Actualités du Comité

Samedi 17 octobre 2009

CONTRE le droit  d’asile bafoué et nié, les rafles et déportations des sans papiers pourchassés et maltraités quotidiennement, les discours racistes des politiciens

POUR Shova et tous les exilés sans papiers

 

UNE EXIGENCE : SOLIDARITE et  RESISTANCE !

 

Droit d’asile bafoué :

 

Shova GAJUREL militante communiste Népalaise en est un cas exemplaire, cette femme de 38 ans a dû fuir son pays, le Népal, en raison des menaces dont elle faisait l’objet à cause de son engagement au sein du Parti Communiste, Maoïste (PCN-m).

Elle rejoint la France en 2006 et dépose aussitôt une demande d’asile politique à L’OFPRA qui sera refusée.

Le 16 juillet 2009, elle est arrêtée à la frontière Franco Belge et mise en rétention administrative à Lesquin/Lille. Une nouvelle demande d’asile argumentée est déposée le 22 juillet, et très rapidement, elle est de nouveau rejetée.

Le 3 août le représentant de l’Etat Français, le Préfet du Nord, ordonne son expulsion, tout à fait illégale, vers la Belgique. Elle est remise entre les mains de la police Belge et transférée au centre prison/rétention de Bruges jusqu’au 31 août.

Près d’un mois supplémentaire de privation de liberté absolument arbitraire.

Après avoir vainement contacté les autorités Française, la Belgique, n’ayant aucun motif de garder Shova enfermée, la libère et lui demande de quitter son territoire.

 

Shova un cas dénoncé grâce à une solidarité visible : 

 

Dès son arrestation en juillet, l’acharnement répressif contre Shova provoque un mouvement actif et démocratique de solidarité à Lille (lettre/pétition à B. Kouchner, conférence de presse et articles) un mouvement de solidarité qui prendra par la suite une dimension internationale visible et déterminée,

 

Shova décide alors de revenir à Lille et d’exprimer publiquement son refus de rentrer de nouveau dans la clandestinité. (Lettre ouverte de Shova : http://www.liberez-les.info/)

Le choix de Shova c’est l’engagement proclamé publiquement pour sa régularisation au coté du mouvement des sans papiers de Lille qui mène une lutte frontale et déterminée depuis de nombreuses années, 1996,  dans la région du Nord.

 

Solidarité avec Shova ! Solidarité avec tous les sans papiers !

 

Les contrôles policiers au faciès de chaque instant, « faire du chiffre », les rafles policières programmées, les  arrestations, déportations et expulsions sont le quotidien vécu par des milliers de sujets humains, ici, dans ce pays, mais aussi au cœur de nos « démocraties parlementaires » européennes, les sans papiers, les demandeurs d’asile niés sont l’objet de discours et de pratiques sécuritaires arbitraires, détestables et répétées, et parfois aussi ils  viennent échouer et mourir sur les côtes de la forteresse Europe.

Et sont annoncés les charters de la mort…tout est possible.

 

Oui, la chasse à l’homme, à la famille, à l’enfant sans papiers est acceptée comme « une solution » indispensable pour contrôler les flux migratoires, comme ils disent…Tous les Etats européens planifient cette chasse à l’homme, les amalgames immigration/ insécurité/terrorisme sont utilisés, le but recherché étant aussi d’instrumenter des divisions au sein des populations frappées par la crise et en désignant une partie de nous même comme « bouc émissaire », posture idéologique de propagande utilisée depuis très longtemps, et pas uniquement par l’extrême droite   

 

Quotas chiffrés et planifiés d’expulsion, « tris sélectifs » (immigration choisie !), construction de centres prisons/rétentions, rafles et déportations médiatisées, criminalisation des personnes solidaires des sans papiers,  un arsenal détestable en œuvre qui, autant le dire, nous renvoie au temps du pire de notre histoire, des rafles et déportations des temps du pétainisme et  de la guerre coloniale menée contre le peuple algérien.

Oui, cette classe sociale et politique, « élue démocratiquement », qui est arrivée au pouvoir en engrangeant les voix du racisme ordinaire et banalisé  compte bien poursuivre dans ce chemin.

 

Oui, cette classe accepte et soutient, de fait, tous les plans de restructuration voulus par le capitalisme financier et parasitaire : licenciements massifs, suppression des services sociaux et publics nécessaires au plus grand nombre, cette classe renforce aussi l’arsenal répressif qu’elle juge nécessaire pour tenter de neutraliser tous les mouvements de dissidence, mais la résistance ouvrière et populaire s’organise et va s’amplifier. Et le mouvement de lutte des sans papiers est un axe démocratique essentiel de cette résistance.    

 

Une exigence: solidarité et résistance

 

Autant le proclamer, nous n’accepterons jamais d’être des collabos de ces politiques racistes et d’exclusion en actes depuis tant et tant d’années.

Notre solidarité, nos luttes actives, visibles, envers et avec ces personnes humaines fuyant misère et guerres provoquées et entretenues par nos pays occidentaux, oui nos luttes  sont justes et nécessaires. Ces luttes existent, vont continuer et se renforcer.

 

Pour Shova la Népalaise, pour nos frères Afghans, Irakiens, Guinéens, Thaïlandais  et bien d’autres, persécutés et niés dans leurs droits de réfugiés politiques, pour les exilés sans papiers fuyant misère et corruption de leurs dirigeants, bien souvent amis de notre occident encore riche et dominateur, nous nous devons de déclarer notre solidarité et notre insoumission en paroles et en actes.                                                           

 

Des Papiers pour Shova et ses frères de lutte sans papiers ! Régularisation !

 

Lille le 7 octobre 09 – premiers signataires :

Comité « Libérez Les » de soutien aux prisonniers et réfugiés politiques – LDH – CSP59 – MRAP – Comité de Solidarité Franco-Népalais – Comité Solidarité Basque Lille – Collectif Afrique - Alliance Rouge et Noire – VP-Partisan - PC maoïste de France – ACTIT - Centre de Recherche Culturelle du Dersim - Secours Rouge-France - Ligue de la Lutte Internationale des Peuples (ILPS) - Secours Rouge Belgique - Alliance Internationale des Immigrés (IMA) - Nouvelle Femme (YK-Paris) - Confédération des Travailleurs de Turquie en Europe (ATIK-Paris) - Nouvelle Jeunesse Démocratique (YDG-Paris) - Coordination Communiste Nord/Pas-de-Calais  - CSDASP37 – JCML(69) – PC maoïste-Italie - FSE

 

 

 

Par Comite de Solidarité Franco-Népalais
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Mercredi 14 octobre 2009
Voici un article publié dans la Voix du Nord :

Shova Gajurel, réfugiée népalaise à Lille, rêve de papiers ici et de la paix chez elle

mercredi 14.10.2009, 05:02 - La Voix du Nord

 Après trois ans de combat, Shova n'a pas encore perdu le sourire. L'espoir de rentrer un jour dans son pays pacifié la porte. Après trois ans de combat, Shova n'a pas encore perdu le sourire. L'espoir de rentrer un jour dans son pays pacifié la porte.

|  RENCONTRE |

Shova Gajurel est népalaise et lilloise. Militante maoïste, elle a fui en France en 2006 et vient de passer presque deux mois en centre de rétention. À court terme, elle voudrait être régularisée en France. Sur le long terme, elle souhaiterait la paix au Népal pour aller retrouver ses enfants, et sa vie. PAR AUDREY HALFORD

 

lille@lavoixdunord.fr

Au Népal, elle est militante maoïste, fille d'un des principaux dirigeants de ce parti, recherchée pour des crimes qu'elle jure n'avoir pas commis. À Lille, elle est une réfugiée politique à qui on refuse le droit d'asile. Une sans-papiers.

Arrivée en France en septembre 2006, Shova a immédiatement fait une demande d'asile, qui lui a été refusée huit mois plus tard. « Ils ont affirmé qu'au Népal, la situation était correcte en ce moment, que ma demande n'était pas justifiée par la situation politique de mon pays », raconte Shova, désabusée. Son recours a également été rejeté.

Elle sait pourtant que le danger pèse toujours sur sa vie. Une association des droits de l'homme au Népal lui a raconté que la nouvelle de son arrestation avait été publiée dans son pays. « Tu es en danger au Népal, les accusations à ton encontre n'ont pas été révoquées, il faut que tu sois prise en charge en France, pour le moment », lui ont-ils écrit.

Shova Gajurel vient de passer quasiment deux mois dans des centres de rétention, en France et en Belgique. Elle résidait à Paris depuis trois ans dans une communauté népalaise, lorsqu'elle a été arrêtée. Elle était allée rendre visite à des amis népalais à Anvers. Sur le chemin du retour, la police de l'air et des frontières (PAF) l'a arrêtée et placée en rétention à Lesquin. Elle fut ensuite expulsée vers la Belgique, avant d'être enfin libérée le 31 août.

Depuis, elle a décidé de rester à Lille, pour se battre publiquement pour sa régularisation, avec les associations qui la soutiennent.

« Le gouvernement et la constitution actuels au Népal sont provisoires, estime-t-elle. Tant qu'il n'y aura pas de nouvelles élections, le processus de paix sera instable, et les maoïstes seront en danger. » Le militantisme est héréditaire chez Shova. Il prend sa source dans son enfance, qu'elle se remémore tout de même avec un sourire plein de tendresse. « Mon père est secrétaire du parti communiste népalais-maoïste. Nous subissions les pressions quotidiennes de la police et de l'armée, nous ne pouvions pas rester longtemps au même endroit, raconte-t-elle avec force gestes. Il a même été emprisonné durant trois ans en Inde. » Lorsqu'elle évoque ses enfants, ses yeux s'embuent, et il faut un moment avant qu'elle reprenne la conversation. « Ils se cachent dans une école, avec une fausse identité. Les membres de ma famille ne peuvent même pas leur rendre visite. Car si la police apprenait qui ils sont, ils pourraient être tués... » Et la femme de 38 ans, qui souriait bravement, s'éteint un moment.

Sa famille française

Mais son courage lui vient aussi de sa « famille française, peu importe l'origine de ses membres ». Les sans-papiers sont pour elle une grande famille, qui se bat pour une cause commune, une cause juste. « Ça n'est pas très différent du Népal. Là-bas, je me battais avec les maoïstes contre l'injustice, ici je me bats avec des étrangers pour mes papiers, et aussi ceux des autres ! » Ce qui la fait tenir, Shova, c'est le désir de rentrer un jour au Népal auprès des siens, dans un pays dirigé par son parti, pour lequel elle a tant sacrifié. « Je suis ici en attendant de ne plus être en danger, mais le Népal est mon pays. J'y finirai ma vie. » Et lorsqu'on fait remarquer à cette éternelle optimiste que la situation ne sera pas idéale de sitôt au Népal, une grande lucidité se manifeste : « Si je reçois enfin des papiers en France et que je ne peux pas rentrer, je travaillerai. Que voulez-vous que je fasse d'autre ? » •


Par Comite de Solidarité Franco-Népalais
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Mercredi 14 octobre 2009
Le nouveau numéro du bulletin 'Nouveau Népal' du Comité de Solidarité Franco-Népalais est sorti. Vous pouvez avoir la version PDF en nous écrivant à comitenepal@hotmail.fr ou nous demander un envoi postal pour au moins 5 numéros.

Sommaire :

P1 : Edito
P2 : Situation politique au Népal
P4 : Inde : Renaissance du "phoenix" naxalite et altermondialisme (1ere partie)
P7 : Camarade Rashmi : Mobiliser la jeunesse pour la révolution de nouvelle démocratie
P9 : Résumé d'un rapport du WPRM sur la situation dans l'Armée Populaire de Libération
P10 : La lutte de Shova Gajurel pour ses papiers
P12 : Agression indienne à la frontière Inde-Népal
Par Comite de Solidarité Franco-Népalais
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Vendredi 2 octobre 2009
Nous avons déjà publié des articles concernant notre Camarade sans papiers Shova (voir Libérez notre Camarade Shova Gajurel !  et La fille de CP Gajurel 'Gaurav' arrêtée en France alors qu'elle demande l'asile ). Elle est de retour en France, à Lille, et entend bien lutter pour que son droit à l'asile politique soit respecté par le gouvernement français. Elle est intervenu mercredi 30 septembre lors de la manifestation hebdomadaire des sans papiers en lutte de Lille. Elle a rapidement présenté la situation au Népal, son engagement révolutionnaire et a affirmé son engagement et celui de son parti dans la lutte pour que tous les sans papiers aient satisfaction de leurs revendications.

Le Comité de Solidarité Franco-Népalais est définitivement dans la lutte et soutien Shova Gajurel, les réfugiés politiques et les sans papiers en général dans leur combat.

Nous publierons régulièrement des nouvelles de cette lutte (voir également le site du Comité Libérez Les !).

Voici quelques photos de la Camarade et la lettre qu'elle a rédigé pour expliquer son engagement et la situation politique au Népal :



Lettre ouverte de Shova GAJUREL à :
 Mr Jean Michel BERARD Préfet du Nord-Pas-de-Calais
Mr Bernard KOUCHNER Ministre des Affaires Etrangères et Européennes
Mr Eric BESSON Ministre de l’Immigration de l’Intégration et de l’Identité Nationale

Je m’appelle Shova GAJUREL, je suis Népalaise et membre du Parti communiste du Népal – maoïste [PCN-m].
Je suis arrivée le 1er septembre 2006 en France pour avoir le statut de réfugiée et j’ai effectué ma première demande d’asile. Mais deux ans après, elle a été rejetée et on m’a remis une lettre qui me disait de rentrer au Népal. J’étais donc sans-papiers. La situation dans mon pays ne me permet pas d’y rentrer. C’est pourquoi je n’y suis pas allée et suis restée en France.

Mon frère, qui a fait sa demande d’asile avec moi en France (et qui a également été rejetée), lui, a décidé de rentrer au Népal, ce qui m’a inquiétée. En raison des dangers qu’il courait, il n’y est pas resté longtemps et il réside maintenant en Inde. Depuis, je n’ai pas eu plus de nouvelles.

Quand le CADA (Centre d’accueil pour demandeurs d’asile) n’a plus pu m’héberger, je n’ai plus eu de logement. Je logeais donc chez des amis népalais, changeant régulièrement d’endroit. Je les aidais au quotidien en leur rendant des services (cuisine, garde des enfants,…) et en échange ils m’aidaient financièrement, me nourrissaient et me logeaient.

Le 28 juin 2009, je suis allée en Belgique. Il y avait un grand programme culturel népalais. Après être arrivée là-bas, j’ai aidé mes amis népalais et ils m’ont aidée en retour pour manger et dormir. Ils m’ont donné de l’argent en prévision de mon retour en France.

En juillet, sur la route de retour à Paris, la police m’a arrêtée à la frontière franco-belge. Je suis restée une nuit et un jour en détention, trimbalée de cellule en cellule, avant que la police ne m’emmène au centre de rétention de Lille-Lesquin.

A Lille, je suis allée deux fois au tribunal. Après une réponse négative à ma demande d’asile, le 3 août, la police française m’a remis à la police belge à la frontière. Cela m’a étonnée, ainsi que tous les amis qui me soutiennent, car tout le monde sait, y compris les autorités françaises, que le pays par lequel je suis directement arrivée en Europe est bien la France.

La police belge m’a dit : « Quand les documents de France nous seront transmis, nous te renverrons en France. Si tu n’as pas fait de demande d’asile en France, nous te renverrons directement au Népal. » Ils m’ont arrêtée le 3 août et ne m’ont libérée que le 31 août après m’avoir dit : « Retourne en France ». Les autorités m’ont donné un papier me demandant de quitter le territoire belge sous 6 jours.

Des amis népalais sont venus me chercher au centre de rétention de Bruges. Je suis restée chez eux jusqu’à ce que je revienne en France. Je suis revenue car c’est ici que j’ai fait ma première demande d’asile et que c’est le pays dans lequel je suis arrivée directement du Népal. C’est donc le pays dans lequel je dois avoir mes papiers.

Je vais maintenant expliquer pourquoi je ne peux pas rentrer au Népal.
1)    Durant la période de Guerre Populaire menée par le PCN-maoïste dont je fais partie, la police a établi de fausses accusations de meurtre à l’encontre des militants. Ils peuvent ainsi arrêter qui ils veulent. Pour les dirigeants de mon parti, la plupart de ces accusations ont été levées mais pas pour les militants de base. Aujourd’hui encore, la police profite de ces fausses accusations pour arrêter des maoïstes ou des sympathisants. Je suis moi-même accusée de crimes que je n’ai pas commis. Si il se passe quelque chose près de là où j’habite, ils peuvent m’arrêter.

2)    Il y a plusieurs groupes armés au Népal qui s’en prennent aux maoïstes et les assassinent. Je suis la fille d’un des dirigeants du PCN-maoïste, CP Gajurel « Gaurav », qui a été emprisonné en Inde en 2004. Aujourd’hui encore, lui-même est menacé, ainsi que sa famille, surtout si nous prenons part aux activités du PCN-maoïste. Puisque mon père est un dirigeant du Parti, il bénéficie de la protection de gardes du corps mis à disposition par le Parti. Comme je ne suis qu’une militante de base, le Parti ne peut pas mettre à ma disposition des gardes du corps. Je suis donc exposée à la violence de nombreux groupes et individus armés qui s’en prennent aux maoïstes. D’ailleurs, des membres du PCN-maoïste sont régulièrement assassinés, même depuis l’entrée de notre parti dans le processus de paix.

3)    Après que je sois arrivée en France, et même après que notre parti soit entré dans le processus de paix, mon mari a été arrêté et torturé en 2006. Cela prouve que même ma famille proche est directement menacée. Je me pose la question de savoir ce qui me serait arrivé si j’étais restée avec lui au Népal.

4)    En raison des menaces pesant sur moi, j’ai dû placer mes enfants en pension dans une école dont le directeur est membre du Parti. Il n’y a que lui qui sait de qui sont ces enfants. Personne d’autre ne le sait. C’est ce qui assure leur sécurité.

5)    Au Népal, il y a un processus de paix et le PCN-maoïste est arrivé en tête des élections de l’Assemblée Constituante d’avril 2008 avec 40% des votes. Mais après environ huit mois à la tête du gouvernement, le PCN-maoïste a été obligé de démissionner car l’Armée Népalaise mettait en péril la suprématie civile en ne respectant pas les directives gouvernementales. De plus, il reste huit mois pour écrire la constitution mais le Congrès Népalais et le PCN-UML disent qu’il sera impossible de l’écrire à temps. Elle est pourtant nécessaire pour que de nouvelles élections aient lieu. Le Congrès Népalais et le PCN-UML posent également beaucoup d’obstacles à la fusion des deux armées (Armée Népalaise et Armée Populaire de Libération). Pourtant, écrire une nouvelle constitution, tenir de nouvelles élections et fusionner les deux armées est essentielles pour que le processus de paix puisse être mené à sa conclusion logique. Tant qu’il ne le sera pas, notre sécurité ne pourra être garantie. Il faut également ajouter que le gouvernement actuel est très instable. Le premier ministre à l’heure actuelle n’a pas été élu dans ses circonscriptions – il a perdu dans les deux. Le premier ministre actuel, Madhav Kumar Nepal, n’a pu devenir premier ministre que grâce au soutien de l’Inde et des Etats-Unis. Pourtant le Népal est devenu une République : il n’est pas légitime qu’une personne non élue à l’Assemblée Constituante devienne premier ministre. Cela nous amène à nous poser la question : peut être qu’un haut officier de l’armée, soutenu par l’Inde et/ou les Etats-Unis, peut devenir premier ministre par le biais d’un coup d’Etat ?

6)    L’Armée Népalaise se renforce, politiquement et militairement. Politiquement car en refusant d’obéir aux directives du gouvernement lorsqu’il était dirigé par le PCN-maoïste, l’Armée Népalaise a pris une certaine autonomie politique. Militairement car l’Armée Népalaise relance les recrutements pour augmenter ses effectifs et que le gouvernement népalais et le gouvernement indien ont entamé des discussions pour importer des armes. Tout cela est particulièrement inquiétant pour la continuation du processus de paix.

Tout cela montre que la situation est encore très instable au Népal, que la guerre pourrait reprendre et que ma vie est toujours en danger là-bas.

Si je suis revenu ici, dans le Nord de la France, à Lille, c’est parce que dans cette ville, les autorités, le Préfet connaissent mon dossier, que cela doit leur permettre de donner une réponse rapide et favorable à ma demande de régularisation.

Oui je l’affirme : au regard de mon engagement politique au Népal, au regard de la situation politique actuelle au Népal, mon expulsion vers ce Pays représente un risque réel pour mon intégrité physique et morale, ma vie. Oui je le répète je suis en danger de mort.

Si aujourd’hui je suis revenue à Lille, c’est parce que des gens, des militants, des organisations, ont compris mes difficultés et se sont portés solidaires. Je remercie encore tous ceux et celles qui se sont manifestés en solidarité, ici, dans la région où je suis maintenant, les amis belges qui m’ont aidée et tous ceux et celles qui en France et ailleurs, partout dans le monde, me soutiennent et sont solidaires.

Je demande à toutes et tous de continuer à le faire.           Shova GAJUREL le 30 septembre 2009


Par Comite de Solidarité Franco-Népalais
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Jeudi 30 juillet 2009
Aux dernières nouvelles, sa demande d'asile a une nouvelle fois été rejetée. Elle risque de se faire expulser très rapidement ! Pour plus d'infos, lire le communiqué ci-dessous.

The latest news say that the asile has been refused to our comrade. She risks to be expeled from France very quickly ! For more informations, read the communiqué below.


Des papiers pour notre Camarade Shova Gajurel !


Une camarade membre du Parti Communiste du Népal – maoïste s’est faite arrêter près de Valenciennes, à la frontière entre la France et la Belgique. Elle rendait visite à des amis. Etant sans-papiers, elle a été emprisonnée au Centre de Rétention Administratif Lesquin, à Lille, la semaine dernière.

Après un premier refus, elle a relancé la procédure pour obtenir l’asile politique mais à l’heure où le nombre de reconduites à la frontière (25.000) est fixé comme objectif gouvernemental, il y a fort à craindre que sa demande soit rejetée. Il est sûr qu’elle restera au CRA de Lesquin au moins jusqu’au lundi 3 août. Il se peut également que la préfecture décide de prolonger sa peine de deux semaines.

Le cas de notre camarade n’est pas isolé. Il fait partie d’une logique globale de contrôle des flux de population de plus en plus renforcée. Les frontières sont ouvertes aux flux de capitaux et aux délocalisations d’usines et entreprises. En revanche, en ce qui concerne la libre circulation des travailleurs, les frontières restent closes.

Alors que les classes bourgeoises des pays impérialistes se développent et s’engraissent en exploitant les pays opprimés (grâce au système des colonies, semi-colonies, FrançAfrique, zones d’influences, ou plus récemment grâce aux Zones Economiques Spéciales), la population de ses derniers, en plus d’être étranglée par l’impérialisme, ne peut pas espérer
trouver refuge dans les pays occidentaux. Dans la plupart des cas, il s’agit pourtant de personnes qui fuient la misère, les conflits, les menaces qu’elles subissent dans leur pays.

Dans le cas de la camarade, elle fuit les menaces proférées à l’encontre d’elle et de sa famille, au Népal. Son mari a été emprisonné durant la Guerre Populaire menée par le PCN-maoïste depuis 1996. De même, son père, le camarade Gaurav, responsable des relations internationales du Parti, a été emprisonné pendant 3 ans en Inde durant le conflit révolutionnaire. Elle a été obligée de cacher ses enfants et de quitter son pays dans l’espoir de pouvoir les rejoindre dès qu’elle pourra mener une existence sans menaces dans son pays.

Même si la répression n’a plus la même intensité depuis les accords de paix de 2006 entre l’Alliance des Sept Partis et le PCN-maoïste, elle est toujours présente. La situation se dégrade même rapidement depuis peu. Après la démission du premier ministre Prachanda, également président du PCN-maoïste, et de tous les ministres maoïstes du gouvernement, la
situation s’est tendue au Népal. L’armée prend une place de plus en plus grande dans la vie politique du pays et il est possible que la situation aboutisse de nouveau à une guerre civile. Il est à noter que depuis 1996 jusqu’à aujourd’hui, les militants ou sympathisants maoïstes ont été les cibles d’assassinats politiques fréquents (au moins 7000), d’enlèvements, de tortures, de viols, de « disparitions » et autres manifestations de la répression.

Notre camarade a le droit de résider en France, elle doit avoir ses papiers de séjour !

Des papiers pour notre camarade Shova Gajurel !

Des papiers pour toutes et tous !

A bas les frontières de l’impérialisme ! Vive la liberté des peuples !



Faites circuler largement ce communiqué et envoyez vos messages ou des propositions de soutien au :

Comité de Solidarité Franco-Népalais
comitenepal@hotmail.fr
http://nouveaunepal.over-blog.com

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Papers for our Comrade Shova Gajurel !


A comrade, member of the Communist Party of Nepal – Maoist, has been arrested near Valenciennes, at the France-Belgium border. She was going to visit friends of hers. Being without paper, she has been jailed at the Lesquin Administrative Retention Centre [jail for foreigners] in Lille, last week.

After being rejected a first time, she has renewed the process for her political asylum but at the time when the number of expulsions from France (25.000) is fixed as a governmental goal, one can expect the worst from the answer. It is sure that she will stay in the Lesquin's ARC until monday, august, 3rd. It is also possible that the prefecture [state representative]
decides to keep her two more weeks.

The case of our comrade is not isolated. It is a part of a global logic to control people's migration that is more and more reinforced. Borders are opened to the free circulation of capital and to the plants and factories relocations. However, when it concerns the freedom of movement for workers, borders are closed.

While the bourgeois class of imperialist countries is developing and 'fattening up' upon oppressed countries' exploitation (through the colonies, semi-colonies, FrançAfrica, spheres of influence, or more recently through the Special Economic
Zones), people of these oppressed countries, in addition of being oppressed by imperialism, cannot take shelter in western countries. In most cases, people are fleeing from poverty, conflicts and threats they suffer from in their country.

In the case of the comrade, she is fleeing from the threats that herself and her family undergo in Nepal. Her husband has been jailed during the People's War led by the Communist Party of Nepal – Maoist since 1996. Likewise, her father, comrade Gaurav, in charge of the international department of the party, has been jailed for 3 years in India during the revolutionary struggle. She has been obliged to hide her children and to leave her country hoping to join them as soon as
she can live a threatless life in her country.

Even if the Nepalese repression has decreased since the peace agreement of 2006 between the Seven Party Alliance and the CPN-Maoist, it still remains today. The situation has been deteriorating quickly recently. After resignation of the prime minister Prachanda, also chairman of the CPN-Maoist, and of all the maoist ministers from the government, situation has become tense in Nepal. Army is taking a bigger place in political life of the country and it is possible that the situation
ends up again with a civil war. It is important to note that since 1996 till now, the maoist activists or supporters have been the targets of frequent political murders (at least 7.000), kidnappings, tortures, rapes, 'missings' and other forms of repression.

Our comrade has the right to live in France, she must get her papers to stay !

Papers for our comrade Shova Gajurel !

Papers for all !

Down with the borders of imperialism ! Long live people's freedom !


Send largely this communiqué and send your messages or propositions of support to :

Fance-Nepal
Solidarity Committee
comitenepal@hotmail.fr
http://nouveaunepal.over-blog.com
Par Comite de Solidarité Franco-Népalais
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Mardi 24 février 2009

Si vous êtes intéressé pour organiser une conférence, débat, discussion sur la révolution népalaise, contactez le Comité de Solidarité Franco-Népalais : comitenepal@hotmail.fr

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UNIVERSITE POPULAIRE DE NANTES


Compte-rendu du témoignage sur la Révolution au Népal - Mercredi 11 février



Qu'est-ce qu'une Université populaire?

L'Université Populaire de Nantes devrait avoir pour ambition d'ouvrir la fac aux couches les plus exploitées de la société et d'expérimenter de nouvelles pratiques égalitaire d’éducation, afin d'élargir et de renforcer la lutte et démontrer notre capacité à changer la société. La place de l’Université Populaire dans notre lutte doit viser dés aujourd’hui à remettre en cause les « vieux engrenages »... C'est à dire que dans la pratique nous devons contester les rapports sociaux de domination, la séparation entre travail manuel et travail intellectuel, la culture de l’expert (le cloisonnement des disciplines). Nous devons contester le culte de la compétition (du bachotage idiot pour obtenir des notes) et la consommation passive d'un savoir élaboré pour les besoins de domination de la bourgeoisie, qui exclue la plus grande partie du peuple.

L'intervenant

Mercredi, nous avons donc reçu un représentant du Comité de Solidarité Franco-Népalais (http://nouveaunepal.over-blog.com/) qui est venu témoigner du processus révolutionnaire en cours là-bas. Il est parti six mois dans le cadre de son travail, une première fois en 2005. A l'origine plutôt communiste libertaire, c'est sur place qu'il a découvert l'importance de cette révolution sociale concernant 26 millions de népalais. Il y est retourné en septembre 2006 encore six mois, puis en avril 2008 en tant qu'observateur international, lors des élections législatives qui élisaient la nouvelle Constituante.

Le camarade du Comité Népal a pu nous faire partager son expérience concrète auprès des paysans, des ouvriers, des soldats de l'Armée Populaire de Libération, des jeunes, des femmes, organisés ou non dans le Parti Communiste du Népal (maoïste). Plus qu'un réel débat, un échange entre l'intervenant et une quinzaine de personnes a permis de répondre aux interrogations. En effet, le niveau d'information sur la Révolution népalaise est quasi-nul en France, même chez les plus militants. Le style de travail était vraiment fraternel et le camarade du Comité a répondu humblement aux questions.

L'auditoire

L'auditoire était presque composé exclusivement d'étudiants, à quelque exception près. C'est le point négatif à noter, mais qui était néanmoins prévisible.

Nous devons continué nos efforts pour ouvrir la fac vers l'extérieur, et prolétariser l'assistance. La commission Université Populaire doit se réunir à nouveau et trouver des sujets intéressants et des horaires qui permettent à ceux qui travaillent de pouvoir venir et qu'elle se donne les moyens pour populariser le programme de l'UP par un affichage et un tractage dans les lieux appropriés, particulièrement dans les boîtes, les écoles, le CHU... qui sont touchés par des luttes.

Mais globalement, le débat a été un succès. Après enquête, les camarades présents ont manifesté un intérêt réel et ils ont eu le sentiment d'avoir appris des informations importantes sur le Népal et sur leur propre lutte.

Introduction

Une exposition dans le hall de l'Université populaire présentait sommairement la « Révolution inconnue ». Le camarade a simplement entamé le débat par une brève introduction sur la situation économique et politique du Népal puis a fait une rapide présentation chronologique du processus révolutionnaire conduit par le PCN (m):

1996 Début de la Guerre Populaire

Il a d'abord raconté les 10 ans de Guerre Populaire déclenchée dans les campagnes, qui a permis la création de zones débarrassées de l'Etat royal, dans lesquelles un Gouvernement Populaire a remplacé les anciennes institutions. Il a raconté le travail d'éducation qui a été entrepris lors de la GP dans ces bases rouges pour armer le peuple idéologiquement et lui montrer qu'il est capable de capturer lui-même les terres des propriétaires terriens, d'attaquer lui-même les postes de police pour s'armer de fusils, de brûler les reconnaissances de dette qui étranglent le peuple et de commencer la réforme agraire. Cinq ans plus tard, le PCN-m déclarait contrôler 80% du territoire (l’énorme majorité des campagnes à l’exception des villes et des axes routiers).


2001 La guerre civile s'intensifie

L’année 2001 est un tournant décisif du conflit. Le 1er juin, la famille royale est massacrée. Gyanendra, le dernier roi, arrive alors au pouvoir quelques jours plus tard. Les évènements du 11 septembre aboutiront à la désignation de tout sympathisant ou toute activité en lien avec le mouvement maoïste comme terroriste. Dans une suite logique, l’État d’Urgence est déclaré en Novembre et met fin aux libertés élémentaires (presse, réunion, déplacement,…). Le conflit prend alors une tournure violente et internationale. Six mois après le début de l’État d’Urgence, le nombre de morts passe de 1800 (Octobre 2001) à 4800 (Avril 2002). À cette même période, le gouvernement reçoit alors des armes et des formations militaires (représentant 22 millions de dollars) des États-Unis, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Le Royaume Uni, l’Inde, la Chine, la Belgique et la Russie suivront. À partir de ce moment, les maoïstes démontreront qu’ils sont une véritable force militaro-politique menant des actions jusque dans la vallée de Katmandou et prenant le dessus dans nombre de batailles. 

 

2005 Vers la fin de la monarchie hindouiste

Le 1er février 2005, les partis membres du parlement se sont unis contre le roi, formant l’Alliance des Sept Partis (ASP). Réalisant que seule l’unité avec leurs anciens ennemis pourrait renverser la monarchie, l'ASP et le PCN-m signèrent l’accord historique de 12 points du 22 novembre 2005. Cette alliance devait aboutir au Mouvement Populaire en avril 2006 face auquel le PCN adapte sa stratégie en concentrant ses efforts sur la capitale et dans la classe ouvrière. Le Mouvement Populaire se développe dans de grandes grèves insurrectionnelles qui finissent par chasser le roi Gyanendra du pouvoir et à réinstaurer le parlement suspendu.

 

2008 Victoire écrasante aux élections

Une constitution, ainsi qu’un parlement et un gouvernement intérimaire incluant le PCN(m) ont  été mis en place et des élections pour une Assemblée Constituante se sont déroulé en avril 2008 qui a donné une large majorité aux maoïstes. Après maintes manœuvres, finalement un accord a pu être conclu, qui a abouti à la formation d'un gouvernement de coalition chapeauté par le premier ministre maoïste Prachanda.  Mais ce premier pas n’a pas réglé tous les problèmes, il n’a fait que les poser. La coalition gouvernementale entre le PCN(m), l’UML (Union marxiste-léniniste), qu'on peut qualifier de réformiste et un parti indépendantiste (le parti madhési), pose le problème des contradictions inhérentes à toute alliance. Cette alliance ne s’est pas soudée dans la lutte commune, mais elle est née d’un compromis pour la naissance d’un Népal démocratique, qui pour le PCN n'est que le premier pas vers la république populaire alors que pour les autres partis, il s'agit strictement d'une modernisation de l’économie du pays.

 

Futur rouge?

Le PCN(m) est donc aujourd'hui à la croisée des chemins. Il doit faire face à une situation délicate car il doit continuer à transformer la société (semi-coloniale, semi-féodale) sous peine de perdre le crédit que le peuple lui accorde pour diriger la première révolution du XXIe siècle. Mais il doit affronter de nombreuses résistances intérieures de la part des féodaux, représentés jusque dans le gouvernement et des menaces extérieures (la Chine et surtout l'Inde qui capture des terres cultivables, qui finance et arme des groupes sécessionnistes et affirme qu'elle fera échouer les maoïstes s'ils entreprennent de profondes transformations sociales. ).


La lutte de lignes sur la stratégie à adopter pour les années à venir (République populaire tout de suite ou période de consolidation de la République de Nouvelle Démocratie au préalable) est l'objet d'intenses débats à l'intérieur du parti et dans l'ensemble de la société. Le congrès du PCN(m) devra trancher en juin 2009 sur la voie que la Révolution doit se frayer pour se réaliser réellement.

Une seule certitude a témoigné le camarade du Comité Népal, c'est que les transformations déjà réalisées ont libéré un énorme enthousiasme parmi les masses et qu'il sera difficile de faire accepter le moindre retour en arrière. Il a ajouté par exemple qu'il concevait mal que les femmes sur lesquelles le PCN(m) a énormément misé du fait de leur triple oppression (patriarcat, système de castes/classes, impérialisme) se laissent frustrer par des compromis trop importants.  
 

 Voici le compte-rendu du questions-réponses que nous avons eu :

 

Avec quel armement et quel financement le PCN(m) a-t-il initié la Guerre Populaire?

L'APL n'a bénéficié d'aucun soutien d'une puissance étrangère. Elle a acheté peu d'arme. L'essentiel de l'armement a été pris lors d'attaque de postes de police ou de casernes de l'Armée Royale Népalaise. Le financement provient d'attaques de banque et de la production issue des différentes organisations liées au PCN(m).

 

Quelles sont les relations que les maoïstes népalais entretiennent avec le Parti  Communiste  Chinois? Comment le PCN(m) analyse-t-il la Chine communiste?

Pour le PCN(m) grosso modo, la Chine a perdu son caractère socialiste lorsque Mao Tse Toung a passé l'arme à gauche. La restauration du capitalisme est bien sûr bien plus complexe: c'est la développement d'une nouvelle bourgeoisie dans le PCC et dans l'Etat qui a réussi à reprendre le pouvoir au prolétariat chinois. La Grande Révolution Culturelle Prolétarienne a précisèment été un intense moment de lutte idéologique et armée qui a opposé le prolétariat à une nouvelle bourgeoisie qui a corrompu ou accédé elle-même au quartier général de la classe ouvrière. Le PCN(m) pense comme Mao que la lutte de classe se poursuit sous le socialisme et que le pouvoir ouvrier n'est jamais acquis dans la période de transition au communisme tant que des inégalités subsistent entre travailleurs manuels et intellectuels, entre hommes et femmes, entre professeurs et élèves, entre membres du Parti et non-membres, entre (social-)impérialismes et pays dominés etc.

Pour le PCN(m), la Chine d'aujourd'hui est devenue un pays capitaliste et une puissance économique régionale importante qu'il est impossible d'ignorer. Le Népal ne peut pas survivre en se coupant de l'extérieur. Mais le Népal se méfie de ses deux voisins expansionistes qui cherchent à le faire tomber dans leur zone d'influence. La politique du gouvernement vis à vis de l'Inde et la Chine est celle de l'Equidistance, afin de profiter de sa position intermédiaire pour développer sa propre économie et afin de garder sa souveraineté en maintenant une concurrence entre les grandes puissances émergentes.


La Guerre Populaire des maoïstes s'apparente-t-elle à la technique de guerilla guevariste du foquisme (création de foyer de guerilla)?

Non pas vraiment. La Guerre Populaire Prolongée expérimentée lors de la Longue Marche et théorisée par Mao, consiste en la création de bases rouges. Ces zones éloignées du pouvoir central sont investies par l'Armée Populaire de Libération pour faire de l'agitation auprès des paysans. Un travail d'éducation populaire auprès des masses paysannes est organisé sous forme de chansons, de théâtres, de marionnettes... pour montrer au peuple qu'il peut prendre leur destin en main et commencer à transformer les rapports sociaux. L'APL est au service du peuple: elle brûle les dettes dans les banques, elle attaque des postes de police, donne des armes aux sans-terres pour qu'ils capturent des terres prises aux grands propriétaires féodaux, elle travaille la terre avec les paysans.

Selon le principe maoïste, « la politique guide le fusil », la politique est prioritaire et la violence est secondaire. Les maoïstes commencent donc par construire une école dans chaque base rouge. Sur le plan militaire, l'APL emploie la tactique de guerrilla de harcèlement de l'Etat central, en frappant et en se déplaçant rapidement pendant la phase de guerre défensive, pour vider petit à petit l'autorité de l'Etat et le remplacer par un Gouvernement Populaire qui accroît son hégémonie. Chaque action militaire est justifiée politiquement.

Quelle démocratie, quel fonctionnement interne au Parti?

C'est le centralisme démocratique. Démocratique, car dans chaque ville ou canton, une cellule du parti se réunit et débat de la ligne stratégique sur les questions politico-militaires. Ils envoient des délégués dans les districts, qui élisent leurs délégués pour participer au Congrés du Parti. C'est au Congrès que la ligne politique est tranchée. Le Comité Central élu est chargé de mettre en oeuvre la tactique. « Centraliste » car les décisions unitaires adoptées par la majorité sont appliquées par l'ensemble du Parti.

Mais le parti n'est pas monolithique, « la lutte entre les deux lignes » est une réalité objective que le Parti reconnaît et stimule. La pratique unitaire permet de faire des bilans de l'activité passée et le Parti est à même de critiquer les orientations et de proposer une correction de la ligne. La minorité a donc des droits dans le Parti et participe jusqu'aux plus hautes instance à la mise en oeuvre de la ligne majoritaire.

Quelle représentation politique démocratique?

La lutte qu'a mené le PCN(maoïste) pour le droit à la représentation de chaque groupe minoritaire (ethnique, culturel, religieux, de genre, de classe, de castes, etc.) a abouti à une Assemblée Constituante la plus représentative jamais élue au Népal. Ainsi, 40% des élu(e)s sont des femmes et 20% des Dalits (ou 'intouchables', caste inférieure considérée comme des sous-hommes par les hindouistes). En France, 'notre' parlement est bien moins représentatif que celui du Népal...

Quelle est la ligne politique du PCN(m) dans un gouvernement de coalition?

La ligne est en débat actuellement dans le parti pour savoir s'il faut consolider la République démocratique fédérale (bourgeoise) pour avancer à la prochaine étape, ou s'il faut tout de suite passer à la République populaire (prolétarienne). Le congré de juin du PCN(m) tranchera ce point. Le problème est qu'aujourd'hui les avancées sociales sont assez limitées ou progressent très lentement du fait de la nature mixte du gouvernement. Gaurav qui représente l'aile gauche du PCN(m) a déclaré récemment que les maoïstes devraient renverser le gouvernement si aucune avancée significative ne se réalise pour le peuple. Prachanda, le président du Parti, a annoncé que la période de transition prendrait un jour fin et qu'il fallait se préparer à passer à l'étape supérieure.

Quel soutien bénéficie les maoïstes au niveau international, ont-ils un appui des Etats latino-américains de gauche? Les maoïstes népalais ont-ils des contacts avec les maoïstes-naxalites indiens?

Aucun Etat au monde ne soutient le PCN(m). Ils reçoivent un soutien de la part de certains maoïstes

dans le monde (les naxalites d'Inde, le regroupement des Organisations maoïstes du Sud-est asiatique...). Leur révolution reste très isolée. Les maos népalais qui considèrent leur révolution comme faisant partie de la Révolution mondiale, veulent la faire connaître, diffuser l'enthousiasme révolutionnaire afin de briser son isolement.

Qui dirige l'Armée Populaire de Libération? Peut-on craindre un putch militaire? Une dérive militariste et autoritaire de l'Etat?

L'APL dépend directement de la ligne politique du PCN(m). Aujourd'hui, les accords de paix a contraint les soldats et l'armement de l'APL à rester cantonnés dans des casernes sous la surveillance de l'ONU, comme pour l'Armée Nationale du Népal. La lutte des maoïstes a provisoirement abandonné le terrain militaire pour le travail légal, plus pacifique: le PCN(m) s'appuie sur les mesures progressistes du gouvernement (ex: réforme agraire) et sur l'agitation du peuple dans la rue. Le parti a récemment réaffirmé la primauté du mouvement de la rue sur l'action gouvernementale pour transformer la société. Malgré tout, l'APL reste mobilisable à tout moment, lorsque la situation l'exigera.

La nature de l'APL est radicalement différente d'une armée conventionnelle. Comme il est expliqué plus haut, les méthodes de l'APL privilégient la persuasion plutôt que la contrainte, l'éducation plutôt que la violence.  Les soldats participent aux travaux pour améliorer les conditions de vie du peuple. Les privilèges sont réduits au minimum entre soldats et officiers (même solde, même nourriture). La hiérarchie est considérablement simplifiée. L'armée royale a subi de nombreuse désertion de soldats mal-traités par leur officier. La forte participation des femmes à l'APL a été une des priorités du PCN(m) et constitue une garantie relative contre une déviation militariste.


Comment le PCN(m) se comporte vis à vis de l'opposition?

Le PCN(m) a rompu avec les conceptions monolithiques des pays socialistes. Pendant la période de transition (Nouvelle démocratie) ils reconnaissent le rôle du multipartisme comme l'expression des différentes couches sociales, alliées du Prolétariat à un moment donné de la lutte de classe. Par exemple, la chute de la monarchie n'a été possible que grâce à une alliance avec la petite bourgeoisie et les paysans moyens, sous la direction prolétarienne du PCN(m). Le PCN(m) s'est rendu compte tout au long de sa pratique que la persuasion était plus efficace que l'autoritarisme. Un exemple, les femmes plutôt hostiles à l'alcoolisme de leur mari, se sont opposées malgré tout, lorsque des militants du PCN(m) ont brisé les jarres qui avaient servi à en fabriquer. Les maoïstes ont compris qu'on arrivait à rien par la contrainte.

Par contre, la lutte se poursuit contre les ennemis du prolétariat. Le but est de faire disparaître les couches exploiteuses petit à petit, en premier lieu par un travail idéologique en démontrant les avantages que représentent une société communiste pour tous. Le nombre de publication a d'ailleurs fortement augmenté depuis peu. En dernier recours la violence est appliquée à ceux qui utilisent la violence réactionnaire contre le peuple: ceux qui s'opposent à la récupération de la terre des grands propriétaires par exemple. Il faut savoir que les maoïstes ont payé plus que tous les autres partis au Népal un nombre important de martyrs.

Les maoïstes ont ils opté pour un développement économique basé prioritairement sur le développement des forces productives ou sur une répartition des richesses?

La priorité est donnée à la répartition dans l'agriculture et au développement d'une industrie légère locale au service du peuple. Dans l'agriculture, le partage des terres, s'accompagne d'une coopération simple au premier niveau. La mise en commun des terres est le deuxième niveau. Et enfin des communes populaires ont vu le jour où est mis en pratique le principe « à chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ». Des coopératives de distribution sont en voie de développement dans les régions les plus reculées pour permettre aux plus pauvres de se nourrir dignement. La structure fédérale est censée faciliter la pénétration de l'économie dans les campagnes pour réduire les inégalités avec les villes.

Au niveau de l'industrie, c'est un capitalisme controlé par l'Etat qui est mis en place pour développer un capitalisme national, afin de sortir du sous-développement. Le bloc socialiste n'existant plus, le Népal est malheureusement obligé de faire appel à des investisseurs étrangers pour développer le pays. Le gouvernement met son veto si les entreprises étrangères proposent des contrats pas assez avantageux pour le peuple. C'est très difficile d'obtenir de bons services pas chers, mais la crise actuelle oblige les capitalistes à accepter des conditions relativement « bonnes » selon les règles capitalistes, s'ils souhaitent accéder au marché. Le but est d'enrayer la fuite des emmigrants qui partent se faire exploiter dans les pays du Golfe, en améliorant les conditions de vie au Népal par la construction d'école dans chaque village et d' hôpitaux de proximité. Au mois de janvier, le PCN(m) a mené sur le front syndical une grande grève chez les ouvriers du corridor industriel Morang-Sunsari pour faire appliquer le salaire minimum.

Quelle politique vis à vis du tourisme?

Liberté de circulation avec un visa renouvelable chaque mois(30€).

Faut-il appartenir au parti pour avoir le droit de décider?

Les népalais participent à toutes les structures du Gouvernement populaire (village, canton, district, assemblée constituante). Ils ont le droit de décider indépendamment de leur appartenance politique.

Le multipartisme est la règle.

Les masses sont-elles enthousiastes?

L'adhésion au PCN(m) est très forte. Les népalais ouvriers, paysans veulent aller plus loin dans les transformations sociales et pensent que le PCN(m) est leur meilleur outil pour aller de l'avant. Les népalais membres ou non du parti, participent bénévolement à des travaux d'intérêt publique (pont, route...). Le camarade nous disait son étonnement d'apprendre que des villageois étaient prêts à faire deux jours de marche pour aller construire un « Hôpital modèle ».

Il a été frappé aussi de croiser le regard des femmes dans les zones rouges, fières, sûres d'elle devant un homme étranger, alors qu'à Katmandou la capitale, les femmes ont l'air abattue, effacée, fuyant du regard...

Quelle progrès pour les femmes?

De réelles progrès pour l'égalité Homme-femme ont eu lieu depuis le début de la Guerre Populaire. Cela a été possible grâce au combat des femmes dans le PCN(m), notamment la camarade Parvati, pour ouvrir les postes de direction de l'APL et du PCN(m) aux femmes. Des femmes qui commandent aux hommes dans un pays qui sort du féodalisme: ça c'est réellement révolutionnaire. La campagne nationale d'alphabétisation prévue sur deux ans, touchera bien entendu aussi les femmes. Avant le Gouvernement populaire, les femmes étaient écartées de l'instruction. Seule une minorité d'origine bourgeoise avait accès à la scolarité.


Un programme du planning familial est également amené à renforcer le rôle des femmes dans la société. Elles pourront décider du nombre d'enfants qu'elles désirent grâce à la contraception et mettre leurs enfants dans des crêches. Le but est de sortir de la sphère familial pour s'occupper de toutes les tâches (du pouvoir réel) jusque là réservées aux hommes. La libération de la femme est une condition essentielle du développement de la Révolution, c'est aussi la meilleure des garanties contre un retour en arrière à l'ordre ancien. En effet, quelle femme accepterait de revivre dans les conditions du féodalisme?

La figure de père de l'ex-Roi est-elle remplacée par un culte de la personnalité de Prachanda?

Le roi n'a pas été exécuté, peut-être sera-t-il jugé un jour pour les crimes commis. Il est autorisé à rester au Népal. Ses propriétés ont été nationalisées.

Le premier ministre Prachanda est l'objet d'un culte léger de la personnalité (on est très loin des  pratiques pour une fois, bien connues des pays socialistes). C'est une erreur à corriger mais il faut aussi remettre ce culte dans le contexte du Népal: les masses très largement illettrées mettent dans le portrait d'un dirigeant, le programme politique qu'il représente, les idées qui les enthousiasment qu'elles ne peuvent lire...

La liberté d'expression est-elle respectée? Comment sont financés les médias au Népal?

Ils existent comme en France des médias appartenant à des groupes privées qui ont la liberté de dire de grosses conneries sans jamais être inquiétés. Tous ces médias privés appartiennent à la bourgeoisie qui ne cachent pas ses opinions anti-maoïstes et n'hésitent pas à mentir de façon éhontée. Il existe aussi des medias publiques qui affichent une relative « neutralité ».

Comment ça se fait que l'on sait rien en France sur ce qui s'est passé au Népal?

Tout d'abord, il n'y a pas lieu de s'étonner du black out médiatique de la part des médias détenus par la grande bourgeoisie, c'est plutôt logique. De plus, l'impérialisme français n'est pas inquiété directement pour ses intérêts particuliers.


Par contre, c'est vrai qu'il y a eu très peu de journaux militants qui ont parlé du Népal. Très peu ont salué la victoire du PCN(m) aux élections. Pourquoi? Ce n'est pas faute de leur avoir proposé des articles. Alternative Libertaire, Rouge... ont refusé. Ces organisations trotskystes ou anarchistes ont une idée préconçue du maoïsme et elles ne veulent simplement pas voir les avancées révolutionnaires au Népal parce qu'un parti maoïste est à l'avant-garde de cette révolution. La réalité concrète de la révolution népalaise choque leur conception du monde: ils ne peuvent tout simplement pas croire qu'il s'agit d'une révolution. C'est difficile de parler d'un phénomène qu'on est incapable d'expliquer. La facilité consiste à ignorer l'événement, qui concerne pourtant 26 millions de népalais. Le plus outrageant est cette absence d'informations d'une gauche qui se dit révolutionnaire. Les critiques, même peu constructives, ont au moins l'intérêt de soulever le problème et d'en faire connaître les tenants et aboutissants (même si l'info est biaisée).

Comment faites-vous pour assumer d'être maoïste quand il existe autant de préjugés à l'égard du maoïsme?

C'est vrai qu'il y a beaucoup de préjugés sur le maoïsme, mais nous assumons. Le travail de conviction est permanent pour combattre les idées fausses chez les gens. La lutte de classe n'a pas besoin d'un parti pour exister, mais par contre un parti regroupant tous les opprimés, dirigé par la classe ouvrière « seule classe révolutionnaire jusqu'au bout » est nécessaire pour vaincre définitivement la bourgeoisie. Où en serait la Révolution au Népal, dans un pays aussi « arriéré », s'il avait fallu attendre l'auto-organisation spontanée des masses? Flatter la spontanéité des masses est insuffisant, cela revient à accepter l'horizon indépassable du réformisme radical, de lutte pour la lutte.

La Commune, la Révolution d'Octobre, la Révolution Culturelle etc: ce sont autant de moments historiques qui ont apporté des réponses, de façon pratique puis théorique, à la classe ouvrière dans son combat pour l'émancipation. Et Mao a apporté lui aussi sa contribution au mouvement communiste international dans le domaine militaire, philosophique, politique...

Mais qu'est-ce que le maoïsme?

Voici ce qu'on entend par être maoïste:

1. La lutte des classes se poursuit sous le socialisme qui n'est qu'une transition extrêmement instable vers le communisme. Et dans ce cadre, c'est "reculer que d'être stationnaire".

2. Dans l'ex URSS, la classe ouvrière avait très tôt perdu le pouvoir (dans les années 30), et la société s'était transformée en Capitalisme d'Etat, ce qui justifiait une nouvelle révolution. Cela, les communistes chinois ont tenté de le comprendre et de l'empêcher avec la "Révolution Culturelle".

3. Les réformistes organisés (PS, PC, etc.) sont les représentants de la gestion capitaliste dans le mouvement ouvrier. Pour vaincre, il nous faudra les affronter et les battre, leur ralliement est impossible. Cela nous sépare irrémédiablement des courants trotskistes qui considèrent qu'ils "font partie du mouvement ouvrier", que ce sont des "amis qui se trompent".

4. Ce sont les masses qui font l'histoire, et personne ne la fera à leur place. D'où notre attention pour ses aspirations, ses contradictions, mais aussi ses erreurs et ses limites. C'est ce que nous appelons "la ligne de masse".

5. Pour autant, il n'y aura pas de révolutions sans parti d'avant-garde, parti communiste, pour indiquer la voie à suivre, car le bouleversement de fond en comble de la société ne peut pas apparaître tout seul, spontanément, à partir des règles économiques, idéologiques, politiques et sociales issues du capitalisme.
Cela nous distingue de tous les courants spontanéistes qui ne jurent que par le mouvement de masse…

6. Parmi les masses, la classe ouvrière est la "seule classe révolutionnaire jusqu'au bout".

7. "Sauf le pouvoir, tout est illusion" : à la différence des anarchistes ou des alternatifs, nous affirmons qu'il n'y aura jamais de société populaire sans prise du pouvoir d'Etat, pour diriger le difficile chemin de la transition au communisme.

Contacts pour rester informé ou s'organiser:

UNIVERSITE POPULAIRE DE NANTES : univpopulairenantes.cyberspider.info/

INTERVENANTS:

Comité solidarité Népal: nouveaunepal.over-blog.com/

Mouvement Révolutionnaire de la Jeunesse: mvt_rev@yahoo.fr

Partisan: contact@vp-partisan.org

 

Par Comite de Solidarité Franco-Népalais
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Mardi 3 février 2009
Le bulletin du Comité de Solidarité Franco-Népalais, Nouveau Népal, n°4 est disponible à cette adresse : http://nouveaunepal.over-blog.com/pages/Nouveau_Nepal_n4-1062137.html.

Vous pouvez également le demander en version PDF ou en papier en envoyant vos coordonnées ou votre email à comitenepal@hotmail.fr
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Lundi 17 novembre 2008
Bonjour à tous et toutes,

Le Bulletin Nouveau Népal n°3 du Comité de Solidarité Franco-Népalais est paru. Nous pouvons vous l'envoyer sur demande en version électronique ou en verion papier. Vous le trouverez (sans mise en page) dans la rubrique "Pages" du blog.

Solidairement,

Le Comité de Solidarité Franco-Népalais
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Mercredi 6 février 2008
Le samedi 23 février 2008 à partir de 14h30, nous organisons la célébration de l’anniversaire de la Guerre Populaire (13 février 1996) au 16 rue des Petites Ecuries (Paris Xème – M° Strasbourg-St Denis).
Au programme diffusion d’un documentaire, interaction sur la situation politique au Népal et nourriture népalaise.
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Mardi 22 janvier 2008

   15 Aralik 2007'de Fransa Nepal Dayanisma Komitesi, bu ulkedeki anti-feodal, anti-emperyalist ve demeokratik sureci tanitma amaciyla kuruldu.Butun Dunya halklarinin kardeslik, ozgurluk, sosyal hak ve baris ruyalarini cesaretlendiren bu surecin aslinda,  yabanci mudehaleye karsi oldugu anlasilmiyor ve bilinmiyor.

   Nepal esas olarak Himalaya'ya tirmanislardan ve televizyonlardaki medeniyet programlarindan biliniyor.Tarihini ve halkini olusturan etnik kokenler gozardi ediliyor.Televizyon programlari bu gerceklere cok kismi deginiyor ve genel kitle tarafindan bu gercekler hic bilinmiyor.

    Baska diger televizyon programlarida Nepal'de ki bu demokratik sureci hakim siniflarin bakis acisiyla veriyor, bilincli olarak gercekleri saptiriyorlar ve ya bu surec ve onu uygulayanlara, onlarin gercek amaclarina saldiriyorlar.Tarihten fikri sabit olan iyi niyetli bazi " dostlar" bu surecin ve gelisiminin incelemesini yapmak istemiyorlar.Buyuk ilkeler adina, onu onceden sonuclarina bakmadan yargiliyorlar.Yeni bir yolu kesfe cikanlarin ve baska arac kullananlarin ve rizikoya girenlerin her zaman krsilastiklari sey! Bunu bilimde ve her yeni arastirmada da gorebilirsiniz.

   Komitemiz, kendisine katilmaya hazir olan herkesi kucaklayacaktir.

   Nepalde baslatilan surecle ilgili butun sorulara Komitemiz cevap verecektir.Bunun icinde bir bulten yayinlayacak, ve bir internet sitesi kuracaktir.Komitemiz Nepal'den gelen panalistlerle konferanslar duzenleyecek, Nepal'li kulturel gruplarla, hem Nepal'i kulturunu tanitma, hem de bu surecintumunu daha iyi anlamak icin etkinlikler duzenleyecek, surecin ilerlemesini, zorluklarini ve Halk Demokrasisi insasinin amaclarini anlatmaya calisacaktir.

   Komitemizin bu sureci yakindan takip eden ve ya edecek olanlarin, - ki, bizce bunlar baristan, ozgurlukten, gercek sosyal ilerlemelerden yoksun olan tum dunya halklaridir- katkisina ihtiyaci var.

   Bu yuzden Komitemiz, Komitemize katilmak isteyen tum iyi niyetli insanlari,  az da olsa kendi yetenekleri olcusunde destek vermeye cagiriyor.

   Ingilizceden Fransizcaya ve diger dillerden ceviri icin  tercumana, bilgisayar dalinda,   ses - goruntu,  baski ve materyalleri dalinda yetenekli kisilere ihtiyacimiz var.

   Bu mucadelenin bizlere ve dunyada ki diger halklara kendi bagimsizliklarini kazanmalarinda ornek ve yardimci olmasi icin, Komitemiz butun bir halkin bagimsizlasma mucadlesini tanitmak ve anlatmak istiyor.

   Komitemizle kontaga gecin.

  

Kontak: comitenepal@hotmail.fr

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