A l'approche des elections...
Au Népal, l’élection de l’Assemblée Constituante approche à grands pas. Tous les jours, des clashs ont lieu entre les différents partis. Les médias accusent unilatéralement les maoïstes de violence. Pourtant, ce sont au moins 10 militants maoïstes qui ont déjà été assassinés. En parallèle, les groupes armés du Teraï (sud du Népal) continuent de perturber les préparations de l’élection. Plusieurs bombes ont explosées, dont trois hier soir à Katmandou (4/04/08). Une d’entre elle visait un bureau de la Ligue des Jeunesses Communistes (affiliée maoïste).
De nombreuses personnes rejoignent actuellement les maoïstes, y compris des anciens généraux de l’armée, des hauts responsables de police et des anciens royalistes. Ils ont compris que les maoïstes étaient les seuls à même d’apporter un changement majeur et radical à la situation socioéconomique du pays.
Depuis les accords de paix suite au mouvement populaire d’avril 2006, les maoïstes ont développé activement leur présence dans les villes. Les travailleurs sont maintenant organisés dans les différentes organisations de masse du parti. Un gros travail a également été effectué au niveau des étudiants et des intellectuels.
Les accords de paix ont-ils pour but de concentrer le travail dans les villes et ainsi de mettre en pratique la fusion entre Guerre Populaire prolongée (stratégie mise en place par Mao Tse Tung lors de la Révolution Chinoise) et Insurrection (stratégie mise en place par Lénine lors de la Révolution d’Octobre en Russie) telle la synthèse du Marxisme-Leninisme-Maoisme appliquée au Népal (appelle Voie Prachanda du nom du leader du parti) le défend ? Difficile d’y répondre clairement. Ce qui est sur, c’est que plus la collaboration de classe au sein de l’Etat durera et plus il sera difficile au Parti Communiste Népalais – maoïste d’en sortir et de mettre en œuvre la construction d’un Etat Prolétarien.
La période actuelle est décrite comme une étape de transition vers la révolution de Démocratie Nouvelle nécessaire aux pays semi-feodaux semi-coloniaux tel que le Népal pour développer une économie et un système socialiste. Il est cependant difficile d’imaginer qu’en collaborant avec les partis bourgeois, les PCN-m puisse restructurer radicalement l’Etat afin de le mettre au service du peuple. Même si les maoïstes gagnent les élections, cela ne signifiera pas la victoire de la paysannerie et du prolétariat car la collaboration continuera. Il leur faut prendre le pouvoir de manière franche.
La question de protéger le pouvoir et de continuer la révolution alors qu’il n’y a plus de bloc socialiste se pose alors. Difficile d’y répondre. Une invasion directe des USA est difficilement imaginable bien que possible. L’Inde représente le plus grand danger. Mais le gouvernement indien est également inquiété par sa sécurité intérieure avec la guérilla maoïste qui prend de l’ampleur et les différents mouvements séparatistes. Un chose est sure : si le PCN-m prend le pouvoir, il subira des attaques au niveau national et international.
Le processus étant toujours en développement, crier à la victoire ou à la défaite ou accuser le PCN-m d’avoir abandonné la révolution est prématuré.
Un membre du Comite, sur place.