C’est seulement à ces conditions que la nation tamoule peut réellement obtenir sa libération au Sri Lanka.

Est-il vrai que votre entrainement militaire initial provenait du LTTE?

Non, c’est inexact, et nous avons déjà démenti cette assertion plusieurs fois.

Mais l’un de vos principaux commandants m’a dit que des cadres importants de l’ancien GGP avaient bien reçu des armes et de l’entraînement, et d’autres formes de soutien de la part des LTTE.

Laissez moi donc réaffirmer qu’il n’y aucun lien de quelque nature que ce soit entre le LTTE et notre parti. Nous avons essayé à plusieurs reprises d’en établir mais sa direction était réticente à l’idée d’entretenir des liens avec les maoïstes en Inde. Ainsi, il n’était évidemment pas question pour eux de nous fournir un entrainement militaire. Malgré ces faits, nous avons persisté dans notre soutien à la lutte pour le Tamil Eelam. Cela dit, quelques éléments qui s’étaient séparés du LTTE nous ont contacté et nous avons utilisé leur aide à la fin des années 1980 dans nos premiers entrainements.

Votre parti entretient-t-il des liens avec Lashkar el Toiba ou d’autres groupes militants islamistes en lien avec le Pakistan?

Non, pas du tout. Il ne s’agit que de mensonges ourdis par la propagande policière, les bureaucrates et les chefs des partis réactionnaires pour nous discréditer et justifier leurs actes de cruauté contre le mouvement maoïste. En propageant ces mensonges, selon lesquels notre parti aurait des liens avec des groupes liés au ISI pakistanais, les dirigeants réactionnaires veulent prouver que nous sommes des terroristes et légitimer leur propre campagne terroriste contre le peuple et les maoïstes dans les régions où a lieu la lutte armée paysanne. Tenter de prouver le rôle de l’étranger dans chaque lutte juste et démocratique, cataloguer ceux qui combattent pour la libération ds opprimés comme des traitres à leur patrie, cela fait partie de la panoplie habituelle des moyens de leur guerre psychologique.

Quelle est la position de votre parti par rapport aux mouvements islamistes jihadistes?

Les mouvements islamistes jihadistes actuels sont un produit de l’impérialisme, et en particulier de l’impérialisme US et de ses agressions, interventions, pressions, exploitation et destruction des pays arabes ou musulmans riches en pétrole en Asie occidentale, Afghanistan, Somalie, Pakistan, etc. et de leur persécution de l’ensemble des musulmans. Dans leur plan pour l’hégémonie globale, les impérialistes, en particulier l’impérialisme US, ont encouragé et soutenu toutes les guerres d’agression et les coups de forces de leur État satellite Israël.

Notre parti prend position sans équivoque contre toutes les attaques de pays musulmans ou arabes et de la communauté musulmane dans le sens large dans le cadre de la soi-disant ‘guerre globale au terrorisme’. En réalité le fondamentalisme religieux musulman est encouragé et protégé par les impérialistes, du moment qu’il est au service de leurs intérêts - en Arabie Saoudite, dans les pays du Golfe, au Koweït, en Afghanistan, en Irak, au Pakistan.

Mais que pensez-vous des attaques perpétrées par les soi-disant‘ jihadistes’ contre des innocents comme le 26/11/2008?

Voyez-vous, les mouvements jihadistes ont un double aspect : anti-impérialiste d’un coté, réactionnaire sur le plan social et culturel de l’autre. Notre parti soutient la lutte anti-impérialiste des pays et des peuples musulmans, tout en critiquant et luttant contre l’aspect réactionnaire de l’idéologie et de la conception sociale des fondamentalistes musulmans. Seule la direction maoïste peut apporter une orientation correcte à la lutte anti-impérialiste et réaliser l’unité de classe entre musulmans et peuples d’autres confessions. L’influence du fondamentalisme diminuera à mesure que croitra sur les masses musulmanes celle des communistes révolutionnaires, et d’autres forces démocratiques laïques. En tant que communistes révolutionnaires nous luttons de façon permanente pour diminuer l’influence de l’idéologie et de la conception obscurantistes des mollahs sur les masses musulmanes, tout en nous unissant avec tous ceux qui combattent l’ennemi commun de tous les peuples du monde, l’impérialisme et particulièrement l’impérialisme US.

Comment voyez-vous les changements de la politique US après la victoire de Barack Obama sur Georges Bush?

Premièrement, serait fou celui qui s’imaginerait qu’il va se produire un changement qualitatif de la politique américaine (interne ou extérieure) après l’élection de Barack Obama. La politique de sécurité nationale et la politique étrangère qu’il a menées depuis 8 mois montrent pour l’essentiel la continuité avec celle de son prédécesseur. Les justifications idéologiques et politiques de ces politiques intérieures régressives et des politiques extérieures agressives sont tirées des mêmes poubelles que celles qu’avançaient l’administration Bush - la soi-disant « guerre au terrorisme » qui se base sur des mensonges et des calomnies éhontées. Pire encore, ces politiques sont encore plus agressives qu’avant sous Obama avec son plan d’expansion de la guerre sous direction américaine d’Afghanistan vers le Pakistan. Les mains du nouvel assassin-en-chef à la tête de la meute des loups impérialistes sont déjà tâchées du sang de centaines de femmes et d’enfant brutalement exécutés par les missiles impitoyables lâchés par les drones Prédator en Afghanistan et au Pakistan. Et aux États-Unis, le rachat des dettes d’une minuscule élite capitaliste et les attaques contre les droits démocratiques et humains des citoyens américains continuent sans aucun changement.

Les peuples et les nations opprimés font maintenant face à un ennemi encore plus formidable et dangereux, sous la forme d’un président afro –américain de la plus grande machine de guerre et gendarme du monde. Les peuples du monde doivent s’unir pour mener une lutte plus déterminée, plus militante, plus cohérente contre les brigands américains conduits par Barack Obama et se consacrer à la tâche de les vaincre pour faire naitre un monde de paix, de stabilité et de vraie démocratie.

Quel est votre point de vue sur le développement de la situation au Népal?

Dès que le Parti Communiste du Népal - maoïste [PCN-M, devenu ensuite PCUN-M] est parvenu au pouvoir au sein d’une alliance avec des partis compradores-féodaux par la voie parlementaire, nous avons attiré l’attention sur les graves dangers d’intervention impérialiste et expansionniste indienne, et sur le fait qu’ils remueraient ciel et terre pour renverser le gouvernement dirigé par la PCN-M. Tant que Prachanda n’a pas défié les directives du gouvernement indien, il lui a été permis de continuer à gouverner, mais quand son gouvernement s’est mis à s’opposer à l’hégémonie indienne, il a été immédiatement renversé. Le PCN-UML a retiré son soutien au gouvernement de Prachanda sur l’injonction des impérialistes américains et des expansionnistes indiens. Nous sommes en désaccord avec la ligne de transition pacifique mise en pratique par le PCUN-M sous couvert de tactique. Nous avons décidé d’envoyer une lettre ouverte au PCUN-M en juillet 2009.

Nous avons clairement énoncé la position de notre parti dans cette lettre. Nous avons montré que le PCUN-M a choisi de réformer l’État existant par la voie d’une assemblée constituante élue et d’une république démocratique bourgeoise au lieu d’adhérer fermement à la thèse marxiste-léniniste de la nécessité de briser l’ancien État pour instaurer le nouvel État prolétarien. Une telle mesure aurait été le premier pas vers la réalisation du socialisme par la transformation radicale de la société et de tous les rapports de classe d’oppression. C’est certainement une grande tragédie que le PCUN-M ait choisi d’abandonner la voie de la guerre populaire prolongée pour choisir celle de l’action parlementaire à la place, alors qu’il détenait le pouvoir de facto dans la plus grande partie des campagnes.

Et il est réconfortant d’apprendre qu’une partie de la direction du PCUN-M  a entrepris de lutter contre les positions révisionnistes du camarde Prachanda et d’autres. Au vu de la grande tradition révolutionnaire du PCUN-M, nous espérons qu’à l’issue de la lutte interne du parti la ligne opportuniste de la direction actuelle sera répudiée, et que les pratiques révisionnistes et opportunistes seront abandonnées, et que les esprits s’appliqueront à nouveau à l’intelligence créative de la situation concrète au Népal.

Récemment le parti a souffert de sérieuses pertes parmi sa direction aussi bien au niveau des états qu’au niveau central. De plus, l’opinion générale est que la plupart des dirigeants maoïstes, vous compris, sont devenus vieux, sont gravement malades, ce qui est aussi avancé comme l’explication de certaines redditions. Quel est l’effet des pertes et des redditions sur votre mouvement ? Comment affrontez-vous les problèmes qui sont liés au vieillissement et aux maladies des cadres ?

 (Sourire …) Ce type de propagande a été mis en œuvre de manière continue, surtout par les services secrets d’Andrah Pradesh. C’est un des aspects de la guerre psychologique menée par les officiers de renseignement et d’état major ennemis pour troubler et démoraliser les sympathisants du mouvement maoïste. C’est exact que certains dirigeants du parti au niveau central et d’état peuvent être classés comme des « seniors » d’après les critères du gouvernement, c'est-à-dire ceux qui ont franchi le seuil des 60 ans. Vous pourrez bientôt me considérer comme un « senior », dans quelques mois (sourire). Mais la vieillesse et la maladie n’ont jamais été un problème important dans la vie du parti jusqu’à maintenant. Vous pouvez voir les « seniors » du parti travailler 16 à 18 heures par jour et parcourir de longues distances à pied. En ce qui concerne les redditions, c’est un gros mensonge de les attribuer à la vieillesse et à la maladie.

Quand Lanka Papi Reddy, ancien membre de notre comité central s’est rendu au début de l’année dernière, les médias ont fait courir le bruit que d’autres redditions de dirigeants de notre parti auraient lieu bientôt à cause de leur âge ou de leur mauvais état de santé. Le fait est que Papi Reddy s’est rendu à cause de la perte de ses convictions politiques, et de son ego, de son goût pour un faux prestige petit bourgeois. C’est ainsi qu’il n’était pas prêt à rendre des comptes au parti après qu’il ait été démis de ses fonctions par le comité central à cause de son comportement anarchique à l’égard d’une camarade.

Certains dirigeants âgés de notre parti, comme les camarades Sushil Roy et Narayan Sanyal, sont devenus  le cauchemar des classes dirigeantes, même à 65 ans passés. C’est ainsi qu’ils ont été arrêtés, torturés et emprisonnés malgré leur mauvaise santé et leur âge avancé. Le gouvernement fait l’impossible pour empêcher leur remise en liberté. Même si un membre de notre parti est vieux, il/elle continue à servir la révolution en accomplissant toute tâche dans ses possibilités. Ainsi le camarade Niranjan Bose, qui est mort récemment à 92 ans, a accompli des tâches de propagande révolutionnaire jusqu’à l’heure du martyre. Les dirigeants social-fascistes avaient si peur de ce révolutionnaire maoïste nonagénaire qu’ils l’avaient même encore arrêté il y a quatre ans. Tel est l’esprit des révolutionnaires maoïstes - et le pouvoir de l’idéologie marxiste-léniniste-maoïste dont ils lèvent le flambeau. Et quand il y a des maladies graves, ou des handicaps physiques ou mentaux qui empêchent d’accomplir des tâches normales, les camarades affectés se voient attribué un travail adapté.

Mais comment réagissez-vous à l’arrestation et à l’élimination d’une partie de votre direction? Comment comptez-vous remplacer ces pertes?

Il est exact que nous avons perdu des dirigeants importants au niveau des états et au niveau central depuis quatre ou cinq ans. Certain ont été arrêtés en secret et assassinés de la manière la plus lâche. Beaucoup d’autres et des dirigeants d’état ont été arrêtés et placés derrière les barreaux, dernièrement, dans le Jharkand, Bihar, Chhatisgarh, Orissa, Bengale occidental, Maharashtra, Haryana et d’autres états. Ces pertes auront un impact grave sur le parti et sur la révolution indienne dans son ensemble. Nous examinons régulièrement les raisons de ces pertes et nous développons de nouvelles méthodes pour les faire cesser. En adoptant des méthodes secrètes d’organisation plus strictes, et des règles de clandestinité qui protègent contre les erreurs, en renforçant notre implantation dans les masses, notre vigilance et nos réseaux d’information locaux, en brisant ceux de l’ennemi et en étudiant leurs plans et leur stratégies, nous espérons éviter d’autres pertes. Et nous sommes aussi en train d’entrainer et d’éduquer de nouveaux dirigeants à tous les niveaux pour combler les pertes.

Comment définissez-vous l’étape présente de la guerre entre vos forces et celles de l’État Indien ?

Nous sommes en situation de défensive stratégique. Dans certaines régions nous avons le dessus, dans d’autre c’est l’ennemi qui a l’initiative. Dans l’ensemble, nos forces ont obtenu des succès en menant une série de contre-offensives tactiques dans nos zones de guérilla, ces dernières années.

Il est exact que notre parti a subi d’importantes pertes au niveau de la direction, mais nous pouvons aussi infliger des pertes sévères à l’ennemi. Durant les trois dernières années, l’ennemi a eu davantage de pertes que nous. Il essayé par tous les moyens à sa disposition d’affaiblir, de rompre, d’écraser notre parti et notre mouvement. Ils ont essayé d’utiliser des agents infiltrés et des délateurs, versé d’énormes sommes d’argent pour corrompre des éléments faibles du camp révolutionnaire, et ont annoncé une série de plans de réhabilitation et d’autres primes pour provoquer des désertions. Des millions de roupies ont été affectés à la modernisation des forces de police, au recrutement et à l’entrainement de forces supplémentaires, pour former des commandos ; pour accroitre les forces du Centre ; pour entrainer ses forces et celles des états à la guerre contre-insurrectionnelle ; et pour construire des routes, des réseaux de communication, et d’autres infrastructures pour permettre le mouvement rapide de leurs troupes en zone de guérilla. Les États indiens ont mis sur pied des milices et  soutenu sans réserve les abominations commises contre le peuple par ces bandes armées. La guerre psychologique contre les maoïstes a atteint un niveau sans précédent.

Malgré tout, nous avons continué de faire de plus grandes avancées, consolidé le parti et les comités populaires révolutionnaires à divers niveaux, renforcé l’AGPL quantitativement et qualitativement, détruit les réseaux d’information ennemis dans divers secteurs, déjoué les tentatives d’écrasement de notre mouvement par l’ennemi, et contrecarré effectivement la dégoutante guerre psychologique menée par l’ennemi. Les succès que nous venons d’obtenir  dans diverses opérations de contre-offensive tactiques ces derniers jours à travers le pays, les mouvements de masse militants dans plusieurs états, en particulier contre les déplacements forcés de population et pour d’autres causes populaires brûlantes, les initiatives de nos gouvernements populaires révolutionnaires à divers niveaux, tout ceci a un grand impact sur le peuple et contribue à démoraliser les forces ennemies. Il y a des informations qui circulent sur des mutineries et des désertions parmi les miliciens des forces de répression recrutés contre les maoïstes dans les zones où ils dominent. Nombreux sont ceux qui refusent l’entrainement à la guerre dans la jungle ou de prendre positions dans les secteurs que nous contrôlons, subissant des sanctions. Cette tendance va s’amplifier avec la croissance de notre guerre populaire. Dans l’ensemble, l’influence de notre parti est devenue plus forte et il commence à être reconnu par le peuple comme la seule véritable alternative qui lui soit proposée.

Combien de temps va durer cette défensive stratégique, avec le Centre qui a décidé de vous prendre à la gorge?

L’étape actuelle de défense stratégique va durer encore quelques temps. Il est difficile de prévoir combien de temps sera nécessaire pour passer à l’étape d’équilibre stratégique. Cela dépend de la transformation de nos zones de guérilla en zones de base, de la création de nouvelles zones de guérilla et de résistance rouge dans tout le pays, du développement de l’Armée de Guérilla Populaire de Libération. Avec la crise qui va sans cesse s’aggravant dans tous les domaines à cause des politiques antipopulaires des gouvernements pro-impérialistes, pro-féodaux, le mécontentement et la colère croissante des masses résultant des politiques avides de pillage des classes dirigeantes, nous sommes sûrs que les larges masses de ce pays vont rejoindre les rangs des révolutionnaires et porter la révolution indienne à sa prochaine étape.

Traduction GQ 25/10 /2009 – Corrigée par le Comité de Solidarité Franco-Népalais le 26/10/09

 

 

 

 

 

 

 

Par Comite de Solidarité Franco-Népalais - Publié dans : Analayses, témoignages,... - Communauté : Encyclopédie- Marxiste
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Lundi 26 octobre 2009
Vendredi 23 octobre dernier, les maoïstes ont fixé un ultimatum au gouvernement. Si leurs demandes ne sont pas adressées avant le 1er novembre, le nouveau mouvement populaire sera lancé. La porte reste toutefois ouverte pour une résolution du conflit par le dialogue. Il y a cependant très peu de chances que cela se passe.

D'un côté, le gouvernement et les dirigeants des différents partis qui le composent multiplient les déclarations à l'encontre des maoïste et du processus de paix. Ainsi, malgré les inquiétudes de la Mission des Nations Unies au Népal en raison des déclarations de la minstre de la Défense de réarmer l'Armée Népalaise et d'amender les Accordes de Paix, cette dernière à réitérer son intesion de recruter des nouveaux membres et d'acheter de nouvelles armes pour l'Armée Népalaise. Selon un général retraité, l'AN n'aurait même plus de munitions disponibles en raison de sa consommation durant les entraînements... KP Oli, dirigeant de l'UML a affirmé que les combattants maoïstes de l'APL ne devraient pas être intégrés dans l'armée. Pokharel, actuel ministre de l'Information et des Communications et dirigeant de l'UML, a affirmé qu'il n'était pas question que le rôle et l'action du président soit discutée au parlement (une des demandes clé des maoïstes). Le premier ministre a même affirmé que le gouvernement ne paierait plus les salaires des combattants de l'APL si les maoïstes ne votaient pas pour le budget (ce qui signifierait avant tout d'arrêter de bloquer le parlement).

De l'autre, les maoïstes annoncent que le prochain mouvement sera différent des précédents et que son but sera d'empêcher et de ridiculiser le gouvernement. Ils ont également averti qu'il pourrait prendre une tournure violente si le gouvenrement le réprimait. Il a été clairement mentionné que la situation internationale était en faveur des maoïstes. Les maoïstes parlent maintenant directement de la nécessaire démission du premier ministre afin que le conflit soit réglé pacifiquement et qu'ils puissent former un nouveau gouvernement.

Plusieurs évènements annoncent déjà la tension grimpante. Un clash entre la YCL et la Youth Force (affiliée UML) s'est déroulé à Dang, lorsque la YCL manifestait contre la venue du ministre Pokharel. Plus d'une douzaine de personnes seraient blessées. De même, à l'université de Bhojpur, le chef du campus a été attaqué par les étudiants du Syndicat National Etudiant Indépendant - Révolutionnaire (affilé aux maoïstes). Celui-ci est dénoncé par le SNEI-R et le Syndicat National Etudiant (affilié au Congrès Népalais) pour des malversations au niveau du personnel. Les deux syndicats demandent sa démission. Une manifestation motorisée en faveur d'un Etat Fédéral Newar a rassemblé plus de 500 motos. Elle était organisée par le Front de Libération Newar (affilié aux maoïstes).

De son côté, le Forum des Droits du Peuple Madhesi a annoncé qu'il lancerait une nouvelle révolte populaire centrée sur le Madhesh pour début novembre.
Par Comite de Solidarité Franco-Népalais - Publié dans : Actualités du Népal - Communauté : les anti-capitalistes
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Samedi 17 octobre 2009

CONTRE le droit  d’asile bafoué et nié, les rafles et déportations des sans papiers pourchassés et maltraités quotidiennement, les discours racistes des politiciens

POUR Shova et tous les exilés sans papiers

 

UNE EXIGENCE : SOLIDARITE et  RESISTANCE !

 

Droit d’asile bafoué :

 

Shova GAJUREL militante communiste Népalaise en est un cas exemplaire, cette femme de 38 ans a dû fuir son pays, le Népal, en raison des menaces dont elle faisait l’objet à cause de son engagement au sein du Parti Communiste, Maoïste (PCN-m).

Elle rejoint la France en 2006 et dépose aussitôt une demande d’asile politique à L’OFPRA qui sera refusée.

Le 16 juillet 2009, elle est arrêtée à la frontière Franco Belge et mise en rétention administrative à Lesquin/Lille. Une nouvelle demande d’asile argumentée est déposée le 22 juillet, et très rapidement, elle est de nouveau rejetée.

Le 3 août le représentant de l’Etat Français, le Préfet du Nord, ordonne son expulsion, tout à fait illégale, vers la Belgique. Elle est remise entre les mains de la police Belge et transférée au centre prison/rétention de Bruges jusqu’au 31 août.

Près d’un mois supplémentaire de privation de liberté absolument arbitraire.

Après avoir vainement contacté les autorités Française, la Belgique, n’ayant aucun motif de garder Shova enfermée, la libère et lui demande de quitter son territoire.

 

Shova un cas dénoncé grâce à une solidarité visible : 

 

Dès son arrestation en juillet, l’acharnement répressif contre Shova provoque un mouvement actif et démocratique de solidarité à Lille (lettre/pétition à B. Kouchner, conférence de presse et articles) un mouvement de solidarité qui prendra par la suite une dimension internationale visible et déterminée,

 

Shova décide alors de revenir à Lille et d’exprimer publiquement son refus de rentrer de nouveau dans la clandestinité. (Lettre ouverte de Shova : http://www.liberez-les.info/)

Le choix de Shova c’est l’engagement proclamé publiquement pour sa régularisation au coté du mouvement des sans papiers de Lille qui mène une lutte frontale et déterminée depuis de nombreuses années, 1996,  dans la région du Nord.

 

Solidarité avec Shova ! Solidarité avec tous les sans papiers !

 

Les contrôles policiers au faciès de chaque instant, « faire du chiffre », les rafles policières programmées, les  arrestations, déportations et expulsions sont le quotidien vécu par des milliers de sujets humains, ici, dans ce pays, mais aussi au cœur de nos « démocraties parlementaires » européennes, les sans papiers, les demandeurs d’asile niés sont l’objet de discours et de pratiques sécuritaires arbitraires, détestables et répétées, et parfois aussi ils  viennent échouer et mourir sur les côtes de la forteresse Europe.

Et sont annoncés les charters de la mort…tout est possible.

 

Oui, la chasse à l’homme, à la famille, à l’enfant sans papiers est acceptée comme « une solution » indispensable pour contrôler les flux migratoires, comme ils disent…Tous les Etats européens planifient cette chasse à l’homme, les amalgames immigration/ insécurité/terrorisme sont utilisés, le but recherché étant aussi d’instrumenter des divisions au sein des populations frappées par la crise et en désignant une partie de nous même comme « bouc émissaire », posture idéologique de propagande utilisée depuis très longtemps, et pas uniquement par l’extrême droite   

 

Quotas chiffrés et planifiés d’expulsion, « tris sélectifs » (immigration choisie !), construction de centres prisons/rétentions, rafles et déportations médiatisées, criminalisation des personnes solidaires des sans papiers,  un arsenal détestable en œuvre qui, autant le dire, nous renvoie au temps du pire de notre histoire, des rafles et déportations des temps du pétainisme et  de la guerre coloniale menée contre le peuple algérien.

Oui, cette classe sociale et politique, « élue démocratiquement », qui est arrivée au pouvoir en engrangeant les voix du racisme ordinaire et banalisé  compte bien poursuivre dans ce chemin.

 

Oui, cette classe accepte et soutient, de fait, tous les plans de restructuration voulus par le capitalisme financier et parasitaire : licenciements massifs, suppression des services sociaux et publics nécessaires au plus grand nombre, cette classe renforce aussi l’arsenal répressif qu’elle juge nécessaire pour tenter de neutraliser tous les mouvements de dissidence, mais la résistance ouvrière et populaire s’organise et va s’amplifier. Et le mouvement de lutte des sans papiers est un axe démocratique essentiel de cette résistance.    

 

Une exigence: solidarité et résistance

 

Autant le proclamer, nous n’accepterons jamais d’être des collabos de ces politiques racistes et d’exclusion en actes depuis tant et tant d’années.

Notre solidarité, nos luttes actives, visibles, envers et avec ces personnes humaines fuyant misère et guerres provoquées et entretenues par nos pays occidentaux, oui nos luttes  sont justes et nécessaires. Ces luttes existent, vont continuer et se renforcer.

 

Pour Shova la Népalaise, pour nos frères Afghans, Irakiens, Guinéens, Thaïlandais  et bien d’autres, persécutés et niés dans leurs droits de réfugiés politiques, pour les exilés sans papiers fuyant misère et corruption de leurs dirigeants, bien souvent amis de notre occident encore riche et dominateur, nous nous devons de déclarer notre solidarité et notre insoumission en paroles et en actes.                                                           

 

Des Papiers pour Shova et ses frères de lutte sans papiers ! Régularisation !

 

Lille le 7 octobre 09 – premiers signataires :

Comité « Libérez Les » de soutien aux prisonniers et réfugiés politiques – LDH – CSP59 – MRAP – Comité de Solidarité Franco-Népalais – Comité Solidarité Basque Lille – Collectif Afrique - Alliance Rouge et Noire – VP-Partisan - PC maoïste de France – ACTIT - Centre de Recherche Culturelle du Dersim - Secours Rouge-France - Ligue de la Lutte Internationale des Peuples (ILPS) - Secours Rouge Belgique - Alliance Internationale des Immigrés (IMA) - Nouvelle Femme (YK-Paris) - Confédération des Travailleurs de Turquie en Europe (ATIK-Paris) - Nouvelle Jeunesse Démocratique (YDG-Paris) - Coordination Communiste Nord/Pas-de-Calais  - CSDASP37 – JCML(69) – PC maoïste-Italie - FSE

 

 

 

Par Comite de Solidarité Franco-Népalais - Publié dans : Actualités du Comité - Communauté : les anti-capitalistes
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Mercredi 14 octobre 2009
Voici un article publié dans la Voix du Nord :

Shova Gajurel, réfugiée népalaise à Lille, rêve de papiers ici et de la paix chez elle

mercredi 14.10.2009, 05:02 - La Voix du Nord

 Après trois ans de combat, Shova n'a pas encore perdu le sourire. L'espoir de rentrer un jour dans son pays pacifié la porte. Après trois ans de combat, Shova n'a pas encore perdu le sourire. L'espoir de rentrer un jour dans son pays pacifié la porte.

|  RENCONTRE |

Shova Gajurel est népalaise et lilloise. Militante maoïste, elle a fui en France en 2006 et vient de passer presque deux mois en centre de rétention. À court terme, elle voudrait être régularisée en France. Sur le long terme, elle souhaiterait la paix au Népal pour aller retrouver ses enfants, et sa vie. PAR AUDREY HALFORD

 

lille@lavoixdunord.fr

Au Népal, elle est militante maoïste, fille d'un des principaux dirigeants de ce parti, recherchée pour des crimes qu'elle jure n'avoir pas commis. À Lille, elle est une réfugiée politique à qui on refuse le droit d'asile. Une sans-papiers.

Arrivée en France en septembre 2006, Shova a immédiatement fait une demande d'asile, qui lui a été refusée huit mois plus tard. « Ils ont affirmé qu'au Népal, la situation était correcte en ce moment, que ma demande n'était pas justifiée par la situation politique de mon pays », raconte Shova, désabusée. Son recours a également été rejeté.

Elle sait pourtant que le danger pèse toujours sur sa vie. Une association des droits de l'homme au Népal lui a raconté que la nouvelle de son arrestation avait été publiée dans son pays. « Tu es en danger au Népal, les accusations à ton encontre n'ont pas été révoquées, il faut que tu sois prise en charge en France, pour le moment », lui ont-ils écrit.

Shova Gajurel vient de passer quasiment deux mois dans des centres de rétention, en France et en Belgique. Elle résidait à Paris depuis trois ans dans une communauté népalaise, lorsqu'elle a été arrêtée. Elle était allée rendre visite à des amis népalais à Anvers. Sur le chemin du retour, la police de l'air et des frontières (PAF) l'a arrêtée et placée en rétention à Lesquin. Elle fut ensuite expulsée vers la Belgique, avant d'être enfin libérée le 31 août.

Depuis, elle a décidé de rester à Lille, pour se battre publiquement pour sa régularisation, avec les associations qui la soutiennent.

« Le gouvernement et la constitution actuels au Népal sont provisoires, estime-t-elle. Tant qu'il n'y aura pas de nouvelles élections, le processus de paix sera instable, et les maoïstes seront en danger. » Le militantisme est héréditaire chez Shova. Il prend sa source dans son enfance, qu'elle se remémore tout de même avec un sourire plein de tendresse. « Mon père est secrétaire du parti communiste népalais-maoïste. Nous subissions les pressions quotidiennes de la police et de l'armée, nous ne pouvions pas rester longtemps au même endroit, raconte-t-elle avec force gestes. Il a même été emprisonné durant trois ans en Inde. » Lorsqu'elle évoque ses enfants, ses yeux s'embuent, et il faut un moment avant qu'elle reprenne la conversation. « Ils se cachent dans une école, avec une fausse identité. Les membres de ma famille ne peuvent même pas leur rendre visite. Car si la police apprenait qui ils sont, ils pourraient être tués... » Et la femme de 38 ans, qui souriait bravement, s'éteint un moment.

Sa famille française

Mais son courage lui vient aussi de sa « famille française, peu importe l'origine de ses membres ». Les sans-papiers sont pour elle une grande famille, qui se bat pour une cause commune, une cause juste. « Ça n'est pas très différent du Népal. Là-bas, je me battais avec les maoïstes contre l'injustice, ici je me bats avec des étrangers pour mes papiers, et aussi ceux des autres ! » Ce qui la fait tenir, Shova, c'est le désir de rentrer un jour au Népal auprès des siens, dans un pays dirigé par son parti, pour lequel elle a tant sacrifié. « Je suis ici en attendant de ne plus être en danger, mais le Népal est mon pays. J'y finirai ma vie. » Et lorsqu'on fait remarquer à cette éternelle optimiste que la situation ne sera pas idéale de sitôt au Népal, une grande lucidité se manifeste : « Si je reçois enfin des papiers en France et que je ne peux pas rentrer, je travaillerai. Que voulez-vous que je fasse d'autre ? » •


Par Comite de Solidarité Franco-Népalais - Publié dans : Actualités du Comité - Communauté : les anti-capitalistes
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