Bilan depuis la prolongation du mandat de l'Assemblée Cosntituante

Publié le par Comite de Solidarité Franco-Népalais

Depuis le 28 mai dernier et la prolongation du mandat de l'Assemblée Constituante, la situation politique au Népal est très floue.

 

Les raisons de cette décision prise à la dernière minute restent peu lisibles et compréhensibles en terme tactique.

 

Ce qui est sûr, c'est qu'un grand débat est en cour au sein du PCNU-maoïste sur la question de comment faire avancer la révolution. Ce qui est également sûr est que l'accord en trois points ouvrant la voie à la prolongation du mandat de l'AC n'est pas respecté par les partis gouvernementaux (Congrès Népalais et UML) : le premier ministre est toujours en place.

 

Grâce aux récentes publications du magazine en anglais The Red Star (voir http://krishnasenonline.org/main/index.php?pubid=87), nous avons quelques aspects du débat en cours. De nombreux articles évoquent la question du Front Uni. La question est abordée ainsi :

 

L'Assemblée Constituante est considérée comme le résultat et la prolongation du Front Uni entre les révolutionnaires maoïstes et les partis parlementaires bourgeois. Le contenu de certains articles des dirigeants maoïstes affirme qu'il est maintenant nécessaire de développer un nouveau type de Front Uni. Un Front Uni qui ne soit pas une alliance de classes aux intérêts opposés mais un Front Uni regroupant les nationalistes, républicains et révolutionnaires pour construire la Nouvelle Démocratie.

 

L'Assemblée Constituante est donc décrite comme un terrain de la lutte de classe et la raison donnée à l'échec de l'écriture de la nouvelle constitution n'est pas le manque de temps mais l'impossibilité d'écrire une constitution représentant un compromis de classe. Soit les représentants des féodaux et de la bourgeoisie compradore et bureaucratique (UML, Congrès Népalais) écrivent leur constitution, soit les représentants de la paysannerie opprimée et du prolétariat (PCNU-maoïste) écrivent la leur.

 

La question de la prolongation du mandat de l'AC est donc mise en question. Comment cela peut servir la révolution ? Certains articles affirment qu'il est nécessaire de rompre avec cette institution et de construire le nouveau Front Uni.

 

Cependant, nous ne savons pas comment cette ligne est représentée au sein du Parti.

 

Ce qui ressort globalement de la lecture de ces articles est la nécessité de développer un ensemble de nouvelles tactiques et de construire de nouvelles formes de luttes basées sur les nécessités de la nouvelle situation.

 

En ce qui concerne la situation politique, le premier ministre n'a toujours pas démissionné et les maoïstes demandent toujours l'application de l'accord en trois points. Les maoïstes ont décidé de bloquer le parlement tant que le premier ministre n'aura pas démissionné.

 

La réunion du bureau politique qui doit décider de la future marche à suivre par le Parti est toujours en cours. Selon les médias bourgeois, le débat est centré sur la formation d'un gouvernement d'unité nationale ou rester dans l'opposition et préparer la révolte. Cependant, nous n'avons pas d'informations conséquentes sur le contenu des débats.

Publié dans Actualités du Népal

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Ollaf 22/06/2010 15:27


Ne faites vous pas une erreur quand vous dites que, pour les maoïstes, l'UML et Congrès Népalais "sont les représentants des féodaux et de la bourgeoisie compradore et bureaucratique" ?
Les féodaux ne sont-ils pas lié à la monarchie et adversaires de toutes alliances avec les maoïstes ?

Ollaf


Comite de Solidarité Franco-Népalais 25/06/2010 14:09



Oui les féodaux sont liés à la monarchie. Le Congrès Népalais et l'UML ont été pendant très longtemps liés à la monarchie et une partie demandent toujours une monarchie parlementaire. Parmi les
dirigeants de ces partis, il y a beaucoup de propriétaires terriens qui n'ont pas intérêt à une réforme agraire révolutionnaire, ni à la mise en place d'un système de gouvernance réduisant (ou
abolissant) leur poids politique en tant que propriétaires terriens.


Ainsi, nous ne pensons pas faire d'erreur en les définissant comme représentants des féodaux et de la bourgeoisie compradore et bureaucratique.


Du côté des alliances, une section des féodaux s'est retrouvée en contradiction avec la monarchie lorsque cette dernière a rejeté les partis parlementaire dans l'opposition. Pour espérer rerouver
leur domination, les partis parlementaires (également composés en partie de féodaux) ont été obligés de forger une alliance avec les maoïstes. S'ils ne l'avait pas fait, ils auraient tout
simplement cessé d'exister.


D'ailleurs, le dernier article de Gaurav traduit et publié depuis par le CSFN aborde ce sujet et va dans ce sens. Voir : http://nouveaunepal.over-blog.com/article-gaurav-la-situation-politique-actuelle-et-la-politique-du-parti-52938318.html


En solidarité,


CSFN