La polarisation réactionnaires/révolutionnaires se développe

Publié le par Comite de Solidarité Franco-Népalais

Plus la date limite d'écriture de la constitution approche, le 28 mai, plus la polarisation entre réactionnaires et révolutionnaires se développe. Il y a peu d'issues à cette situation. Soit il y a consensus entre les partis et la constitution est rédigée à temps, soit le consensus n'est pas atteint et alors il y a confrontation entre les réactionnaires et statu quoïstes d'un côté et les révolutionnaires et progressistes de l'autre. Il reste la petite possibilité que la date soit repoussée de 6 ou 12 mois.

 

Un consensus sur la nouvelle constitution signifierait qu'une des deux parties compromettrais ses intérêts de classe. C'est le moins probable. Cela pourrait se dérouler si les statu quoïstes rejoignent le camp révolutionnaire et progressiste. Il faudrait alors qu'ils trahissent les intérêts de leur classe, ce qui est peu probable dans une situation où il y a une polarisation qui traverse toutes les couches de la société. Un consensus pourrait également se dégager si les révolutionnaires (ou au moins une partie) trahissent définitivement la révolution en acceptant une constitution démocratique bourgeoise (c'est à dire l'institutionnalisation de la République intérimaire).Cela dépend de la lutte idéologique interne au Parti et de la réasolution des contradictions en son sein. Ce dont nous sommes sûrs, c'est que le Parti s'est prononcé pour une constitution populaire qui servirait de base à la République Populaire Fédérale.

 

Le scénario le plus probable est celui de la confrontation. Le camp réactionnaire est composé des classes qui ont le plus à perdre de la révolution. Dans une situation qui leur est de plus en plus défavorable, ils sont prêts à tout pour défendre leurs intérêts. Ils se sentent forts car ils ont le soutien des expansionnistes indiens et des impérialistes US. Les voyages incessants à New Delhi, l'importation d'armes, le recrutement dans l'armée, les demandes de dissolution de l'Armée Populaire de Libération et de la YCL (organisation de jeunesse du Parti maoïste), les déclarations contraires aux accords de paix, etc. sont les signes de la préparation à un baroud d'honneur de leur part. Le camp réactionnaire apparaît toutefois divisé avec des dirigeants de l'UML, et même du Congrès Népalais, demandant le remplacement du gouvernement actuel (dirigé par l'UML).

 

De l'autre côté, le camp révolutionnaire est composé des classes qui ont le plus à gagner de la révolution. La possibilité d'un changement radical n'est plus lointaine. Au contraire, la situation actuelle, la polarisation qui se développe, offre des possibilités réelles à la victoire de la révolution. Mais des défis importants lui font face. Ces derniers jours ont été témoins de l'unification entre le PCN-Unifié (faction Subedi) et le PCN-maoïste. A cette occasion, Prachanda a affirmé : "Dans nos efforts de réaliser une plateforme commune pour tous les communistes du Népal il y a également le danger que notre parti prenne la voie de l'UML." "C'est encourageant pour nous d'avoir la fierté des évènements d'unité avec les partis révolutionnaires du pays. Mais nous devons faire attention au moment où nous sommes dans une situation historique de diriger le pays." L'UML est un parti révisionniste, social-démocrate, qui croit au changement par la voie parlementaire. Ce que dit Prachanda est révélateur du plus grand danger pour la révolution : la transformation interne des révolutionnaires en sociaux-démocrates, ce qui ménerait à la liquidation de la révolution.

 

Cependant, les dirigeants maoïstes évoquent dans chacune de leur intervention publique la confrontation qui approche. Plus encore, en pratique, il y a également des préparations. Ainsi, une organisation paramilitaire de jeunesse a été formée par le Front de Libération Limbuwan (affilié aux maoïstes), nommée la Radical Young League. Le dirigeant de la RYL a affirmé qu'ils n'avaient pas encore d'armes mais qu'ils s'en procureraient si nécessaire. Selon des sources, le Parti aurait demandé aux autres Fronts de Libération de former de telles organisations. D'autres sources affirment que l'Armée Populaire de Libération aurait intensifié les entraînements de guérilla. Ce qui est certain, c'est que les maoïstes ont multiplié les campagnes de conscientisation dans tout le pays et préparent de grandes manifestations pour le 6 avril, le 1er et le 21 mai (voir Les maoïstes préparent des mobilisations de masse ).

 

Quant à la possibilité que la date limite d'écriture de la constitution soit repoussée, elle existe mais dépend surtout du degré de préparation des deux camps à la confrontation.

 

Rien n'est sûr pour l'avenir de la révolution népalaise. En revanche, avec la possiblité de plus en plus grande d'une confrontation, il est du devoir de tous les progressistes, anti-impérialistes et révolutionnaires de suivre avec attention le développement de la situation et de se préparer à soutenir le peuple népalais dans sa lutte pour la libération.

Publié dans Actualités du Népal

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