Le chef de l'Armée Népalaise lance un pavé dans la mare

Publié le par Comite de Solidarité Franco-Népalais

Lors d'une visite avec Lynn Pascoe, sous-sécretaire général aux Affaires Politiques de l'ONU, le Chef d'Etat Major de l'Armée Népalaise, Chhatra Man Singh Gurung a affirmé qu'il était contre l'intégration en masse des combattants maoïstes "politiquement endoctrinés" dans l'Armée Népalaise.

Selon lui, les combattants maoïstes doivent entrer dans l'Armée sur une base individuelle, en correspondance avec les critères de recrutement de l'Armée .

Il a affirmé que l'entrée en masse des combattants maoïstes casserait l'unité organisationnelle de l'armée nationale et causerait sa "politisation", ce qui pourrait éventuellement mener à la désintégration du pays.

En réponse, les maoïstes ont affirmé que cette déclaration était motivée politiquement et pourrait même briser le processus de paix. "C'est une conspiration pour faire échouer le processus de paix et perturber l'écriture de la constitution," a affirmé le porte parole du Parti maoïste Dina Nath Sharma. "A un moment où la politique népalaise traverse déjà une période agitée, l'Armée Népalaise invite à la Guerre Civile," a t'il ajouté.

Il ont demandé une session spéciale du parlement et pourraient porter une motion de défiance au gouvernement. Sur ce dernier point, CP Gajurel 'Gaurav' a affirmé que le Parti prendrait la décision de la porter ou non en fonction de la situation au sein de la session spéciale. Des rapports indiquent déjà que des membres parlementaires de l'UML et d'autres formations politiques pourraient voter en faveur de la motion de défiance.

Cette épisode arrive au moment où plusieurs dirigeants maoïstes ont déjà annoncé que si la constitution n'était pas écrite à temps, le Parti lancerait une révolte.

De même, le camp réactionnaires montre des signes de préparation à un conflit. L'Armée Népalaise a en effet programmé une réunion de ses Généraux afin de discuter de situation actuelle, en vue de l'improbable écriture de la constitution à temps. "Les Généraux de l'Armée discuteront des stratégies que l'Armée Népalaise devra adopter au cas où les acteurs politiques du Népal échouent à écrire la constitution à temps." "La décision de la réunion sera un secret bien gardé."

L'Inde a de son côté décidé d'augmenter la sécurité de son ambassade en citant des rapports de sa branche d'espionnage qu'elle pourrait être prise pour cible par un groupe terroriste. Lashkar-e-Taiba, un groupe du Pakistan, est directement cité. Le rapport d'espionnage affirme également que des menaces peuvent également venir des "maoïstes népalais et d'autres forces anti-indiennes." En rapport avec la situation politique, les officiels indiens affirment que si le Népal échoue à promulguer la nouvelle constitution le 28 mai, "la situation deviendra encore plus grave car les maoïstes essaieront alors de contrôler beaucoup de zones."

Les USA ont eux réitéré que les maoïstes ne seraient pas retirés de la liste des organisations terroristes tant qu'ils ne renonceraient pas complètement à la violence.

Et au final, Prachanda a affirmé : "Nous devons bien comprendre que les forces de droite essayent fortement de diviser le Parti maoïste Unifié." Si nous ne comprenons pas cette conspiration nous pourrions devoir faire face à une situation indésirable." "Des doctrines égoïstes et auto-centrées ont commencé à bourgeonner dans notre Parti, ce qui m'inquiète." "Tout le monde doit rester en alerte pour faire échouer le stratagème de droite de créer une faction dans le Parti." Il a affirmé que les éléments de droite investissaient des sommes d'argents énormes pour parvenir à leurs fins, c'est à dire faire du PCNU-maoïste un nouvel UML.

Lors de cette intervention, il a également affirmé : "Nous gagnerons sur toutes les forces réactionnaires et conspiratoires du pays par notre prochaine révolte." "Notre lutte est proche de la victoire et nous sommes totalement dédiés à amener une fin heureuse à notre lutte."

Publié dans Actualités du Népal

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article