Camarade Rashmi : Mobiliser la jeunesse pour la Révolution de Nouvelle Démocratie

Publié le par Comite de Solidarité Franco-Népalais

Posté par un membre du WPRM Britain

Rapport par les membres du WPRM Britain et Ireland en train de visiter le Népal


Un soir, à Katmandou, nous avons eu le plaisir de rencontrer Ganesh Man Pun, Camarade Rashmi, qui se traduit par ‘clair de lune’. Venant à notre hôtel, Rashmi est arrivé au milieu d’une de ces coupures journalières de courant qui arrive chaque soir, rendant, pour l’occasion, encore plus approprié son nom car nous avons discuté à la lumière de la lune venant de notre fenêtre du troisième étage et d’une petite lampe à huile. Rashmi est un membre du Comité Central du Parti Communiste Unifié du Népal – maoïste ainsi que le président de la Young Communist League (YCL).

Il a commencé notre discussion en nous racontant son propre passé dans le parti. Devenant impliqué dans la politique en tant qu’étudiant, Rashmi est rapidement devenu un cadre à plein temps du Syndicat National Indépendant du Népal – Révolutionnaire avant de devenir un membre de district de la YCL. S’élevant parmi les rangs, Rashmi a dirigé une des quatre attaques qui furent à l’initiation de la Guerre Populaire le 13 février 1996. En tant que commandant d’un de ces groupes, Rashmi a mené l’attaque d’un poste de police dans le district de Rukum, capturant plusieurs armes et explosifs. Il a expliqué que : « après avoir capturé plusieurs policiers, nous leur avons expliqué les raisons de notre action. Nous leur avons dit qu’ils étaient nos frères mais que nous combattions pour la Révolution de Nouvelle Démocratie, contre la règle féodale et compradore au Népal. Nous les avons relâchés et leur avons dit de ne pas nous combattre dans le futur. » 29 jours après ceci, le père de Rashmi, un membre local du parti  et de l’Association des Paysans, est devenu un martyr, étant arrêté chez lui par la police, appelée par un féodal local. La police l’a emmené dehors dans la cour et l’a abattu. Rashmi parle de cet incident sans amertume mais avec une fierté intense du martyr de son père qui, a-t-il dit, est mort pour le peuple.

 

Quatre mois plus tard, Rashmi est devenu Secrétaire de District de Rukum. Il a mené un boycott d’une élection locale, s’assurant que la plupart des VDC [Comités de Développement de Village NdT] dans le district ne retourneraient pas de votes et que le reste ne retournerait que des résultats partiels. Cependant, en 1997, Rashmi fut capturé par la police à Nepalgunj sur le chemin d’une convention du Comité Central. Il a été emprisonné sous la Loi de Sécurité et soumis aux normes de la vie en prison où les tabassages sont communs. En 2001, il souffrait d’une appendicite et a été emmené à l’hôpital de Nepalgunj, d’où il a planifié son évasion. Avec l’aide d’infirmières et d’étudiants sympathiques, Rashmi a réussi à communiquer avec le parti de l’extérieur et quelques jours après l’opération, un groupe de guérilla urbain l’a libéré avec succès de l’hôpital. Rashmi parle de son temps à l’intérieur avec son style jovial habituel, affirmant que : « en prison, quatre ans sont ressenti comme seulement quatre jours. Mais quand j’ai été secouru et que j’ai à nouveau rencontré mes camarades et le peuple dans mon district, j’ai réalisé que la Guerre Populaire s’était développée à un tel niveau. Alors, j’ai ressenti que ces quatre années avaient réellement été quarante années. »

Après sa libération, le Camarade Rashmi était un membre du Comité Central et est rapidement devenu un commissaire politique de l’Armée Populaire de Libération (APL). Il était présent à la réunion de Chunwang où le parti a décidé de former un Front Uni avec les partis parlementaires bourgeois contre la monarchie. Rashmi est alors devenu un commandant de division de la 4ème Division de l’APL couvrant la région de Rapti, mais après le Mouvement Populaire II de 2006, il a été transféré de l’APL, qui fut rapidement placée dans des cantonnements, à la YCL. Selon Rashmi, « lorsque l’APL a été placée dans des cantonnements, les réactionnaires pensaient que les maoïstes se rendraient. Mais nous avons réorganisé la YCL en une force militante pour changer la société. Notre organisation est devenue célèbre dans tout le pays. » Lorsque les maoïstes ont fusionné avec un autre parti, le PCN-Unité Centre Masal, la YCL a également fusionnée avec son groupe de jeunesse, l’Association Démocratique de la Jeunesse. Alors que la vie de Rashmi semble être jusqu’à présent une vie de sacrifice et de lutte, il s’est marié avec une camarade qui est également membre du Comité Central et ils ont un fils, appelé Azad, le mot népalais pour ‘libération’.

 

Rashmi nous a ensuite décrit l’histoire de la YCL, qui est vue comme la continuation de la première organisation de jeunesse communiste au Népal créée en 1951. Au début des années 80, cette organisation, qui a eu plusieurs noms, était dirigée par le Camarade Prachanda avant qu’il ne devienne un membre du Comité Central. Après l’initiation de la Guerre Populaire, la YCL a effectué du travail de masse et de service public selon le slogan du Président Mao ‘servir le peuple’ mais ne travaillait uniquement qu’au niveau local en raison de difficultés de sécurité. Rashmi décrit la YCL comme le « jardin d’enfants du parti » car de nombreux membres de la YCL ont rejoint la milice locale et l’APL. En 2006, après les Accords de Paix, la YCL a été réorganisée et est devenue connue au niveau national et international. Lors de la convention nationale, Rashmi a été réélu président et un Comité Central de 45 membres a été formé. Maintenant, la YCL travaille selon le slogan de « la suprématie civile et la souveraineté nationale ». Les trois années dernières, ils ont travaillé dans les zones urbaines pour élargir les routes, les installations sanitaires et également la plantation d’arbres. Ils ont également combattu contre certaines personnes, y compris des personnes et policiers corrompus et des membres d’organisations humanitaires. Récemment, une campagne nationale pour sauvegarder la frontière avec l’Inde est devenue de première importance, spécifiquement dans la partie est du pays où il y a eu des empiètements de territoire par l’Inde. La YCL a discuté avec les forces de sécurité de la frontière indienne, érigé des piliers de frontière et mobilisé le peuple contre ces empiètements. A ce propos, il semble que la YCL mène plusieurs activités que l’état bourgeois ne peut pas ou ne veut pas mener. La YCL a également bénéficié de la « politique du  1 en 3 » maoïste, ce qui signifie qu’un tiers de la représentation des jeunes dans les organisations maoïstes est garantie. La YCL fait campagne pour abroger la limite d’âge minimum « féodale» de 45 ans pour pouvoir accéder à certaines positions et également pour abaisser la limite d’âge pour voter à 16 ans, l’âge auquel les jeunes népalais reçoivent leur certificat de nationalité.

 

Nous avons ensuite discuté de la question de la désignation de la YCL comme une organisation terroriste. Ces jours ci, il semble qu’il n’y ait pas un jour sans qu’il y ait un article dans la presse népalaise bourgeoise en anglais qui condamne la violence de la YCL. Rashmi explique cependant que « puisque les impérialistes et expansionnistes propagent que la YCL est une organisation terroriste, cela est un signe de leur défaite imminente. Ils veulent rendre diffuse et battre notre organisation mais nous ne sommes pas des terroristes. Le peuple du Népal sait cela, pas seulement les paysans et les travailleurs mais aussi les intellectuels et les travailleurs humanitaires. Ils espèrent tous que la YCL fasse du bon travail et lutte contre les gens corrompus, contre les forces impérialistes et compradores. »

 

Nous avons demandé à Rashmi son opinion sur le changement dans la lutte, de la Guerre Populaire dans les zones rurales à une lutte légale ouverte centrée principalement dans les zones urbaines en général et à Katmandou en particulier. Il a souligné que la lutte doit maintenant être combattue d’une manière différente et que la lutte est très compliquée. Il a affirmé : « maintenant nous sommes dans des zones urbaines, comme Katmandou. Comme la révolution n’est toujours pas terminée en ce moment, il y a certains problèmes avec nos liens à la campagne. Mais nous luttons pour ouvrir des organes locaux et notre organisation est là pour continuer la révolution et la lutte de classe dans les villages, mener des travaux de développement dans l’infrastructure et les transports. » Une nouvelle de l’Himalayan Times de ce matin (18/09/2009) nous à particulièrement intéressé, à propos du rétablissement des gouvernements populaires à Jajarkot. Rashmi continue : « les forces réactionnaires voulaient que nous devenions réformistes. Ils voulaient que nous devenions le troisième parti du Népal, comme un autre UML [le parti révisionniste dirigeant actuellement le gouvernement]. Mais avec la force du peuple et la force de la stratégie et des tactiques de notre parti, nous ne sommes pas devenus réformistes. Nous avons pris la direction du gouvernement et les forces réactionnaires nous ont accepté parce qu’ils voulaient nous transformer en un autre UML. Cependant, nous ne sommes pas devenus un autre UML. Nous combattons pour la suprématie civile contre les actions du Général Katawal. Cette question est cruciale, c’est une ligne de démarcation sur la question de savoir si notre parti est révolutionnaire ou réformiste. Mais nous avons prouvé que nous sommes toujours révolutionnaires. Nous avons quitté le gouvernement et en raison de ceci, nous nous sommes depuis unis à beaucoup de forces révolutionnaires et nationalistes, à de nombreux écrivains et personnes dans le domaine public. » En fait, l’affaire du général a été rendue peu importante  par les médias bourgeois ici, un exemple pour eux du mépris des maoïstes pour la politique de coalition. Mais pour les maoïstes c’est devenu un point central montrant la domination continue du Népal par les puissances étrangères, principalement l’Inde, et le rôle de la direction de l’Armée Népalaise dans la prévention du développement du pays et de la consolidation des victoires atteintes au travers de la Guerre Populaire et du Mouvement Populaire II de 2006.

 

Le sujet de conversation s’est rapidement tourné vers l’élévation du niveau de discussion au sein des maoïstes et dans les journaux du Mouvement Populaire III et de l’insurrection populaire. Rashmi a souligné que le rôle de la YCL était essentiel dans ceci, qu’ils mobiliseraient le peuple et ferait de la lutte une lutte militante. La situation est maintenant centrée sur l’écriture de la nouvelle constitution. Comme il est populairement connu, les maoïstes, qui sont en faveur d’une République Populaire aux caractéristiques népalaises, et les autres forces, qui sont en faveur de l’institutionnalisation d’un système parlementaire bourgeois, manquent de force à l’Assemblée Constituante pour écrire la constitution qui requiert les deux tiers des votes pour ratifier chaque composante. Rashmi a cependant expliqué que « le mouvement de masse ainsi que dans les cantonnements de l’APL sera une pression massive sur les forces d’opposition. Le Mouvement Populaire National Uni récemment constitué, une organisation de front uni sous la direction de Baburam Bhattarai, les mettra également sous pression et posera les bases pour un mouvement populaire et une Révolution de Nouvelle Démocratie victorieux. Cela mettra également en garde l’impérialisme US et l’expansionnisme indien contre une intervention dans notre révolution. » Il a également souligné que malgré que l’APL soit dans des cantonnements il y a toujours la possibilité d’une lutte armée dans le futur. Cependant, dans la situation actuelle, la chose la plus importante est de créer un mouvement de masse pacifique pour la Nouvelle Démocratie.

 

Alors que nous marchions dans la rue pour donner un ‘salut rouge’ en guise d’au revoir, Rashmi nous a chaleureusement serré la main. Il a sauté son repas pour cette rencontre mais semblait plein de vigueur alors qu’il s’en allait. Encore une fois, nous avons été impressionnés par la manière dont les dirigeants de la révolution népalaise ont interagi avec nous, clairs et confiants dans leurs objectifs et ayant les pieds sur terre et amicaux dans leur personnalité, nous inspirant un grand niveau de confiance pour le futur de la révolution.

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