Vendredi 17 décembre 2010 5 17 /12 /Déc /2010 23:55

Depuis la réunion plénière de Palungtar, la lutte au sein du Parti Communiste Unifié du Népal - maoïste continue. Difficile de donner une évaluation correcte de la situation à l'heure actuelle. Néanmoins, par les différents articles de la presse bourgeoise népalaise et les correspondances que nous avons, nous allons essayer de dresser un tableau de ce qui s'est passé dans l'après-Palungtar et ce qu'il pourrait se passer dans quelques mois.

 

La lutte idéologique

 

La lutte idéologique est le moteur de tout Parti Communiste sincère. La réunion de Palungtar a été la forme la plus haute et la plus développée de lutte idéologique qui a pu se dérouler dans l'histoire du PCUN-maoïste. Les débats de la plénière ont fait les unes de tous les journaux et ont rempli les discussions de la vie courrante.

 

Formellement, le Parti est uni autour de la nécessité d'une révolte populaire. Mais là où il y a lutte, c'est sur la place que prend la révolte populaire dans la prise du pouvoir. C'est bien ça le coeur du problème et de la solution dans toute révolution : le pouvoir.

 

Comme nous l'avons déjà évoqué à plusieurs reprises depuis la formation du Comité de Solidarité Franco-Népalais, l'aile droite du Parti défend la ligne d'institutionnaliser la République Démocratique en favorisant le processus de paix, l'écriture de la nouvelle constitution et le parlementarisme, au détriment de la lutte de classe et du développement du Pouvoir Populaire. Cette ligne se repose sur l'argument principal que la situation internationale est défavorable à la révolution au Népal et que l'ennemi principal de la révolution est constitué des restes de la classe féodale et des réactionnaires locaux. Selon les tenants de cette analyse, la révolte populaire ne sera mise en place qu'une fois les conditions internationales favorables pour la victoire de la révolution au Népal. La mobilisation des masses pour la révolution est donc repoussée jusqu'on ne sait où. La moblisation des masses est limitée à un moyen de pression lors des négociations

 

En clash direct avec cette ligne, il y a les partisans de la préparation immédiate de la révolte populaire. Selon cette analyse, la révolte populaire est le seul moyen pour parvenir au pouvoir et instaurer une République Populaire, source de réels transformations dans la vie de la partie opprimée de la population. Le processus de paix et l'écriture de la constiitution sont voués à l'échec et le parlementarisme est un jeu dangereux qui risque d'engluer le Parti et lui faire perdre sa fougue et sa pratique révolutionnaires. Cette ligne va même plus loin et affirme que c'était une erreur pour le Parti de mettre fin aux 10 années de Guerre Populaire et surtout de dissoudre les Gouvernements Populaires mis en place dans les zones libérées ; que le gouvernement dirigé par Prachanda n'a pu apporter aucune amélioration dans la vie des masses opprimées ni aucun autre changement significatif. Au contraire de la ligne pour l'institutionnalisation de la République Démocratique, la ligne de la République Populaire définit l'ennemi principal de la révolution comme étant l'expansionnisme indien (et pas l'Inde en tant que telle comme il a pu être écrit).  La lutte révolutionnaire et la mobilisation des masses doivent donc avoir pour objectif l'indépendance nationale.

 

Et puis il y a une autre position, plus vague, qui essaye de naviguer entre deux eaux. C'est la position qui affirme qui met l'accent sur la révolte mais qui la conditionne à une tentative de bloquer le processus de paix de la part des réactionnaires. C'est la position qui affirme que l'ennemi principal à l'heure actuelle est une fusion des réactionnaires locaux et de l'expansionnisme indien. Cette ligne affirme que le bilan du Parti depuis l'entrée dans le processus de paix est positif. Mais c'est également une ligne qui ne pourra pas continuer à rester dans ce flou bien longtemps.

 

Les dernières décisions du Comité Central

 

Les dernières nouvelles issues de la réunion du Comité Central vont d'ailleurs dans ce sens.

 

Le document présenté par Prachanda (qui représente la 3è analyse) a été accepté par Kiran (qui représente la 2è analyse) et rejeté par Bhattarai (qui représente la 1ère analyse).

 

Les trois dirigeants seraient en revanche tombés d'accord sur le plan de travail immédiat du Parti puisque les divergeances idéologiques continueront d'être discutées.

 

Nous ne connaissons pas textuellement le document présenté par Prachanda mais voici comment il est présenté. A priori, il met l'accent sur la révolte populaire tout en proposant de mettre en avant des revendications pour la paix et la nouvelle constitution.

 

Kiran aurait accepté que l'ennemi principal soit désigné comme un mélange d'expansionnisme indien et de réactionnaires locaux.

 

Une nouvelle revue sera également éditée pour le débat idéologique, malgré l'opposition de Bhattarai.

 

Kiran a affirmé son désaccord avec l'analyse de Prachanda et Bhattarai comme quoi la ligne du processus de paix, de la constitution et de la République Fédérale Démocratique adoptée par le Parti avait été correcte. Il a également critiqué l'arrêt de la Guerre Populaire et la dissolution des Gouvernements Populaires.

 

Bhattarai a de son côté affirmé : "Ce plan d'action ne fera qu'aider la contre-révolution si l'on tient compteà la fois de la situation nationale et internationale." "Je peut également me tromper. Malgré mes réserves, je soutient le plan d'action immédiat adopté par le Parti."

 

Les prochaines luttes

 

Dans le plan d'action immédiat du Parti sont inclus :

 

- des mobilisations à partir du 30 décembre ;

- des formations des cadres jusqu'au 14 janvier ;

- des manifestations et une campagne de mi-janvier à mi-février aboutissant au lancement d'une grande lutte pour le 13 février, date anniversaire du lancement de la Guerre Populaire le 13 février 1996 ;

- une accentuation des programmes de lutte le 7 avril, date anniversaire du Mouvement Populaire d'avril 2006.

 

Par rapport à l'Armée Populaire de Libération, l'intégration n'a toujours pas eu lieu. Normalement, l'UNMIN doit quitter le Népal d'ici le 15 janvier. A l'heure actuelle, il y a peu de chances qu'elle se déroule.

 

L'aile gauche du Parti pousse pour qu'il n'y ait pas d'intégration tant qu'il n'y a pas un "paquet" négocié incluant les modalités d'intégration, l'exercice du pouvoir et l'écriture de la constitution.

 

D'autres veulent s'assouplir pour démontrer la "bonne foi" des maoïstes dans le processus de paix.

 

Les maoïstes veulent également dynamiser les organisations de masses. Ainsi, lors de la 18ème Conférence Nationale du Syndicat Etudiant Indépendant National (Révolutionnaire), plusieurs dirigeants du Parti et l'ex-dirigeant du syndicat ont appelé à se renforcer et à se préparer à la révolte. Prachanda a même demandé aux étudiants de transformer les campus en barraquements.

 


Par Comite de Solidarité Franco-Népalais - Publié dans : Analayses, témoignages,... - Communauté : Encyclopédie- Marxiste
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Dimanche 28 novembre 2010 7 28 /11 /Nov /2010 18:59

La réunion de plus de 5000 cadres du Parti Communiste Unifié du Népal - maoïste et 1500 combattants de l'Armée Populaire de Libération a pris fin.

 

Voici les éléments qui nous ont été transmis via la presse bourgeoise (et qu'il ne faut donc pas prendre à la lettre).

 

Prachanda aurait réussi à mettre d'accord le Parti sur le plan d'action à court terme :

La décision de préparer la révolte a été prise mais elle ne serait déclenchée qu'au cas où la constitution ne pourrait être écrite pour le 28 mai 2011.

Entre temps, le Parti mobilisera les masses jusqu'à la mi-février pour renforcer les organisations du Front Uni.

La mobilisation incluera une lutte contre l'intervention de l'Inde dans les affaires internes du Népal et pour l'indépendance nationale.

Le Parti continuera ses efforts pour garantir la paix et écrire la constitution à temps.

Le Comité Central du Parti doit prendre en main les questions qui n'ont pas été réglées par la plénière et doit mettre en oeuvre les moyens pour mettre en pratiques les décisions prises par la plénière.

 

Cependant, malgré les déclarations d'Unité, la plénière n'a pas résolu les différences idéologiques entre Prachanda, Kiran et Bhattarai.

 

Prachanda a essayé de passer un document de synthèse mais celui-ci a été rejeté. Ce document a été désigné comme étant de l'éclectisme et ne pouvant mener le Parti nulle part. Les discussions idéologiques vont donc continuer au Comité Central pour parvenir à un nouveau document unitaire.

 

Pendant les discussions sur le document synthétique de Prachanda, Kiran l'a encore une fois accusé d'utiliser à mauvais escient la force, le pouvoir et l'argent pour garder son emprise sur le Parti. De même, il a accusé Prachanda de se servir de l'Armée Populaire de Libération comme menace aux opinions divergents et ainsi garder une influence majoritaire au sein de l'APL.

 

Kiran a également reproché à Prachanda de dire une chose et de faire l'inverse. Il a ainsi pris come exemple la réunion de Kharipati qui avait pris la décision de lancer la révolte pour instaurer la République Populaire Fédérative du Népal. Kiran ne croit pas que le processus de paix mènera à la constitution d'une République Populaire Fédérative du Népal.

 

Reconnaissant des similarités entre sa ligne et la ligne défendue par Prachanda, il a tout de même affirmé ne pouvoir soutenir le document de Prachanda qu'après des modifications.Un dirigeant proche de Kiran a même affirmé "Nous n'avons pas pu tomber d'accord avec le document du Président [Prachanda]. Nous avons trop de différents."

 

Selon Kiran, le Parti dévie actuellement de l'idéologie communiste et que si cela continue, ça le plongera dans le marais du crétinisme parlementaire. Selon lui, cette déviation date de la réunion de Chunwang, en 2004, lorsque le Parti avait décidé de s'allier aux partis parlementaires pour faire tomber la monarchie. A l'époque, Kiran et Gaurav étaient en prison en Inde. Il a affirmé que c'était une erreur d'arrêter la Guerre Populaire.

 

De son côté, Bhattarai a affirmé que le document présenté par Prachanda n'était pas bon car il mékangeait les torchons et les chemises. Il s'estégalement plaint d'avoir été traité de révisionniste et a affirmé que le Parti faisait un mauvais choix en définissant en même temps l'Inde et les réactionnaires locaux comme ennemis principaux.

 

Il est pour défendre les acquis issus de la réunion de Chunwang, pour que le Parti pousse pour une constitution populaire, pour le développement économique et ne lancer la révolte que lorsque la situation internationale sera favorable au communisme.

 

Lors des interventions des combattants de l'Armée Populaire de Libération, il est ressorti une demande de clarification sur les objectifs du Parti vis à vis de son armée. De même, si l'objectif de l'intégration n'est utilisé que pour diriger le gouvernement, l'APL s'y opposera. Ceux proches de Kiran et Prachanda ont accusé Bhattarai de dévier de l'idéologie communiste, ceux proches de Kiran et Bhattarai ont accusé Prachanda de faire mauvais usage de son pouvoir et de diriger le Parti de manière opaque et ceux proches de Bhattarai et Prachanda ont accusé Kiran d'être ultra-gauchiste.

 

Par Comite de Solidarité Franco-Népalais - Publié dans : Actualités du Népal - Communauté : les anti-capitalistes
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Mercredi 24 novembre 2010 3 24 /11 /Nov /2010 21:53

Une partie des délégués des 30 groupes de discussions qui ont débattu les documents de Kiran, Prachanda et Bhattarai s'est exprimée aujourd'hui.

 

Ce qui suit est rapporté par les médias et est donc soumis à caution.

 

En écho aux complaintes de Kiran et Bhattarai, de nombreux cadres se sont plaints du manque de transparence de la gestion financière et de l'abandon par certains dirigeants du style de vie prolétarien. Ils ont donc demandé à ce que les dirigeants n'oublient pas le caractère prolétarien du Parti.

 

Ils ont été nombreux à demander une clarification sur le scandale de la bande audio que l'ambassade indienne avait publiée à la fin de l'été dernier, où Krishna Bahadur Mahara (chef des relations internationales) demandait de l'argent à un businessman chinois pour acheter des voix de parlementaires pour qu'ils votent pour Prachanda lors de l'élection du Premier ministre.

 

"Oui, les cadres ont critiqué les dirigeants pour leur train de vie luxueux. Mais c'est positif. Ils doivent prévenir les dirigeants contre les déviations du style de ve prolétarien," a affirmé le porte parole du Parti, Dina Nath Sharma.

 

Les sympathisants de Prachanda et de Kiran sont apparus unis sur de nombreux points, notamment dans la dénonciation de Bhattarai comme révisionniste et dirigeant bourgeois. Ils ont également accusé Bhattarai d'être défaitiste et d'avoir peur de l'Inde.

 

En revanche, les sympathisants de Prachanda et de Bhattarai sont apparus unis pour dire que la ligne de Kiran n'était pas en accord avec la réalité. "Une ligne radicale ne peut pas accomplir la révolution à elle seule," aurait affirmé un cadre.

Par Comite de Solidarité Franco-Népalais - Publié dans : Actualités du Népal - Communauté : Encyclopédie- Marxiste
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Mardi 23 novembre 2010 2 23 /11 /Nov /2010 18:08

Il y a énormément d'écho de la réunion plénière du Parti Communiste Unifié du Népal - maoïste dans la presse népalaise. Le débat qui a lieu en ce moment à l'intérieur du Parti traverse toute la société. Il y a donc beaucoup de choses qui sont dites et chaque journal cite ses "sources de l'intérieur". Nous informons donc le lecteur que le contenu de l'article ci-dessous est soumis à caution et que les citations des dirigeants sont des paroles rapportées.

 

Plusieurs journaux, citant des membres du Bureau Politique, ont affirmé que Prachanda avait tenu une série de discussions avec Kiran pour faire alliance contre Bhattarai. Kiran a refusé en affirmant qu'il ne suffisait pas d'être proche idéologiquement mais qu'il fallait également mettre en pratique l'idéologie.

 

Ce qui est sûr, c'est qu'hier a commencé la session à huis clos et que 'Kiran' Baidya et Baburam Bhattarai ont présenté leur rapport hier. Les exposés ont duré chacun deux heures. Aujourd'hui, c'est Prachanda qui a présenté son rapport. Les discussions sur les textes ont ensuite eu lieu en 30 groupes.

 

Voici donc ce qui est ressorti dans la presse népalaise.

 

Kiran : la révolution reste à faire

 

Kiran a menacé de se révolter contre le parti si sa ligne officielle n'était pas mise en pratique.

 

"Si le parti n'est pas révolutionnaire et s'enlise dans le révisionnisme, nous devrons lever le drapeau rouge de la révolution."

 

Il a prévenu qu'il ne resterait pas dans le parti s'il glissait dans le révisionnisme.

 

Il a attaqué Prachanda car il n'avait pas mis en pratique la ligne officielle du Parti de la "République Populaire Démocratique Fédérative" et d'y parvenir par la révolte populaire, comme décidé lors de la réunion nationale de Kharipati en 2008. Certains journaliste affirment que c'est la lutte de ligne que Kiran a mené qui avait permi l'adoption de cette ligne par le Parti.


"Le temps a mûri pour la révolte. Nous pouvons nous emparer du pouvoir d'Etat par la fusion d'une Guerre Populaire et d'une révolte populaire."

 

Il a affirmé partager beaucoup de choses avec Prachanda mais a affirmé que des similarités idoélogiques n'étaient pas suffisantes.

 

"La ligne du Parti n'a pas été mise en pratique." "Dire une chose en théorie et faire l'opposé en pratique ne mène le Parti nulle part."


Il a continué en affirmant qu'il présentait un document politique séparé pour prévenir la direction du Parti contre le révisionnisme et pour montrer le drapeau rouge pour guider le Parti vers les objectifs révolutionnaires. Il a affirmé n'avoir aucune intention de s'emparer de la direction du Parti.

 

Kiran a également sévèrement critiqué Bhattarai. Selon lui, les arguments de Bhattarai comme quoi le "féodalisme domestique" uniquement, et pas l'Inde, devrait être déclaré l'ennemi principal du Parti ne sont pas pertinents.

 

"Le féodalisme domestique et l'Inde ont joint leurs mains dans le contexte actuel. Les deux doivent donc être déclarés l'ennemi principal du Parti."

Il a affirmé ne pas être en désaccord avec Bhattarai que les maoïstes doivent pousser pour la paix et la constitution mais a écarté la possibilité que le pays voit la fin du processus de paix et la nouvelle constitution en raison de "l'état d'esprit arriéré" des autres partis politiques, particulièrement le Congrès Népalais.

 

"Les autres partis sont contre la formulation d'une constitution en faveur du peuple ; ils martèlent des questions comme le pluralisme dans la nouvelle constitution. Si nous tombons d'accord avec eux, nous plongerons dans le révisionnisme ; nous suivrons le chemin du PCN-UML."

 

Il a affirmé que les idéaux du Parti communiste sont en train de s'effriter et que de nouvelles classes ont émergé dans le Parti (entre les possédants et les non-possédants). "De nombreux cadres sont impliqués dans la corruption et des irrégularités qui doivent être stoppées. Le Parti doit également porter une attention suffisante pour la gestion de ses travailleurs à temps plein."


Ecartant la possibilité de parvenir à la République Populaire Démocratique Fédérative par le processus de paix actuel, Kiran a demandé que le Parti parachève "quatre types de préparations" (techniques, idéologiques, organisationnelles et politiques) et lance la révolte populaire. Il doit être rappelé que les maoïstes avaient achevé "quatre types de préparation" avant de déclencher la Guerre Populaire en 1996.

Bhattarai : continuer le processus de paix


Bhattarai a également attaqué Prachanda en affirmant que ce dernier n'avait pas de ligne idéologique et qu'il vacillaire entre les lignes des deux vices-présidents.

 

"Kiran et moi sommes clairs à propos de nos lignes, mais le président ne l'est pas. Il doit donc clarifier sa ligne."

 

Il a critiqué l'emprise de Prachanda sur le Parti. "Quartier Général signifie direction collective, pas le président tout seul."

 

Il a argumenté par institutionnaliser les achèvements politiques gagnés jusqu'ici et accomplir le processus de paix et la constitution avant de faire une nouveau pas vers la réalisation des objectifs idéologiques communistes.

 

Il a également affirmé que sa ligne prévaudrait dans le Parti. "L'Histoire a prouvé que la ligne que j'ai répandu a toujours été correcte."

Bhattarai a également argumenté que le parti ne pourrait pas combattre de manière efficace en déclarant et l'Inde et le "féodalisme domestique" comme ses ennemis principaux.


Selon lui, la nature de l'impérialisme et de l'expansionnisme a changé dans le monde globalisé.

 

"L'impérialisme s'est étendu au système international de la finance. Il n'y a pas d'intervention directe pas les pays étrangers. Si un quelconque pays intervient directement au Népal, je serais la première personne à aller sur le champ de bataille."

Prachanda : pour l'unité contre l'Inde

 

Prachanda a mis en avant le besoin de "l'unité populaire" pour combattre l'interventionnisme indien dans les différents niveaux de la vie népalaise. Ainsi, selon lui, le Parti doit formuler une stratégie à cet effet. Il a également affirmé que l'intervensionnisme indien n'était pas le seul problème auquel faisait face le pays mais que les forces réactionnaires locales sont également engagées dans un processus de "démoralisation et de paralysie" des achèvements démocratiques.

 

"Les compradores, les laquais des étrangers, le féodalisme domestique et l'expansionnisme indien sont devenus nos ennemis de classe aujourd'hui. Nous devons être prêts pour une révolte populaire et également dresser un plan pour combattre les possibles interventions étrangères."

 

Il est de l'opinion que l'Inde interviendra militairement quand le Parti lancera la révolte populaire pour s'emparer du pouvoir d'Etat et que le Parti doit donc se préparer à résister à l'intervention indienne.

 

Prachanda et Kiran partagent le même point de vue vis à vis du "féodalisme dmestique" : il est protégé par l'Inde et que le Parti, lorsqu'il lancera sa révolte, devra finalement combattre l'Inde, qui interviendra vraissemblablement au Népal. Kiran pense d'ailleurs que le Parti doit développer des liens solides avec les maoïstes indiens et que cela aidera les maoïstes des deux pays à combattre leurs classes dirigeantes.

 

Selon Prachanda, la chute du gouvernement dirigé par les maoïstes a été planifiée par l'Inde. "L'Inde conspire pour en finir avec notre Parti."

 

Il a critiqué Bhattarai pour son argumentation que le Parti ne devrait pas dégrader ses relations avec l'Inde en ce moment.

 

"Il est faux d'argumenter que nous devrions développer des idées positives à propos de l'Inde. L'Inde est responsable de l'actuel état critique de la nation."

 

Il s'est défendu des accusations des deux vices-présidents à propos de l'état actuel de confusion du Parti et de toutes sortes de déviations.

 

"En tant que président du Parti je suis grandement responsable de où en est le Parti aujourd'hui. Mais je ne peut pas être le seul à porter la responsabilité de toutes sortes de déviations. Nous avons une direction collective."

 

Par rapport à l'accusation de vaciller entre la ligne de Kiran et de Bhattarai :

 

"C'est vous qui m'avez donné la direction par le passé et m'avez 'déifié' et maintenant vous dites que je n'ai pas de ligne idéologique propre. C'est grotesque."

 

Par rapport à l'accusation de Kiran de ne pas avoir mis en pratique la ligne du Parti :

 

"La ligne du Parti ne se met pas en pratique du jour au lendemain ; elle est dans le processus d'être mise en pratique."

 

Il a également concédé que la direction du Parti avait commis beaucoup d'erreurs depuis l'arrivée dans le processus de paix et que dissoudre les gouvernements et les tribunaux populaires du Parti ont fait partie de ces erreurs.

 

A la fin, il a mis l'accent sur le besoin d'unité et a demandé à ce que la lutte entre les deux lignes se poursuive dans de bonnes conditions.

 

Par Comite de Solidarité Franco-Népalais - Publié dans : Actualités du Népal - Communauté : les anti-capitalistes
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Lundi 22 novembre 2010 1 22 /11 /Nov /2010 19:08

Nous avons reçu ce document de la part de sympathisants du Comité de Solidarité Franco-Népalais. Nous publions donc cette interview.

 

CSFN

 

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Interview de Basanta membre du Bureau politique du Parti communiste népalais unifié (maoïste)

 

Deux camarades de l’Organisation Communiste Marxiste-Léniniste Voie Prolétarienne (journal PARTISAN) reviennent du Népal. Ils sont allés voir de près la révolution nationale et démocratique qui s’y déroule actuellement. Voici une interview de Basanta, membre du Bureau Politique du Parti communiste népalais unifié (maoïste) ; cette interview est faite à la veille de Convention nationale du Parti qui se tiendra à Gorkha fin novembre, 6000 militants y sont attendus. Trois sujets seront abordés lors de cet entretien : * le débat interne dans le  Parti, * les pouvoirs populaires et * l’impérialisme Indien.

Le débat interne dans le  Parti

Partisan : La presse parle de fortes divergences dans le parti, de lutte entre 3 orientations. Parlez nous de cette lutte de ligne.

Basanta : Ceux qui, au niveau national comme au niveau international, ne veulent pas la Révolution au Népal, essaient d'exagérer les divergences. Nous avons évidemment des discussions importantes et c'est normal dans la situation actuelle. La situation de statu quo ne peut durer éternellement et nos ennemis veulent créer une scission sur la base de petites choses. Finalement, ils veulent perturber notre programme, nos objectifs. Nous ne désirions pas un débat si ouvert. Notre but dans un premier temps c'était la République Démocratique, qui existe maintenant. Aujourd'hui, se mène un nouveau débat dans le parti sur la nouvelle tactique pour aller vers la République Populaire et Fédérative (RPF). Nous sommes d’accord sur cet objectif, mais le débat c'est par quel chemin aller vers cette RPF ? Ce débat tactique propagé à l'extérieur est devenu complètement exagéré.

La lutte de ligne ouverte n'était pas un choix du Parti ?


Dans une situation critique, nous pensons qu'il faut un débat élargi. Révolution et contre Révolution sont vraiment très proches. Nous pouvons vaincre, mais la défaite totale est possible aussi. Tout est calme et paisible en apparence, mais la situation peut vite se retourner. Tout peut arriver d'un moment à l'autre. C'est pourquoi nous essayons de tourner la situation en faveur du peuple. Nous sommes tous d’accord pour aller de l'avant vers la RPF. Il n’y a pas de divergences sur cette question entre les trois leaders. Le problème c'est par quel chemin ?

Les trois leaders sont-ils d’accord pour forger une alliance avec la classe moyenne?


Oui, certainement. Il faut s'allier avec ceux qui sont pour la Révolution et contre le statu quo. Nous devons faire l’alliance la plus large. Les adversaires internes et externes ont formé une coalition contre le peuple. C'est pourquoi la question de l'indépendance arrive au premier plan. C'est pourquoi nous faisons appel à ceux qui aiment leur patrie. En 1971, le Sikkim a été annexé par l'Inde. La bourgeoisie comprador, le gouvernement sont des marionnettes, des servants de l'Inde et ils veulent capituler face à l'Inde. C'est pourquoi, il nous faut une alliance large. Nous sommes unis sur cette question.

Kiran, l’un des dirigeants du Parti maoïste, dit que les moyens démocratiques ont échoué et qu'il faut mettre l'insurrection à l'ordre du jour.


Le problème c'est comment accomplir la Révolution. Il faut attendre encore pour être sûr que la situation soit prête. Au parlement il y a 601 membres, et nous les maoïstes sommes 233 (?), le Congrès Népalais en a 140 et  l'UML 109... Nous représentons 1/3. De quelle sorte de Constitution le Népal à besoin ? Une Constitution est l'expression d'une domination de classe. Donc quelle classe dirige au Népal ? Une Constitution ne pourrait être votée que par 400 parlementaires au minimum, or nous ne les avons pas. Actuellement il y a une neutralisation, au niveau parlementaire. La réaction ne peut avoir 400 voix, mais nous non plus. Les réactionnaires veulent dissoudre l'Assemblée Constituante, pour faire perdre la majorité aux maoïstes qui sont l'expression du peuple. L'Assemblée Constituante répond aux aspirations du peuple. Le peuple doit intervenir. Notre programme est suivi par beaucoup de gens. La réaction en a peur et elle veut nous marginaliser.

Quel rapport établissez vous entre la lutte de ligne dans le Parti et la ligne de masse ?


Si nous échouons à éduquer les masses, celles-ci ne nous soutiendrons plus. La lutte de ligne ne doit pas rester dans un cercle limité, cette lutte doit aller vers les masses. Quand la situation devient critique il faut élargir le débat. Dans le parti, il faut l'élargir aux cadres des structures de base et vers l'extérieur jusqu'aux sympathisants. Plus le débat est approfondi, plus nous trouverons de solutions.  Il faut écouter les masses, mêmes celles qui sont dans l'opposition.

Pourriez vous nous donner des exemples concrets de la pratique de la démocratie dans votre Parti ?


À propos de la démocratie nous voulons étendre le débat dans tout le mouvement communiste international (MCI). Nous pensons que la démocratie dans le MCI a toujours été insuffisante. La moitié du monde était dirigée par des pouvoirs prolétariens et aujourd'hui cela c'est effondré. Nous avons fait des erreurs.  Notre perte de pouvoir n'est pas du uniquement à des causes extérieures; les causes étaient internes. Le Parti a fait des erreurs permettant au révisionnisme de se développer. Comment le révisionnisme a-t-il pu se développer et prospérer? Comment empêcher que le révisionnisme réapparaisse ? Dans certains documents nous répondons à cette question, nous la théorisons. Mais nous ne pensons pas que ce soit le seul outil, car il faut aller plus loin. Il y a eu des luttes dures contre le révisionnisme, comme en Chine pendant la Révolution Culturelle, mais nous avons perdu, les révisionnistes ont gagné. Il faut d'abord se baser sur le Marxisme-léninisme-Maoïsme, mais nous devons le développer pour faire face à de nouvelles situations, à de nouveaux défis. Plus il y aura de démocratie, plus la dictature du peuple sera forte. Il faut unifier les classes opprimées pour renforcer le camp du peuple. Quand la Révolution sera achevée, dans une nouvelle société démocratique, il faudra étendre le plus possible la démocratie y compris aux classes intermédiaires. Nous pratiquons cette théorie, que nous mettons en débat, que la pratique doit ou non confirmer; ce débat doit se développer, exister dans le MCI. Les masses révolutionnaires doivent superviser, contrôler et intervenir sur le pouvoir d'Etat, mais aussi  sur le Parti et l‘Armée populaire. Si le pouvoir va contre les intérêts du peuple, constitutionnellement, il doit y avoir une disposition permettant au peuple de se révolter. Le droit à la révolte doit être légalisé.

Sur les pouvoirs populaires

PARTISAN : Est-ce que les pouvoirs populaires (PP) mis en place pendant la guerre populaire prolongée (GPP) ont été maintenus ? Ces pouvoirs vont-ils être intégrés dans la nouvelle Constitution?

Il y a eu un pouvoir populaire sur l'ensemble du pays, tout d'abord. Mais depuis les Accords de paix ce n'est plus le même pouvoir, cela a changé; des compromis ont été passé. Toutefois nous avons fait des erreurs, nous aurions du maintenir le PP sous d'autres formes. Actuellement ce PP n'existe plus. Mais nous avons maintenu notre influence d'une autre manière. Toutefois, les classes réactionnaires depuis les Accords de paix sont réapparues, sous la forme d'individus non élus. En fait nous avons maintenu notre influence au niveau local face aux forces réactionnaire. C'est pourquoi le pouvoir populaire ne peut être institutionnalisé dans la situation actuelle.

Nous avons commis quelques erreurs en faisant des compromis avec les classes ennemis, nous avons "abandonné" le pouvoir populaire. Nous avions établi des Communes Populaires (avec des hôpitaux, des écoles, etc.) --- elles continuent de fonctionner mais le gouvernement central ne nous aide pas. A l'époque de guerre populaire prolongée (GPP) nous avions de forts Pouvoirs Populaires dans les communes et nous n'avions pas de problèmes d'argent. Aujourd'hui, les Communes fonctionnent mais ne se développent plus.

Quelle réforme agraire avait été faite avant les Accords de paix ?

Pendant la guerre nous n'avions pas de plan global. Nous avions distribué des terres saisies aux féodaux, et à d'autres éléments hostiles au pouvoir populaire. Les terres avaient été données aux paysans sans terre, aux paysans pauvres, et aux familles des martyrs. Certaines saisies de terre n'ont pas été justes du point de vue de la propriété de la terre. Ainsi, certains petits propriétaires, qui étaient hostiles aux maoïstes, et que nous avions combattus car, par exemple, informateurs des réactionnaires et qui s'étaient enfuis, avaient été saisi, ce qui était injuste. Ces terres ont été rendues, suite aux accords de paix. Toutefois la réforme agraire est une question importante que la Révolution Démocratique  doit résoudre.

Des terres appartenant à des temples religieux avaient été  saisies, comme celles des grands propriétaires terriens. Ce qui était juste et le peuple continue à les cultiver. Le gouvernement doit donner des terres aux paysans sans terre, doit faire une nouvelle distribution, sinon comment pourraient survivre ces paysans sans terre ?

Avez-vous maintenu les niveaux de socialisation (coopération entre paysans, par exemple) mis en place pendant la GPP ?

Rien n'a été fait sur une grande échelle, mais nous avons maintenu le niveau atteint qui avait été réalisé. Nous avions saisi tout le pouvoir à la campagne. Aujourd'hui, il y a un pouvoir central auquel nous n'avons pas accès, nous ne pouvons donc pas appliquer notre plan au niveau du pouvoir d'Etat, socialiser plus amplement. Mais nous avons quelques idées, nous pratiquons cette socialisation dans quelques petites poches: 20 familles organisent une Commune à Rolpa, à Thabang; il y a des communes à Rukum, à Gorkha et ailleurs.

Pensez vous être plus fort maintenant que pendant la guerre populaire ?

Nous sommes plus forts en terme d'influence, sur une large échelle dans le peuple, idéologiquement et politiquement. Mais moins fort en terme de pouvoirs locaux et l'Armée Populaire de Libération (APL) est dans des cantonnements. Nous sommes insérés dans les Accords de paix, nous les respectons, mais nous n'avons pas renoncé à la prise du pouvoir. Aujourd’hui, nous sommes dans une transition et nous préparons la prise du pouvoir d'Etat.

N'est-il pas dangereux d'intégrer l'APL à l'ex-Armée Royale avant d'avoir établi la Nouvelle Constitution ?

On n'écrit pas une Constitution pour écrire une Constitution. Elle doit régler la question du féodalisme et de l'impérialisme. C’est donc une Constitution anti-féodale et anti-impérialiste. Les féodaux et les compradore s'y opposent. 99,5 % du peuple soutient notre programme, alors les réactionnaires veulent nous virer de l'Assemblée Constituante, et dans ces conditions ils ne veulent pas non plus régulariser notre Armée Populaire. Ils veulent un minimum de combattants de l'APL dans l'armée, et les disperser dans les diverses unités. Ce qui revient à vouloir dissoudre l'APL. Pour nous les maoïstes si le peuple n'a pas son armée il n'a rien.

Comment préparez-vous aujourd'hui, à l'étape de Révolution populaire fédérative, la seconde étape de la Révolution,  celle du socialisme ?

Tout d'abord  nous devons terminer la Révolution. Celle-ci achevé de nouvelles contradictions seront à résoudre. Les contradictions entre le peuple et la bie deviendront principales, celles avec les restes du féodalisme deviendront secondaires. Cette transition au socialisme peut être pacifique.

A propos de l’impérialisme Indien

PARTISAN : Pensez vous que l'Inde puisse envahir le Népal si les maoïstes prennent le pouvoir?

Notre pays est encerclé par l'Inde de trois côtés, nous sommes enclavés. Il y a toujours eu une influence et une pénétration de l'Inde, et nous avons eu beaucoup de traités inégaux. Traités qui dissimulent des rapports de domination: nous sommes en fait une semi-colonie de l'Inde. C'est pourquoi ces traités sont une invasion historique. En voici quelques exemples: en 59, il y a eu une rébellion dans l'ouest du pays et il y a eu collaboration entre les gouvernements Népalais et Indien. L'armée indienne est intervenue pour capturer les leaders de la rébellion. C'est une forme d'invasion et cela continue aujourd'hui.

Dans les domaines politique, culturel, social l'Inde veut garder son contrôle, pour pouvoir exploiter nos ressources, principalement hydro-électrique. Nos ressources en eau sont les 2éme après le Brésil. L’inde veut utiliser à son profit ces ressources, et à donc besoin d'un gouvernement à ses ordres.

Aujourd'hui, à l'étape de la république populaire et fédérale, les interventions de l'Inde s'accélèrent. L'Inde manipule des ministres et d'autres membres du parlement. Notre Parti se bât aujourd'hui en faveur de la souveraineté nationale, nous voulons un pays indépendant, qui défini lui-même son  avenir; nous ne voulons plus rester sous cette domination indienne. Ce qui ne veut pas dire absence de relations diplomatique avec elle, nous voulons être sur un pied d'égalité --- chacun souverain et respectueux.

Une doctrine indienne dit qu'elle veut faire du Népal un protectorat. L'Inde a un plan militaire. Aujourd'hui, il y a augmentation de l'escalade. Personne ne peut nier qu'elle ne nous envahira pas, dans le passé elle l'a déjà fait.

Mais le contexte a changé, il y a une Révolution maoïste en Inde ?

Des rumeurs disent que nous entraînons militairement les Naxalites, et qu'avec une autre  organisation pakistanaise "terroriste", nous voudrions perturber l'Inde.  Ce sont des prétextes pour nous envahir. En fait elle crée une opinion publique en Inde favorable à une invasion du Népal.

Dans la presse bourgeoise à propos du lancement de chaussure  sur l'ambassadeur indien, il y aurait des désaccords chez les maoïstes sur l'origine du lancer. Certains maoïstes prétendent qu'ils l'ont fait, d'autres le nient.

Nous l'avons fait. Mais cela ne rentrait pas dans nos plans. Lors de sa visite dans la ville de Soulougongo, l'ambassadeur a agit comme un premier ministre Népalais,. Il se présente ouvertement comme le représentant du premier ministre. Il agit comme le grand frère dans les rencontres internationales.  Nous avions un plan: nous agitions le drapeau noir contre la présence de cet ambassadeur lors d'une manifestation de rue pacifique; mais ce n'était pas dans notre plan de lancer des chaussures --- mais des gens l'ont fait. Notre but était de montrer notre opposition à l'Inde. Des gens dans notre parti peuvent ne pas avoir aimé. Toutefois, nos objectifs de manifestation étaient pacifiques.

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Dimanche 21 novembre 2010 7 21 /11 /Nov /2010 20:01

La réunion qui focalise l'attention de tout le Népal a commencé ce dimanche. Elle a été ouverte par un discours de Prachanda, dans lequel il a défendu sa ligne politique. En voici quelques extraits, tirés de l'article du MyRepublica.com :

 

"Nous ne pouvons pas rester inactifs. Le cours de la révolution doit être mené de l'avant jusqu'à ce que nous créions une société libre de toutes sortes d'oppressions et de réaliser le rêve des martyrs. Nous ne nous arrêterons pas avant que nous parvenions à la paix et à la constitution comme souhaité par le peuple," a commencé Prachanda.

 

"Gorkha [district du Népal NdT] est l'endroit où la ligne révisionniste du parti a reçu un coup en 1978. Nous aurons donc une nouvelle énergie de cet événement contre le révisionnisme," a t'il martelé, attaquant directement la ligne de Bhattarai. Mais il n'est pas moins sévère dans ses critiques contre la ligne de 'Kiran' Baidya.

"Nous devons abandonner cet
état d'esprit comme quoi le républicanisme, le fédéralisme, la laïcité et l'accord sur la justice sociale auxquels nous sommes parvenus au travers de la force de la guerre populaire de dix ans et le mouvement de masse de 19 jours, ne sont rien," a t'il affirmé, attaquant cette fois le camp de la ligne dure dirigé par 'Kiran' Baidya.

 

"La méthode de la révolution ne se répète pas ; Elle évolue. La méthode de la révolution d'Octobre était différente de celle utilisée lors de la Commune de Paris. Donc nous n'allons pas copier les modèles d'autres pays.".

Dans son discours, Dahal souligné à maintes reprises l'importance de "l'unité du parti", et a déclaré que "les ennemis du peuple" qui attendent les scissions dans le parti maoïste seront déçus. "Notre parti apparaîtra plus dynamique et animé par la méthode de lutte, unité et transformation à la fin de la réunion."

 

"Les propres dirigeants du pays devraient être en mesure de décider du sort du pays. Mais cela n'est pas le cas. Nous allons donc aussi tracer la voie de notre lutte pour l'indépendance nationale."

 

Dahal a également défendu son leadership du parti et a dit : "L'idéologie et le leadership ne peut pas être créé du jour au lendemain. Il se développe à travers le processus de transformation continue."

 

Les préparations de cette réunion auront duré plusieurs semaines pour construire les facilités nécessaires pour accueillir une telle réunion. 1500 volontaires ont participé à construire ou élargir les routes, amener l'eau potable, construire les abris pour que les délégués puissent dormir, les toilettes, amener la nourriture, construire le grand hall de débat, construire les bunkers et les postes de sécurité, accrocher les drapeaux rouges, préparer les portes d'accueil, etc. Ce sont près de 7.000 participants qui sont attendus, sans compter les journalistes (nationaux et internationaux) qui se sont déplacés pour couvrir l'évènement. La réunion devrait durer au moins 5 jours.

 

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Dimanche 21 novembre 2010 7 21 /11 /Nov /2010 19:29

La session parlementaire de vendredi soir a été reportée en raison de la protestation des parlementaires maoïstes.

 

En effet, le gouvernement a essayé de passe le budget alors que les maoïstes avaient prévenu qu'ils s'y opposeraient. Le gouvernement et les maoïstes avaient pourtant ouvert les discussions sur la possibilité de passer un budget 'technique', permettant de payer les fonctionnaires et d'expédier les affaires courantes. Ne parvenant pas à un accord, la lutte s'est développée.Les maoïstes reprochent notamment au gouvernement d'agir anticonstitutionnellement.

 

Dès le début de la session, les parlementaires maoïstes se sont levés et ont envahi la scène, chanté des slogans et ont volé la malette du ministre des Finances, l'ont forcé et ont déchiré les copies de son discours de présentation du budget. Une bousculade s'en est suivie.

 

Les autres partis ont réagi en demandant des excuses de la part des maoïstes et se sont "indignés" d'un tel comportement. Les maoïstes ont répondu que le gouvernement ne faisait que dramatiser et que leurs parlementaires n'avaient agi que normalement, comme un parti d'opposition.

 

Finalement, le gouvernement a décidé de passer le budget par décret, qui doit être approuvé par le parlement sous 60 jours.

 

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Dimanche 21 novembre 2010 7 21 /11 /Nov /2010 19:15

Le PCNU-maoïste a annoncé que l'Armée Populaire participerait à la réunion plénière du Parti prévue pour le 21 novembre. Cette annonce a provoqué des réactions de toutes parts. Les partis politiques comme le Congrès Népalais, l'UML, ont tout de suite annoncé que la participation de l'APL était contraire aux Accords de Paix. Les critiques se sont ensuite élargies. C'est ensuite l'UNMIN (la Mission des Nations Unies au Népal) qui a envoyé une lettre au Parti maoïste pour affirmer que la participation de l'APL serait contraire aux Accords de Paix. Et enfin, ce sont les ambassadeurs des USA et de Grande Bretagne qui ont demandé au Parti maoïste de se séparer de leur armée.

 

Dans le même temps, l'Australie, le Canada, le Danemark, l'Union Européenne, la Finlande, la France, l'Allemagne, Israël, le Japon, les Pays-Bas, la Norvège, la République de Corée, la Suisse et le Royaume Uni ont issu une déclaration à l'occasion du 4è anniversaire de la signature des Accords de Paix.

 

Ils ont ainsi déclaré qu'ils étaient inquiets pour le processus de paix. "Notre inquiétude principale est le manque de progrès dans l'intégration et la réhabilitation des anciens combattants maoïstes, et dans la détermination de la structure de l'Armée Népalaise. Cela reste un élément central des Accords de Paix et qui est d'autant plus urgent que l'UNMIN se prépare à partir le 15 janvier."

 

L'Inde n'est pas restée muette non plus, malgré le fiasco de son accusation récente contre l'APL (voir Le gouvernement enquête sur l'entraînement de maoïstes indiens par les maoïstes népalais et La plénière du Parti approche ).

 

La Secrétaire aux Affaires Etrangères Nirupama Rao a affirmé que le Népal traversait une période d'instabilité politique et qu'il n'y avait toujours aucun consensus autour de l'écriture de la constitution. Ses déclarations ont le mérite d'être claires :

 

"En tant que proche voisin, les développements au Népal nous concernent, d'autant plus que nous partageons une frontière ouverte de 1750km. Même si nous nous engageons avec les partis politiques pour résoudre les questions en cours, nous continuons d'étendre avec le Népal nos liens économiques, commerciaux et d'infrastructure qui contribuent au développement économique et social du Népal (sic)."(souligné par nous).

 

"Un article de foi inébranlable dans notre politique étrangère a été d'assurer un voisinage paisible, sûr et stable, de manière à préserver la paix, la sécurité et le développement à l'intérieur de nos frontières et c'est dans cette perspective que l'Inde développe une relation mutuellement bénéfique avec ses voisins. "

 

"Dans le même temps, l'instabilité et les forces centrifuges telles que celles découlant de l'extrémisme religieux et le terrorisme dans notre voisinage peuvent menacer et menacent notre propre sécurité et développement."

 

Que de déclarations venant de l'étranger au moment de la réunion si importante du Parti maoïste...

 

En tout cas, le PCNU-maoïste a refusé de se plier aux demandes des différents pays et de l'ONU et a annoncé que des représentants de l'APL participeront bien à la réunion plénière du Parti.

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Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 18:01

Les derniers préparatifs pour la réunion plénière du PCNU-maoïste prévue le 21 novembre sont en cours.

 

Cette réunion, où seront présents quelques 6.000 cadres maoïstes, revêt une importance toute particulière. Les décisions qui y seront prises influenceront grandement le futur de la révolution népalaise. Trois documents séparés y seront discutés, présentés par Prachanda, le président du Parti, Mohan Baidya 'Kiran' et Baburam Bhattarai, tous deux vices-présidents.

 

Les médias népalais publient tous les jours des éléments à propos des différents papiers mais il est diffcile de savoir ce qui est vrai ou pas. En tout cas, on peut résumer les trois positions comme cela :

 

- Kiran, considéré comme l'aile gauche, affirme que le temps de la révolte a sonné. Analysant la situation actuelle comme une impasse, il argumente en faveur de la préparation de l'insurrection. 

 

- Baburam Bhattarai, considéré comme l'aile droite, affirme qu'il faut continuer le processus de paix et consolider la république bourgeoise. Il se dit pour la révolte, mais à la condition que les réactionnaires sabotent l'ensemble du processus de paix.

 

- Prachanda, considéré comme centriste, affirme qu'il faut continuer le processus de paix tout en préparant la révolte.

 

Après l'annonce que 1200 combattants de l'APL participeront à la plénière, les partis bourgeois et l'Armée Népalaise ont affirmés que la participation de l'APL à la réunion était contraire aux Accords de Paix. Certains ont même affirmé que cela signifierait la rupture du processus de paix ou que les combattants participants ne seraient pas intégrés.

 

Autre sujet d'actualité, l'accusation d'entraîner les maoïstes indiens portée par l'Inde à l'encontre des maoïstes népalais. Leur attaque tombe complètement à l'eau puisque l'Inspecteur Général de la Police du Népal et le Bureau Central d'Espionnage d'Inde ont tous les deux affirmés qu'il n'y avait aucune preuve. Dans le cas du Népal, ce sont les quatre agences de sécurité du pays qui ont mené l'enquête (Police du Népal, Armée Népalaise, Forces de Police Armée et le Département National d'Investigation).

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Samedi 13 novembre 2010 6 13 /11 /Nov /2010 12:36

Les maoïstes népalais auraient entraîné des maoïstes indiens dans l'est du Népal. Cette accusation est portée directement par l'ambassade de l'Inde au Népal. L'amabassade cite même le nombre de militants ainsi que les noms des dirigeants, les dates et les lieux.

 

Depuis, le gouvernement du Népal a affirmé s'être saisi de l'affaire et d'enquêter sur cette accusation.

 

L'Armée Populaire de Libération a déjà affirmé que ce rapport avait été préparé par l'Armée Népalaise il y a 6 mois en coordination avec l'Inde.

 

Deux militants maoïstes népalais ont par ailleurs été arrêtés, accusés d'aider le mouvement naxalite indien.

 

A quelques mois de la fin du terme de l'UNMIN, il semble que l'Inde veuille discréditer le rôle de l'ONU afin que l'UNMIN s'en aille et laisse le champ libre à l'Inde pour envoyer ses propres forces de maintien de la paix et ainsi accroître sa domination sur le Népal. C'est en tout cas ce que pensent de nombreux analystes au Népal.

 

L'Inde poursuit d'ailleurs son grignotage des frontières et a même installé un poste de police à l'intérieur des frontières népalaises.

 

Même s'il existe des liens entre les maoïstes népalais et les maoïstes indiens, cette accusation apparaît plus comme une machination pour créer des conditions favorables à l'Inde pour augmenter son intervention dans les affaires internes du Népal.

 

D'autre part, le gouvernement a annoncé qu'il allait promulguer le budget alors que le PCNU-maoïste a annoncé qu'un gouvernement intérimaire ne pouvait pas prendre une telle décision politique et que le parti s'y opposerait farouchement. Le budget devrait être délivré le 19 novembre.

 

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