Sur les communes populaires

Publié le par Comite de Solidarité Franco-Népalais

Note du traducteur : l'article ci-dessous a été publié avant la décision officielle du Parti Communiste Népalais - maoïste d'étendre les communes populaires. L'opinion de l'auteur ne représente pas celle du Comité de Solidarité Franco-Népalais.

Expérience avec le commune-isme
Les maoïstes ne peuvent choisir entre garder les communes ou les démanteler

PRAKASH MAHATARA à RUKUM

 


PRAKASH MAHATARA

Alors que leurs dirigeants disent que la révolution suivra la voie "bourgeoise capitaliste", au coeur des territoires fidèles au parti, ils prévoient d'étendre les communes existantes.

Durant le conflit, les maoïstes ont mis en place quatre communes à Jajarkot, Rukum et Rolpa. Chacune comprend entre 30 et 40 familles, il n'y a pas de propriété privée, le travail et les moissons sont partagées. Le fameux dicton de Marx, 'à chacun selon ses moyens et à chacun selon ses besoins", est ici le crédo, et la plupart des membres des communes en semblent heureux.

"La vie est plus simple dans la commune, le travail à la ferme est plus simple depuis que chacun y prend part et la productivité agricole est plus élevée," affirme Dipak Khadka, la tête de la commune 'Balidan' à Rukum.

 

La commune 'Juni' à Jajarkot a été mis en place après que la police ait tué 20 fermiers en deux massacres en 1999 afin de prendre soin des membres survivants des familles, des veuves et des orphelins. Les fermiers ont donné toutes leurs terres et propriété à la commune.


A Thawang, la commune 'Ajambari' [NdT : Immortelle] a été mise en place par les survivants d'un raid d'un hélicoptère de l'armée qui avait détruit la plupart des bâtiments du village.  (NdT : liens vers des articles du magazine ayant publié cet article : ‘Rolpa is waiting’, #389 et ‘From Maoism to tourism’, #340.)

Les communes ont toute des départements afin de s'occuper de la santé, de l'éducation, de la culture, du développement et de la sécurité. Tous les membres prennent part à des exercices physiques et il y a une discipline militaire. L'alcool est interdit, tout comme l'intouchabilité (NdT : la pratique religieuse Hindou de ségrégation et de discrimination d'une partie de la population dénommée Dalit -environ 13% de la population- pour cause d'"impureté"). Il n'y a pas de festivals religieux et le 15 février, la Journée de la Guerre Populaire est célébrée comme le nouveau Dasaïn (NdT : Dasaïn est un festival religieux Hindou, équivalent de Noël dans les pays chrétiens). Les funérailles sont marquées en drapant le corps d'un tissu rouge et en commémorant le mort avec un service social (?).

Un autre membre célèbre de la commune 'Balidan' est la tête de la YCL (NdT : organisation de jeunesse maoïste), Ganesh Man Pun. "Tout le monde partage le fardeau, et cela rend plus facile de faire face aux épreuves," dit Pun. C'est particulièrement vrai pour les personnes âgées qui ne peuvent pas faire le travail épuisant. "Les département des personnes âgées de la commune prend soin de nous, et la vie est beaucoup plus facile," affirme Mangal Roka, 80 ans, à Thawang.

A côté des communes, il y a plus de 50 coopératives qui s'occupent de restaurants, d'unités industrielles, de fermes, d'écoles et de postes de santé dans laa région du Moyen-Ouest. La grande question dans le parti maoïste est maintenant soit de convertir les coopératives en communes, ou l'inverse, et il y a eu plusieurs déclarations contradictoires.

"Nous avons vu les communes juste comme des modèles, nous n'essaieront pas de les répliquer mais nous allons promouvoir les coopératives," explique l'idéologue maoïste, Baburam Bhattarai. Mais Ganesh Man Pun pense que les coopératives devraient toutes être transformées en communes, et il devrait y avoir plus de communes.

L'année dernière les maoïstes ont organisé une conférence des communes à Thawang dans laquelle ils ont fait  passer la résolution de 'présever les communes pour toujours'. Cependant, les perspectives ne sont pas bonnes. La Commune de Paris en 1871 n'a duré que 72 jours et les communes Chinoises n'ont pas duré après la mort de Mao en 1975.

Dans l'accord de paix de l'année dernière, les maoïstes ont accepté de démanteler leurs communes ainsi que leur gouvernements populaires locaux. Après une élection après laquelle ils deviennent le parti majoritaire, les maoïstes doivent maintenant concilier leur engagement pour un capitalisme de marché avec l'héritage des communes au sein du berceau de la révolution.


 

Article original sur http://www.nepalitimes.com/issue/401/Nation/14817

Publié dans Actualités du Népal

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