Mardi 22 juin 2010 2 22 /06 /Juin /2010 11:24

Depuis le 28 mai dernier et la prolongation du mandat de l'Assemblée Constituante, la situation politique au Népal est très floue.

 

Les raisons de cette décision prise à la dernière minute restent peu lisibles et compréhensibles en terme tactique.

 

Ce qui est sûr, c'est qu'un grand débat est en cour au sein du PCNU-maoïste sur la question de comment faire avancer la révolution. Ce qui est également sûr est que l'accord en trois points ouvrant la voie à la prolongation du mandat de l'AC n'est pas respecté par les partis gouvernementaux (Congrès Népalais et UML) : le premier ministre est toujours en place.

 

Grâce aux récentes publications du magazine en anglais The Red Star (voir http://krishnasenonline.org/main/index.php?pubid=87), nous avons quelques aspects du débat en cours. De nombreux articles évoquent la question du Front Uni. La question est abordée ainsi :

 

L'Assemblée Constituante est considérée comme le résultat et la prolongation du Front Uni entre les révolutionnaires maoïstes et les partis parlementaires bourgeois. Le contenu de certains articles des dirigeants maoïstes affirme qu'il est maintenant nécessaire de développer un nouveau type de Front Uni. Un Front Uni qui ne soit pas une alliance de classes aux intérêts opposés mais un Front Uni regroupant les nationalistes, républicains et révolutionnaires pour construire la Nouvelle Démocratie.

 

L'Assemblée Constituante est donc décrite comme un terrain de la lutte de classe et la raison donnée à l'échec de l'écriture de la nouvelle constitution n'est pas le manque de temps mais l'impossibilité d'écrire une constitution représentant un compromis de classe. Soit les représentants des féodaux et de la bourgeoisie compradore et bureaucratique (UML, Congrès Népalais) écrivent leur constitution, soit les représentants de la paysannerie opprimée et du prolétariat (PCNU-maoïste) écrivent la leur.

 

La question de la prolongation du mandat de l'AC est donc mise en question. Comment cela peut servir la révolution ? Certains articles affirment qu'il est nécessaire de rompre avec cette institution et de construire le nouveau Front Uni.

 

Cependant, nous ne savons pas comment cette ligne est représentée au sein du Parti.

 

Ce qui ressort globalement de la lecture de ces articles est la nécessité de développer un ensemble de nouvelles tactiques et de construire de nouvelles formes de luttes basées sur les nécessités de la nouvelle situation.

 

En ce qui concerne la situation politique, le premier ministre n'a toujours pas démissionné et les maoïstes demandent toujours l'application de l'accord en trois points. Les maoïstes ont décidé de bloquer le parlement tant que le premier ministre n'aura pas démissionné.

 

La réunion du bureau politique qui doit décider de la future marche à suivre par le Parti est toujours en cours. Selon les médias bourgeois, le débat est centré sur la formation d'un gouvernement d'unité nationale ou rester dans l'opposition et préparer la révolte. Cependant, nous n'avons pas d'informations conséquentes sur le contenu des débats.

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Mardi 1 juin 2010 2 01 /06 /Juin /2010 20:29

Face à l'arrogance des partis gouvernementaux (et principalement du Congrès Népalais et de l'UML), plusieurs dirigeants maoïstes ont menacé le gouvernement de sérieuses conséquences si le premier ministre ne démissionnait pas.

 

Baburam Bhattarai, Kiran, Gaurav et Dina Nath Sharma ont affirmé que le terme oral de l'accord de vendredi soir incluait une démission sous cinq jours du premier ministre (c'est à dire mercredi 2 juin). Gaurav a spécifié : "Tous les accords précédents seront sommairement déchirés et le processus de paix sera rompu." "Si l'accord de trois points de vendredi 28 mai 2010 à minuit n'était pas mis en pratique, le Congrès Népalais et l'UML seraient tenu pour entièrement responsables du désastre politique qui était déjà en train de se construire." "Nous avons étendu le mandat de l'Assemblée Constituante au consensus, notre parti a montré une flexibilité maximale mais les récentes déclarations des dirigeants du Congrès et de l'UML depuis ont été négatives, ce qui est regrettable."

 

D'autre part, le gouvernement a annulé les médailles et honneurs remis à l'Inspecteur Général Adjoint de Police Durje Kumar Rai et au Comissaire de Police Kuber Singh Rana. Ces personnes, ainsi que plusieurs autres encore, ont été reconnues coupables de répression du Mouvement Populaire II d'avril 2006. Ainsi, une plainte a été déposée contre le gouvernement pour que toutes les médailles de la deuxième célébration du jour de la République soient annulées. Les médailles étaient remises pour célébrer le jour de la République et récompenser les acteurs du Mouvement Populaire II. La cérémonie a été très critiquée en raison de la sélection des nominés qui ressemblait plus à des décorations politiques qu'à une reconnaissance du rôle joué dans le Mouvement.

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Lundi 31 mai 2010 1 31 /05 /Mai /2010 10:56

Lors du Jour de la République (dimanche 30 mai), le gouvernement a décoré des coupables de répression durant le Mouvement Populaire II d'avril 2006. Ainsi, le Sous-Inspecteur Général Durja Kumar Rai et l'ancien chef de l'Armée Népalaise Rookmangud Katawalont été décorés parmi d'autres coupables reconnus par la commission chargée d'enquêter sur la répression durant le Mouvement.

 

Plusieurs nominés ont refusé les médailles, critiquant le processus de sélection trouble. Madan Krishna Shrestha, célèbre acteur, a même affirmé : "Je ne me suis pas senti honoré." "Cela me rappelle la tradition autocratique Panchayat." Le système Panchayat était le système monarchique sans parti de 1962 à 1990. Les médailles ont été distribuées aux proches du gouvernement (et notamment aux chefs des quatre agences de sécurité...).

 

Cela a mené à une manifestation des familles des martyrs aujourd'hui. La manifestation a tourné à l'affrontement avec la police après que cette dernière ait chargé le rassemblement pour le disperser.

 

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Lundi 31 mai 2010 1 31 /05 /Mai /2010 10:30

Malgré l'accord signé par les trois plus grands partis (Congrès Népalais, UML et PCUN-maoïste), le premier ministre s'accroche à son poste. Le Congrès Népalais et l'UML, ainsi que les 10 partis présents au gouvernement, demandent aux maoïstes de se transformer en "parti civil" avant que le premier ministre démissionne... La transformation en "parti civil" nécessiterait un démantelement des structures paramilitaires de la YCL (organisation de jeunesse affiliée au PCUN-maoïste) et à un accord sur le nombre de combattants maoïstes devant être intégrés dans l'Armée Népalaise.

 

Le PCUN-maoïste a demandé au Congrès Népalais et à l'UML de respecter l'accord de vendredi soir et de l'appliquer. Le Parti a également dénoncé les partis gouvernementaux d'interpréter l'accord à leur guise. "Les déclarations des partis dirigeants à propos de l'accord nous ont rendus sérieux," a affirmé Dina Nath Sharma, porte-parole du Parti maoïste. Selon Kiran, si le premier ministre ne démissionne pas d'ici quelques jours, le pays sera touché par une crise morale.

 

La fraction de KP Oli de l'UML voudrait même le voir devenir le prochain premier ministre. Ce dirigeant de l'UML est reconnu pour être un ardent opposant et critique des maoïstes. Il est parti hier pour New Delhi. Il est également reconnu pour avoir des relations privilégiées avec les dirigeants indiens s'occupant des affaires népalaises.

 

Bref, l'accord de dernière minute n'a pas réduit les différences entre les partis et la confrontation politique devrait continuer. Pourtant, l'accord prévoit de privilégier le consensus...

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Samedi 29 mai 2010 6 29 /05 /Mai /2010 14:19

Finalement, le mandat de l'Assemblée Constituante a été prolongé d'un an à la dernière minute. Cela s'est passé vendredi soir aux alentours de minuit.

 

Après que les 4 partis Madhesis et 64 parlementaires de l'UML demandent conjointement avec les maoïstes la démission du premier ministre Madhav Kumar Nepal de l'UML, un accord a finalement été atteint.

 

Tous les termes de l'accord ne sont pas connus mais voici les trois points principaux :

 

"1. Afin d'amener le processus de paix à une fin logique et accomplir l'objectif historique d'écrire une Nouvelle Constitution, nous nous engageons ici à accomplir nos tâches dans le consensus et l'unité.

 

2. Nous acceptons d'étendre le mandat de l'Assemblée Constituante pour une période d'un an afin d'accomplir les tâches finales pour l'écriture de la constitution.

 

3. Afin d'accomplir les travaux et responsabilités susmentionnés nous acceptons de former un gouvernement d'Unité Nationale par le consensus et assurons que le premier ministre du gouvernement de coalition actuel est prêt à donner sa démission."

 

Le premier ministre n'a donc pas encore démissionné mais s'est engagé à le faire au plus vite.

 

Aujourd'hui, samedi 29 mai, le Parti Communiste Unifié du Népal - maoïste par l'intermédiaire de Baburam Bhattarai a dévoilé son modèle de constitution.

 

L'ébauche de constitution intitulée "Constitution Républicaine Populaire Fédérale" propose un Président comme chef exécutif du gouvernement et de l'Etat pouvant être rappelé avant que son mandat expire "si le peuple le souhaite".

 

Les maoïstes proposent un gouvernement d'unité dans lequel tous les partis présents dans le parlement unicaméral central de 245 membres seront représentés. Cela mène donc à un gouvernement sans opposition.

 

La structure de l'Etat a été divisée en quatre partie : centrale, état (région), locale et région administrative spéciale. Un total de 14 Etats a été proposé avec un parlement unicaméral dans chaque état (composé de 15 à 45 membres selon la taille de la population).

 

Une justice à trois niveaux (centrale, état (région) et locale) a été proposée ainsi que 11 comités constitutionnels.

 

Lors de ce meeting, Baburam Bhattarai a affirmé que cette constitution créera la base pour le socialisme. Il a également dit que si la constitution n'a pas pu être rédigée à temps, c'est à cause de l'idéologie anti-républicaine du premier ministre Madhav Kumar Nepal (ce dernier a récemment affirmé ne pas être d'accord avec le principe de l'Assemblée Constituante pour écrire la constitution...).

 

Baburam Bhattarai a défini l'accord pour l'extension du mandat de l'AC d'hier soir "un accord rédigé sur un chèque" et que le Parti maoïste saurait comment l'encaisser même s'il était en bois.

 

Il a menacé d'enterrer les forces anti-progressistes.

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Vendredi 28 mai 2010 5 28 /05 /Mai /2010 11:10
Nous avons reçu cet article de la part d'Henri Sigayret, alpiniste français installé depuis 20 ans au Népal. Vous pouvez visiter son site http://nepalsherpasig.fr/. L'article est paru dans le bulletin de la Maison de la Montagne de Grenoble : http://www.grenoble-montagne.com/modules/smartsection5/item.php?itemid=1058.
Merci à Henri Sigayret de nous avoir fait part de ses écrits.
CSFN
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NEW NEPAL

Le Népal, le véritable Népal, le Népal estimable n’est pas dans Thamel, le quartier touristique de Kathmandu. Il n’est pas autour des grands stupas qui ne sont que des Lourdes bouddhiques à la spiritualité baignant dans le mercantile. Et il n’est évidemment pas dans les régions de trekking intensif : Khumbu, Annapurna, Langtang..., qui sont au Népal, ce que la Côte d’azur et le massif de Chamonix sont à la France.

 

L’aficionado, le curieux du Népal, savent que ce pays est le plus pauvre de l’Asie. Qu’il est plus pauvre que le Benglha-desh considéré comme le pays symbole de la misère sur la terre par les Occidentaux.

 

Politiquement, le Népal, jusqu’à sa deuxième révolution en 2006, était un pays dans lequel régnait une monarchie absolue ou quasi absolue. Et cette monarchie était étayée par des privilégiés, à savoir des membres des hautes castes hindouistes. Celle des bahuns-brahmanes et celle des chétris. Aux premiers qui sont les prêtres de l’hindouisme et possèdent de ce fait une puissante influence sur des populations analphabètes à 50%, les postes de la haute administration, aux seconds le haut commandement de l’armée et de la police. Sous cette aristocratie népalaise la masse des gens de basse caste : dalits, paysans sans terre, serfs-kamalayias et les Tribaux-Indigenous : Bothes, Magars, Gurungs, Tamangs, Kirats, Magis, Tharus... Tous regardés par les gens des hautes castes, avec le même regard que notre noblesse de 1789 portait à nos manants. Le Népal présentait donc une stratification sociale comparable à celle de notre ancien régime et il est normal que des mouvements de contestation allant jusqu’à une guerre civile et à des révolutions se soient enchaînés.

 

Le dialogue est difficile entre des Népalais révoltés et les membres de nos sociétés apaisées dans lesquelles les manifestations de revendications sociales sont plus près des promenades digestives que des luttes sauvages. Le sens des mots est différents dans les deux sociétés Combien de mots du vocabulaire révolutionnaire sont devenus obsolètes chez nous : peuple, féodalité, noblesse, ancien régime, révolution... ! Et maoïste ! Les révolutionnaires népalais n’ont-ils pas baptisé leur mouvement maoïste ! Un mot rejeté par tous en France ! Pourtant, il faut comprendre que pour ces Népalais le mot maoïste n’est pas porteur des fautes commises par Mao Zedong devenu Président de son pays. Il leur rappelle la Longue marche victorieuse de son armée contre celle de Tchank Kaï chek –d’ailleurs équipée et armée déjà par les Etats d’Unis !- Le mot maoïste sous-entend pour les révolutionnaires népalais, la victoire des coolies sur les mandarins. Il est de plus, depuis peu, la marque de la victoire économique du communisme façon chinois sur le capitalisme-mondialiste occidental en déclin. Sens des mots différents : quel parti politique de gauche, quel syndicat français fait aujourd’hui référence à Marx et à Lénine ? Pourtant ces noms sont dans le vocabulaire quotidien des Népalais révolutionnaires. Logique, ils sont pour eux ce que les noms de Jean Jacques Rousseau et de Voltaire étaient à nos Sans culottes.

 

Faut-il condamner les maoïstes népalais parce qu’ils ont choisi un mot rejeté par les Occidentaux ? Faut-il les critiquer par ce qu’ils ont, sous ce nom, lutté pendant dix ans  contre l’arbitraire et la féodalité. Faut-il également, j’entends ici ce refrain : condamner la révolution népalaise parce que les révolutions se terminent toujours mal ? Celle de 1789 a conduit à la Terreur, celle des Soviets à Staline, celle de Mao Zedong aux fautes qu’il a commises. Oui ? A ce compte il fallait que nos Sans culotte acceptent l’ancien régime, que les moujiks  russes conservent leurs seigneurs et leur tsar, que les coolies chinois conservent leurs mandarins et leur empereur.

 

Après dix années de guerre civile et une deuxième révolution les maoïstes vainqueurs ont défait la monarchie et implanté une République népalaise. Enorme victoire. Hélas bien courte, rapidement, les forces de droite ont repris le pouvoir. Aujourd’hui le pays est gouverné par une coalition qui comprend des royalistes de l’ancien régime, des membres du Nepali Congres, le parti des gens de caste, le tout, honte suprême, sous la direction du parti Union Marxiste Leniniste (sic) qui n’a de révolutionnaire que le nom.

 

Nous sommes quelques Français à manifester notre réprobation, à vouloir montrer aux maoïstes népalais qui viennent de commencer une grève générale illimitée qu’ils ne sont pas oubliés. Seriez-vous de ces Français à participer à la rédaction d’un site New Népal ? D’une association même informelle ? Seriez-vous quelques élus de gauche qui accepteraient de vous rapprocher de ces Sans culottes népalais ?

 

Sigayret, Kathmandu, mai 2010.

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Jeudi 27 mai 2010 4 27 /05 /Mai /2010 19:06

Après plusieurs jours de discussions et de négociations qui n'ont rien donné du tout, le Parti Communiste Unifié du Népal - maoïste a décidé de ne pas étendre le mandat de l'Assemblée Constituante dans ces conditions et a même émis une réserve sur la pertinence de poursuivre les pourparlers. La seule condition serait la démission du gouvernement actuel dirigé par Madhav Kumar Nepal.

 

Ce dernier, ainsi que son parti l'UML, ont réaffirmé qu'il ne démissionnerait pas.

 

Les maoïstes devraient, comme ils l'ont annoncé, rendre publique leur constitution populaire le 29 mai au milieu de grandes manifestations.

 

Pas d'autres nouvelles pour l'instant.

Par Comite de Solidarité Franco-Népalais - Publié dans : Actualités du Népal - Communauté : les anti-capitalistes
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Jeudi 27 mai 2010 4 27 /05 /Mai /2010 10:14

Voici la traduction d'un article de Gaurav, secrétaire du Parti Communiste Unifié du Népal - maoïste, publié par le Parti Communiste maoïste de France sur leur blog http://drapeaurouge.over-blog.com. L'original est disponible dans The Red Star, publié sur le site internet KrishnaSenOnline.org et disponible en version PDF ici : The Red Star - May 2010).

 

Bonne lecture !

 

Comité de Solidarité Franco-Népalais

 

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SITUATION INTERNATIONALE FAVORABLE OU DEFAVORABLE ?

Par C.P.Gajurel ‘Gaurav’
Secrétaire du Parti Communiste Unifié du Népal -maoïste


 
http://futurrouge.files.wordpress.com/2010/03/nepali-maoists_24014s.jpg

 Le mouvement communiste est un mouvement internationaliste. Le but de tous les communistes, à condition qu’ils soient vraiment communistes, est le communisme. Il ne faut pas se laisser abuser par les distorsions du communisme, que ce soit ‘le communisme national’ ou ‘l’euro-communisme’. L’internationalisme des communistes est caractérisé par le principe suivant : « ou bien nous l’atteignons tous ou bien personne ». C’est la base de l’internationalisme prolétarien.

La situation internationale n’est pas comme l’internationalisme prolétarien. Mise à part la situation nationale, qui est décisive, le mouvement communiste est indubitablement influencé par la situation internationale à un moment donné. Le développement du mouvement communiste dans un pays particulier dépend à coup sûr de la situation internationale favorable ou défavorable. Le succès ou l’échec de la révolution dans un pays dépend aussi grandement de la situation internationale favorable ou défavorable.

Souvent, la question de la ‘situation internationale défavorable’ est utilisée (à tort) par les droitistes ou les révisionnistes pour justifier leur dégénérescence de communiste ou révolutionnaire en révisionniste ou politicien bourgeois. Aucun révisionniste dans le monde ne se déclare révisionniste ; ils essayent au contraire de montrer qu’ils sont révolutionnaires et toujours communistes.

La classe capitaliste est une classe qui exploite et opprime. Il est donc tout à fait naturel que les politiciens qui représentent ouvertement les intérêts de cette classe ne parviennent pas à gagner l’adhésion des larges masses. Ainsi, afin de gagner le soutien des larges masses, les révisionnistes, qui représentent les intérêts de classe de la bourgeoisie, se déguisent-ils en « communistes ». Ils dénaturent la ligne et la situation révolutionnaires pour servir la bourgeoisie. Ce sont eux qui sabotent la révolution de l’intérieur.Des mots tels que « Communisme », « révolution » sont les masques sous lesquels les révisionnistes cachent leur vilaine face bourgeoise.

Les révisionnistes de notre époque prolongent, retardent ou arrêtent toujours la révolution sous prétexte de « situation internationale défavorable ». Ils entretiennent depuis très longtemps l’idée qu’aucune révolution ne peut avoir lieu si la « situation internationale est défavorable » et pour eux « une situation internationale défavorable » est permanente.

La conclusion est donc que la révolution ne peut pas se faire actuellement. En conséquence, quand nous évaluons la situation internationale, nous ne devons pas être victime de cette permanence de « situation défavorable donc pas de révolution ».

Nous devons être objectifs dans notre évaluation de la situation internationale. Nous devons adopter une approche maoïste lorsque nous évaluons la situation internationale. Il y a vraiment des facteurs défavorables que nous ne pouvons pas ignorer. D’autre part, il y a certains facteurs favorables dont nous devons tenir compte. Essayons d’esquisser un bref bilan des aspects lumineux et aussi des aspects sombres de la situation internationale actuelle pour faire la révolution.

Absence d’une organisation internationale


Nous n’avons pas de puissante organisation internationale ni de centre puissant des partis communistes en ce moment. La Troisième Internationale qui fut initiée et dirigée par Lénine lui-même a été démantelée pendant la Deuxième Guerre Mondiale sur l’ordre des pays capitalistes et impérialistes afin d’ouvrir la voie pour un « front uni antifasciste » contre l’Allemagne impérialiste et fasciste.

Il semble que l’intention de Staline, qui était le principal dirigeant de la Troisième Internationale après la mort de Lénine, n’était pas de dissoudre l’Internationale Communiste d’une façon permanente. Staline a formé le COMINFORM (Centre Communiste d’Information) sous sa direction à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Mais il a été loin d’atteindre le niveau de développement d’un centre comme le COMINTERN. Peu à peu, le Cominform est devenu passif et virtuellement mort.

Aujourd’hui, nous avons un centre embryonnaire de partis et d’organisations communistes, le Mouvement Révolutionnaire Internationaliste (MRI). Mais sa puissance est limitée.

Absence d’un bloc socialiste

Il est vrai qu’il n’existait pas de centre international comme le Comintern pendant la révolution chinoise qui a été victorieuse en 1949. Mais il y avait la Russie socialiste et le bloc socialiste international qui ont apporté un soutien significatif à la révolution chinoise. Nous n’avons pas un tel bloc international socialiste aujourd’hui. C’est le côté le plus sombre de la situation internationale actuelle. Il semble que s’il y avait eu une base socialiste internationale, la Révolution de Nouvelle Démocratie aurait triomphé il y a bien longtemps et la société népalaise aurait embrassé le socialisme maintenant.

Faiblesse du mouvement international de la classe ouvrière


Il est également vrai qu’il n’y avait pas non plus d’Internationale Communiste ni de bloc Socialiste en 1919 au moment de la révolution en Russie. Mais il y avait un puissant mouvement de la classe ouvrière en Europe et la révolution socialiste en Allemagne était sur le point d’aboutir. La force du mouvement de la classe ouvrière était un soutien très solide à la révolution russe. Mais nous n’avons actuellement aucun puissant mouvement de la classe ouvrière sur aucun continent.

L’hostilité des pays impérialistes n’est pas maximale

Il y a un facteur international commun lors des révolutions en Russie et en Chine, c’est que la révolution russe a triomphé pendant la Première Guerre Mondiale, et la révolution chinoise pendant la Seconde Guerre Mondiale. Cela ne signifie qu’une guerre mondiale soit un élément essentiel de la réussite de chaque révolution. Il convient de remarquer que durant la guerre mondiale, les puissances impérialistes s’entre-égorgeaient. Un pays impérialiste était l’ennemi d’un autre pays impérialiste. L’hostilité entre pays impérialistes était si féroce que l’existence de l’un dépendait de l’élimination de l’autre. Ils avaient peu de temps à consacrer à la lutte contre les forces communistes pendant les guerres mondiales. Il est certain qu’il existe une contradiction entre les diverses forces impérialistes aujourd’hui, mais elle n’a pas atteint le niveau d’hostilité qui irait jusqu’à l’élimination réciproque

La situation - donnée ou peut être créée ?

Quand nous parlons de situation internationale favorable, il faut considérer plusieurs aspects. Premièrement, la situation internationale est favorable à un moment donné et les révolutionnaires peuvent avoir l’opportunité d’utiliser la situation favorable comme soutien extérieur à la révolution. Si telle est la situation, c’est très bien. Tous les partis révolutionnaires souhaiteront qu’une telle situation se présente. Cette sorte de situation est toujours la bienvenue. Mais nos vœux ne déterminent pas tout y compris la situation internationale favorable.

Deuxièmement, le devoir des révolutionnaires est de créer une telle situation qui favorise le développement et le succès de la révolution. Les révolutionnaires n’attendent pas que la bonne fortune leur tombe du ciel. La situation peut ou non être entièrement favorable. Si nous ne pouvons pas créer une situation complètement favorable, nous devrions essayer de créer une situation relativement favorable. Si nous ne pouvons même pas créer une telle situation relativement favorable, nous devrions nous efforcer de créer une situation qui ne soit pas préjudiciable à la révolution. Ce qui se produit souvent, c’est que à l’ère de l’impérialisme et de la révolution prolétarienne, il est difficile pour les communistes révolutionnaires d’obtenir une situation internationale favorable toute faite.

Troisièmement, une situation favorable ou défavorable n’est pas un phénomène statique. Cela peut changer en fonction de la situation. Souvent, la révolution elle-même entraîne un changement de situation internationale et la situation est inversée. C’est la révolution elle-même qui amène le changement dans la situation internationale et une situation relativement défavorable devient relativement favorable ou du moins pas préjudiciable à la révolution. C’est une évidence en ce qui concerne la révolution népalaise. Quand nous avons déclenché l’historique Guerre Populaire le 13 février 1996, la situation internationale n’était pas du tout favorable à la révolution. Onze longues années de Guerre Populaire ont causé des changements tant sur le plan national que sur le plan international. Il est évident que la situation internationale est plus favorable aujourd’hui pour la révolution qu’elle ne l’était au début de la GP. Nous allons évoquer quelques facteurs émergents relativement favorables au niveau international.

Emergence de forces anti-impérialistes

Mao, dans son bilan de la situation internationale, est parvenu à la conclusion que l’Asie, l’Afrique et l’Amérique Latine sont les « maelströms » de la révolution mondiale. Cela reste vrai en partie. Il y a eu une vague révolutionnaire en Amérique Latine au temps de la révolution cubaine et donc dans les années 60 et 70. Après le sanglant coup d’Etat au Chili en 1972, le mouvement communiste en Amérique Latine a dû affronter de gros revers. Néanmoins, la lutte anti-impérialiste s’est poursuivie dans la plupart des pays d’Amérique Latine à un niveau différent. Depuis six ou sept ans, il y a une vague anti-impérialiste américain dans la plupart des pays sud américains. Des partis se réclamant du principe du « socialisme bolivarien » sont en train de gagner les élections présidentielles et parlementaires. Certains gouvernements comme celui du Venezuela ont déclenché la colère de l’administration nord américaine en nationalisant les grandes compagnies pétrolières propriétés de grosses firmes capitalistes US. Les autres « gouvernements socialistes » suivent la même ligne. Le gouvernement de Hugo Chavez a déchaîné la fureur US quand il a très récemment signé un gros contrat d’armement avec la Russie. Nous devrions considérer comme facteur favorable au niveau international ces récents développements en Amérique Latine. Ils devraient être considérés comme très significatifs en particulier quand il n’y a pas de bloc socialiste pour soutenir la révolution.

Grave crise économique

La grave crise économique qui a submergé le monde impérialiste a ébranlé le système impérialiste lui-même. C’est la plus grave crise économique secouant le système impérialiste depuis 70 ans. La crise n’est toujours pas surmontée. Les économistes assurent que la réplique de ce séisme économique est encore à venir et sera plus dangereuse. Le système impérialiste a été si affaibli qu’il est en train de lutter pour sa survie. Depuis de longues années, les mouvements révolutionnaires en Europe et aux USA sont en léthargie. La classe dirigeante craint un soulèvement à l’intérieur de sa citadelle. Il semble que le système impérialiste ne pourra pas supporter une nouvelle crise qui devrait se produire dans quelques années, semble-t-il parce qu’il n’y a pas de relèvement significatif. Une telle crise sera sans aucun doute surmontée par la révolution.

Attirance vers le socialisme

L’histoire su mouvement communiste a montré que le mouvement socialiste ou communiste ne peut pas être détruit par une intervention extérieure de la puissance impérialiste ; il est plutôt détruit de l’intérieur. Les tenants de la voie capitalistes à l’intérieur des partis communistes sont les véritables démolisseurs du mouvement communiste et du socialisme qui avait été construit grâce à une puissante révolution. Nous savons qu’au milieu du 20ème siècle plus de la moitié du globe et des peuples qui l’habitaient étaient libérés du capitalisme et bénéficiaient du socialisme.

Le monde était divisé en deux blocs rivaux –impérialisme et socialisme et il y avait un équilibre des forces. Le socialisme était une puissance montante alors que l’impérialisme était une puissance décadente. Le socialisme se dirigeait vers la victoire globale et le rêve communiste de Marx semblait sur le point de se réaliser. Mais la destruction du socialisme a commencé de l’intérieur même. La restauration du capitalisme a commencé à partir du premier pays socialiste du monde, la Russie en 1956 sous la direction de Khrouchtchev, qui était à la tête du Parti Communiste de l’Union Soviétique. Cela s’est propagé comme un incendie.

Plus tard la Russie a dégénéré en pays social impérialiste. Donc le vrai socialisme était détruit. Lors des années 90 une vague « anti-socialiste » appuyée par les USA a déferlé sur le bloc pro-soviétique qu’ils avaient coutume de nommer « socialiste »

Il semble que le vent anti-socialiste se soit essoufflé dans les pays occidentaux et qu’on s’y souvienne du socialisme. La raison en est que les pays capitalistes et impérialistes ont fourni aux masses quelques avantages de base afin de les persuader d’empêcher une révolution socialiste chez eux. Depuis la destruction du socialisme, les capitalistes n’ont plus à rivaliser avec le socialisme. Aussi, sont-ils en train de retirer un à un tous les avantages basiques qu’ils avaient accordés au nom de la « sécurité sociale ». Les pauvres n’ont pas d’allocations chômage, ou, s’ils en ont une, elle est misérable. Les pauvres ne peuvent pas se soigner. Aussi l’attirance pour le socialisme grandit, du moins la tendance à la haine du socialisme semble s’être tarie même dans les pays occidentaux où le « socialisme » a été détruit par de puissantes actions de masse. Nous devrions y voir une tendance positive.

Les contradictions inter-impérialistes existent toujours


A l’heure actuelle il n’y a pas de guerre mondiale. Mais les guerres existent, guerres régionales ou guerres par procuration. Ces guerres donnent naissance à de nouvelles forces anti-impérialistes et à des masses par millions qui se lèvent contre les agresseurs. La rivalité inter-impérialiste pour le pillage des richesses des pays opprimés n’a pas disparu et durera aussi longtemps que l’impérialisme. Lénine a dit « l’impérialisme, c’est la guerre » et cela reste vrai. C’est une bonne opportunité pour les communistes de tirer avantage de ces contradictions.

Des forces maoïstes de plus en plus puissantes

Après la mort de Mao, le Mouvement Communiste International a accusé un sérieux recul. Le déclenchement de la GP au Pérou dans les années 80 et son développement de défense stratégique en équilibre stratégique a fait naître un grand enthousiasme chez les communistes révolutionnaires au niveau mondial. Mais malheureusement la révolution péruvienne a subi un gros revers avec la capture de son dirigeant suprême Gonzalo et de nombreux dirigeants importants du parti entre 1992 et 1994

Avant que ces événements aient pu causer de graves dommages dans le Mouvement Communiste International, la GP initiée au Népal sous la direction du Parti Communiste du Népal (maoïste) s’est développée par bonds et grandes enjambées. En 10 ans la révolution népalaise a atteint le niveau d’offensive stratégique ce qui a donné naissance à un formidable enthousiasme dans le monde entier. Au cours des dernières années la GP en Inde s’est développée à une allure très rapide.

Le gouvernement central de l’Inde affirme très souvent que « le mouvement naxalite (désignant souvent les maoïstes en Inde) représente la plus grosse menace pour l’ Etat indien ». Selon les informations, le Parti Maoïste d’Inde a établi une base d’appui au Dandakaranya, dont la superficie totale équivaut presque à la surface totale du Népal. La force croissante des maoïstes indiens est un événement positif pour la révolution au Népal.

Le facteur Chine-Inde-USA

Le Népal partage avec l’Inde, son voisin du sud, une frontière de 1800 km et une de 1000 km avec son voisin du nord, la Chine. Le Népal s’étend entre ces deux géants. Dans le passé il y avait des relations d’hostilité entre la Chine et l’Inde à cause de la guerre d’Indochine en 1962. Mais cette situation d’hostilité a disparu aujourd’hui. De même, les USA et la Chine entretenaient de très mauvaises relations dans le passé. Il ne semble pas qu’une telle hostilité se perpétue entre ces deux puissances. A l’heure actuelle, la Chine a de bons liens économiques et de bonnes relations commerciales avec les USA et l’Inde. Mais les USA, parce qu’ils sont la plus forte puissance impérialiste et la seule super-puissance, n’aiment pas la Chine « socialiste » en tant que pays prospère et puissant. Bien que les USA soient à l’heure actuelle la seule super-puissance, elle est en état de déclin. Les USA ne sont pas encore sortis de la crise qu’ils subissent depuis deux ans. Il devient de plus en plus difficile pour les USA de soutenir la compétition avec la Chine du point de vue économique. A ce jour, la relation entre la Chine et l’Inde n’est pas en si bonne santé que cela. Même le vieux problème de frontière entre les deux états n’a pas été résolu d’une façon amicale, en particulier dans l’Etat de l’Arunanchal Pradesh. La bonne entente entre le Pakistan et l’Inde est aussi un facteur de mésentente entre les deux voisins. En résumé, il y a comme une rivalité sous-jacente entre la Chine et les USA ; la Chine et l’Inde.

Dans les circonstances présentes, les USA se plaisent à contrôler la Chine de différentes manières. Le Tibet et le Dalaï Lama sont un des facteurs que les USA et également l’Inde utilisent pour contrôler la Chine. Selon les apparences, il y a de bonnes relations commerciales entre la Chine et l’Inde. Il n’en reste pas moins que l’Inde abrite le « Gouvernement en exil » du Dalaï Lama à Dharmasala, une ville de l’état indien de l’Himachal Pradesh. Le Dalaï Lama se bat toujours pour un « Tibet libre » avec le soutien des USA, de l’Inde et de nombreux pays impérialistes. Prenant avantage de l’état frontière avec le Tibet et d’un pays économiquement pauvre, qui dépend de l’Inde et des USA, ils essaient d’utiliser le Népal comme base pour mener un « mouvement pour un Tibet libre ». Se servant de la religion bouddhiste comme couverture, ils sont en train de concentrer leurs forces anti-chinoises dans la région himalayenne et aussi à Katmandou. Le risque grandit de voir le Népal servir de champ de bataille pour le « mouvement pour un Tibet libre».

Les dirigeants actuels de la Chine ont une assez bonne connaissance de la situation décrite ci-dessus. Ils savent que la plupart des partis politiques sont dévoués aux puissances étrangères et que ces partis au pouvoir serviront d’instruments pour faciliter le mouvement anti-chinois au Népal. Ils savent également que seul le Parti maoïste au pouvoir pourra freiner le « mouvement pour un Tibet libre » au Népal. C’est un élément très significatif qui peut servir de facteur favorable pour la révolution népalaise et le Nouveau Népal.

Conclusion

Ce que nous avons exposé ci-dessus montre qu’aujourd’hui la situation internationale n’est pas clairement favorable à toute révolution conduite par un véritable parti communiste dans le monde actuel.

Jouir d’une situation internationale favorable toute faite, c’est le rêve et à coup sûr nous nous réjouirons tous si cela se produit. Mais trouver une telle situation est très difficile. Notre responsabilité ne se réduit pas à analyser la situation et à déclarer que la situation n’étant pas favorable, la révolution ne peut pas se faire ni au Népal ni en aucune autre partie du monde. A l’heure actuelle, nous constatons que cette situation internationale défavorable est devenue un prétexte pour les partis réformistes et les partis « communistes » dégénérés pour justifier leur dégénérescence en réformisme et révisionnisme. Le MLM nous enseigne que si la situation n’est pas favorable, nous ne devons pas rester les bras croisés mais nous devons nous activer à transformer la situation défavorable en situation favorable. Un autre point important est que la force de la révolution peut changer la situation défavorable en situation favorable.

En ce qui nous concerne, quand nous avons déclenché la Guerre Populaire au Népal la situation n’était pas favorable. Aujourd’hui, elle est beaucoup plus favorable que celle de 1996. Le développement de la GP a créé une situation plus favorable ou moins défavorable. Nous pouvons conclure que la situation internationale actuelle n’est pas très favorable à la révolution, mais elle n’est pas non plus si défavorable. Si l’initiative du Parti Maoïste s’accroît très fortement, cette situation deviendra moins défavorable et même favorable dans une certaine mesure.

En conséquence, pour les vrais communistes révolutionnaires, la situation internationale actuelle n’est pas un obstacle d’une si grande importance et le mouvement révolutionnaire peut s’amplifier et la révolution réussir. Espérons que la révolution népalaise pourra triompher dans un avenir proche !

Le Secrétaire du PCUN-maoïste

Par Comite de Solidarité Franco-Népalais - Publié dans : Analayses, témoignages,...
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Mercredi 26 mai 2010 3 26 /05 /Mai /2010 12:23

Le blog Servir le Peuple nous a fait parvenir une traduction de l'interview du porte-parole du Parti Communiste d'Inde (maoïste). Nous le publions dans sa version définitive après un travail de correction de notre part. L'article original se trouve ici :  Frontlines of Revolutionary Struggle.


Comité de Solidarité Franco-Népalais

 

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Interview avec Gopalji, porte-parole du Comité spécial de secteur du Parti communiste d’Inde (maoïste) dans une forêt du Jharkhand, Inde orientale

 

par Alpa Shah

Le communisme dans le reste du monde semble s'être effondré. Quel espoir avez-vous de réaliser un Etat socialiste en Inde ?

La proclamation qu'il n'y a aucun espoir pour le socialisme et le communisme, que ceux-ci sont morts, n'est que de la propagande lâchée par les impérialistes et les apologistes du capitalisme. Le 20ème siècle a vu la première vague des révolutions menées par les classes ouvrières et les masses laborieuses des Partis communistes dans diverses régions du monde - la Révolution Russe, la Révolution Chinoise, la Révolution au Vietnam et beaucoup d'autres. Le 21ème siècle verra une nouvelle vague des révolutions menées par les partis communistes tels que le nôtre en Inde.

La transformation socio-économique et politique massive prend du temps. La bourgeoisie a mis au moins 400 ans pour remporter la victoire sur le féodalisme et même alors, ils sont entrés dans des alliances contre-nature avec les féodaux afin de combattre les classes ouvrières. Ces alliances sont encore aujourd'hui répandues dans beaucoup de pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine afin d'arrêter les révolutions des masses laborieuses menées par les Partis communistes.

Après la IIe Grande Dépression, la récente crise économique, il reste très peu de tenants de la philosophie bourgeoise TINA (There Is No Alternative), "il n'y a aucune alternative", au capitalisme. Beaucoup d'intellectuels, beaucoup de personnes dans les pays développés, dans les pays capitalistes, se sont tournés vers Le Capital de Marx. Les développements récents dans le monde ont prouvé la théorie de Marx, l'invincibilité du marxisme et l'inévitabilité du socialisme et du communisme. Seuls le socialisme et le communisme peuvent supprimer la faim, la pauvreté et l'inégalité et résoudre des problèmes, du type changement climatique, auxquels notre planète fait face. En Inde nous essayons de réaliser une Révolution de Nouvelle Démocratie en tant qu'élément des révolutions socialistes du monde.
 
A quelle étape êtes-vous dans la révolution indienne ?

En général nous sommes dans la phase de la guerre de guérilla. Ceci signifie que la lutte armée contre l'Etat est la forme principale de lutte et l'organisation armée est la forme principale d'organisation.

Dans quelques endroits, comme dans le Dandakaranya et dans quelques parties du Jharkhand, nous avons formé les Comités Populaires Révolutionnaires (CPR) qui sont les organes du pouvoir populaire alternatif. Si cela continue, nous pourrons établir des bases d’appui. Les bases d’appui sont des endroits où l'ennemi, les classes dirigeantes (c'est à dire la grande bourgeoisie indienne et les propriétaires terriens) n'ont aucun organe de pouvoir - aucuns militaires, aucune force de police, aucun appareil administratif - et où le peuple développe ses propres organes de pouvoir, sa propre armée et ses propres appareils administratifs pour faire appliquer les politiques économiques du peuple par le gouvernement populaire. Notre objectif immédiat est d'établir des bases d’appui dans certaines poches de notre pays.

Quelles sont les stratégies que vous employez pour réaliser une base d’appui ?

Notre idéologie guide est le marxisme-léninisme-maoïsme. Notre stratégie est la « guerre populaire prolongée ». Le Camarade Mao nous a enseigné que les nations pauvres, les nations où les systèmes semi-coloniaux et semi-féodaux existent, doivent prendre le chemin de la guerre populaire prolongée - création de bases dans la campagne puis encerclement des villes par la campagne. C'est la stratégie adoptée par le Parti communiste ici en Inde et c'est la stratégie adoptée par les maoïstes dans les pays semi-coloniaux et semi-féodaux partout dans le monde. En Inde, il y a certains changements ; ce n'est pas exactement semblable à la pré-révolution en Chine. Ainsi nous avons apporté certaines modifications dans nos tactiques pour nous adapter aux changements dans nos conditions concrètes.

Quelles sont les principales différences entre les conditions qui ont existé à l'époque de la guerre populaire prolongée en Chine et les conditions en Inde aujourd'hui ?

Internationalement, nous fonctionnons dans un monde où il n'y a aucun pays ou base socialiste d’où avoir de l'aide. Après la 2ème Guerre Mondiale, les diverses luttes de libération nationales ont forcé les impérialistes à renoncer à la vieille forme de domination coloniale directe. Ils ont donc recouru aux formes néo-coloniales d'exploitation. Intérieurement, l'Inde a maintenant un Etat centralisé et militarisé qui a atteint les parties les plus éloignées du pays. Le transport et les communications sont bien plus développés. Les chefs de clan qui avaient leurs propres armées dominaient la campagne chinoise.
 
En Inde nous n'avons pas une telle situation. L’abominable hiérarchie de caste avec un ordre brahmanique strict est l'épine dorsale du féodalisme indien et il y a développement inégal dans chaque aspect des domaines socio-économiques et culturels. Les classes dirigeantes indiennes ont dirigé ce pays pendant plus de 60 années dans un cadre soi-disant "démocratique". L'Inde a une classe petite bourgeoise urbaine beaucoup plus grande et une force de la classe ouvrière énorme. C'est un pays de nombreuses nationalités aux divers niveaux de développement. L'Inde a une longue histoire de la pratique révisionniste qui a toujours une influence considérable sur les masses laborieuses et ces révisionnistes se sont prouvés être des apologistes de ce régime réactionnaire.

Il y a également de grandes différences dans le processus de bâtir une armée et des bases d’appui. En Chine ils avaient déjà une base d’appui et une armée. Même avant la formation du Parti Communiste, le Guomindang menait une révolution démocratique bourgeoise contre l'impérialisme et le féodalisme. Nous n'avions ni un base d’appui ni armée lorsque nous avons commencé. Nous avons commencé par un petit peloton et avons pu former l'Armée Populaire de Guérilla de Libération. Ainsi notre lutte sera plus longue et différente. De plus, nous avons de vastes régions de plaines qui ont besoin d’être traitées quelque peu différent que les régions accidentées et couvertes de forêts. L'importance du travail urbain et du besoin d'organiser la classe ouvrière est plus grande dans notre pays. Mise à part l’organisation d’un Front uni stratégique des quatre classes, nous faisons également un effort spécial pour organiser les adivasis, les dalits, les femmes, les minorités et les diverses nationalités.

La bourgeoisie indienne existe sous une certaine forme même dans les régions reculées de l'Inde. Nous voyons les effets du capitalisme dans tous les recoins des villages reculés ici – les gens  veulent des motos, des téléphones portables, les notions de propriété privée, d’individualisme. Quel espoir avez-vous de créer un ensemble alternatif de valeurs dans le monde ?


Les gens savent que notre Parti lutte pour une Inde structurée autour des principes d'égalité. Nous voulons une Inde où les individus ne peuvent pas amasser du Capital et de la propriété privée tout en menant simultanément de grandes sections de la société dans la pauvreté. Nous sommes ici pour construire une Inde sans corruption, où la corruption, la malhonnêteté et les mensonges n'ont pas leur place ; et où l'honnêteté, le travail et la vérité sont récompensés. Ils savent également que nous luttons contre les discriminations basées sur le genre, la caste, la religion et d'autres identités sectaires. Par exemple nous encourageons les mariages inter-castes. Nous voulons une société où personne n'est plus gros ou plus grand sur la base de sa naissance.

Pendant que les effets du capitalisme et ses valeurs affiliées sont certainement [présents] dans la campagne rurale, une vaste section de la société est contre ses effets corruptifs et dégradants. Généralement les paysans et les ouvriers soutiennent les valeurs pour lesquelles nous luttons. Ils participent aux luttes, sur la base de ces valeurs, que notre Parti organise. Ils sont férus de nos troupes culturelles, lisent les magazines et écoutent les cassettes et les Cd que nous réalisons. Nos sympathisants apprécient et favorisent également les valeurs qui sont perpétuées au sein du Parti. Par exemple, la hiérarchie de caste n'a pas de place dans notre communauté. Les gens de différentes castes mangent dans le même plat parmi nos cadres : un concept qui est généralement impensable pour beaucoup de personnes en dehors de notre Parti.

Les femmes sont traitées également aux hommes et il n'y a aucune répartition des tâches basée sur le genre dans le Parti. Nos cadres ne reçoivent pas de salaire ; ils vivent une vie simple qui répond à des besoins fondamentaux sans luxes inutiles. Ils apprécient les valeurs et les visions de la vie qui sont créées au sein du Parti et sont ici pour les promouvoir au delà du Parti. Il y a beaucoup d'espoir que ces valeurs se répandront comme le feu à travers la campagne indienne, en dépit des efforts de la grande bourgeoisie indienne de les piétiner, parce que nos sympathisants augmentent quotidiennement.

Pourquoi boycottez-vous les élections dans vos bastions ?


Le parlement et la constitution indiens représentent réellement la classe de la grande bourgeoisie et la classe des grands propriétaires terriens - pas le peuple, pas les masses des travailleurs ou les classes moyennes de l'Inde. Ainsi pour n'importe quel changement basique, si vous voulez apporter n'importe quel changement basique dans les vies des masses ordinaires, vous devez d'abord amener une nouvelle constitution et un parlement basé sur cette nouvelle constitution. N'importe quelle action comme la participation aux élections renforcera en fait le même parlement réactionnaire qui cause le ravage, qui cause la tragédie dans les vies des gens ordinaires. C'est pourquoi nous invitons le peuple à boycotter les élections. Ils doivent boycotter le parlement lui-même, qui est réactionnaire et anti-populaire.


L'Inde est souvent décrite comme une des plus grandes démocraties du monde. Clairement vous êtes en désaccord ?

L'Inde n'est même pas une démocratie bourgeoise. C'est en réalité un Etat semi-colonial et semi-féodal. La grande majorité du peuple en Inde n'a aucun droit démocratique. Le transfert de pouvoir des Anglais en 1947 s'est fait entre les mains de la bourgeoisie compradore indienne et des grands propriétaires terriens - les serviteurs patentés des colonialistes. En fait, ces deux classes ont servi les impérialistes britanniques dans l'Inde Britannique avant l’indépendance.

La grande majorité du peuple n'a obtenu aucun droit. Le nouveau gouvernement a parlé de la réforme agraire mais dans la pratique il n'a pas donné la terre aux cultivateurs réels. Les gens n'ont pas acquis des opportunités égales d’emploi, ou d’accès à la santé et aux infrastructures scolaires. La corruption est devenue un mode de vie en Inde. Maintenant des dizaines de millions de personnes meurent de faim et de maladies. On ne permet pas aux gens de parler ouvertement et de s'organiser, bien qu'ils aient écrit des dispositions pour tant de choses dans leur constitution. En fait la constitution a transposé la majorité des lois de la domination coloniale et a été préparée sous ses instructions. Comment est-ce qu'une bureaucratie, qui servait le colonialisme jusqu'à hier, peut devenir démocratique, pro-peuple et patriotique en une nuit ? Ainsi, cette proclamation de l'indépendance de 1947 ne l’est en fait pas pour une grande partie du peuple indien qui n'a obtenu aucun droit démocratique. De plus, le parlement indien obéit aujourd'hui aux préceptes de l'OMC et de la Banque mondiale. Il met en réalité en œuvre les instructions de l'impérialisme US - le chef de clan de l'impérialisme mondial.

Les classes dirigeantes indiennes clament que l'Inde est une république fédérale et laïque. Mais combien fédérale est-elle ? Le peuple du Cachemire lutte pour l'application des résultats du plébiscite pour un Cachemire séparé et les peuples du Nord-Est luttent pour leur cause, pour leurs propres nations. Observez comme le Gouvernement Indien les traite brutalement. Analysez les relations entre le Centre et les États. Ils prétendent que les gouvernements provinciaux ont beaucoup de pouvoir. Mais le pouvoir est en réalité centralisé à Delhi et les relations du Centre avec les États sont très féodales. Le gouvernement central n'est pas intéressé par le pouvoir décentralisé aux gouvernements des États. Quand le Capital est concentré entre les mains de la grande bourgeoisie compradore, soutenue par les impérialistes, comment pouvez-vous attendre la décentralisation du pouvoir ? En ce qui concerne la déclaration d'être un pays laïc, vous avez vu les massacres des minorités initiés et favorisés par l'Etat au fil du temps. Leurs déclarations que l'Inde est une république démocratique, fédérale et laïque sont une grande farce.

 

Que signifie la démocratie pour vous ?

Notre objectif immédiat est de réaliser une Révolution de Nouvelle Démocratie. En Inde de Nouvelle démocratie, le pouvoir sera aux mains d'une alliance de quatre classes - un Front uni stratégique où il n’y a pas qu’une seule classe au pouvoir - les ouvriers, les paysans, la petite bourgeoisie et la bourgeoisie nationale. Ce nouvel État libérera les paysans des chaînes du féodalisme. Il libérera le Capital national du Capital financier et compradore, confisquera les finances et les grands capitaux et actifs, et annulera les prêts étrangers. Il saisira la terre en surplus des propriétaires fonciers et la distribuera entre les paysans sans terre et pauvres. Il éradiquera chaque cas d'impérialisme et de féodalisme dans le domaine de l'économie, de la culture et de la politique.

La Révolution de Nouvelle Démocratie amènera ainsi une République d’Inde démocratique véritablement fédérale et laïque qui donnera aux nationalités opprimées le droit à l'autodétermination et même à faire sécession. Cette Inde ne favorisera aucune religion : la religion sera une affaire privée. Elle amènera une Inde dans laquelle les gens auront non seulement des opportunités égales dans le travail, les infrastructures médicales et scolaires mais également les conditions objectives pour que chacun y parvienne.

Le Front uni de l'alliance de quatre classes sera organisé sous un organe décentralisé du pouvoir populaire appelé Comités Populaires Révolutionnaires (CPR). Les CPR représenteront la majorité du peuple d'Inde et seront élus par un corps véritablement représentatif du peuple. En fait, dans la campagne où notre lutte est actuellement forte, en particulier dans le Dandakaranya et le Jharkhand, ce Front uni, quelles que soient les classes présentes dans les villages, est déjà organisé sous les Comités Populaires Révolutionnaires (CPR). Dans le Dandakaranya nous avons des CPR au niveau de village, au niveau de bloc, et dans un ou deux endroits au niveau de district. Ceux-ci sont actuellement sous une forme rudimentaire, ils émergent tout juste.
 
Lors des dernières élections vous avez fait sauter des écoles et des hôpitaux dans les secteurs où vous avez une présence forte. Pourquoi ?

Dans nos zones de lutte, les forces paramilitaires de l'Etat établissent des camps de police dans les écoles. Vous trouverez des centaines d'écoles dans les zones de lutte où les forces ennemies ont établi des camps. Nous faisons sauter seulement ces écoles où la police établit régulièrement les camps militaires pour leurs opérations de ratissage - pas toutes les écoles.

Le cas de faire sauter un hôpital est rare. Il est en fait très rare d'avoir des bâtiments d'hôpital dans la campagne et même dans le cas où il peut y avoir des bâtiments d'hôpital, ils ne fonctionnent pas comme des hôpitaux : les médecins ne les visitent jamais et il n'y a aucun médicament. En ce qui concerne les écoles, ce gouvernement n'est guère intéressé à instruire les garçons et les filles des masses laborieuses. Vous pouvez voir les conditions du système scolaire, la manière dont ils privatisent le système scolaire tout entier et comment les garçons et les filles des gens ordinaires de l'Inde ne peuvent pas faire des études supérieures. Dans quelques endroits où nous avons fait sauter des écoles, nous avons parlé aux villageois, aux soutiens et aux sympathisants du mouvement, avant de les faire sauter. Et dans quelques endroits nous reconstruisons les écoles. Soyons clairs que lorsque nous faisons sauter des écoles nous nous assurons qu'il n'y a personne à l’intérieur, et que nous gérons également plusieurs de nos propres écoles dans les campagnes. Si le gouvernement cessait d'utiliser les écoles comme camps militaires, il n'y aurait aucun besoin de faire sauter les écoles. La Cour Suprême a récemment rendu le verdict que les écoles ne devaient pas être employées comme camps de police. Mais même après ce verdict les forces de sécurité n'ont pas évacué les écoles. Beaucoup d'écoles dans la campagne sont en réalité construites dans un objectif militaire, et la police humilie les élèves et entrave les études. C'est pourquoi nous sommes forcés de faire sauter quelques écoles.


L'Inde a réalisé des investissements énormes dans le développement de la nation. Pourquoi êtes-vous si critiques envers le programme de développement du gouvernement ?

Il y a deux choses. La première concerne les programmes de développement du gouvernement et la deuxième concerne plus largement leur concept du développement.

Tous ces programmes de développement sont en réalité une partie de leur stratégie de Conflit de Basse Intensité (CBI). C'est un programme de réforme et d'indemnité. Le Gouvernement Indien n'est pas intéressé par le développement des gens ordinaires. Même selon leurs propres estimations, 77% d'Indiens n'ont pas un revenu quotidien de 20 roupies. Ceci signifie que plus de 800 millions de personnes vivent dans de dures conditions. Ce sont des gens au-dessous du seuil de pauvreté. C'est le cas après 62 ans de soi-disant indépendance ! En 2000-2001, la disponibilité moyenne de céréales pour un Indien était de 157 kilogrammes, maintenant elle est à peine 140 kilogrammes. Telle est la situation pathétique que nous avons. D'autre part, quelques Indiens sont devenus milliardaires et l'Etat indien se vante de cela.

Ce que le Gouvernement Indien essaye réellement de faire par ces travaux de développement est de créer leur base sociale sous la forme de petits entrepreneurs et d'autres intermédiaires - nous les appelons becholia. Leur but est de détourner la jeunesse qui vient naturellement vers la révolution. Beaucoup de jeunes sont détournés par de petits contrats. Ce sont des balles enrobées de sucre. Observez simplement les projets de développement dans la campagne.

Encore aujourd'hui, plus de 65% de la population indienne est employée dans l'agriculture. Mais voyez l'état de l'agriculture. Ils ont oublié la réforme agraire - personne ne parle plus de cela maintenant. Il n'y a aucun programme pour l'exécution de la réforme agraire dans les campagnes. Que font-ils en fait ? Ils font des routes et des ponts afin de faciliter la mobilité de leurs forces armées. Même cette très médiatisée NAREGA, Loi Nationale Rurale de Garantie de l’Emploi, est un grand flop car elle comporte trop de lacunes. La corruption est partout. Les gens n'obtiennent pas de salaires. La prétention est de donner un emploi pendant 100 jours par personne. Mais les gens n'obtiennent aucun emploi même pour 10 jours. En plus, NAREGA ne fournit ni une forme permanente et stable d'emploi ni ne conteste la structure du pouvoir de l’inégalité dans nos campagnes.

Ainsi ce qu'ils essayent de projeter comme des projets de développement ne sont pas du tout du développement. Ils font partie de leur stratégie de Conflit de Basse Intensité pour combattre la lutte armée, la lutte du peuple de l'Inde.

Plus largement, il y a beaucoup à critiquer dans leur concept du développement. Le développement du pays ne devrait pas être lié au Sensex [CAC 40 indien] et au taux de croissance du PIB. Le gouvernement pense que le développement de la grande bourgeoisie compradore, des propriétaires terriens, de quelques bureaucrates et des multinationales est le développement du pays.


Pour nous le développement du peuple est réellement le développement du pays. Ils ne sont pas intéressés à résoudre les problèmes fondamentaux du peuple. Leur développement dépend de l'impérialisme qui empêche justement notre pays de devenir autonome. Suivant les instructions de la Banque Mondiale et de l'Organisation Mondiale du Commerce, le gouvernement favorise les politiques de globalisation, de privatisation et de libéralisation. Ils essayent de vendre nos ressources naturelles, notre terre, nos forêts, à la grande bourgeoisie indienne et à leurs maîtres impérialistes.

Par coïncidence, les ressources naturelles sont principalement concentrées dans les régions du Jharkhand, du Chhattisgarh, du Bengale-Occidental et d'Orissa où les maoïstes ont une présence forte. Plus de 80% des ressources naturelles de l'Inde sont là. Ils savent qu'à moins et jusqu'à ce qu'ils chassent les maoïstes, qu'ils suppriment les maoïstes de là, ils ne pourront pas vendre notre terre, vendre nos ressources naturelles ouvertement à leurs maîtres impérialistes. Je vais vous donner quelques exemples. A Singur ils ont vendu la terre aux Tata avec l'aide du soi-disant gouvernement de gauche. A Nandigram ils l'ont vendu à une bourgeoisie indonésienne, le groupe Salem. Et à Lalgarh ils l'ont vendu aux Jindal. Et dans les trois endroits, nous avons organisé des mouvements contre cette vente des terres cultivables des paysans et contre le déplacement des paysans. Et dans les trois endroits ils ont été forcés de se retirer.

En Orissa, au Jharkhand et au Chhattisgarh nous luttons contre le pillage par la grande bourgeoisie compradore du minerai de fer et du charbon. Et dans ces secteurs, les adivasis, principalement les adivasis mais également les non adivasis, les moolvasis, seront forcés d'évacuer leurs maisons et villages. Ils seront déplacés en grands nombres comme ils l'ont été dans le passé pour tant de projets de "développement". Donc maintenant nous luttons contre ce pillage. Nous combattons cette politique de libéralisation et de privatisation. C'est pourquoi ils disent que nous sommes contre ce genre de développement. Maintenant il faut que les gens voient qui est contre le développement des citoyens ordinaires.

Êtes-vous ainsi totalement contre le développement des mines ?


Non, nous ne sommes pas contre le développement des mines ou l'installation des usines. Nous sommes contre le pillage de nos ressources naturelles, de notre mère patrie, par la grande bourgeoisie indienne et leurs maîtres impérialistes qui les pillent seulement pour leur propre bénéfice. Le Gouvernement Indien n'est pas intéressé par ouvrir des usines et des mines pour le bénéfice des populations. Les populations dans ces secteurs seront forcées d'évacuer leurs secteurs. Les populations seront jetées dehors. Elles deviendront des salariés dans les villes. Elles seront déplacées en grands nombres comme elles l'ont été dans beaucoup de projets de développement auparavant. Dans des cas précédents où ils ont établi des méga projets à Bokaro, Tata, et d'autres endroits, les gens n’ont pas pu obtenir de compensation suffisante - la plupart des gens n'ont pas obtenu la terre ou les maisons ou des emplois corrects dans les usines qui ont été construites. Des centaines de milliers de personnes, adivasis et moolvasis, ont été déplacées.

Alors quelle est la garantie que ceci ne se reproduira pas ? C'est pourquoi nous organisons le peuple contre un tel pillage de nos ressources naturelles. Nous ne permettrons pas le pillage de notre terre et de nos ressources naturelles par les impérialistes et leurs alliés, la grande bourgeoisie indienne.

Sous un gouvernement maoïste quelques choses seront gardées à l'esprit avant d'ouvrir des usines et des mines dans ces secteurs. Premièrement, de telles usines et mines seront nationalisées et devront être employées pour l'intérêt du pays. Elles ne doivent pas être ouvertes pour le bénéfice de certains capitalistes, bourgeoisies et de sociétés multinationales. En Deuxièmement, en général les terres cultivables ne devraient pas être prises pour l'extraction minière et autres.

Troisièmement, si la prise d'une telle terre est inévitable, une compensation appropriée doit être donnée aux familles affectées. Elles devront recevoir la compensation appropriée pour la terre. Elles devront obtenir un emploi, elles devront recevoir des maisons, et quelques terres pour la culture. L’Etat de Nouvelle Démocratie s’occupera du bien-être des personnes déplacées. Quatrièmement, ces mines et usines doivent être respectueuses de l'environnement. Vous devez considérer les facteurs écologiques dans l'ouverture de ces usines et méga projets, car cela devient une chose essentielle dans nos vies, dans les vies de la civilisation humaine. Et cinquièmement, les gens doivent être mis en confiance avant que vous lanciez de tels projets ; ils doivent être impliqués dans la gestion de telles usines et mines. Dans notre État, quand nous construirons l’Inde de Nouvelle Démocratie, nous prendrons en considération toutes ces choses.


Vous dites que vous êtes contre la corruption. Cependant, on signale largement que vous vous financez par l'économie parallèle dans des contrats de développement passant par l'Etat. Comment justifiez-vous la participation aux systèmes mêmes de corruption contre lesquels vous êtes ?


Ce n'est pas de la corruption. C'est de l'imposition. Dans les zones de notre lutte, nous sommes l'autorité qui sert le peuple. Nous imposons donc ceux qui amassent la richesse par des programmes de développement importants et leurs contractants afin d'employer cette richesse pour le service de nos masses. Nous employons les fonds pour accélérer nos luttes et nous les employons dans des programmes radicaux de réformes sous la conduite des CPR. Nous avons des règles et des normes autour de la façon dont nous imposons les gens. Par exemple les grands contrats et opérations sont plus imposés que les petits. Nous n'imposons pas la construction des écoles, des hôpitaux, des petits réservoirs, des puits, etc. Nous avons également des règles et des normes autour de la façon dont nous employons les fonds rassemblés. Ainsi nous ne rassemblons pas simplement l'argent pour le gain privé - ce qui serait de la corruption. Nous rassemblons l'argent pour le service de nos masses laborieuses.

Vos luttes contre la corruption, contre la discrimination de caste, contre les valeurs féodales sont également les luttes d'organismes et d’ONG des droits de l'homme. Comment vous différenciez-vous de tels organismes ?

Les valeurs sociales, politiques et culturelles sont basées sur la structure économique. À moins que vous ne changiez le système économique n'importe quel discours de réformer les valeurs socioculturelles et politiques est juste une farce. Les ONG et les organisations gouvernementales des droits de l'homme défendent des causes sur une base individuelle et à partir du système. Les valeurs féodales et impérialistes font partie de leur système. Ces organismes sont nourris par le système lui-même. À moins que vous ne supprimiez le système, que vous renversiez le système, vous ne pourrez pas avoir un autre système qui favorisera un ensemble alternatif de valeurs, les valeurs démocratiques. Combattre des cas individuels de discrimination de caste ou de discrimination contre les femmes, ou de discrimination contre les dalits et les adivasis, ne nous mènera pas loin ; ça ne supprimera pas le système. Vous devez supprimer le système entier. Et afin de supprimer le système entier des valeurs féodales et impérialistes, vous devez prendre le pouvoir. Les ONG et les organismes de droits de l'homme ne sont pas pour la prise du pouvoir. Ils combattent dans les limites de la constitution élitiste de l'Inde. Dans la plupart des cas ils travaillent seulement comme soupapes de sécurité pour l'Etat dont la crédibilité s'érode rapidement. Ce sont les limites de leur conception.

Dans les secteurs du Jharkhand où le Parti a été présent pendant près de 20 ans, quels sont les accomplissements concrets des maoïstes ?


Le premier et le plus important accomplissement est que les masses laborieuses, les travailleurs sans terre et les pauvres paysans, ont émergé comme force politique et militaire en Inde. Dans nos zones de lutte l'autorité féodale a été démolie en grande partie. Le peuple en lutte a développé sa propre armée de guérilla sous la forme de l’Armée Populaire de Guérilla de Libération.


Le deuxième accomplissement important est la dignité et la place dans la société que les dalits et les adivasis ont atteinte face à la discrimination historique qu'ils ont subie. Les mauvaises pratiques telles que les abus contre les femmes, les abus contre les dalits et les adivasis, et la domination des castes supérieures et des étrangers dans les secteurs forestiers, tout ça est en train de changer.

Le troisième est l'émancipation des forêts qui étaient sous le contrôle du département des forêts, des fonctionnaires corrompus et répressifs des forêts. Même le personnel subalterne était très répressif et ils étaient contrôlés par les mafias et les propriétaires terriens. Les forêts sont maintenant complètement libérées et le peuple est libre d'utiliser les forêts selon ses besoins. Nous avons pu contrôler la déforestation.

Le quatrième est les accomplissements de la lutte antiféodale. Les gens dans nos zones de lutte jouissent des droits démocratiques. Nous avons saisi des milliers d'acres des terres des propriétaires terriens et dans beaucoup d'endroits, la plupart des endroits, les propriétaires ont été évincés des villages. Dans beaucoup d'endroits nous avons mis en application des plafonds de terre - plafonds parfois radicaux - décidés par notre Parti localement. Et l'excédent des terres a été distribué entre les paysans sans terres et pauvres. Dans beaucoup d'endroits, les paysans cultivent la terre.

Les salaires dans le Bihar et Jharkhand, dans l'agriculture, étaient très bas. Les salaires pour la récolte de kendu patta et d'autres matériaux des forêts tels que le mohalaun patta étaient également très bas. Ainsi nous avons organisé la population pour exiger une hausse des salaires. Maintenant les gens ont un salaire horaire comparativement meilleur. L'usure, qui est mahajani, a été largement supprimée. Vous ne trouverez plus le vieux genre de mahajan ou de bailleur de fonds dans les zones de lutte.

Dans nos zones de lutte nous avons arrêté le vol et le banditisme. Indépendamment de ceci, nous avons supprimé la vente aux enchères des réservoirs, des lits de rivière, des bazars, des vergers etc. par le gouvernement à de grands entrepreneurs. Maintenant ces ressources sont libres pour que le peuple les utilise.

Dans nos zones d'influence il n'y a presque aucune émeute communale. Les nervis Sangh ne peuvent simplement pas oser les organiser. Dans quelques endroits où ils ont osé, nous les avons punis, comme dans le cas de Swami Laxmanand à Kandhamal, Orissa.

Un autre accomplissement important est que jusqu'à maintenant nous avons pu limiter en grande partie l'exécution de divers protocoles d'accord que le gouvernement central et les gouvernements des Etats ont signé avec la grande bourgeoisie et les multinationales - ainsi ils n'ont pas pu piller la terre, voler les ressources, aussi confortablement qu'ils pourraient avoir pensé le faire.


En ce qui concerne nos projets de développement - à moins que vous saisissiez le pouvoir central, il n'est pas possible de mettre en application des politiques en faveur du peuple complètement. Tout de même, dans les endroits où nous avons formé des CPR, nous avons essayé de développer des politiques économiques en faveur du peuple. Par exemple, nous favorisons la formation de coopératives dans l'agriculture et d'autres métiers relatifs. Deuxièmement nous essayons de développer des méthodes de culture dans les régions arriérées- nous creusons des canaux, des puits et des réservoirs - la plupart du temps par shramdan - travail volontaire. Et nous ouvrons des écoles et des hôpitaux. Nous offrons des médicaments à des tarifs préférentiels. Ces choses, nous les faisons là où nous avons formé des CPR. Mais toutes ces choses ont une forme rudimentaire.


Le Gouvernement Indien vous a désignés comme une organisation terroriste. Comment répondez-vous à ceci ?

La première chose est que cette désignation fait partie d'une soi-disant « guerre contre la terreur » lancée par les impérialistes US. Les classes dirigeantes indiennes émergent rapidement comme favoris de l'impérialisme US en Asie du Sud. En fait les classes dirigeantes de l'Inde luttent avec les classes dirigeantes pakistanaises pour être les favoris de l'impérialisme US. Qu’est ce que l'impérialisme US signifie-t-il alors par terrorisme ? N'importe quel mouvement, ou n'importe quelle mobilisation ou n'importe quel acte de protestation qui va à l'encontre de l'intérêt de l'impérialisme US, qui va à l'encontre de l'hégémonie de l'impérialisme US, qui va à l'encontre du grand projet de l'impérialisme US d'un nouvel Empire, est qualifié de "terroriste" par les impérialistes US.

Les gouvernements en Asie, en Afrique et en Amérique latine désignent les mouvements des nationalités, et les mouvements des masses travailleuses dans leurs pays, comme terroristes. En Inde aussi, les classes dirigeantes désignent les mouvements menés par le peuple sous la direction des maoïstes, les mouvements des nationalités dans les provinces du Nord-Est, et le mouvement national au Cachemire comme des mouvements terroristes. La désignation des maoïstes comme "terroristes" donne plus de pouvoir à la police pour arrêter toute personne qui est progressiste et démocrate – il/elle n’a pas besoin d'être lié à une organisation de masse du PCI (maoïste). Les forces de police peuvent arrêter les personnes si elles parlent contre n'importe quelle méthode antidémocratique, n'importe quelle méthode répressive, de l'Etat. Ceci inclut les journalistes, les avocats, les intellectuels et les activistes des libertés civiles. Donc, tout d'abord, nous condamnons sévèrement cette désignation.

La deuxième chose est qu'il y a quelques différences significatives entre nous et ceux qui commettent des actes de terrorisme. Les activités terroristes causent généralement des tueries indiscriminées, y compris les tueries de personnes innocentes. Nous condamnons de tels massacres et nous sommes totalement contre de telles actions dans lesquelles les personnes innocentes deviennent des victimes. Nous n'avons jamais soutenu même une petite action qui nuise à un villageois innocent. Partout où une unité armée a commis une telle erreur, nous sortons aisément pour faire notre autocritique sur de telles choses. Nous sommes totalement contre le massacre de citoyens innocents ; nous sommes contre les tueries indiscriminées.

De plus, nous n'allons pas transformer l'Inde en État théocratique. On observe souvent le fondamentalisme religieux dans les actes de terrorisme : quelques organisations utilisant des activités terroristes disent qu'elles travaillent à bâtir un État théocratique. C'est entièrement l'opposé de ce que nous voulons réaliser dans l’Inde de Nouvelle Démocratie. Notre idéologie est le marxisme-léninisme-maoïsme. Nous luttons pour la république d'Inde véritablement fédérale, laïque et démocratique. La désignation du PCI (maoïste) comme organisation terroriste est très malveillante. Cela montre l'adresse par laquelle le gouvernement indien veut tromper le peuple par une fine propagande.


En ce qui concerne notre fonctionnement, la désignation de terroriste ne va pas nous affecter. Notre Parti, en toute occasion, a fonctionné clandestinement dès le début. Ainsi la seule chose que la désignation de "terroriste" réalisera est que cela donnera plus de pouvoirs aux forces de police pour harceler les gens ordinaires, particulièrement dans les zones de lutte.

Le gouvernement vient de déclarer qu'ils vont vous balayer totalement en trois ans. La plus grande offensive militaire contre les maoïstes a commencé. Que faites vous face à cela ?

Nous condamnons l'offensive militaire du gouvernement indien contre les maoïstes. Ce plan est totalement en accord avec les impérialistes - le gouvernement indien a prévu en réalité cette offensive à la demande de l'impérialisme US. Ce gouvernement de l'Alliance Progressiste Unie, sous la conduite du Parti du Congrès, est tout à fait fasciste dans sa nature. Quand Chidambaran dit que nous ne parlerons pas du développement avant que les maoïstes soient éliminés, vous pouvez observer le contenu réactionnaire et le fascisme de ses intentions.

Les campagnes de répression ne sont pas nouvelles pour nous. Nous avons fait face à tant de campagnes de répression dans le passé. Mais c'est la plus grande. Ils envoient 75 bataillons des forces paramilitaires avec un nombre égal de forces d'Etat pour combattre les maoïstes. Les rênes des opérations sont entre les mains du gouvernement central et les Forces de Police Centrale de Réserve sont aux commandes. Ils préparent en outre beaucoup de forces de commando - comme la Special Task Force, le Jharkhand Jaguar et Cobra, le Bataillon de Réserve Indien, la Police Auxiliaire Spéciale, dans la ligne des Greyhounds. Et ils ont fondé beaucoup d'écoles de guerre de jungle en différents endroits.


Dans le Chhattisgarh ils ont commencé la campagne militaire en septembre 2009 - vous devez savoir qu'en un mois ils ont tué au moins 27 personnes dans deux massacres - 27 personnes innocentes. Ils ont brûlé 12 villages. Ils ont pillé, ils ont violé et brûlé. Des milliers de personnes ont été forcées de fuir, d’évacuer leurs villages. Ils se réfugient dans l'Andhra Pradesh et l'Orissa. A Lalgarh ils ont envoyé 7000 hommes dans un seul district. Et ils tuent uniquement des villageois innocents. Dans le Jharkhand ils ont également commencé. Vous savez que le résultat est qu'ils vont impliquer même l'Armée et l'Armée de l'Air de tant de manières déguisées. Vous savez que tout ceci signifie qu'ils vont tuer des milliers et des milliers de personnes innocentes. Et la région entière du Chhattisgarh, du Jharkhand, d'Orissa et du Bengale-Occidental qui est très riche en ressources minières et que ce gouvernement essaye de vendre à la grande bourgeoisie compradore impérialiste et à d'autres grands entrepreneurs sera alors libre pour eux.


Il y a beaucoup d'aspects de cette offensive, cette campagne de répression. Il n’y a pas que le côté militaire ; il y a d'autres côtés aussi - ce que nous appelons en Hindi, sam, dam, dande, ved (crainte, tentation, punition et division). Ainsi ils renforcent également leur réseau de renseignement. Ils dépenseront beaucoup d'argent dans le développement  de couvertures et de sources de renseignement à partir des locaux : les informateurs de police. Et ils ne garderont aucun enregistrement – c’est l'instruction du gouvernement central - ils peuvent dépenser beaucoup d'argent dans ce travail.

Ensuite, ils ont passé beaucoup de lois noires et ils ont permis aux gouvernements des États de passer des lois noires pour les adapter à leurs besoins. Donc réellement ce que nous allons avoir est un État policier complet en Inde. Et la centralisation du pouvoir à Delhi sera observée encore plus. Les gouvernements des Etats perdront beaucoup de leurs pouvoirs dans l'application des lois et dans ce qu'ils appellent maintenant "ordre public". Ainsi le gouvernement ne prend évidemment pas ce mouvement comme un mouvement démocratique, et quand Chidambaran dit que le PCI (maoïste) est une organisation terroriste, leur position est claire.

Ce qu'ils ajouteront à ces campagnes est la propagande mesquine contre nous, qu’ils ont déjà commencé à diffuser. Par exemple, la notion que les principaux chefs maoïstes font de l'argent et qu'il y a eu un grand détournement de fonds du Parti par les dirigeants. Ils répandent la rumeur qu'il y a anarchie sexuelle dans le Parti ; que les maoïstes sont contre le développement ; que les maoïstes favorisent la culture de l'opium ; et que les maoïstes obstruent le Système de Distribution Public. Ils veulent nous stigmatiser comme des criminels ; ils clament que nous tuons des personnes innocentes. Chaque jour vous verrez des annonces par la police sous forme d’articles dans les journaux. Parfois il y a des affichages dans les villes – propageant tant de choses incorrectes au sujet de notre Parti et de notre mouvement.

De plus, les grands médias - les chaînes de télévision et les journaux et les autres formes de médias qui sont commandés par le monde des affaires - soutiennent le gouvernement et mettent en avant la position du gouvernement dans la propagande contre notre Parti, et contre la direction de notre organisation. Les grands médias soutiennent le gouvernement de tout cœur.


Ainsi dans les prochains jours nous verrons que cette offensive militaire conduira l'Inde à un Etat fasciste complet où non seulement les luttes menées par le PCI (maoïste) mais également les luttes menées par les citoyens ordinaires contre le déplacement, contre les pertes d'emploi résultant de la privatisation, contre la faim, contre les politiques économiques anti-populaires - en particulier les politiques agricoles - et de nombreuses autres luttes feront face à la répression brutale de l'Etat et  seront toutes catégorisées d’un terme, "terroriste". N'importe quelle lutte honnête sera stigmatisée terroriste ; c'est ce que vous verrez dans les prochains jours.


La lutte armée implique beaucoup de morts au long de la route. Il y a des rapports des médias que des milliers de personnes meurent chaque année en raison de la violence liée aux maoïstes. Comment justifiez-vous la mort de tant de personnes ?

D'abord, qui sont ceux que le Parti élimine ? L'élimination est le dernier choix. Nous éliminons seulement ces réactionnaires - les propriétaires terriens, les agents de police et les membres des gangs montés par le gouvernement - qui n'acceptent pas leur crime et ne se rendent pas devant les tribunaux populaires. Le gouvernement et les médias bourgeois créent de la propagande contre nous - que beaucoup de personnes sont tuées dans la violence maoïste. Je ne connais pas les nombres exacts qu'ils proclament et ce qu'ils propagent mais une partie est de la propagande malveillante contre nous.

En second lieu, voyez l'autre côté de l'image. Qu'est-ce que les centaines de milliers de personnels de l'armée et des forces paramilitaires font au Cachemire et au Nord-Est ? Chaque jour ils tuent des jeunes dans de faux affrontements. Que font les forces paramilitaires et la police d'Etat dans les zones de la lutte maoïste - en particulier dans l'Andra Pradesh, et dans le Chhattisgarh, le Jharkhand ? Elles tuent les jeunes par centaines. Et vous rappelez-vous les pogroms des minorités organisés par les classes dirigeantes ? Les émeutes anti-Sikhs en 1984, les meurtres récents des milliers de chrétiens dans l'Orissa, et les émeutes de 2002 au Gujarat ? Combien de personnes les chauvins hindous et les forces d'Etat ont-ils tuées ?

Dès 1947, dès l'indépendance indienne, les forces d'Etat ont été main dans la main avec les forces chauvines hindoues. Les médias capitalistes et les personnes des médias devraient montrer aussi l'autre côté de l'image - comment les minorités sont envoyées à la boucherie dans des pogroms soutenus par l'État ; comment on élimine les personnes appartenant aux nationalités opprimées dans le Nord-Est et au Cachemire ; comment les dalits et les adivasis dans les zones de lutte de l'Inde centrale sont tués par les forces d'Etat dans des massacres organisés au nom de Salwa Judum et de tels projets.

Et pour finir, savez-vous que pendant les dernières années, 500.000 paysans se sont suicidés en raison des politiques économiques anti-populaires ? Dans la dernière année, 2008-2009, des milliers de paysans sont devenus des ouvriers agricoles journaliers ? Beaucoup de personnes sont mortes de faim. Cette république, comme Utsna Patnaik l'appelle, est une 'République de la faim'. Alors qui est responsable de ces décès ? Qui est responsable de la mort de milliers de personnes mourant de la famine et de la malnutrition, de tant de maladies ? Les gens sont laissés sans autre option. Personne ne va vous écouter. Cette violence a été imposée par l'Etat au peuple de l'Inde.

 

Vous menez une guerre contre une des superpuissances économiques globales naissantes du monde. L'Inde est un Etat très fort. Quel espoir avez-vous de réussir ?

Il y a deux parties à cette question. Il est vrai que l'Etat indien est très puissant. Nous nous rendons tout à fait compte de la force de notre ennemi.

Cependant, dans une guerre, les armes et le personnel armé ne sont pas les choses les plus importantes. La chose la plus importante est le peuple. Qui obtient l'appui du Peuple ? Nous pensons que nous avons mené la guérilla pendant les 40 dernières années avec une très, très petite force armée. C'est en raison de l'appui populaire dans ces régions que nous avons pu nous consolider. Et naturellement parce que nous sommes le Parti du peuple, nous sommes le Parti de l'homme ordinaire, des masses laborieuses, ainsi l'appel du programme de notre Parti est beaucoup plus que ceux des compradores et ceux des classes dirigeantes. Ainsi la chose la plus importante est l'appui du peuple. C'est l'appui du peuple qui décidera finalement le destin de la guerre.

La deuxième chose importante attrait aux politiques de guérilla, les méthodes de guerre de guérilla. Si nous pouvons mettre en application les politiques de la guerre de guérilla complètement et d'une façon de plus en plus méticuleuse, et si nous continuons à gagner l'appui du peuple de notre pays, nous croyons que nous gagnerons cette guerre.

Si nous pouvons réaliser ces deux choses, il ne sera pas possible ensuite pour les classes dirigeantes de ce pays de nous supprimer, comme elles le proclament. Il y a toutes les chances que nous survivions non seulement à cette offensive, mais également à beaucoup d’autres offensives, et de les vaincre.

Tandis que la guerre s'intensifie, tandis que la campagne militaire du gouvernement monte, inévitablement beaucoup de pauvres paysans ordinaires vont se faire prendre par la guerre. Vous avez vos AK47, vos mines terrestres, et vos 306 pour vous protéger. Mais il y aura beaucoup de décès sanglants de villageois ordinaires dans le processus. Comment pouvez-vous justifier ceci ?

Désolé, mais vous posez la question dans le mauvais sens. Ce n'est pas une guerre entre le PCI (maoïste) et l'Etat indien. C'est une guerre entre le peuple de l'Inde et l'Etat indien. Qu'est ce que le PCI (maoïste) ? Qu'est ce que l’Armée Populaire de Guérilla de Libération (APGL) ? Ce n'est rien d'autre que la force organisée du peuple. Ainsi s'ils nuisent au PCI (maoïste), s'ils nuisent à l’APGL qui combat sous la direction du PCI (maoïste), alors en réalité ils nuisent à la force organisée du peuple. Et le peuple comprend cela et qu'une telle guerre n'est pas une guerre contre un Parti, c'est une guerre contre le peuple - nous devrions regarder la situation entière de cette perspective.


De la même manière que vous ne distinguez pas le PCI (maoïste) et le peuple, vous ne pouvez sûrement pas différencier le peuple et le gouvernement indien actuel ? Par exemple, plusieurs des policiers qui sont vos cibles principales viennent des mêmes maisons que certains de vos propres sympathisants et cadres. Ainsi pourquoi tuez-vous des policiers des milieux villageois pauvres dans le processus de guerre ?

Il est vrai que les policiers qui sont tués dans des embuscades viennent généralement des milieux humbles. Cependant, ils n’ont seulement été visés que lorsqu’ils ont participé à des opérations de contrôle du terrain, lors de leurs opérations de ratissage, et ils sont venus pour réprimer le peuple et le mouvement populaire. Je peux vous donner quelques exemples. Vous savez qu'il y a beaucoup de policiers et de personnels armés vivant dans nos zones de lutte qui font leur service au département de police et dans l’armée ailleurs. Leurs familles sont nos sympathisants. A chaque fois que ces officiers reviennent dans leur village familial lors des festivals ou pendant les vacances, vous serez incapables de citer un seul exemple de nuisance de la part de notre Parti. Deuxièmement, nous avons rarement nui à tous les gardes territoriaux qui sont des villages. Troisièmement, nous nous retenons de nuire à la police de zila, la police de district, qui sont principalement des personnes locales. Toutes les fois que nous avons attiré dans une embuscade les policiers, nous l’avons fait lorsqu’ils viennent en tant que forces de combat, quand ils viennent pour réprimer le peuple, quand ils viennent pour réprimer le mouvement populaire - ils n’ont été visés uniquement dans ces cas. Dans une guerre, si votre ennemi emploie des personnes qui viennent de votre propre classe, il est inévitable qu'elles deviendront une cible de l'offensive. Notre appel aux policiers, aux personnels de l'armée, est que l'Etat qu'ils servent n'est pas leur Etat. Les classes dirigeantes qu'ils servent sont contraires à l'intérêt de leurs familles. Ainsi il est préférable qu'ils sortent de cette armée réactionnaire, de ce département de police réactionnaire, et rejoignent l’APGL.

P. Chidambaram, le ministre de l'Intérieur, vous a appelé à la table des négociations. Pourquoi n'y allez-vous pas ?

P. Chidambaram a en réalité proposé que les maoïstes déposent les armes avant qu'il ne les appelle pour des négociations. Puis, après une protestation massive de la part des intellectuels et des progressistes, il dit maintenant que les maoïstes doivent abjurer la violence avant que le gouvernement puisse les appeler pour des négociations. Ceci signifie simplement que le gouvernement pose des conditions qui sont inacceptables pour nous. Vous ne pouvez tout simplement pas avoir des négociations sous la menace du fusil. Vous avez vos forces paramilitaires à l'intérieur des zones de lutte et vous affirmez quotidiennement que vous enverrez de plus en plus de forces paramilitaires dans ces secteurs, et que vous enverrez des hélicoptères et tout cela. Ensuite vous dites que les maoïstes doivent venir à la table des négociations : vous savez que c'est tout simplement inacceptable. Dans beaucoup de rapports de presse et de conférences de presse nous avons expliqué maintes et maintes fois que nous ne sommes pas opposés aux négociations. Mais, pour n'importe quel genre de négociations - l'histoire nous dit cela pour toutes les négociations - vous devez avoir une atmosphère pour les négociations. Dans ces conditions particulières cela signifie que si vous avez vos forces dans les zones de lutte et si vous faites des déclarations menaçantes chaque jour, cela signifie que vous essayez d'avoir des négociations sous la menace du fusil - que vous vous attendez en réalité à ce que nous nous rendions.

Quelles conditions voulez-vous pour la négociation ?

Il y a seulement une condition - que le gouvernement crée une atmosphère propice pour la négociation. Concrètement, cela signifie que le gouvernement doit retirer les forces paramilitaires des zones de lutte, premièrement. Le gouvernement doit libérer les dirigeants et les cadres révolutionnaires et doit les traiter en tant que prisonniers politiques, numéro deux. Le gouvernement doit lever l'interdiction de notre Parti et le gouvernement ne doit pas empêcher les mouvements de masse démocratiques. Ces choses sont les choses de base, mais nous pouvons parler ainsi de beaucoup de choses - telles que le gouvernement doit suspendre les protocoles d'accord qui sont passés avec la grande bourgeoisie et les impérialistes. Ce ne sont pas les conditions - ceci rendra la situation favorable pour n'importe quel genre de négociation.

Par Comite de Solidarité Franco-Népalais - Publié dans : Analayses, témoignages,... - Communauté : les anti-capitalistes
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Dimanche 23 mai 2010 7 23 /05 /Mai /2010 20:27

La réunion du Comité Central du Parti Communiste Unifié du Népal - maoïste est en cours. Elle devrait décider des futures tactiques et stratégies du Parti, principalement vis-à-vis de la fin du mandat de l'Assemblée Constituante le 28 mai 2010.

 

Selon des journaux népalais (donc à prendre avec des pincettes), les membres du Comité Central seraient divisés sur la question de l'extension ou non du mandat de l'Assemblée Constituante.

 

Une partie soutiendrait le document présenté par Prachanda qui affirmerait qu'il serait absurde d'abdiquer et d'accepter l'extension du mandat de l'AC maintenant. Il affirme cependant que si la constitution est amendée pour faire place au système de consensus plutôt que majorité/minorité et si le gouvernement actuel démissionne, alors le Parti pourrait accepter une extension de 6 mois du mandat. La position de Prachanda serait donc que le vide créé le 28 mai pourrait mener soit à un nouvel accord d'une nouvelle nature, soit à la révolte populaire.

 

Une autre partie, apparemment groupée autour de Babu Ram Bhattarai, serait plutôt d'avis de tout faire pour empêcher la dissolution de l'Assemblée Constituante, écrire une constitution progressiste et ainsi repousser la révolte populaire à plus tard.

 

Une troisième partie soutiendrait la ligne de Kiran, qui, à la différence de la ligne supposée de Prachanda, serait d'aller directement vers la révolte populaire sans précondition.

 

Le Comité Central a également passé en revue les luttes du Parti durant l'année passée. Le document de Prachanda aurait affirmé qu'il y avait eu des faiblesses et des erreurs durant la grève générale de début mai.

 

Des critiques auraient été portées par certains dirigeants affirmant que certains au sein du Parti auraient adopté un style de vie bourgeois et que cela était contraire à la politique du Parti du prolétariat.

 

Ces rapports sont en tout cas à prendre avec prudence puisque les membres du Comité Central ne pouvaient emporter ni sac, ni téléphone et qu'aucune version papier n'a été distribuée du document de Prachanda.

 

En tout cas, les parlementaires népalais ont enregistré une motion de censure contre la proposition d'amendement de la constitution enregistrée par le gouvernement pour étendre le mandat de l'AC.

 

Une autre nouvelle est que l'Association Nationale des Kamaiyas Libérés (Révolutionnaire) -organisation affiliée aux maoïstes et regroupant les ex-travailleurs forcés/serfs appelés Kamaiyas- a capturé plusieurs centaines d'hectares de terres dans le district de Bardiya ces derniers temps. Au total, ce serait 650 hectares qui auraient été capturés dans le district et qui seraient cultivés collectivement. Selon un des dirigeants de l'ANKL(R), les saisies devraient continuer.

 

Autre nouvelle encore, Madhav Kumar Nepal, premier ministre et dirigeant de l'UML, a affirmé devant le ministre norvégien Erik Solheim qu'il n'avait accepté le principe de l'Assemblée Constituante uniquement parce qu'il pensait que cela amènerait les maoïstes dans la politique parlementaire. "Je n'ai jamais accepté l'idée de l'AC pour écrire la constitution. Il y a d'autres moyens d'écrire la constitution que l'AC." "J'ai accepté l'idée de l'AC pour amadouer les maoïstes et aussi parce que je supposais que ça serait bon pour la nation. Maintenant, les maoïstes essayent de dissoudre l'AC, ce qui est vraiment dégoutant." ...

Par Comite de Solidarité Franco-Népalais - Publié dans : Actualités du Népal
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