La crise politique se prolonge et s'approfondit

Publié le par Comite de Solidarité Franco-Népalais

Voilà maintenant près d'un mois que le premier ministre Madhav Kumar Nepal a démissionné pour laisser la place à un nouveau gouvernement. Mais malgré des discussions sans fin, aucun gouvernement d'unité n'a pu être constituté. D'ailleurs pas plus qu'un gouvernement de majorité puisque les trois tentatives d'élections du premier ministre au parlement n'ont donné aucun résultat. Il va sans dire que la crise politique est profonde...

 

Tous les partis politiques sont divisés, y compris les maoïstes. Les contradictions sont très fortes au sein de l'UML, avec deux factions qui se sont affrontées pour le poste de premier ministre et savoir si le parti soutiendrait le Congrès Népalais ou les maoïstes. L'UML a fait le choix de rester neutre lors des élections du premier ministre au parlement.

 

Le Congrès Népalais apparaît également divisé avec des luttes intestines pour les postes hauts placés. Dans l'ensemble, le Congrès est fidèle à lui même et écoute bien sagement les instructions de New Delhi.

 

Un Front des Partis Madhesis a récemment été formé pour garantir plus de poids lors des élections du premier ministre. Mais l'alliance est fragile et très divisée entre les soutiens aux maoïstes et les soutiens au Congrès Népalais. Le Front a décidé de rester neutre pour l'instant alors qu'il avait été annoncé qu'il prendrait position. La troisième élection a vu 11 parlementaires de cette alliance (du MJF-Népal plus exactement) rompre cette consigne et voter pour Prachanda, le candidat maoïste au poste de premier ministre.

 

Le PCNU-maoïste est, semble t'il selon plusieurs sources journalistiques, divisé entre ceux et celles groupés autour de Bhattarai qui voudraient amender la constitution intérimaire pour trouver une nouvelle voie d'élire un premier ministre (qui serait Baburam Bhattarai) et ainsi pouvoir écrire une constitution de compromis ; et de l'autre côté ceux et celles groupés autour de Prachanda qui souhaitent écrire une constitution populaire en passant par les voies institutionnelles mais qui gardent la possibilité d'une révolte au cas où cette voie était vouée à l'échec (y aurait il encore des doutes...?).

 

L'interventionnisme de l'Inde dans les affaires internes du Népal apparaît de manière encore plus claire aux yeux de toutes et tous. Un émissaire est d'ailleurs arrivé hier au Népal pour "discuter" avec tous les partis. L'Inde a en effet été critiquée de plusieurs côtés, notamment par la frange du Front Madhesi qui soutient les maoïstes (ce qui est une première). Selon plusieurs témoignages, l'Inde veut prolonger les élections (les maoïstes sont les mieux placés jusqu'à présent), espérant sûrement exploiter les contradictions au sein du Parti maoïste a son avantage.

 

Le dernier mois n'a pas vu la situation beaucoup évoluer en apparence. Il a pourtant été très agité en interne, préparant vraissemblablement des tumultes politiques importants.

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