Selon le Parti maoïste, le gouvernement se prépare à la Guerre Civile

Publié le par Comite de Solidarité Franco-Népalais

Le ministre de la Paix et de la Reconstruction, Rakam chemjong, a menacé de couper les fonds alloués à l'Armée Populaire de Libération. Plusieurs sources, dont des anti-maoïstes reconnus, affirment que les maoïstes utilisent une partie des salaires des combattants de l'APL pour acheter des armes et qu'une partie des combattants maoïstes a déjà quitté les cantonnements.

En réponse, le PCNU-maoïste a répondu que "une décision de la sorte facilitera l'effondrement instantané de tout le processus de paix." "Le gouvernement a également été non-coopératif et reste indifférent à propos du sort de l'Armée Populaire de Libération."

Le Parti a également conclu que le gouvernement poussait le pays vers la Guerre Civile. Baburam Bhattarai, vice-président du Parti, a affirmé au Chef de la Mission des Nations Unies au Népal, Mme Karin Landgren, que "La décision du gouvernement de stopper le soutien à l'APL est inacceptable...nous avons pris cette décision comme une préparation à la Guerre Civile."

Du côté de l'UML, plusieurs voix s'élèvent également sur les plans réactionnaires de l'Inde d'imposer le pouvoir présidentiel. En fait, le fossé se creuse à l'intérieur de l'UML puisque des dirigeants proches de Jhala Nath Khanal affirment : "L'Inde essaye de diminuer le rôle légitime des partis politiques et séduit le Président du Népal [Ram Baran Yadav, Congrès Népalais, qui n'a qu'un rôle constitutionnel NdT] pour imposer le pouvoir présidentiel dans le pays." "L'Inde, l'Armée Népalaise et les anciens Panchas [pouvoir féodal NdT] conspirent pour retarder l'écriture de la constitution." "L'Inde ne veut pas que le Népal écrive sa constitution à temps et elle conspire au travers de plusieurs centres de pouvoir à Katmandou."

Cette fraction a également dénoncé l'Inde d'avoir séduit le Président Yadav pour avoir bloqué la décision légitime du Gouvernement  d'alors, dirigé par Prachanda, de limoger le Chef de l'armée, Katawal. "C'était une décision anticonstitutionnelle que le Président a prise le 3 mai 2009, demandée par les partis politiques." "La politique népalaise est guidée par l'Inde...pour éviter le pouvoir présidentiel, nous devons écrire la constution à temps." La conclusion n'est évidemment pas la même que les maoïstes...

Toujours au sein de l'UML, la fraction de KP Oli (anti-maoïste reconnu et pro-Inde), a de son côté affirmé qu'il n'y avait pas d'autre option que de tenir de nouvelles élections pour l'Assemblée Constituante. C'est d'ailleurs Raghuji Panta, le conseiller politique du premier ministre Madhav Kumar Nepal, qui a perdu largement face à un candidat maoïste aux élections, qui argumentait en faveur de cette option car selon lui les maoïstes ne permettraient pas aux autres partis d'écrire la constitution. "Nous devons mettre au point des stratégies pour nettoyer les maoïstes." "Nous devons mettre en confiance le Congrès Népalais et les partis pro-Madhesi et marginaliser les maoïstes."

La demande de nouvelles élections de l'Assemblée Constituante a également été formulée par Kamal Thapa, grand soutien de la monarchie...

La dissenssion est tellement forte au sein de l'UML qu'une majorité des membres du Comité Central  a demandé la résignation du premier ministre Madhav Kumar Nepal. Plus encore, certains membres du CC ont affirmé : "Alors que nous critiquons le Parti Unifié maoïste pour son idéologie d'extrême gauche, notre propre parti penche vers l'idéologie d'extrême droite."

Publié dans Actualités du Népal

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